São Paulo

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São Paulo
Devise : (la) Non ducor, duco
(Je ne suis pas mené, je mène)
Blason de São Paulo
Héraldique
Drapeau de São Paulo
Drapeau
Image illustrative de l'article São Paulo
Administration
Pays Drapeau du Brésil Brésil
Région Sud-Est
État São Paulo
Langue(s) Portugais
Maire Fernando Haddad (PT)
Code postal 01000-000 à 05999-999
et 08000-000 à 08499-999
Fuseau horaire UTC-3
Indicatif 11
Démographie
Gentilé Pauliste (Paulistano)
Population 11 244 369 hab.[1] (2010)
Densité 7 383 hab./km2
Géographie
Coordonnées 23° 32′ 52″ S 46° 38′ 11″ O / -23.547702, -46.636361 ()23° 32′ 52″ Sud 46° 38′ 11″ Ouest / -23.547702, -46.636361 ()  
Altitude 760 m
Superficie 152 300 ha = 1 523 km2
Divers
Date de fondation
Création de la municipalité
Localisation
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Site web http://www.capital.sp.gov.br/

São Paulo (prononciation en portugais : /sɐ̃w̃ ˈpaw.lu/) ou Sao Paulo[2] (« Saint-Paul » en français) est la plus grande ville du Brésil. Située dans le sud-est du pays, elle est la capitale de l'État de São Paulo et le principal centre financier, commercial et industriel de l'Amérique latine, elle est aussi la capitale culturelle du Brésil. C'est encore la ville qui compte le plus de lusophones au monde, c'est aussi la ville la plus peuplée du Brésil et de l'Amérique latine.

Histoire[modifier | modifier le code]

Période coloniale[modifier | modifier le code]

Fondation de São Paulo (tableau de 1913 par Antônio Parreiras.

Le village de São Paulo de Piratininga a été fondé le , avec l'édification d'un collège jésuite, par douze prêtres, dont Manuel da Nóbrega et José de Anchieta, au sommet d'une colline escarpée, entre les rivières Anhangabaú et Tamanduateí[3]. Ce collège, un bâtiment rudimentaire fait en pisé, avait pour objectif la conversion au catholicisme des Indiens qui vivaient dans la région du plateau de Piratininga, séparée du littoral par la Serra do Mar.

Le nom São Paulo a été choisi car, selon le père José de Anchieta dans une lettre à ses supérieurs de la Compagnie de Jésus, le collège a été fondé un 25 janvier, jour en lequel la liturgie catholique célèbre la conversion de l'apôtre Paul de Tarse :

« Le 25 janvier de l'An du Seigneur de 1554 nous célébrons, dans une très pauvre et étroite maisonnette, la première messe, le jour de la conversion de l'apôtre saint Paul, et, pour cette raison, nous lui dédions notre maison. »

Pátio do Colégio, dans le vieux centre de São Paulo. Bâtiment érigé sur les lieux où la ville a été fondée.

Le peuplement de la région du Pátio do Colégio a commencé en 1560, quand, lors de la visite de Mem de Sá, gouverneur général du Brésil, à la capitainerie de São Vicente, celui-ci a ordonné le transfert de la population du hameau de Santo André da Borda do Campo, qui avait été créé par João Ramalho en 1553, aux environs du collège, le site étant situé en hauteur et plus adéquat (flanqué par une colline escarpée et par un grand marécage, la Várzea do Carmo) pour la protection contre le harcèlement des Indiens[3].

En raison du difficile accès à travers la Serra do Mar (si on partait de Santos ou de São Vicente, il fallait monter à pied le « chemin du père José de Anchieta »[4]) et à cause de l'absence de ressources naturelles d'un grand intérêt pour la métropole, São Paulo est resté, pendant les deux siècles suivants, un village pauvre et isolé du centre d'activité de la colonie, le littoral. São Paulo a été longtemps le seul village de l'intérieur du Brésil. Il se maintenait grâce à l'agriculture vivrière et à la capture d'esclaves indiens. Ces expéditions de capture, appelées bandeiras (et les expéditionnaires, bandeirantes), ont été responsables de l'exploration et de l'expansion du territoire brésilien, et de la découverte de vastes dépôts d'or et de diamants dans l'intérieur sauvage.

