Château de Clisson

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Château de Clisson
Image illustrative de l'article Château de Clisson
Vue générale de nuit.
Période ou style Médiéval
Début construction XIIIe siècle
Fin construction XVe siècle
Propriétaire initial Guillaume de Clisson
Destination initiale Défense et habitation
Propriétaire actuel Conseil général
Protection Logo monument historique Classé MH (1924, château)
 Inscrit MH (2004, fortifications et assiette)
Coordonnées 47° 05′ 12″ N 1° 16′ 51″ O / 47.086667, -1.28083347° 05′ 12″ Nord 1° 16′ 51″ Ouest / 47.086667, -1.280833  
Pays Drapeau de la France France
Région historique Drapeau du duché de Bretagne Duché de Bretagne, puis Drapeau du duché de Bretagne Province de Bretagne
Région Pays de la Loire
Département Loire-Atlantique
Commune Clisson

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Château de Clisson

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Château de Clisson

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(Voir situation sur carte : Clisson)
Château de Clisson

Le château de Clisson se situe dans la ville de Clisson (France), sur un promontoire granitique dominant la rive gauche de la Sèvre nantaise.

Édifié par la puissante famille de Clisson du XIIIe au XVe siècle, ce château fort devient un point stratégique et défensif sur les Marches de Bretagne protégeant la frontière du duché de Bretagne. Le château n'est alors qu'une enceinte polygonale agrémentée de tours défensives. Après la chute des seigneurs de Clisson, le château devient la propriété des ducs de Bretagne puis de leurs descendants. Le duc François II de Bretagne transforme le château en véritable forteresse avec l'adjonction d'une seconde enceinte munie de nombreuses tours défensives couvrant la partie ouest, plus exposée.

Déserté par ses châtelains au milieu du XVIIIe siècle, le château est incendié par les troupes républicaines pendant la guerre de Vendée. Longtemps en ruines, il est en cours de restauration. Le château fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 13 août 1924[1]. Les fortifications et terrains d'assiette font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 30 août 2004[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Places fortes des Marches de Bretagne

Au temps de la Bretagne indépendante, le château, situé au carrefour des Marches de Bretagne, de l'Anjou et du Poitou, est l'une des grandes places fortes frontalières du duché de Bretagne[3]. Le site fait ainsi face aux bastions français de Tiffauges et Montaigu. Les premiers seigneurs de Clisson occupent le site dès le début du XIe siècle. Ils sont mentionnés pour la première fois en 1040[4]. Clisson est alors le siège d'une puissante châtellenie couvrant vingt-trois paroisses.

La majeure partie du château actuel date du XIIIe siècle. Guillaume de Clisson souhaite alors optimiser la défense de l'édifice, et choisit donc d'en établir les bases sur un éperon rocheux de granite dominant la Sèvre[5]. Cette enceinte primitive se présente à cette époque sous la forme de deux polygones irréguliers flanqués de tours cylindriques et isolés du plateau rocheux par un fossé peu profond[6]. Une barbacane défendant l'entrée du château est ajoutée au nord au bout d'une courtine[7].

Au XIVe siècle, Olivier III de Clisson incorpore le châtelet servant d'accès à la cour. Ce châtelet sera par la suite modifié en un gros donjon quadrangulaire. Le château devient le cadre des vies mouvementées d'Olivier IV de Clisson puis d'Olivier V de Clisson. Olivier IV tout d'abord, coupable d'entente avec les Anglais, est décapité. Sa femme, Jeanne de Belleville, se réfugie en Angleterre avec son fils, Olivier V. Celui-ci revient à Clisson et retrouve ses possessions après son alliance avec les Français. En 1380, il succède à Du Guesclin comme connétable de France[8].

