Vieux breton
|
|
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (août 2012).
Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références ». (Modifier l'article)
|
| Vieux breton Henvrezhoneg |
|
| Période | Ve au XIe siècle |
|---|---|
| Langues filles | moyen breton |
| Parlée en | France |
| Région | Bretagne |
| Classification par famille | |
|
|
| Codes de langue | |
| ISO 639-3 | (en) obt |
| Linguasphere | 50-ABB-ba |
| IETF | obt |
| modifier |
|
Le vieux breton (henvrezhoneg en breton) est le nom actuellement donné à la langue brittonique parlé en Armorique avant le XIe siècle. Il est suivi par le moyen breton puis le breton moderne.
Le plus ancien texte communément considéré comme du vieux breton est le manuscrit de Leyde datant de la fin du VIIIe ou du IXe siècle.
Sommaire |
Inscriptions [modifier]
L'inscription de Lomarec [modifier]
La transcription la plus ancienne en vieux breton a été retrouvé à l'intérieur d'un sarcophage dans une chapelle près du village de Lomarec dans la commune de Crac'h, près d'Auray : « irha ema in ri », soit en breton moderne : « amañ emañ ar roue » (notez le remplacement du mot celtique ri − cf. le gaélique et le gaulois rix − par l'emprunt du mot roue), ce qui signifierait « ici repose le roi ».
Une autre analyse rapproche le breton "irha" du gallois "yrha", plus vraisemblable linguistiquement, signifiant "raccourcir" ou "diminuer". La traduction de l'inscription serait "Raccourcir/diminuer ici le Roi". La formule voulant certainement dire la même chose, avec un tournure plus poétique sans doutes.
L'inscription étant datée du siècle du roi Waroc'h, certains pensent qu'il y fut enterré. Les éléments à l'appui de cette thèse sont :
- l'étymologie d'Auray, dont une hypothèse y voit la signification de « cour royale » (du latin aula regia) ; une autre le breton "erle" ou "arle" un nom de personne.
- la date de la fondation d'Auray : une motte féodale y aurait existé dès le Ve siècle.
L'inscription de Gomené [modifier]
L'inscription de Gomené ou inscriptions des Aulnays est aussi ancienne. Elle peut se voir sur un monument en granit : « Ced parth so »[1]
Il est possible qu'une traduction littérale de cette inscription soit "partie-donné ceci" [2] et qu'elle servait à délimiter un domaine.
Évolution du vieux breton [modifier]
Entre le gaulois et le britonique[Quoi ?] existe quelques différence alors :
- le son KS est devenue s en gaulois et h en britonnique (à ne pas confondre avec le S indoeuropéen qui est alors encore prononcé S en gaulois et en brittonique). Étrangement certains mots bretons ont subi l'évolution gauloise : ukso→ a-us ;
- le son ou devient i en britonnique et u ou o en gaulois (dinan.....verdun).
À partir du Ve siècle [modifier]
Les consonnes k, t, p, g, d, b, m, quand elles sont entre deux voyelles ou une voyelle et une consonne liante (l, m, r, n), évoluent en g, d, b, c'h, th doux, bh (un peu comme l'accent américain d'aujourd'hui influence l'anglais : bedeur pour prononcer better).
Ces évolutions ne sont pas marqués dans l'écriture sauf quand les scribes font des fautes (comme si par exemple un écrivain écrivait sozie au lieu de sosie). C'est d'ailleurs pour cela que l'on sait que ces consonnes avaient évolué malgré l'orthographe.
Le y évolue en dh (vers 400).
À partir du VIe siècle [modifier]
Le s évolue en h : *sintos → hint (sentier, chemin) ; *salannos → holen. Pourtant certains mots vont conserver le s initial (seizh, sunan, saotr...).
Les consonnes doubles explosives évoluent : pp → f (ph) ; tt → th ; cc → c'h
- cattos → cath (chat) ;
- succo → soc'h (soc).
Les double consonne avec une consonne liante devant (l, n, m ou r) et une consonne explosive derrière (k, t ou p) font également évoluer cette dernière consonne :
- rk → rc'h Marcos...Marc'h ;
- rp → rf ;
- rt → rth nertos → nerth (nerzh, force) ;
- lk → lc'h ;
- lp → lf.
Les doubles consonnes kt et pt evoluent en c'ht puis en eth, ith (*fruct- →froueth; *lact- → laeth; *sept- →seith)
La contamination vocalique (influence d'une voyelle sur une autre) fait se fermer des voyelles ouvertes (o, a) quand elles sont devant une voyelle fermée (i, y, e).
- *bucolio → bucelio → bugel (enfant)
- doniu → deniu → den
- gallit → gell (forme irrégulière de gallout à la troisième personne du singulier)
Disparition de la dernière syllabe. L'ancien breton, au départ, avait son accent sur l'avant-dernière syllabe. Peu à peu, la force de cet accent fait disparaître la dernière syllabe.
L'accent restant au même endroit, il est désormais sur la dernière syllabe :
- eclesia → iliz ;
- durnos → durn → dorn, etc.
Ces dernières syllabes, même si elles ont disparu, continuent de provoquer des mutation aujourd'hui sur les mots qui suivent. Ce sont des syllabes fantômes.
Période du VIIe siècle, du VIIIe siècle et du IXe siècle [modifier]
Peu de changements influencent alors la langue.
