Gilles Servat

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Gilles Servat

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Gilles Servat lors du concert de Dan Ar Braz au festival de Cornouaille 2013 afin de marquer les 20 ans des débuts de l'Héritage des Celtes.

Informations générales
Naissance (69 ans)
Tarbes, France
Activité principale Auteur-compositeur-interprète, écrivain
Genre musical chanson bretonne, musique bretonne, musique celtique
Instruments Chant
Années actives Depuis 1969
Labels Sony
Philips
Kelenn
Site officiel www.gillesservat.fr
Logo

Gilles Servat, né le 1er février 1945, à Tarbes, est un auteur-compositeur-interprète français, ardent défenseur de la culture bretonne armoricaine et d'expression bretonne, française, et autre langue celtique. C'est aussi un poète, dont le début de carrière a été marqué par la chanson La Blanche Hermine qui est devenue un symbole dans la Bretagne armoricaine. Auteur d'une discographie importante, il a fait partie des artistes qui ont participé à l'Héritage des Celtes de Dan Ar Braz. C'est aussi un romancier qui sait faire revivre l'épopée celte et la réalité de la Bretagne armoricaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et débuts[modifier | modifier le code]

Gilles Servat est né dans les Pyrénées, dans une famille d'origine nantaise. La famille déménage quelques mois après à Cholet, ville dans laquelle il passe son enfance et son adolescence, avec des passages réguliers à Nantes. Il est bercé par Georges Brassens puis Léo Ferré. Après le baccalauréat en philosophie, il est élève à l’école des beaux-arts d'Angers. Il étudie la sculpture, la peinture, le dessin, la gravure et se destine au professorat. Il passe quatre ans à Angers puis deux ans à Paris, où il travaille quelques mois au service des redevances de l'ORTF[1]. Il commence à écrire en 1967. En mai 1968, il découvre le problème politique breton et fait le parallèle avec un ami occitan. Sa rencontre déterminante avec la Bretagne date de 1969, lors d'un séjour à l'île de Groix, il comprend quelles sont ses racines et décide de les chanter. Il chante dans un restaurant de l'île tout l'été, puis chez Ti-Jos à son retour à Paris. Il est entraîné dans cette voie également par la découverte de Glenmor et d'Alan Stivell. Gilles Servat est également membre de la Gorsedd de Bretagne[2]. Abandonnant un emploi de fonctionnaire aux PTT, il se lance dans l’aventure musicale, se produisant pendant deux ans au restaurant Ti Jos, lieu de rencontre des Bretons de Paris. C'est dans ce lieu qu'il chante La Blanche Hermine pour la première fois. La vie à Paris nourrit sa « bretonnitude »[3] et lui inspire Montparnasse blues.

La carrière[modifier | modifier le code]

Gilles Servat en concert à Lorient.

Au tout début des années 1970, il participe à la création du label « Kelenn ». Le label, qui compte notamment des artistes tels que les Tri Yann an Naoned, sera revendu à la firme Phonogram (qui avait déjà signé avec Alan Stivell quelques années auparavant). En 1972 il sort son premier album La Blanche Hermine, dont le titre éponyme deviendra au fil du temps, une sorte d'hymne officieux de la Bretagne. Succès commercial, il est disque d'or. Il décrit dans La Blanche Hermine le cas de conscience d'un homme tiraillé entre l'amour de sa femme et la lutte armée pour la décolonisation de son pays.

Dans son premier disque, les chansons didactiques traduisent son analyse de la Bretagne (historique, politique, sociale) mais de façon limpide, avec le langage quotidien sans le jargon militant. Cette démarche est visible dans Les Bretons typiques et Les Prolétaires. La première, sur le mode humoristique, en réutilisant l'air de Ils ont des chapeaux ronds, décrit l'aliénation des Bretons dont la colonisation française a fait des personnages pittoresques et « inoffensifs ». L'autre explique comment le capitalisme et l'industrialisation créent un prolétariat, comment on force la Bretagne à « participer » à une société bloquée. Les autres chansons vont du blues mélancolique (Montparnasse Blues, Kalondour) au traditionnel breton (An Alarc'h, Gwerz Marv Pontkallek, Me zo gannet) se rapprochant parfois du progressive-folk.

