Saint-Servan

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Saint-Servan
Vue sur l'ancien arsenal depuis la tour Solidor.
Vue sur l'ancien arsenal depuis la tour Solidor.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Ille-et-Vilaine
Arrondissement Saint-Malo
Canton Saint-Malo-Sud
Intercommunalité Saint-Malo agglomération
Commune Saint-Malo
Statut Quartier
Géographie
Coordonnées 48° 38′ 10″ N 2° 00′ 53″ O / 48.636111, -2.01472248° 38′ 10″ Nord 2° 00′ 53″ Ouest / 48.636111, -2.014722  
Localisation

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Saint-Servan
Vue sur Saint-Servan depuis le toit de l’hôtel Beauvallon à Dinard.

Saint-Servan est une ancienne commune française, qui a été rattachée en 1967 à la ville de Saint-Malo, dont elle est devenue un quartier. Elle est située sur l'emplacement de l'ancienne cité gallo-romaine d'Aleth.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Durant la Révolution, la commune porte le nom de Port-Solidor[1].

En 1920, la commune est renommée Saint-Servan-sur-Mer.

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque romaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aleth.

La cité romaine d'Aleth était le centre d'une région agricole : plus de 500 établissements agricoles édifiés à l'époque romaine ont été identifiés dans un rayon de 35 kilomètres. Le petit village maritime devint une cité importante dotée d'une véritable enceinte fortifiée. Elle est en partie abandonnée pour Corseul à la fin du règne d'Auguste (14 ap. J.-C.) mais reprend de l'importance lorsque la crainte des Barbares pousse les Romains à dégarnir Corseul pour regrouper leurs troupes à Aleth. La cité devient la capitale de la civitas (du district) des Coriosolites pendant cent ans. Puis vers 370, les troupes cantonnées à Aleth quittent la ville pour assurer la défense des frontières orientales de l'Empire. Les Latins quittent la cité, les premiers Bretons débarquent. En 420, Aleth est toujours la capitale d'une civitas romaine mais l'administration romaine a déserté la ville.

Des pans du mur d'enceinte de l'ancien castellum romain épais d'un mètre cinquante d'épaisseur sont toujours visibles. Dans le port Solidor, les archéologues ont découvert, en 1973, les restes d'une station de pompage remontant à l'époque romaine qui permettait l'approvisionnement des bateaux en eau douce et qui comprenait une machinerie de 1 500 kg avec des pistons de bronze et soupapes de cuir ; elle alimentait sept canalisations qui, elles-mêmes, débouchaient sur des fontaines.

Histoire moderne[modifier | modifier le code]

La tour Solidor.
Saint-Malo et Saint-Servan furent reliés, de 1873 à 1922, par un Pont roulant marin

La cité continue à être un port actif après le départ des Romains. Elle devient le siège d'un évêché (attesté à partir du VIIIe siècle) et est dotée d'une cathédrale (Saint-Pierre), construite à l'époque carolingienne en style roman, dont subsistent aujourd'hui le chœur et les soubassements.

L'installation des Vikings sur la Rance pendant 30 ans est sans doute à l'origine de la reconstruction de la cathédrale vers 1150 sur le rocher voisin de Saint-Malo par l'évêque Jean de Châtillon. En 1255, Guillaume du Mottay conduit une révolte des Servannais contre la prééminence de Saint-Malo.

La Tour Solidor est édifiée entre 1379 à 1384 par le duc Jean IV sous la direction de son architecte Étienne Le Ture, sur les fondations de l'ancienne tour viking d'Oreigle. Cette construction est utilisée pour contrôler le trafic sur la Rance, face à la ville de Saint-Malo qui a intégré le royaume de France.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la ville se développe de part et d'autre de l'artère principale, devenu aujourd'hui la Rue Ville-Pépin, parallèle à la grève des Bas-Sablons. Au XIXe siècle, un somptueux hôtel de ville est édifié sur la place centrale par Béziers-Lafosse.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Sous la monarchie, l'Empire et la troisième République, on construit des bateaux dans l'anse Solidor, à la Cité et à Solidor.

Naissance de Louis Duchesne le 13 septembre 1843.

En 1849, Jean-Baptiste Duchesne fonde le comptoir de l'Océanie à Oregon City, USA.