Le , le marquis de Cascais, donataire de la capitainerie de São Vicente, transfère la capitale de la capitainerie au village de São Paulo. La nouvelle capitale est établie le , avec des grandes fêtes publiques.

La découverte d'or dans la région du Minas Gerais, pendant les années 1690, attire l'attention du royaume sur São Paulo. On crée, le , la nouvelle « Capitainerie royale de São Paulo et Mines d'or ». Le , le village de São Paulo est élevé au rang de ville.

Vers 1720, les bandeirantes découvrent de l'or où aujourd'hui se situent les villes de Cuiabá et de Goiás, marquant l'expansion du territoire brésilien au-delà du méridien du traité de Tordesillas.

Quand l'or s'épuise, à la fin du XVIIIe siècle, l'économie se déplace vers la culture du sucre, qui se répand dans la capitainerie de São Paulo, et la production est exportée à partir du port de Santos. C'est à cette époque que l'on construit la première voie entre São Paulo et le littoral, la Calçada do Lorena.

Période impériale[modifier | modifier le code]

Monument à l'Indépendance dans le parc de l'Indépendance, situé à l'endroit même où Pierre Ier a proclamé l'indépendance du Brésil.

Lors de l'indépendance du Brésil, qui est déclarée là où aujourd'hui se situe le monument de l'Ipiranga, São Paulo a reçu le titre de « Ville impériale », conféré par don Pierre Ier du Brésil en 1823.

En 1827, la création d'une cour juridique au couvent de Saint-François (qui sera à l'origine de la future faculté de droit de la place Saint-François), va donner une nouvelle impulsion à la ville, avec le flux d'étudiants et de professeurs, raison pour laquelle la ville est dénommée Ville Impériale et Bourg des étudiants de São Paulo de Piratininga.

Un autre facteur du développement de São Paulo a été l'expansion de la production de café, initialement dans la région du Val du Paraíba paulista, puis dans les régions de Campinas, Rio Claro, São Carlos et Ribeirão Preto. À partir de 1867, la ville bénéficie d'un chemin de fer passant par un parcours acrobatique, le São Paulo Railway, nommé « l'Anglaise » car bâti par des anglais, qui relie l'intérieur de la province de São Paulo au port de Santos et facilite l'exportation du café en grandes quantités.

À la fin du XIXe siècle sont créées plusieurs autres voies ferrées qui relient l'intérieur à São Paulo, faisant de la cité le point de jonction de tous les chemins de fer de la province. La production et l'exportation du café permettent à la ville et à la province de croître économiquement et démographiquement.

Du milieu du XIXe siècle au début du siècle suivant cette région reçoit une multitude d'immigrants, la plus grande partie ayant été celle d'Italiens, dont beaucoup se sont déplacés vers la capitale. Les premières industries s'installent.

São Paulo en 1821. Aquarelle d'Arnaud Julien Pallière, représentant la Várzea do Carmo (Marécage du Carmel).

Vieille République[modifier | modifier le code]

Lorsque décline le Second Royaume et que commence la Vieille République, la ville de São Paulo, tout comme l'État de São Paulo, continue de bénéficier d'un grand développement économique et démographique, aidée encore par la « politique du café au lait » et par la grande immigration européenne.

Durant la Vieille République (1889-1930), São Paulo passe du statut de centre régional à celui de métropole nationale, en s'industrialisant et en atteignant son premier million d'habitants en 1928. Son plus grand développement démographique se situe dans les années 1890, où sa population double. Le pic de la période du café est représenté par l'édification de la seconde gare de la Luz (le bâtiment actuel) à la fin du XIXe siècle et par l'inauguration de l'avenue Paulista en 1891, où commencent à se multiplier les édifices.

La vallée de l'Anhangabaú est transformée en un jardin public et la région située sur sa rive gauche est dénommée le « Nouveau Centre ». Le siège du gouvernement pauliste est déplacé, au début du XXe siècle, du Pátio do Colégio aux Campos Elísios (un quartier qui tire son nom des Champs-Élysées à Paris).

Palais de la Poste en 1922.

Les améliorations réalisées par le conseiller Antônio da Silva Prado, le baron de Duprat et le Dr Washington Luís contribuent au climat de développement de la ville : certains auteurs estiment que la ville a été démolie et reconstruite dans son intégralité durant cette période[5]. Connaissant un important accroissement industriel, l'agglomération urbaine s'étend rapidement au XXe siècle, plusieurs lotissements s'établissant sur des zones autrefois rurales.