Après 1420, Marguerite de Clisson, fille d'Olivier V et comtesse de Penthièvre, accusée de trahison envers le duc de Bretagne Jean V est dépossédée de ses biens : le château devient propriété du duc de Bretagne et apanage de Richard d'Étampes le 29 septembre 1420[8]. Les Penthièvre s'enfuient, mais cantonnent tout de même une garnison dans la ville. Pour enfin disposer pleinement de son bien, Richard doit assiéger le château et la ville. La reddition de la ville ne tarde pas : elle intervient peu avant le 5 octobre 1420[9].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Extension de la forteresse par François II[modifier | modifier le code]

Le château devient ensuite l'une des résidences préférées du duc François II de Bretagne, fils de Richard d'Étampes, qui s'y remarie avec Marguerite de Foix en 1474[4]. Le duc y célèbre de somptueuses fêtes et y organise des chasses. Son principal souci, et celui de ses héritiers, est d'assurer la protection de la partie sud de la forteresse pour protéger l'accès sud de Nantes[10]. Le château est agrandi à l'ouest par un nouvel enclos rectangulaire de près de cent mètres de longueur, armé de tours avec casemates pour l'artillerie. François II nomme Guion le Heuc pour la réalisation des travaux[11].

Les travaux commencent en 1463. L'ancienne entrée est modifiée et la courtine est prolongée et complétée par une barbacane. Deux tours rondes sont construites à l'extrémité ouest de l'extension[11]. Dans la fosse sud, un rempart, dit « Fausse braie », est aménagé pour faciliter la sortie des défenseurs. Des bastions à orillons sont bâtis en 1590 pour compléter la défense de la partie sud du château. Ainsi, trois lignes de défense échelonnées en profondeur protègent la forteresse[12].

Nouvelle enceinte du château. Au centre, l'entrée nord et à sa droite la seconde barbacane. À l'extrême gauche, on peut voir les deux tours ouest. À droite, la partie ancienne du château.

Le château sous les Avaugour[modifier | modifier le code]

Le château avant la Révolution

Jusqu'au XVIIe siècle, le château est la résidence de la famille d'Avaugour, issue de François Ier d'Avaugour, fils bâtard de François II. Il est alors modifié et transformé au goût de l'époque. On peut noter l'utilisation de tuffeau pour les bâtiments ajoutés durant cette période[8]. La deuxième moitié du XVIe siècle est troublée par les guerres de la Ligue. Henri de Navarre et ses huguenots de Montaigu menacent d'attaquer Clisson. Mais le futur Henri IV renonce, craignant un long siège de la forteresse clissonnaise[13].

Le châtelet s'écroule au milieu du XVIIe siècle. Le 2 septembre 1746, Henri François d'Avaugour meurt sans descendance. Les possessions et titres des Avaugour passent à Charles de Rohan. Celui-ci se désintéresse du château et ordonne la vente du mobilier. La forteresse est ensuite abandonnée[14].

Durant la guerre de Vendée, l'armée de Mayence établit son quartier général au château. À la suite de leur défaite à la bataille de Torfou, Jean Baptiste Camille de Canclaux et ses troupes républicaines font étape dans Clisson. En 1793, ils incendient le château et la ville avant de partir. En avril 1794, pendant les raids meurtriers des colonnes infernales, une trentaine de personnes cachées dans les ruines du château sont massacrées[15]. Elles sont fusillées sur l'esplanade sud[8].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Revalorisation du lieu par Lemot[modifier | modifier le code]

Les ruines du château au XIXe siècle

Après la Révolution, les habitations de la ville doivent être reconstruites ; ainsi, le château en ruine devient carrière de pierre et les Clissonnais y prennent leurs matériaux de construction[16]. Le sculpteur François-Frédéric Lemot découvre Clisson au début du XIXe siècle grâce à ses amis Pierre et François Cacault. Attiré par les ruines du château, il entreprend de l'acheter et de le conserver : « Affligé depuis longtemps de la destruction de presque tous nos édifices gothiques, je m’empressai d’acheter celui-ci, dans l’unique intention de conserver avec soin ce monument […] »[17], ce qu'il fait en 1807. Les ruines du château constituent alors pour Lemot une fabrique du parc de la Garenne Lemot qu'il acquiert quelques années plus tard sur l'autre rive de la Sèvre[18]. En 1812, Lemot publie une Notice historique sur la ville et le château de Clisson dans laquelle il décrit l'histoire du château et son architecture[19].