Saint-Servan, dont l'activité économique repose sur la pêche à la morue et la construction navale, connaît un déclin relatif vers 1850 car la région manque de voies de communication. Certains Servannais émigrent en Californie lors de la Loterie des lingots d'or entre 1851 et 1853 : les Boudan, Buisson, Cassagne, Louis Miniac, etc.

Le 1er mars 1870, l'huissier servannais Roty est assassiné.

Le 9 novembre 1873, le servannais d'adoption Jean-Baptiste Cécille meurt dans la commune.

En septembre 1882, le voleur Labarque est retrouvé momifié.

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Belle Époque[modifier | modifier le code]

Le 23 février 1906, l'inventaire des biens de l'église conduit à l'arrestation de 3 officiers du 47e régiment d'infanterie[2].

En 1909, le servannais Marie-Ange Tardivel est impliqué dans l'affaire Steinlen.

L'Académicien Louis Duchesne en 1920.

En 1911, l'historien et archéologue servannais Louis Duchesne est élu à l'Académie française, précisément au fauteuil no 36.

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Saint-Servan porte les noms de 353 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale[3].

Edmond Nowé, né en 1888 à Saint-Servan, soldat au 5e bataillon d'infanterie légère d'Afrique, fut fusillé pour l'exemple le 21 octobre 1915 à Alger pour « crimes suivis de vol ». Pierre Le Gruiec, né en 1890 à Saint-Servan, soldat au 120e régiment d'infanterie, fut aussi fusillé pour l'exemple le 10 septembre 1916 à Somme-Yèvre (Marne)[4].

L'Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

En 1920, le poète René Martineau, intime de Léon Bloy et ami de Georges Hugnet ainsi que de Rouault, s'installe au manoir de la Verderie. Il y crée un cénacle fréquenté par Théophile Briant, Paul Vimereu, Gustave Bord, François Tuloup, Roger Vercel, André Savignon, Esnoul Le Sénéchal

Le 21 avril 1922, l'académicien Louis Duchesne meurt à Rome.

En septembre 1927, le marin Louis Barré meurt lors de la mutinerie du terreneuvier Saint-Mathurin.

En juillet 1937, le colonel Maurice Guillaume, patron du journal Choc, est agressé par quatre membres du Parti Social Français à son château de la Mothe, en Saint-Servan[réf. souhaitée].

En 1938, le maire et ministre de l'Air Guy La Chambre épouse la chanteuse Cora Madou dans l'église de Saint-Servan[5].

La Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Saint-Servan porte les noms de 150 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale[6]. Pami eux, plusieurs résistants morts en déportation comme André Bourhis[n. 1], François Godest[7], Robert Hamoniau[8], Gaston Thouvenot[9], etc.

L'après-Seconde-guerre-mondiale[modifier | modifier le code]

En 1945, le servannais Edmond Miniac est nommé avocat-général à la Cour de cassation (France).

Onze soldats originaires de Saint-Servan sont décédés pendant la guerre d'Indochine, un pendant la guerre de Corée et sept pendant la guerre d'Algérie[10].

En 1967, Saint-Servan-sur-Mer fusionne avec les communes de Paramé et de Saint-Malo ; elle est désormais un quartier de Saint-Malo.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires de Saint-Servan jusqu’à la fusion avec Saint-Malo en 1967 :

Liste des maires successifs[11],[12]
Période Identité Étiquette Qualité
         
1795 1797 Luc-François Pointel   Président de la municipalité
         
1821 1824 Mathurin Guillaume Guibert de La Noe   Armateur
1824 1830 Mathurin Joseph Guibert de La Noe   Armateur
1830 1835 Jacques Epron   Contre-amiral
         
v. 1864 v. 1866 Edouard Michel Gouazon    
1866 1870 Paul Pointel   Officier de marine
v. 1871   François-Marie Le Pomellec   Député
av.1876 v. 1877 Alexandre Chèvremont   Préfet, historien
v. 1877   François Le Normand    
1888 1897 Léonce Demalvillain (père)   Député
v. 1898   Léonce Demalvillain (fils)    
         
1922 1923 ? Eugène Brouara    
1923 1929 Jules Haize    
1932 1940 Guy La Chambre   Ministre, député
         
v. 1960   Lucien Huet    
1967   Fusion avec la ville de Saint-Malo    


Services administratifs[modifier | modifier le code]

Saint-Servan dispose de plusieurs services administratifs[13] :

  • La mairie annexe, la police municipale et la bibliothèque annexe de Saint-Servan situées place Bouvet,
  • Le théâtre Bouvet, à deux pas de la mairie,
  • La poste de Saint-Servan.