À partir des années 1920, avec la rectification et l'inversion des eaux de la Rio Pinheiros pour alimenter l'usine hydroélectrique Henry-Borden, les environs de celle-ci ne sont plus touchés par les inondations, permettant que soit construit dans la zone sud de São Paulo un lotissement de grand standing connu aujourd'hui comme Les Jardins.

De 1930 à nos jours[modifier | modifier le code]

Troupes de gauchos campées devant l'Institut biologique (futur parc d'Ibirapuera) pendant la révolution constitutionnaliste de 1932.

En 1932 São Paulo se mobilise à l'occasion d'un grand mouvement civique : la révolution constitutionnaliste, où toute sa population s'engage dans la guerre contre le « Gouvernement provisoire » de Getúlio Vargas.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les crises de la culture du café et les empêchements au commerce international concourent au développement de l'industrie agricole qui devient la plus importante activité économique de l'État de São Paulo, dont la capitale est le siège de la plupart de ces nouvelles entreprises. En 1947, São Paulo est reliée au littoral par sa première autoroute revêtue d'asphalte, la « voie Anchieta », construite sur l'ancien « chemin du père José de Anchieta ». En 1954, le quatrième centenaire de la fondation de la cité est célébré magistralement et le parc d'Ibirapuera est inauguré. Durant cette même décennie, la plupart des bureaux financiers se déplacent du centre historique à l'avenue Paulista, remplaçant les anciens bâtiments des barons du café par des immeubles.

Sous l'administration du maire Francisco Prestes Maia et du gouverneur Adhemar de Barros, durant ses mandats entre 1938 et 1966, la ville est marquée par de nombreux ouvrages publics, comme le « plan d'avenues de São Paulo »[6], la rectification du Tietê, le campus de l'université de São Paulo, le stade du Pacaembu, le circuit d'Interlagos, et le projet du métro[7] (sa construction commence en 1968, pendant la gestion du maire José Vicente de Faria Lima, et il est inauguré en 1974).

Vila Olímpia, quartier aux environs de l'avenue Faria Lima, symbole du changement de profil économique de la ville.

Actuellement, la croissance est moindre à cause de la concurrence dans le secteur industriel d'autres régions du Brésil. Les dernières décennies ont vu une claire transformation de son profil économique, qui devient de moins en moins industriel, les services et les entreprises commerciales prenant une importance croissante, à tel point que São Paulo est considérée aujourd'hui comme un centre commercial majeur de l'Amérique latine[8].

Géographie[modifier | modifier le code]

Située dans le sud-est du Brésil dans l'État de São Paulo (SP) sur le plateau de Piratininga à 760 mètres d'altitude, São Paulo a un climat de type subtropical, avec 18,5 °C de température moyenne. La ville est traversée par deux rivières, le Rio Tietê et le Rio Pinheiros qui se jettent l'un dans l'autre avant de traverser tout l'État de São Paulo et de se jeter dans le Rio Paraná.

Sa population était de 11 037 593 habitants au recensement de 2009[9]. La municipalité s'étend sur 1 523 km2[10].

Climat[modifier | modifier le code]

Selon la classification de Köppen, le climat de São Paulo est de type subtropical humide avec une influence de mousson. En été, Les températures moyennes se situent entre 18 °C et 28 °C, et peuvent monter à 32 °C pendant les jours chauds. En hiver, les températures moyennes se situent entre 12 °C et 23 °C et peuvent exceptionnellement descendre à 6 °C. Les températures observés à São Paulo sont similaires à celles de Los Angeles. Les précipitations sont abondantes avec en moyenne 1 454 mm de pluie par an. Les précipitations sont particulièrement abondantes pendant les mois d'été et diminuent significativement pendant les mois d'hiver. Pas plus que les environs, la ville n'est pas exposée aux cyclones tropicaux.

