Rainette verte
Hyla arborea
Rainette verte
- Rana arborea Linnaeus, 1758
- Rana viridis Linnaeus, 1761
- Hyla viridis Linnaeus, 1761
- Hyla vulgaris Lacépède, 1788
- Dendrohyas arborea var. daudinii
Gistel, 1868 - Hyla arborea kretensis Ahl, 1931
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LC : Préoccupation mineure
Statut CITES
Annexe III , Rév. du 22/04/76
Hyla arborea, la rainette verte, est une espèce d'amphibiens de la famille des Hylidés.
Sans analyse génétique, cette rainette ne se différencie de sa proche parente, la Rainette méridionale, que par son chant plus rapide[1] ou par la bande latérale sombre qui se prolonge sur ses flancs, alors que cette ligne se limite au contour de l'œil chez l'espèce méridionale[2].
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Synonymie[modifier]
Les noms latins suivants ont pu être autrefois donnés à cette espèce[3].
- Rana arborea Linnaeus, 1758
- Rana viridis Linnaeus, 1761
- Hyla viridis Laurenti, 1768
- Hyla vulgaris Lacépède, 1788
- Calamita arboreus Schneider, 1799
- Calamita viridis Schneider, 1799
- Hylaria viridis Rafinesque, 1814
- Hyla arborea Cuvier, 1817
- Hyas arborea Wagler, 1830
- Dendrohyas arborea Tschudi, 1838
- Dendrohyas arboreus Fitzinger, 1843
- Dendrohyas arborea var. daudinii Gistel, 1868
- Hyla arborea arborea Boulenger, 1882
- Hyla arborea kretensis Ahl, 1931
- Hyla arborea cretensis Stugren & Lydataki, 1986
Distribution géographique[modifier]
Les périodes glaciaires et interglaciaires ont modifié son aire de répartition, avec des mouvements de population contraints par les grandes chaines montagneuses [4]. Elle semble surtout s'être alors réfugiée dans les péninsules européennes (Hewitt, 99, taberlet 98 cités par Fubey et al[4]) ou dans des refuges qui restent à préciser. Lors de la recolonisation vers le nord à la faveur du réchauffement qui a suivi la fin de la dernière glaciation, des groupes génétiques distincts se sont maintenus, avec quelques cas de spéciations (Hewitt 2001 cité par Fubey et al[4]). Ainsi trouve-t-on en Suisse des sous-espèces différentes au nord et au sud des Alpes (Tessin), comme c'est d'ailleurs le cas pour le triton lobé (Triturus vulgaris) avec sa sous-espèce meridionalis, ou encore avec certains reptiles (sous-espèce muralis au nord et maculiventris au Sud pour le Lézard des murailles), ou pour la couleuvre (Natrix maura dans le bassin du Rhône et Natrix tessellata au sud des Alpes (Hofer et al, 2001 cités par Fubey et al[4]). Ce sont maintenant les activités humaines [4] (drainage des zones humides, pollution par les insecticides et nitrates, fragmentation écopaysagère, pollution lumineuse qui affectent l'aire de répartition des populations (souvent relictuelles) de rainettes.
La rainette verte (Hyla arborea) n'est présente qu'au nord de la Suisse bien qu'elle soit ailleurs présente bien plus au sud (de l'Espagne à la Turquie), alors qu'on trouve au sud la Rainette intermédiaire (Hyla intermedia) dans le Tessin et en Italie (Gasc et al. 1997, Grossenbacher, 1988 cités par Fubey et al[4]). Cette répartition est localement faussée par des introductions par l'homme (rainette verte introduite, dans le Canton de Genève, semble-t-il sans succès[4]). Seule l'étude de l'ADN permet d'identifier les espèces avec certitude (gène mitochondrial codant pour le cytochrome b (bradlay et Baker, 2001 cités par Fubey et al[4]
Cette espèce est aujourd'hui encore répandue dans certaines zones, mais en régression ou disparue dans une grande partie de son aire naturelle ou potentielle de répartition. Sa distribution contemporaine va de la péninsule Ibérique et de la France vers l'est à l'ouest de la Russie et la région du Caucase, et au sud vers les Balkans et la Turquie. Elle est globalement absente de la Scandinavie (à l'exception du sud et l'est du Danemark et de l'extrême sud de la Suède). Elle a été introduite au Royaume-Uni mais elle y est maintenant considérée comme éteinte. C'est une espèce de plaine qui a été enregistrée à une altitude maximale (en Bulgarie) de 2 300 m.