Monuments et lieux touristiques[modifier | modifier le code]

Centre-ville[modifier | modifier le code]

La Rue Ville-Pépin, depuis la maison Miniac.
  • Rue Ville-Pépin, principal axe de l'ancienne commune, avec l'ancien hôtel du Pélican, au no 1 : l'immeuble de 1850 avec des médaillons représentant divers Malouins célèbres de l'architecte Hippolyte Beziers La Fosse.
  • Place Bouvet, place de l'ancienne mairie.
  • Le parc Bel Air avec son ancienne tour de moulin transformée ensuite en sémaphore.
  • École du Bel Air, fresque Les Fables de la Fontaine (1953) mais recouverte de toile de verre (malgré la protection du code de la propriété intellectuelle)
  • L'ancien hôtel-de-Ville de Saint-Servan, devenu depuis 1967, date de la fusion de la commune avec Saint-Malo, une annexe. C'est un bâtiment de style néo-renaissance en briques et pierres. Il a été construit vers 1860 par l'architecte Béziers La Fosse.
  • Chapelle Saint-Louis, rue Ville-Pépin, construite en 1612.
  • Place de la Roulais.
  • La rue Dauphine avec au no 10, une maison de 1719 ; et du no 16 au no 20 puis du no 22 au no 24, de 1684. Au no 38, une maison construite en 1747.
  • La rue Georges Clemenceau avec aux nos 47-49, des maisons construites en 1723 ; au no 66, une maison de 1844 ; aux nos 67-69, des habitations datant de 1725 et pour celles aux nos 83-85, de 1674.

Quartier Solidor[modifier | modifier le code]

  • L'embouchure de la Rance.
  • La tour Solidor du XIVe siècle qui abrite le musée des Cap-Horniers.
  • Le port de Solidor. C'est l'ancien site de construction navale. Du port, il est possible d'admirer l'estuaire de la Rance, le rocher de Bizeux avec sa statue de la vierge et l'usine marémotrice.
  • La cité d'Aleth : ancienne place forte gallo-romaine, fortifiée par Vauban puis par les Allemands pendant l'Occupation avec bunkers et réseaux souterrains. Un chemin des douaniers en fait le tour.
La cité d'Aleth et la maison de Louis Duchesne.
  • Les ruines de la cathédrale carolingienne d'Aleth.
  • École de la Cité (1953), ces fresques connurent le même sort que l'école précédente. L'une vient d'être restaurée par Alain Plesse à la demande de la mairie de Saint Malo et des Amis du peintre Geoffroy Dauvergne.
  • Le barrage de la Rance et son usine marémotrice.
  • L'Ar Zenith, un dundee sénan, mis au sec sur la cale de l'ancien arsenal.
  • Le quai Sébastopol : aux nos 3 et 5, deux anciennes maisons datant de 1684-1685. Sur le quai, une stèle à la mémoire du Commandant Charcot, oeuvre du sculpteur René Quillivic.
  • Le quai Solidor : au no 27, ancien hotel d'armateur.
  • L'ancien commissariat à la marine de Solidor.
  • Le petit port Saint Père
La maison aux volets bleus de l'académicien Louis Duchesne (1843-1922), au dessus du port Saint-Père
Tour marégraphe
  • Le marégraphe : une tour marégraphe construite par la direction hydraulique de Brest à la fin du XIXe siècle[14] sur l'embouchure de la Rance afin d'avoir une connaissance précise de la marée. Il se situe à côté du port des Saint-Pères, au pied de la cité d'Aleth. Il est encore utilisé aujourd'hui pour le fonctionnement du barrage de la Rance[14]. Il s'agit d'une tour creuse, de 5 mètres de large à sa base et 3,5 m à son sommet par laquelle on accède par une rampe de 19 mètres. L'eau de mer y entre par une ouverture toujours immergée au pied de la tour (pour éviter les interférences dues aux vagues). La chambre d'observation est équipée d'un maréomètre, invention de M. Chazellon[14]. Il s'agit d'un cylindre horizontal recouvert d'une feuille de papier sur lequel s'inscrive les hauteurs de marées. Le marégraphe fut construit sur un antique lieu d'échouage des navires approvisionnant Aleth. On retrouve d'ailleurs sous la rampe d'accès les vestiges d'une maçonnerie gallo-romaine[14]. Endommagé en août 1944 lors des combats pour la libération de Saint-Malo, le marégraphe fut rénové en 1970[14].