Relevé météorologique
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 18,7 18,8 18,2 16,3 13,9 12,3 11,7 12,8 13,9 15,3 16,5 17,8 14,5
Température moyenne (°C) 22,2 22,4 21,7 19,8 13,6 10,4 9,8 10,1 14,8 19 18,3 21,2 18,5
Température maximale moyenne (°C) 27,4 28 27,3 25,1 19 18,7 16,8 15,3 19,9 22,7 24,9 26,3 24,5
Record de froid (°C) 10 11 9 8 1 -1 -3 -2 1 5 9 12 -3
Record de chaleur (°C) 31 35 30 30 28 27 27 32 33 33 34 32 35
Précipitations (mm) 290 272 190 88 72 70 57 47 78 140 120 190 1 454
Source : "INMET — Climatologia — Gráficos Climatológicos".


Population[modifier | modifier le code]

Du fait de son attractivité économique, São Paulo est une ville où l'immigration est importante, constituée non seulement de Brésiliens d'autres régions, mais aussi d'immigrants d'Europe (implantations italienne, espagnole, allemande et portugaise), d'Orient, d'Asie et d'autres origines. La cité est aussi la plus grande ville peuplée de descendants d'Italiens ou qui ont une part d'ascendance italienne, du fait que la communauté italienne et de personnes de descendance représente environ 60 % de la population totale. Elle compte aussi la plus forte communauté japonaise hors du Japon (près de 326 000 personnes), d'importantes communautés juive et syrio-libanaise sont aussi présentes. São Paulo reçoit quotidiennement des vagues de nouveaux habitants appauvris arrivant de la région Nordeste ou des pays du Mercosul.

Ethnies[modifier | modifier le code]

Le mémorial de l'Immigrant dans le quartier de la Mooca.

Selon le recensement de 2010 de l'Institut brésilien de géographie et de statistiques, la population de São Paulo est composée de : blancs (60,6 %), métis (30,5 %), noirs (6,5 %), asiatiques (2,2 %) et amérindiens (0,2 %).

Selon une recherche génétique (DNA autosome) la composition totale de la population de l'État de São Paulo est 79 % européenne, 14 % africaine et 7 % indigène[11].

São Paulo est la ville la plus culturellement diversifiée du Brésil et l'une des plus diversifiées du monde. Depuis 1870, près de 2,3 millions d'immigrants sont allés à l'État de São Paulo depuis beaucoup de pays dans le monde. Elle est aujourd'hui la ville où habitent les plus importantes populations d'origine italienne, japonaise, espagnole et libanaise en dehors des pays respectifs[12], et elle regroupe le plus grand nombre d'habitants du Nordeste en dehors de celui-ci[13].

Européens
Immigrants européens à l'auberge des Immigrants, vers 1890.

La communauté italienne est l'une des plus importantes, étant présente dans toute la ville. 60 % des habitants de la ville ont au moins un ascendant italien. Les Italiens se rassemblent encore dans les quartiers du Bixiga, du Brás et de la Mooca pour des commémorations et des fêtes[14]. Au début du XXe siècle, la langue italienne et ses dialectes étaient parlés aussi fréquemment que le portugais dans la ville, ce qui a entraîné la formation du dialecte paulistano d'actualité[15]. São Paulo est la deuxième ville consommatrice de pizza du monde. Il y a six mille pizzerias qui servent près d'un million de pizzas par jour[16],[17].

La communauté portugaise est aussi importante, et il est estimé que trois millions de paulistanos ont au moins un ascendant portugais[18]. La colonie juive compte plus de 60 000 personnes et s'est concentrée particulièrement dans le quartier d'Higienópolis et du Bom Retiro. Depuis le XIXe siècle, et fortement au cours de la première moitié du XXe siècle, São Paulo a également accueilli des immigrants allemands (dans le quartier de Santo Amaro), espagnols et lituaniens (dans le quartier de la Vila Zelina). On peut aussi remarquer l'importante communauté arménienne, avec ses nombreuses institutions installées auprès des quartiers du Bom Retiro, du Imirim, du Brás, et autour de la station de métro Arménie. Les Arméniens ont fait du commerce de détail et la fabrication de chaussures leur plus importantes activités.

Arabes
Article détaillé : Immigration arabe au Brésil.
Un bazar syrien en 1950.

L'une des populations les plus marquantes de la ville est la population arabe. Les Libanais et les Syriens sont venus en grand nombre des années 1900 aux années 1930. Leurs descendants sont aujourd'hui totalement intégrés au peuple brésilien, mais la culture de la capitale paulista est marquée par cette influence. Les restaurants arabes abondent dans toute la ville et vendent des plats qui sont déjà entrés dans la cuisine brésilienne : le kibbe, la sfiha, le sandwich de Beyrouth, le « cigare de chou », etc.[19]. La très fréquentée rue 25 de Março a été créée par des Arabes, dont la plupart étaient marchands[20].