Elle est ainsi présente en Albanie, en Arménie, en Autriche, en Azerbaïdjan, en Biélorussie, en Belgique, en Bosnie-Herzégovine, en Bulgarie, en Croatie, en République tchèque, au Danemark, en France, en Géorgie, en Allemagne, en Grèce, en Hongrie, en Italie, au Liechtenstein, en Lituanie, au Luxembourg, en Macédoine, en Moldavie, au Monténégro, aux Pays-Bas, en Pologne, en Roumanie, en Russie, en Serbie, en Slovaquie, en Slovénie, en Espagne, en Suède, en Suisse, en Turquie, en Ukraine et en Lettonie (où elle a été réintroduite).
En France, on peut trouver[5]
- Hyla Laurenti, 1768 ou Rainette[5]
- Hyla arborea (Linné, 1758) ou Rainette verte[5]
- Hyla meridionalis Boettger, 1874 ou Rainette méridionale[5]
- Hyla sarda (de Betta, 1857) ou Rainette sarde[5]
Description de l'espèce[modifier]
On la classe communément parmi les grenouilles même si scientifiquement on sépare les grenouilles (ranidés) des rainettes (hylidés) notamment parce que les rainettes sont équipées de pelotes adhésives au bout des doigts leur permettant un mode de vie arboricole (en Europe, les rainettes sont les seuls amphibiens européens à avoir ce mode de vie de grimpeur).
Elle ne dépasse pas 5 cm de long, à la peau lisse, vert souvent très vif, a le ventre gris-blanc et présente une bande brune de l'œil aux flancs.
Les rainettes vertes se rencontrent dans les milieux marécageux et boisés mais toujours à proximité de l'eau.
On peut en apercevoir le soir près des points d'eau dans un jardin (gamelle pour chien, mares, etc.) et la journée sur des branches de plantes exposées au soleil, toujours à proximité d'un point d'eau.
Elles ont une activité nocturne intense, tandis qu'elles passent la journée, lorsque celle-ci est bien ensoleillée, immobiles plusieurs heures afin de prendre le soleil.
Leur régime est composé en particulier d'insectes volants.
La maturité sexuelle est atteinte à deux ans[6], et la reproduction a lieu au printemps, de mars à juin.
Les femelles pondent de 800 à 1000 œufs en masses flottantes.
Les têtards présentent une crête dorsale marquée et des mouvements vifs et rapides semblables à ceux d'alevins.
Le taux de survie d'une année sur l'autre ne varie pas de manière significative selon le sexe[6]. La survie de la jeune génération semble fortement liée à la pluviométrie (les pluies favorisent la survie des têtards)[6].
Chant[modifier]
C'est une espèce au chant sonore, dont les mâles forment des chœurs nocturnes sonores caractéristiques constitués d'une sorte de "waka-waka" répétitif et nocturne. Les individus les plus grands chantent plus et plus fort[7]. Le chant semble avoir une grande importance au sein d'une population (territorialité) et pour la reproduction[8]
État des populations, menaces[modifier]
La plupart des amphibiens sont en régression sur la totalité de leur aire de répartition, pour des raisons probablement multifactorielles[9] [10], qui peuvent concerner les parties aquatique et/ou terrestre de leur cycle de vie.