Portée par le succès de La Blanche Hermine, sa discographie va se développer de manière régulière. Parallèlement, il consacre beaucoup de son temps à donner des concerts tant en France qu’à l’étranger. Dans la décennie des années 1970, il sort quasiment un album par an. En 1973, il présente lors d'un Musicorama d'Europe 1 à l'Olympia Ki Du (chien noir), un album enregistré en Bretagne avec les musiciens qui l'accompagnent, alors que le premier avait été enregistré en Irlande avec des musiciens irlandais[4]. Une chanson est écrite en breton et une en hommage à l'île de Groix par sa femme originaire de Groix. En juin 1974, L'Hirondelle présente deux textes en breton qu'il a écrit (dont la gwerz sur la mort de Víctor Jara), des textes en français sur les sujets bretons qui voisinent avec des thèmes politiques d'intérêt similaire (Le paysan basque) ou plus général (Litanies pour l'an 2000). Suivent ensuite La Liberté brille dans la nuit et Le Pouvoir des mots (une face en breton et l'autre en français). Les textes de ses chansons alternent l’inspiration poétique et la revendication militante, politique. En 1977, c’est Chantez la vie, l'amour et la mort, dont la chanson titre est éloquente, entre chansons intimistes et populaires, comme le détournement de chants à danser à refrain répété (Madame la Colline, le kan ha diskan de Gavotte des frontières naturelles).

Après L'Or et le Cuivre en 1979, il rend hommage, l’année suivante, à René Guy Cadou (1920-1951), poète breton mort prématurément, avec l'album Hommage à René Guy Cadou. En 1981, il propose un album en concert et en 1982, Je ne hurlerai pas avec les loups. En 1984 et 1985, il participe aux activités du Théâtre de la Chimère de Michel Ecoffard. En 1988, Mad in Sérénité obtient le Grand Prix de l’Académie Charles-Cros et le Prix du Conseil Régional de Bretagne. L’album Le Fleuve sorti en 1992 fait l’objet d’un spectacle, présenté aux Tombées de la nuit, festival rennais.

À partir de 1993, il rejoint Dan Ar Braz pour l’aventure de l’Héritage des Celtes, un projet qui ambitionne de présenter la richesse de la musique celtique dans toute sa diversité. Il retrouve entre autres, Elaine Morgan, Nollaig Casey, Karen Matheson (chanteuse du groupe Capercaillie), Yann-Fañch Kemener, Donald Shaw. Il participe à l’enregistrement des quatre albums : Héritage des Celtes (1994), En concert (1995), Finisterres (1997) et le Zénith (concert en 1998). L’année suivante, il est présent sur la réunion des Bretagnes à Bercy avec, outre les artistes de « L’Héritage », Armens, Alan Stivell et Tri Yann.

En 1996 sort l’album Sur les quais de Dublin, sur lequel il a invité quelques artistes : Ronnie Drew (des Dubliners), Andy Irvine, Rita Connolly, le Bagad Ronsed-Mor de Locoal-Mendon. Touche pas à la blanche hermine est un disque enregistré en public, en 1998 à Auray, sur lequel on retrouve quelques-uns de ses titres les plus connus (Vieille ville de merde, Sur les quais de Dublin, etc) ; le morceau La blanche Hermine est précédé de la récitation du texte Touche pas…, une violente diatribe contre les militants du Front national, qui récupèrent sa chanson dans leurs meetings. Comme je voudrai ! en 2000, fait suite au naufrage de l'Erika, qui a pollué les côtes de Bretagne en décembre 1999, mais aussi des chansons poétiques, où l’Irlande est présente.

Concert anniversaire de l'Héritage des Celtes avec Dan Ar Braz au festival de Cornouaille 2013.

En 2003 à Saint-Malo, il reçoit le collier de l’Ordre de l'Hermine, qui récompense les personnalités qui œuvrent pour le rayonnement de la Bretagne[5]. Le , il sort un nouvel album : Sous le ciel de cuivre et d'eau qui contient notamment une chanson à la mémoire de Polig Monjarret intitulée Le Général des Binious, surnom du fondateur de la Bodadeg ar Sonerion.

En 2006, à l’occasion de ses trente-cinq ans de carrière, il sort une compilation en deux CD, dont les trente-cinq titres ont été choisis par le public. Le 12 novembre, il donne un concert anniversaire à l’Olympia en compagnie de Nolwenn Korbell et de l'Ensemble choral du Bout du Monde.

