Charles Le Goffic

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Charles Le Goffic
Portrait par Charles Lhuillier paru dans La Plume en 1891.

Charles Le Goffic, né le 14 juillet 1863 à Lannion où il est mort le 12 février 1932, est un poète, romancier et critique littéraire français dont l'œuvre tout entière célèbre la Bretagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles-Henri Francis Jean-Marie Le Goffic "Charles Le Goffic" est le fils de Marie-Aimée Alexandrine Le Tulle "Manon"et d'un libraire-imprimeur de Lannion, Jean-François Le Goffic, qui mourut l'année suivant sa naissance[1].
Alors que sa mère ne tire que peu de ressources de l'entreprise, le petit Charles passe ses étés avec sa nourrice, soit à Perros-Guirec (Ploumanac'h exactement), soit à Trégastel.
En octobre 1888, il épouse Julie Fleury. À la faveur d’une adjudication, il achète peu après une petite ferme à Rûn-Rouz en Trégastel. Son roman Morgane, la sirène a pour cadre cette ferme de Rûn-Rouz.

Il est enseignant successivement à Gap, Évreux, Nevers et au Havre. En 1886, il fonde avec Maurice Barrès et Raymond de La Tailhède la revue littéraire Les Chroniques. Proche de Charles Maurras, il collabore à la Revue d'Action française (1899), qui deviendra L'Action française (quotidien) (1908), ainsi qu'à la Revue critique des idées et des livres. Bien que républicain convaincu, son régionalisme militant et ses idéaux traditionalistes lui font appuyer le projet maurrassien de restauration monarchique comme en témoigne sa lettre publiée dans L'Enquête sur la monarchie (1900) du chef de file de l'Action française.
Il prend la vice-présidence de l'Union régionaliste bretonne, créée en 1898, et lui sert de relais parisien en suscitant la parution d'articles dans la presse.
Parlant parfaitement le breton, il ne voulait pas l'utiliser à l'écrit de peur "de se montrer inférieur à sa réputation"[2].
Il est barde d'honneur de la Gorsedd de Bretagne sous le nom d'Eostik ar Garante (Le Rossignol de l'Amour).

Le Goffic est élu membre de Académie française en 1930 au 12e fauteuil.

En 1895 il a introduit en Bretagne la Great Highland Bagpipe (grande cornemuse écossaise) devenue le "biniou bras".

Tombe Charles le Goffic.JPG

Sa tombe, surmontée de son buste sculpté, érigé par souscription nationale, est visible dans l'enclos de l'église du bourg de Trégastel, il y est enterré avec sa femme Julie et sa fille Hervine-Marie morte à l’âge de 17 ans des suites d’un accident de battage survenu à Trégastel.
En 1934, un médaillon à son effigie a été apposée sur la Roche des Poètes (Roche des Martyrs) à La Clarté.
À l"occasion du 150e anniversaire de sa naissance, un médaillon, œuvre du sculpteur Michel Sprogis, est posé sur un rocher près de la chapelle Sainte-Anne.

Buste commémoratif à Lannion

Le bois dormant[modifier | modifier le code]

Poésies complètes de Le Goffic en 2 tomes, 1931

La complainte de l'âme bretonne (fragment)

Quand, du sein de la mer profonde,
Comme un alcyon dans son nid,
L'Âme bretonne vint au monde
Dans son dur berceau de granit,
C'était un soir, un soir d'automne,
Sous un ciel bas, cerclé de fer,
Et sur la pauvre Âme bretonne
Pleurait le soir, chantait la mer.

Printemps de Bretagne (fragment)

Une aube de douceur s'éveille sur la lande :
Le printemps de Bretagne a fleuri les talus.
Les cloches de Ker-Is l'ont dit jusqu'en Islande
Aux pâles « En Allés » qui ne reviendront plus.
Nous aussi qui vivons et qui mourons loin d'elle,
Loin de la douce fée aux cheveux de genêt,
Que notre cœur au moins lui demeure fidèle,
Renaissons avec elle à l'heure où tout renaît.
Ô printemps de Bretagne, enchantement du monde !
Sourire virginal de la terre et des eaux !
C'est comme un miel épars dans la lumière blonde :
Viviane éveillée a repris ses fuseaux.

Œuvres[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joseph Ollivier, Catalogue de la chanson populaire bretonne sur feuilles volantes, p. 391
  2. Notice nécrologique dans An Oaled-Le Foyer breton, no 40, 2e trimestre 1932, p. 5-6.
  3. Critiques

Liens externes[modifier | modifier le code]