Cette espèce a des besoins précis pour maintenir sa diversité génétique[11] et son développement[12], dont en terme d'habitat naturel[13] (elle a par exemple du mal à se déplacer dans les milieux asséchés ou traités par des insecticides). C'est une espèces dont les milieux (mares peu profondes notamment) peuvent évoluer rapidement (sécheresse, drainage, pollution, atterrissement naturel…), qui forme des métapopulations parfois éloignées les unes des autres, et qui peut effectuer de petites migrations[14].
La rainette verte est l'une des espèces en forte régression dans les zones urbanisées et dans les régions d'agriculture intensive[15]. La pollution de l'eau, par les insecticides notamment, ainsi que l'introduction de poissons dans les petites mares sont des facteurs de disparition de l'espèce dans les territoires concernés[16]. Elle est par exemple considérée comme menacée de disparition en Suisse[17].
Selon une étude danoise récente basée sur des analyses génétiques (marqueurs microsatellite[18] [19]).
La fragmentation des habitats de cette espèce est également un facteur important de régression ou disparition de cette espèce. Et il est source de "goulot d'étranglement génétique"[20]. Une autre étude récente montre que parmi les facteurs de régression, l'urbanisation de la périphérie d'un étang antérieurement occupé par des rainettes a un impact très négatif sur la probabilité de présence de l'espèce. Le nombre d'heures d'ensoleillement de l'étang est corrélé à l'importance des chants de mâles (supposés importants pour la territorialité et le succès de reproduction)[21]. Une conductivité élevée de l'eau (signe de minéralisation ou salinisation) l'eau a été associée à une plus faible probabilité de présence de l'espèce[21] (hors littoral dunaire) Enfin, curieusement, sur le territoire de cette étude plus une zone humide est proche de route à deux voies, plus les mâles chantent (réaction au bruit des véhicules ?)[21].
Bibliographie[modifier]
- C Miaud, J Muratet, Identifier les œufs et les larves des amphibiens de France; 2004
- D Llinares, Le régime alimentaire de la rainette verte, Hyla meridionalis: contribution à l'étude de son pouvoir disséminateur de quelques germes entomopathogènes ; 1972
- J SUDRAUD, Synthèse des données amphibiens sur l'ensemble du marais Poitevin ;Parc-marais-poitevin
- G HECNAR, SJ & M'CLOSKEY, RT(1997) The effects of predatory fish on Amphibian species richness and distribution. Biological conservation 79 / R DUGÚY, JP BARON - Poitou-Charentes Nature
Publication originale[modifier]
- Linnaeus, 1758 : Systema naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, ed. 10 (texte intégral).
Notes et références[modifier]
- Chants de batraciens sur naturOphonia, consulté en octobre 2010.
- les Rainettes
- Modèle:Voetnoot web
- Dubey, Ursenbacher & Fumagalli, 2006 : Origine des populations de rainette verte de l'Ouest de la Suisse]. Revue suisse de Zoologie, vol. 113, no 4, p. 879-887 (texte intégral)
- Roger Bour & al., Liste taxinomique actualisée des Amphibiens et Reptiles de France, Bull. Soc. Herp. Fr. (2008) 126 : 37-43 (PDF, 7pp.) ; avec le Comité scientifique de validation Muséum national d’Histoire naturelle et la Société Herpétologique de France
- Thomas W. P. Friedl and Georg M. Klump, Some Aspects of Population Biology in the European Treefrog, Hyla arborea; Herpetologica Vol. 53, No. 3 (Sep., 1997), p. 321-330 Published by: Herpetologists' (Résumé)
- Sergio Castellano, Barbara Cuatto, Rosalba Rinella, Alessandra Rosso & Cristina Giacoma (2004), The advertisement call of the European treefrogs (Hyla arborea): a multilevel study of variation ; Ethology, 108, 75Ð89 (2002) ; Wiley Online Library, ISSN 0179-1613
- Simmons, M. A. 1999: Advertisement calls of the tree frogs, Hyla arborea and Hyla savignyi (Anura: Hylidae) in Turkey. Bioacoustics 10, 175Ð190.