En 2009 Gilles Servat témoigne et apporte son soutien à six jeunes militants pour la réunification de la Bretagne, inculpés pour des actions de désobéissance civile. En 2011, le chanteur sort un nouvel album studio intitulé Ailes et îles[6]. Avec des membres des Goristes, en octobre 2013, il sort C'est ça qu'on aime vivre avec.

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

45 tours[modifier | modifier le code]

Albums en public[modifier | modifier le code]

Concert à Saint-Pol-de-Léon en 2010.

Compilations[modifier | modifier le code]

Collaborations[modifier | modifier le code]

Avec Dan Ar Braz et L'Héritage des Celtes[modifier | modifier le code]

Autres participations[modifier | modifier le code]

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

Gilles Servat en dédicace lors du Festival interceltique de Lorient, le 9 août 2013.
  • Mise à mort des cultures populaires en collaboration avec Guy Millière, éditions Syros (1978).
  • Connemara (photographies de Didier Houeix), Éditions Apogée, coll. « Terres celtes », Rennes.

Dans le domaine de la science-fiction :

  • La naissance d'Arcturus (1986), éditions Kornog.
  • Les chroniques d’Arcturus, éditions L’Atalante
    1. Skinn Mac Dana (1995)
    2. La Navigation de Myrdhinn (1996)
    3. Arcturus (1997)
    4. Les Ssahanis (2000)
    5. Le Dixième Jour de Branvode (2003)
    6. La Lance de Lughern (2007)
    7. Le Monde-aux-jumeaux (2013)
  • Postface du roman Les Sonneurs Noirs de Jean-Pierre Hubert, collection Autres Mondes, Mango.
  • Sous le signe d'Hélène Cadou, collectif. éditions du Traict. 2010

Musique de films[modifier | modifier le code]

  • Chronique des années tristes: ils ne vivront pas au pays, Alain Aubert, 1980[7]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La chanson bretonne, Jacques Vassal, 1980, p. 86
  2. Erwan Chartier, Gilles Servat, portrait, Coop Breizh
  3. « Oui, c’est à Paris que j'ai découvert la bretonnitude. C’est-à-dire qu’il faut partir pour se rendre compte de ce qu’on est » dans Gilles Servat, portrait
  4. La chanson bretonne, Jacques Vassal, 1980, p. 85
  5. Site de l'Institut culturel de Bretagne
  6. "Je ne chante pas que des textes militants" Ouest-France.fr 23 juillet 2011
  7. Fiche film site Autour du 1ermai
  8. Synopsis du film
  9. Synopsis du film

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Erwan Chartier, Gilles Servat, Portrait, éd. Blanc Silex 2004, rééditions Coop Breizh, Spézet, 2006, 128 p. (ISBN 2-84346-295-5).
  • Guy Millière, Gilles Servat, Chansons d’aujourd’hui, éditions Seghers, 1976
  • Christian Renaut, Regard sur Gilles Servat (photographies), 1989.
  • Daniel Morvan (photogr. Bernard Galéron), Bretagne, Terre de musiques, e-novation,‎ 2001, 144 p. (ISBN 978-2-9516936-0-9), « En(chanter) - kanañ ha dudiañ : Les nouveaux bardes. Gilles Servat, chanteur en cinémascope », p. 110-113.
  • André-Georges Hamon, Chantre de toutes les Bretagnes, Jean Picollec,‎ 1981, 441-448 p..

Articles de presse[modifier | modifier le code]

  • O. du Puigaudeau et Gilles Servat, « Retrouver Groix », ArMen no 29, août 1990.
  • Daniel Morvan, « Dan ar Braz à Dublin », ArMen no 66, mars 1995.
  • Erwan Chartier, « Gilles Servat, le barde imaginé / l'héritage d'un Celte », ArMen no 123, août 2001, p. 22-29.
  • Thierry Jicourel, « Révolté au grand cœur », Celtics no 7, janvier 2002.
  • Roland Delassus, « Gilles Servat. Sous le ciel de cuivre et d'eau... », Trad Magazine, no 110,‎ novembre-décembre 2006.
  • « J'aimerais que la Bretagne ait le même statut que la Catalogne », Bretons, octobre 2013, p. 26-29.

Liens externes[modifier | modifier le code]