Le dessein de Lemot est de créer un domaine à l'italienne évoquant les paysages aux ruines antiques d'Italie. La restauration du château, qu'il entreprend avec son régisseur Gautret, n'a donc pas de préoccupation archéologique. Il élimine notamment des bâtiments de tuffeau du XVIIe siècle[20]. Il entreprend la réfection de certaines toitures. Lemot prévoit aussi l'aménagement des bastions à oreillons selon des plans de l'architecte Mathurin Crucy où il souhaite implanter un obélisque[N 1],[21]. Une maison pourvue d'une grande galerie ainsi qu'un jardin occupant le bastion des marronniers, celui surplombant la Sèvre, est aussi prévu par l'architecte. Cependant, ces projets d'aménagement seront abandonnés par la suite[22].

Un château source d'inspiration pour les romantiques[modifier | modifier le code]

Le château, 1890–1900
État actuel de la face est du château

Au cours du XIXe siècle, le château en ruines attire peintres et sculpteurs romantiques tels Louis-François Cassas ou Claude Thiénon. Les écrivains ne sont pas en reste : Gustave Flaubert, de passage à Clisson, décrit les ruines du château dans un style romantique[23]. Le poète Évariste Boulay-Paty décrit le château au temps du connétable dans un sonnet[24].

Au début du XIXe siècle, le château sert de modèle pour le tableau Le Château de Clisson peint par l'artiste néo-impressionniste Jean Metzinger en 1905 et exposé au musée des beaux-arts de Nantes[25].

Classement du château et tourisme[modifier | modifier le code]

Les ruines du château font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 13 août 1924[26].

En 1962, le château est racheté à la famille Lemot par le Conseil général de la Loire-Atlantique, qui y mène d'importants travaux de restauration avec l'aide du ministère de la Culture[4]. Les logis des deux tours ouest bénéficient d'une restauration par les compagnons du devoir[27].

Le classement de 1924 est complété par la suite : les remparts (bastions sud-est, sud et leur rempart de liaison), une tour de l'enceinte de la ville, la tour du « cul chaud », les douves nord du château et l’assiette des douves ouest, le pont maçonné reliant la rue du Château au château et les terrains formant un glacis de protection avancés sous les bastions sud font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 30 août 2004[26].

Aujourd'hui, le château est ouvert toute l'année aux touristes qui y trouvent des textes explicatifs et des vidéos expliquant l'histoire clissonnaise ainsi que l'histoire architecturale de l'édifice. Des manifestations culturelles et des spectacles y sont aussi organisés[28].

Les remparts[modifier | modifier le code]

Le château est au XVe siècle intégré dans le système de défense de la ville intramuros. Au sud, l'enceinte de la ville est constituée des remparts extérieurs du château. Au bord de la rivière, le moulin seigneurial, également fortifié, est séparé du château par l'une des trois portes de la ville, dite porte « Bondonneau ». Après le pont sur la Sèvre, les remparts se poursuivent vers le nord puis, au niveau de la « tour de Cuchaud » remontent les coteaux jusqu'à la porte Saint-Jacques (actuelle à l'extrémité nord de la rue des halles). Les remparts continuent vers l'ouest jusqu'à l'actuelle place du connétable et descendent vers le sud jusqu'à la tour de la prison du château. Un chemin à travers les bastions mène à la porte « Cabareau » ou « Cahareau »[29].

Architecture[modifier | modifier le code]

Le château vers le XVIIe siècle

Dans l'enceinte primitive[modifier | modifier le code]

Châtelet[modifier | modifier le code]

Les ruines du châtelet

Le châtelet, ou donjon-porte, aujourd'hui en grande partie écroulé, est édifié à partir du XIIe siècle sur les fondations d'un ancien châtelet plus petit. Le bâtiment est à l'origine composé d'une tour en pierre de granit traversée par un couloir surmonté d'une voûte en berceau brisé[30]. Le donjon avait une hauteur d'environ 24 mètres et se composait d'un rez-de-chaussée et cinq étages[31].