- Borgula A. 1993. Causes of the decline in Hyla arborea. In: Stumpel A.H.P. and Tester U. (eds) Ecology and Conservation of the European Tree Frog. Proceedings of the 1st International Workshop on Hyla arborea. Institute for Forestry and Nature Research, Wageningen, p. 71–80.
- Fog K. 1988. The causes of decline of Hyla arborea on Bornholm. Memoranda Societa Fauna Flora Fennica 64: 122–123.
- Edenham, P., Ho¨ggren, M. & Carlson, A. 2000 Genetic diiversity and fitness in peripheral and central populations of the European tree frog Hyla arborea. Hereditas 133, 115–122
- Moravec J. 1993. Development and growth of Hyla arborea. In: Stumpel A.H.P. and Tester U. (eds) Ecology and Conservation of the European Tree Frog. Proceedings of the 1st International Workshop on Hyla arborea. Institute for Forestry and Nature Research, Wageningen, p. 29–36.
- Grosse W.-R. and No¨ llert A. 1993. The aquatic habitat of the European tree frog, Hyla arborea. In: Stumpel A.H.P. and Tester U. (eds) Ecology and Conservation of the European Tree Frog. Proceedings of the 1st International Workshop on Hyla arborea. Institute for Forestry and Nature Research, Wageningen, p. 37–45.
- Fog, K. 1993 Migration in the tree frog Hyla arborea. In Ecology and conservation of the European tree frog (ed. H. P. Stumpel & U. Tester). Wageningen, The Netherlands: DLO Institute for Forestry and Nature Research.
- CC Vos, AHP Stumpel, Comparison of habitat-isolation parameters in relation to fragmented distribution patterns in the tree frog (Hyla arborea) ; Landscape ecology, 1996 - Springer (Résumé)
- C Brönmark, P Edenhamn (1994), Does the presence of fish affect the distribution of tree frogs (Hyla arborea)? ; Conservation Biology, ; Conservation Biology, Vol. 8, No. 3 (Sep., 1994), p. 841-845 (résumé)
- Duelli P., 1994. Liste rouge des espèces animales menacées de Suisse. Office fédéral de l’environnement des forêts et du paysage, Berne
- Arens, P., Van’t Westende, W., Bugter, R., Smulders, M. J. M. & Vosman, B. 2000 Microsatellite markers for the European tree frog Hyla arborea. Mol. Ecol. 9, 1944–1946
- Call, D. R. & Hallett, J. 1998 PCR primers for microsatellite loci in the anurans Rana luteiventris and Hyla regilla. Mol. Ecol. 7, 1083–1090
- Liselotte W. Andersen, Kare Fog et Christian Damgaard (2004), http://rspb.royalsocietypublishing.org/content/271/1545/1293.full.pdf Habitat fragmentation causes bottlenecks and inbreeding in the European tree frog (Hyla arborea)] ; Proc. R. Soc. Lond. B 2004 271, 1293-1302, doi: 10.1098/rspb.2004.2720, en ligne 2004-05-14
- Friedl, T. W. P. & Klump, G. M. 2002 The vocal behaviour of male European tree frogs (Hyla arborea): implications for inter- and intrasexual selection. Behaviour 139, 113–136
Voir aussi[modifier]
Liens externes[modifier]
- Référence Amphibian Species of the World : Hyla arborea (Linnaeus, 1758) (en)
- Référence AmphibiaWeb : espèce Hyla arborea (en)
- Référence Catalogue of Life : Hyla arborea (Linnaeus, 1758) (en)
- Référence CITES : espèce Hyla arborea (Linnaeus, 1758) (+ répartition) (sur le site de l’UNEP-WCMC) (fr+en)
- Référence Fauna Europaea : Hyla arborea (en)
- Référence ITIS : Hyla arborea (Linnaeus, 1758) (fr) ( (en))
- Référence UICN : espèce Hyla arborea (Linnaeus, 1758) (en)
- Référence NCBI : Hyla arborea (en)