Asiatiques
Article détaillé : Immigration japonaise au Brésil.
Quartier de la Liberdade (liberté en portugais), un important rassemblement de la communauté japonaise.

C'est à São Paulo qu'il y a le plus grand nombre de personnes qui se disent d'origine asiatique au Brésil. Près de 456 000 sont de cette origine[21], dont 326 000 sont japonais.

La ville de São Paulo abrite ainsi la plus grosse communauté japonaise du Monde, en dehors de l'Asie-Pacifique. C'est la plus nombreuse colonie japonaise du monde. Ces immigrants sont arrivés à partir de 1908 et continuèrent à migrer jusqu'aux années 1950.

La plus importante concentration se trouve dans le quartier de la Liberdade, où il y a plusieurs restaurants et boutiques japonais, et où le japonais peut être entendu dans les rues. La colonie coréenne est également notable. Elle compte plus de 60 000 personnes d'origine sud-coréenne, particulièrement dans les quartiers du Bom Retiro, de l'Aclimação et de la Liberdade. À l'Aclimação, on peut trouver des restaurants, ainsi que des commerces de location de dvd. Les Chinois sont très nombreux dans les quartiers centraux, comme le Brás et la Liberdade.

Africains

Il y a une population noire depuis le XIXe siècle, mais c'est dès la deuxième moitié du XXe siècle qu'elle s'est accrue fortement avec l'arrivée de gens d'autres États brésiliens, particulièrement de la côte de la Bahia[22]. Selon l'IBGE, en 2005, près de 30 % de la population de São Paulo avait au moins un ascendant africain.

Autres brésiliens

Avec la diminution de l'immigration européenne et asiatique depuis les années 1930, la plupart des immigrants viennent du Nordeste du pays.

Évolution démographique de la ville de São Paulo[23].

Religion[modifier | modifier le code]

De par la variété culturelle à São Paulo, il y a de nombreuses religions. Le catholicisme était la religion officielle depuis la découverte du Brésil au dernier jour de l'Empire, et la plupart des immigrants étaient catholiques. Malgré une forte présence catholique dans la ville, il y a de nombreuses églises de différentes confessions protestantes, ainsi que bouddhistes, musulmanes, spirites, seicho-no-ietes, hindouistes, juives et des religions afro-brésiliennes. Selon le recensement de 2000 de l'IBGE, la population de São Paulo est composée de : catholiques (68,11 %), protestantes (15,94 %), personnes sans religion (8,97 %), spirites (2,75 %), bouddhistes (0,65 %), juifs (0,36 %) et musulmans (0,07 %) [24].

Cathédrale métropolitaine de São Paulo, la cathédrale de la Sé (le Siège).

Église catholique[modifier | modifier le code]

L'Église catholique romaine découpe le territoire de la municipalité de São Paulo en quatre circonscriptions ecclésiastiques : le diocèse de Santo Amaro, le diocèse de São Miguel Paulista, le diocèse de Campo Limpo et l'archidiocèse de São Paulo dont les trois premiers sont suffragants. Les archives de l'archidiocèse, appelées Arquivo Metropolitano Dom Duarte Leopoldo e Silva et situées dans le quartier de l'Ipiranga, conservent l'un des plus importants patrimoines documentaires du Brésil.

L'Église reconnaît comme saints patrons de la ville saint Paul et Notre-Dame de Penha de França.

Temple de São Paulo de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (mormons)

Églises protestantes[modifier | modifier le code]

La ville compte plusieurs confessions protestantes ou réformées, comme la Comunidade Evangélica Sara Nossa Terra, l'Igreja Cristã Maranata, l'Église luthérienne, l'Église presbytérienne, l'Église méthodiste, l'Église épiscopale anglicane, des églises baptistes, les Assemblées de Dieu, l'Église adventiste du septième jour, l'Église universelle du royaume de Dieu, l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (mormons), les Témoins de Jéhovah, etc. Ces Églises comptent de plus en plus de fidèles, particulièrement dans les banlieues.