Quartier des Bas-Sablons[modifier | modifier le code]

  • L'anse et la plage des Bas-Sablons.
  • Le phare des Bas-Sablons sur le quai de la plage du même nom.
  • Jardin de la place Monseigneur Duchesne, avec le buste du statuaire Paul Roussel représentant Louis Duchesne.

Quartier Sainte-Croix[modifier | modifier le code]

L'église servannaise Église Sainte-Croix de Saint-Malo depuis la rue Lamort, aquarelle d'Alexandre Miniac.


  • L'Église Sainte-Croix de Saint-Malo se signale par son étrange clocher carré à dôme. Il s'élève au-dessus des toits de l'ancien arsenal. L'église est un vaste édifice dont la première pierre a été posée en 1715. Elle a remplacé l'ancienne église paroissiale de Saint-Servan devenue trop petite. L'église a été construite par les ingénieurs du Roi : le Savoyard Amédée Frézier et le Parisien Siméon Garangeau et par l'architecte Jean Datour. Elle fut consacrée en 1743. Elle fut pavée en 1785. La tour et les trois premières travées furent construites entre 1828 et 1840 à partir des plans de l'architecte Julien Leclair après avoir été soumis à Baltard. Les vitraux réalisés en 1962, sont de Joseph Archepel.
  • Le Grand-Orgue Cavaillé-Coll de l'église Sainte-Croix. Réalisé en 1884, comportant 37 jeux sur 3 claviers et un pédalier. Il est une des plus belles réalisations de Cavaillé-Coll en Bretagne.
  • L'église paroissiale Saint-Pierre.
  • La roseraie Sainte-Anne, un jardin d'une superficie de 4 000 m2, situé dans le potager d'un ancien monastère du XVIIIe siècle, clos de murs. Elle regroupe 112 variétés de rosiers et de plantes vivaces.
  • Le quartier du Rosais avec son ancien hôpital du (XVIIIe siècle), son jardin et le cimetière marin face à la Rance.

Quartier Bellevue[modifier | modifier le code]

Quartier La Pie[modifier | modifier le code]

  • La chapelle de l'Hôpital général (XVIIIe siècle).

Divers[modifier | modifier le code]

  • Le Collège du Sacré-Cœur
  • Le grand parc, le jardin botanique et le château de la Briantais
  • Le Grand aquarium
  • La malouinière de la Balue (aujourd'hui englobée dans le lycée Jacques Cartier)
  • Différentes écoles construites dans les années 1950 par l'architecte André Murat et décorées de fresques de Geoffroy Dauvergne :
    • École du Petit Trianon (1956). Les peintures de Dauvergne sont recouvertes ou enfermées dans un placard, une autre est percée de clous et vient d'être restaurée par Alain Plesse.
  • L'anse et la plage du four à chaux.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de la ville de Saint-Servan

Le blason de Saint-Servan se blasonne ainsi :

« D'azur au voilier contourné d'or à dextre, pavillonné de sable, voguant sur une mer de sinople, au rocher de sable, mouvant de la mer à senestre, sommé d'une tour carrée essorée d'or, pavillonnée de sable; au chef d'argent chargé de cinq mouchetures d'hermine[15]. »

Personnalités liées à la ville[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. André Bourhis, né le 15 juillet 1910 à Lambézellec, arrêté le 27 janvier 1944 à Saint-Servan, décédé à Watenstedt (un kommando du camp de concentration de Neuengamme) le 9 février 1945

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Erwan Le Gall, Le deuxième procès de Rennes : trois officiers du 47e régiment d’infanterie devant le Conseil de guerre, En Envor, revue d'histoire contemporaine en Bretagne, no 1,‎ hiver 2013 (lire en ligne)
  • Gilles Foucqueron, Saint-Malo, 2000 ans d'histoire, t. 1,‎ 1999

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Liens externes[modifier | modifier le code]