La contamination des voyelles fermées (i, y, e) sur des voyelles ouvertes (o, a) continue.
- monid → *menid ;
- kolin → kelenn ;
- nouid → *evid.
Paradoxalement, certaines voyelles commencent à s'ouvrir.
Le vieux breton hésite entre le u (prononcer ou) et le o pour certains mots : dorn, durn (dourn) ; but (bout), bot ; dubr (doubr), dobr.
Le I ouvert commence à devenir e (é)
- monid → menid → mened
- louinid → leuinid → leuened (joie)
Des nouvelles diphtongues apparaissent :
- le é devient oï ;
- le è devient Oï (o ouvert).
le son h venu du g commence à disparaitre en fin de mot après une voyelle :
- tig → tih → ti (maison) ;
- Brog → broh → bro.
Cependant, après une voyelle liante comme r ou l, ce même h se renforce en c'h
- lerg → lerh → lerc'h ;
- dalg → dalh → dalc'h.
Dans certains coins cette prononciation rg est restée : bourg ou argant dans le Sud.
IXe siècle [modifier]
À partir du IXe siècle, dans une partie de la Bretagne, l'accent commence peu à peu à se déplacer de la dernière syllabe pour se fixer, comme avant le VIe siècle, sur l'avant-dernière syllabe. Mais cela seulement dans certaines partie du domaine bretonnant (surtout le Nord). Au Sud, dans le pays vannetais et nantais [3], l'accent reste sur la dernière syllabe.
Cette accentuation sur l'avant dernière syllabe se retrouve également en Cornouailles et en Pays de Galles. Certains pensent que c'est l'accentuation des verbes et de leur conjugaison (qui étaient toujours restés sur l'avant-dernière syllabe) qui fit évoluer les mots vers cette accentuation. Au XIIe siècle, le changement d'accent est terminé, a fortiori.
Xe-XIe siècle [modifier]
Le uu débutant un mot se renforce à partir du Xe siècle : il devient gu, go
- uuin → guin ;
- uuerth → guerth.
Le I provenant du i court brittonique va devenir e :
- hint → hent ;
- karantid → karantez.
À cause de cela, la différenciation entre le singulatif masculin -in(n) et le singulatif féminin -en(n) va disparaitre pour devenir -enn.
Le o court qui vient du brittonique a fini de se transformer en e (é) :
- to→te (tu) ;
- com→ken.
Le o long brittonnique devient eu.
- mor → meur
- bore → beure
- brotr → breur
- Caradog → caradeuc
La contamination continue
Les voyelles courtes (i, y, e) continuent de parachever leur oeuvre de fermer les voyelles précédentes dans certains mots (mais pas dans le vannetais ni dans le nantais).
- melin → milin
Sources [modifier]
Références [modifier]
- Catherine Bizien-Jaglin, Patrick Gallou et Hervé Kerébel, Carte archéologique de la Gaule : Côtes-d'Armor, Paris, Académie des inscriptions et belles lettres, 2002, 410 p. (ISBN 978-2-87754-080-3) (LCCN 2007459546) [lire en ligne (page consultée le 7 février 2011)], p. 154
- Latimier G. L'inscription des Aulnays en Gomené. In: Annales de Bretagne. Tome 76, numéro 4, 1969. pp. 625-648. doi : 10.3406/abpo.1969.2533 url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/abpo_0003-391x_1969_num_76_4_2533 Consulté le 07 octobre 2012
- Le breton ayant longuement été parlé en Loire-Atlantique vers Guérande, Guéméné-penfao, Guenrouet et certainement par une partie de la population de Nantes
Bibliographie [modifier]
- Joseph Loth, Vocabulaire vieux-breton, avec commentaire, contenant toutes les gloses en vieux-breton, gallois, cornique, armoricain, connues, précédé d'une introduction sur la phonétique du vieux-breton et sur l'âge et la provenance des gloses, Paris, F. Vieweg, 1884 [lire en ligne]
- Léon Fleuriot, Le Vieux Breton : éléments d'une grammaire, Paris, C. Klincksieck, 1964, 1re éd., 440 p.
- Léon Fleuriot, Dictionnaire des gloses en vieux breton, Paris, C. Klincksieck, 1964
- Léon Fleuriot (trad. Claude Lucette Evans), A Dictionary of old breton : historical and comparative in two parts, including an English translation of an abridged version of part I ; a substantial body of additional material : glosses and vocabulary from other sources : cartularies, hagiography, Toronto, Prepcorp Limited, 1985, 574 p. (ISBN 0-9692225-0-5, 0-9692225-1-3 et 0-9692225-2-1)
- Kenneth Jackson, Language and history in early Britain: A chronological survey of the Brittonic languages, first to twelfth century A.D, Édimbourg, University of Edinburgh Press, 1953
- Roparz Hemon, Geriadur istorel ar brezhoneg, Dictionnaire historique du breton, vol. 1 à 36, Édimbourg, Preder, 1958 à 1991
- Roparz Hemon, A historical morphology and syntax of Breton, Dublin, Institute for Adanced Studies, 1975
- Even Arzel, Istor ar yezhoù keltiek, vol. 1, Hor Yezh, 1956
Annexes [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Vieux gallois (Hen Gymraeg)
- Manuscrit de Leyde
- linguistique