Criminalité[modifier | modifier le code]

La ville de São Paulo occupe la 493e position dans la liste des villes les plus violentes du Brésil. Parmi les capitales du pays, c'est la quatrième moins violente, ayant des indices supérieurs seulement à Boa Vista, Palma et Natal. Le taux d'homicides dans la capitale pauliste est très inférieur à d'autres métropoles comme Recife, Curitiba et Belo Horizonte et drastiquement inférieur à celle de Rio de Janeiro. Les indices d'homicide en 2007 ont été 63 % moins élevés que ceux de 1999. En une recherche sur l'indice d'homicides pendant l'adolescence, divulgué en 2007, São Paulo a été considérée comme la capitale brésilienne la plus sûre pour les jeunes. Entre 2000 et 2010, la ville a su réduire son taux d'homicides de 78 %.

En 2012, la situation s'est détériorée par suite d'une vague de violence due aux affrontements entre le gang Premier Comando de la Capitale et la police. En septembre 2012, on comptait 144 assassinats (contre 71 en 2011) et 150 assassinats en octobre 2012 (contre 78 un an plus tôt). De nombreux policiers (près de 100) ont également été assassinés en 2012[25].

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bourse de São Paulo.
La Ford Courier est assemblée dans la ville.

Cœur économique du Brésil et de l'Amérique latine, São Paulo dispose de tous les types d'industries et de commerces, dont l'automobile, l'aéronautique, l'électronique, la métallurgie. Pratiquement toutes les grandes sociétés mondiales possèdent un siège social à São Paulo, soit pour vendre sur le marché brésilien, soit pour produire au Brésil et exporter. Environ la moitié de la population active est employée dans le secteur des services, le reste étant employé par l'industrie et le commerce. Le préfixe téléphonique de São Paulo (appelé DDD) est 119 pour les portables depuis le 29 juillet 2012 (précédemment 11)[26]. Il faut donc composer 0 + Code opérateur + 11 + 9 XXXX-XXXX. Pour les téléphones fixes l'indicatif reste 11[27].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

São Paulo est caractérisée par un urbanisme débridé. La ville comptait en 2012, 240 gratte-ciel mais dont cependant aucun n'atteint les 200 mètres de hauteur. Le plus ancien gratte-ciel de la ville est le Prédio Martinelli [28] achevé en 1934. (Ce n'est pas le plus ancien gratte-ciel d'Amérique latine qui est le Palacio Barolo situé à Buenos Aires).

Altino Arantes

Autre caractéristique de São Paulo et du Brésil : en 2003, 71 % des habitants de São Paulo sont propriétaires de leur logement.

La ville est divisée en 31 arrondissements (subprefeituras), groupés dans neuf régions (zonas) :

  • Centre - On y trouve le vieux centre-ville avec une architecture rappelant celle de Buenos Aires ou Paris. Le quartier est un peu laissé à lui-même quoique l'État tente aujourd'hui de le raviver en y transférant de nombreux ministères et bureaux. Y siègent la Bourse et l'hôtel de ville. La station de métro centrale Sé et celle de train Luz s'y trouvent.
  • Nord-Est - Situé près de Guarulhos, il s'agit d'un quartier principalement résidentiel mais aussi industriel puisqu'il est situé aux abords de l'Autoroute Dutra, la principale du pays.
  • Centre-Sud - Le nouveau centre-ville s'y développe où poussent les tours à bureaux, sièges de multinationales. La voiture y règne bien que le transport en commun s'y développe rapidement avec, entre autres, la nouvelle ligne de métro lilas.
  • Sud-Est - Cette région comprend la plupart des industries de la ville. On y trouve également les jardins d'Ipiranga, où l'indépendance du Brésil a été proclamée. Aujourd'hui cette région comprend quelques nombreuses boutiques, bars, édifices, et nobreuses quartiers comme le "Jardim Anália Franco", et la construction de la extension de la Ligne 2 du métro en direction à l'Avenue Paulista.
  • Ouest - Région très commerçante, avec de nombreuses boutiques, bars, etc., on y trouve la rue la plus importante de la ville : l'Avenue Paulista, le quartier huppé des Jardins, le Jockey Club, le stade de football municipal et les plus grandes universités de São Paulo, comme l’université de São Paulo et PUC-SP. C'est aussi le point de rencontre de la communauté gay. La plus grande parade gay annuelle au monde se réalise sur cette avenue, attirant plus de 3 millions de participants gays, leurs amis et des gens de toutes couches sociales.
  • Est 1 et Nord-Ouest - Ce sont des régions en voie de développement, à population pauvre, mais avec quelques services urbains.
  • Sud et Est 2. - Ce sont généralement les quartiers les plus défavorisés de la ville avec notamment la favela de Paraisópolis.
Région centrale de São Paulo.

