Jean III de Bretagne

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Jean III
Titre
Duc de Bretagne
13121341
Prédécesseur Arthur II de Bretagne
Successeur Jean de Montfort (1294-1345)
en conflit avec
Jeanne de Penthièvre et Charles de Blois
Comte de Richmond
13341341
Prédécesseur Jean de Bretagne
Successeur Jean de Montfort
Biographie
Titre complet Duc de Bretagne
Dynastie Maison capétienne de Dreux
Date de naissance 8 mars 1286
Lieu de naissance Chateauceaux
Date de décès 30 avril 1341
Lieu de décès Caen
Père Arthur II de Bretagne
Mère Marie de Limoges
Conjoint Isabelle de Valois (1292-1309)
Isabelle de Castille (1283-1328)
Jeanne de Savoie (1310 † 1344)

Jean III de Bretagne Jean III de Bretagne
1312-1316 + en 1316, il modifia définitivement ses armoiries au profit d'un écu d'hermine plain.
Duc de Bretagne

Jean III le Bon (né le 8 mars 1286 à Châteauceaux, actuel Champtoceaux et mort le 30 avril 1341 à Caen), fils d'Arthur II de Bretagne et de Marie de Limoges, vicomtesse de Limoges, sa première épouse, fut duc de Bretagne (1312-1341), et comte de Richmond (1334-1341). Son long règne de près de trente ans est pour le duché de Bretagne une période de paix et de prospérité [note 1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

De sa mère Marie, il hérite de la vicomté de Limoges, qu'il gouverne de 1301 à 1314, il la cède à son frère cadet Guy de Penthièvre après en avoir doter temporairement sa seconde épouse Isabelle de Castille. Il récupère la vicomté à la mort de Guy et la conserve de 1317 à 1331. Jean III succède à son père comme duc de Bretagne, le 27 août 1312[1].

Duc de Bretagne[modifier | modifier le code]

Le nouveau duc Jean III entretient des relations conflictuelles avec la seconde épouse de son père Yolande de Dreux, et son demi-frère Jean de Montfort et après son avènement au duché de Bretagne, il tente dès 1313 de contester en vain auprès du Pape Clément V la légitimité du mariage entre son père et de Yolande[2], puis ensuite entame en 1317 un long procès jusqu'en 1328 contre les exécuteurs testamentaires d'Arthur II contre lesquels il avait tourné sa rancune. La cause est confiée en 1319 par Jean XXII à une commission apostolique conduite par Jean Milet, l'abbé de Saint-Florent de Saumur, puis après sa mort en 1324 à d'autres commissionnaires dont l'évêque de Dol-de-Bretagne, Guillaume Meschin. On ignore leurs conclusions mais une transaction amiable semble avoir résolu ce conflit[3].

Le Parlement Général tenu à Rennes en avril 1315 en présence des neuf évêques et des chapitres de Bretagne enregistre les décisions qui mettent fin aux conflits liés aux régales. C'est à cette occasion que pour la première fois en Bretagne le tiers-état aurait pris sa place dans les « Trois Estatz presens »[4].

Sous le règne de Jean III trois collèges bretons sont créés à Paris pour un total de 57 boursiers [5].

Relations avec la France et l'Angleterre[modifier | modifier le code]

Dès 1314 Jean III envoie en Flandre un contingent de Bretons commandé par le sire d'Avaugour et Rolland de Dinan. En 1315, il participe à la campagne de Louis X le Hutin contre la Flandre. En récompense il reçoit du roi la châtellenie de Saint-James-de-Beuvron à la frontière entre la Bretagne et la Normandie.

Le duc est ensuite l'allié fidèle des rois de France et combat aux côtés de Philippe VI de Valois avec « quinze bannières de Bretons » à la bataille de Cassel (1328), où il est blessé[6]. En 1316, il modifie ses armoiries au profit d'un écu d'hermine plain qui est encore de nos jours en usage pour représenter la Bretagne. Toutefois après la mort de son oncle et homonyme Jean de Bretagne comte de Richmond, Jean III prête serment de fidélité au roi Édouard III d'Angleterre entre les mains de l'archevêque de Cantorbéry le 8 mai 1334 et est mis en possession du fief par Édouard III le 24 du même mois[7]