Après l'effondrement du bâtiment au milieu du XVIIe siècle, seule une petite partie est encore debout notamment le mur sud-est sur toute sa hauteur, les autres murs ne dépassant pas un étage. On peut noter un élément remarquable au deuxième étage : la cheminée à manteau conique reposant sur des consoles et des colonnettes de style Louis XIV.

Logis seigneurial[modifier | modifier le code]

Salle d'honneur et appartements[modifier | modifier le code]

Le logis seigneurial est composé de la salle d'honneur, des appartements et des cuisines. Seuls quelques pans de mur subsistent encore. Le rez-de-chaussée du logis est, semble-t-il, la salle d'honneur du château. Les étages supérieurs sont quant à eux destinés aux appartements seigneuriaux. Une grande fenêtre orne chacun des étages. Le pignon nord-est qui a été préservé sur toute sa hauteur est orné d'une cheminée partiellement sauvegardée. Son manteau repose sur des colonnettes d'époque XIVe siècle.

Du fait de l'épaisseur importante du mur d'enceinte, on a pu y aménager des pièces annexes. Au rez-de-chaussée, on trouve un cabinet d'aisances accessible par une petite ouverture. Une chambre au premier étage est également aménagée dans l'épaisseur du mur. Un oriel de moins d'un mètre de profondeur y a été ajouté pour agrandir la surface de la celle-ci[32].

Cuisines[modifier | modifier le code]

Les cuisines sont séparées des appartements par le pignon nord-est. Une cheminée monumentale est adossée à celui-ci[32]. Son manteau est divisé en deux parties supportées par des arcs reposant sur des jambages octogonaux. Cette cheminée peut contenir des animaux entiers tels des bœufs. Cet élément du château a bénéficié d'une restauration partielle en 1939[12].

Oratoire[modifier | modifier le code]
Fenêtre de l'oratoire

L'oratoire, situé au-dessus des cuisines, est la chapelle privée du château. Elle s'appelait la « chapelle Sainte-Barbe ». L'oratoire remplace, depuis l'époque de François II, une chapelle primitive initialement située dans le logis nord. La pièce était éclairée par une unique fenêtre cintrée en tuffeau refaite au XVIIe siècle encore visible sur la face ouest de l'enceinte. On peut encore apercevoir ses deux bénitiers de granit. Un long couloir, entre le mur d'enceinte et la cheminée, mène aux appartements seigneuriaux[32].

Logis sud[modifier | modifier le code]

Ruines du logis sud

Le logis sud, dont il ne reste que quelques ruines, se trouve dans la cour intérieure de l'enceinte primitive. Le bâtiment est adjacent à la tour Saint Louis et suivant le contour de la muraille, les pans du logis forment une façade polygonale qui s'arrête à l'endroit des tours jumelles[33].

Logis nord[modifier | modifier le code]

Le logis nord s'étend sur trois pans de l'enceinte polygonale et jouxte le châtelet. Il se compose à l'origine d'un sous-sol, d'un rez-de-chaussée, et de deux étages. Au niveau du sous-sol, on trouve des percements d'archères dans la paroi extérieure. Plusieurs fenêtres de forme rectangulaire sont percées dans les niveaux supérieurs. On peut aussi noter les restes d'une échauguette sur la face la plus au nord[34].

Tours donjon[modifier | modifier le code]

Ce qui est considéré comme le donjon se situe au sud de l'enceinte primitive. Il est constitué de deux tours, une tour principale de 35 mètres et une tour réduite, accolées à l'enceinte. Leurs bases ont une assiette en talus. La tour principale est à l'origine constituée de cinq étages et a une vocation résidentielle. La tour voisine a probablement servi de lieu de stockage en partie basse et de pièces d'aisance et d'étude dans sa partie haute. Les tours étaient coiffées de toits coniques. Avec l'incendie du château par l'armée de Mayence, elles perdent planchers et toitures[12].

Tour Saint Louis[modifier | modifier le code]

La tour Saint Louis est une construction datant du XIIIe siècle. Elle tire son nom du roi de France Louis IX, dit « Saint Louis », qui séjourne au château en 1230. Jouxtant le châtelet, la tour se compose de trois ceintures de pierre donnant de fortes propriétés défensives. À l'origine, les murs sont percés d'archères, plus tard remplacées par des canonnières[30].