Transport[modifier | modifier le code]

Les déplacements urbains sont principalement réalisés en voiture et en bus. Des couloirs exclusifs d'autobus ont été aménagés au centre des principaux axes routiers et sont empruntés par des bus de diverses compagnies privées subventionnées par l'État. La ville est dotée de 8 lignes de trains urbains ainsi que 5 lignes du métro de São Paulo (la dernière inaugurée en 2011). De nombreuses autoroutes arrivent à São Paulo telles la Dutra de Rio de Janeiro ou la Imigrantes de Santos mais ne seront reliées entre elles qu'une fois le boulevard périphérique paulista entièrement réalisé.

De nombreux accidents mortels et des centaines de kilomètres de bouchons quotidiens sont présent à Sao Paulo[29].

São Paulo est desservie par les aéroports de Cumbica/Guarulhos (vols nationaux et internationaux) et Congonhas (vols nationaux) ayant des liaisons quotidiennes avec les grandes capitales mondiales. Ces deux aéroports sont aussi les plus fréquentés du pays ; loin devant ceux de Brasilia et Rio de Janeiro. La liaison entre São Paulo et Rio de Janeiro est la route aérienne la plus utilisée au monde, avec en moyenne 214 vols quotidiens (en 2002). La gare de la Luz témoigne de nos jours du passé économique de la ville lié au café.

Culture et monuments[modifier | modifier le code]

Les principaux monuments sont :

Personnalités liées à la ville[modifier | modifier le code]

  • Lúcia Benedetti, née en 1914, femmes de lettres.
  • José Serra est né à São Paulo.
  • Chorão (Alexandre Magno Abrão), chanteur et poète, né à São Paulo en 1970.
  • Marlene (Victória Bonaiutti De Martino), chanteuse et actrice, née à São Paulo en 1924.

Sport[modifier | modifier le code]

Clubs[modifier | modifier le code]

Football

Handball

Naissance de sportifs[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Curiosités de São Paulo[modifier | modifier le code]

  • São Paulo prend la 10e place parmi les villes les plus chères au monde.
  • São Paulo est la plus grande ville de l'hémisphère sud.
  • São Paulo est surnommée la capitale des Italiens (plus grande communauté italienne du monde, 6 millions dans une seule ville, la plus grande ville d'Italie est Milan avec 4 300 000 habitants).
  • La ville a été classée la 4e ville au monde où les personnes sont les plus gentilles. (Reader's Digest)
  • São Paulo possède la plus grande flotte d'hélicoptères au monde.
  • São Paulo a le cinquième plus grand jardin zoologique du monde.
  • São Paulo possède un des plus grands centres spirites du monde [1]
  • La rue Oscar Freire est une des huit plus luxueuses du monde, selon le magazine Mistery Shopping International.
  • Actuellement, le plat le plus consommé dans la ville est la pizza, en concurrence avec New York, avec une production de 1 million d'unités chaque jour.
  • Le pilote brésilien Ayrton Senna était originaire de São Paulo.
  • En septembre 2006, une loi est votée interdisant toutes publicités extérieures dans les rues de São Paulo, et restreint la taille des enseignes des magasins[30]
  • Pátio do Colégio
  • Parc de la Luz
  • Jardin botanique de São Paulo
  • Parc Trianon
  • Parc zoologique de São Paulo
  • Mirante do Vale
  • Eldorado Business Tower
  • E-Tower

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. IBGE
  2. Ministère des Affaires étrangères et européennes, « Recommandation concernant les noms d’États, d’habitants, de capitales, de sièges diplomatiques ou consulaires », sur Légifrance,‎ 24 septembre 2008 (consulté le 20 octobre 2012)
  3. a et b Manuel Eufrásio Azevedo Marques, Província de São Paulo, Editora Itatiaia, 1980.
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Ana Fani Alessandri Carlos, São Paulo, ville mondiale ?, in Confins, revue franco-brésilienne de géographie no 1, deuxième semestre 2007.

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