Fin de règne[modifier | modifier le code]

Transport du tombeau de Jean III le Bon et Guerre de succession qui s'ensuit, Grandes Chroniques de France de Jean Froissart

En 1338, il envoie sa flotte à l'Écluse en soutien de celle du roi de France, mais celles-ci sont détruites par les Anglais. Après la Trêve d'Esplechin-sur-Escaut conclue entre la France et l'Angleterre le 25 septembre 1340 et qui inclut la Bretagne le duc accompagne le roi Philippe de Valois et passe l'hiver avec lui jusqu'à Pâques 1341. Il prend alors le chemin de son duché et meurt à Caen en 1341 [8]. Le duc Jean III est inhumé aux Carmes de Ploërmel près de son père et de son grand-père. Son tombeau se trouve depuis 1821 à l'église Saint-Armel de Ploërmel.

Unions et descendance[modifier | modifier le code]

Obséques de Jean III le Bon

Le duc Jean III eut trois épouses, mais il ne laisse aucun enfant de ses trois mariages[9]:

  • Enfin, il épouse à Chartres le 21 mars 1330, après avoir obtenu une « dispenses pour affinité au troisième degré », une nièce par alliance du roi de France; Jeanne de Savoie (1310 † 1344), fille d'Édouard, comte de Savoie et de Blanche de Bourgogne.

Jean III ne laisse qu'un fils illégitime :

  • Jean le « Bastard nostre fils » nommé par son père seigneur de Rosporden en 1334[10]

Succession[modifier | modifier le code]

Sans enfant légitime malgré trois unions, mais doté comme héritier présomptif, d'un demi-frère honnis, Jean de Bretagne, dit Jean de Montfort le fils de sa marâtre haïe, Jean III est tenté un moment de léguer à sa mort le duché de Bretagne au domaine royal. Ses sujets s'y opposent, et il marie alors en 1337 sa nièce Jeanne de Penthièvre avec Charles de Blois, neveu du roi de France Philippe VI sans toutefois désigner le couple comme héritier. Son refus d'organiser formellement sa succession provoque à sa mort la guerre de Succession de Bretagne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon Dom Morice cité par Arthur de la Borderie « son règne renferme peu d'évènements considérable »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Arthur de La Borderie Histoire de la Bretagne réédition Joseph Floch Mayenne (1975), Tome troisième « Le « Bon duc » Jean III » p. 391 .
  2. Par une bulle du 7 février 1313 le Pape diligente une enquête sur la prétendue nullité du mariage
  3. Barthélémy-Amédée Pocquet du Haut-Jussé Les Papes et les Ducs de Bretagne COOP Breizh Spézet (2000) (ISBN 284346 0778) p. 166-167
  4. Arthur de la Borderie op.cit p. 302
  5. Auguste Dupouy Op.cit p. 165
  6. Auguste Dupouy Histoire de Bretagne Ancienne Librairie Furne, Boivin et Cie éditeurs Paris 1941 , p. 109
  7. Arthur de La Borderie op.cit p. 396 « nobilis viri et fidelis nostri Johannis, ducis Britanniæ et comitis Richemundiæ, » etc.
  8. Célestin Hippeau, L'abbaye de Saint-Étienne de Caen, 1066-1790, Caen, A. Hardel, 1855; p. 104
  9. Généalogie de Jean III sur le site Medieval Lands
  10. Arthur de la Borderie op.cit p. 408 note n°2

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Leguay & Hervé Martin Fastes et malheurs de la Bretagne ducale 1213-1532 Ouest-France Université Rennes (1982) (ISBN 285882309X)
  • Arthur de La Borderie Histoire de la Bretagne réédition Joseph Floch Mayenne (1975), Tome troisième « Le « Bon duc » Jean III » p. 391-410.
  • Barthélémy-Amédée Pocquet du Haut-Jussé Les Papes et les Ducs de Bretagne COOP Breizh Spézet (2000) (ISBN 284346 0778).
  • Frédéric Morvan la Chevalerie de Bretagne et la formation de l'armée ducale 1260-1341 Presses Universitaires de Rennes, Rennes 2009, (ISBN 9782753508279) « Généalogie n°2 : ducs de Bretagne de la maison de Dreux ».

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]