Tours rectangulaires[modifier | modifier le code]

Les deux tours rectangulaires

Deux tours de forme rectangulaire gardent la face est du château. La première tour date probablement du début du XIVe siècle. Elle est accolée à la face extérieure du logis est. Elle est contiguë aux cuisines, accessibles notamment par une porte biaise[N 2]. Cette tour est construite dans l’optique de défendre la face est des remparts qui n’avaient jusqu’alors aucune tour de défense. Elle permet aussi de communiquer avec le moulin situé devant.

La seconde tour, accolée à la face nord de la première, est aussi rectangulaire mais date du XVIIe siècle. Une partie de la tour est en tuffeau, notamment les voûtes, moulures et œils-de-bœuf. La tour compte un rez-de-chaussée surmonté de trois étages[35].

Lemot entreprend en 1809 la réfection de la toiture des deux tours ainsi que la restauration de plusieurs ouvertures dont la porte donnant sur l'esplanade nord[22].

Portes du château[modifier | modifier le code]

La porte d'entrée principale, située face au nord dans l'extension voulue par le duc François II, présente des caractéristiques gothiques. Elle est couronnée par des créneaux agrémentés de mâchicoulis. À l'origine, un pont-levis à flèche garantissait l'accès à la porte d'où la présence de deux longues glissières au-dessus de celle-ci[36]. Entre les glissières se trouve aujourd'hui une niche carrée vide qui accueillait en son temps les armes de la Bretagne puis celles de la famille d'Avaugour, héritiers bâtards de François II[37].

La porte sud donne sur le fossé sud du château. Elle s'ouvre sur une courtine terrassée. À l'origine, la porte sud était pourvue d'un pont-levis à bras la façade étant percée de deux saignées verticales[38].

Éléments défensifs au nord[modifier | modifier le code]

Barbacanes[modifier | modifier le code]

Le château comprend deux barbacanes. La première date du XIIIe siècle et la seconde, du XVe siècle, est issue des travaux de fortification engagés par François II.

La barbacane primitive est constituée à l'origine de deux tours, l'une donnant sur le nord et l'autre flanquant l'entrée. Un petit bâtiment muni d'un escalier marque l'autre côté de cette entrée. Au cours du XIVe siècle, les seigneurs de Clisson construisent un autre bâtiment de forme carrée à côté de l'escalier pour renforcer le flanc droit de l'entrée[7].

Le besoin d'un nouvel ouvrage avancé pour protéger le noyau castral se fait ressentir. C'est dans cette optique que ce bâtiment est construit en 1456[39]. Cette nouvelle barbacane est séparée de l'ancienne par le fossé de l'ancien château. Une arche de pierre suivie d'un pont-levis sont édifiés pour accéder à la barbacane primitive depuis ce bastion. L'ouvrage est plutôt bas et des embrasures permettent d'y glisser les fûts des canons. Dépourvu de toit, il dispose dans sa partie supérieure, d'un chemin de ronde protégé par un parapet percé de meurtrières. Le bastion porte le nom de « bastion des Ormes », car deux ormes ont poussé dans son enceinte[36].

En 1480, François II décide de la construction d'une nouvelle enceinte qui englobe cette deuxième barbacane[39].

Bastion nord[modifier | modifier le code]

Bastion nord

Le bastion nord-est une esplanade construite sous François II. Lors des restaurations entreprises par Lemot au XIXe siècle, celui-ci veut transformer l'endroit en jardin paysager à l'italienne. Pour cela, il y fait réparer les brèches du mur dominant la Sèvre. Des piliers de briques similaires à ceux présents à la Garenne Lemot sont élevés sur le mur d'appui extérieur pour accueillir de la vigne suspendue. L'esplanade a aussi probablement servi de pépinière[22].

À la fin du XVIe siècle, une petite tour bastion de forme polygonale est construite sur ce bastion entre l'ancienne barbacane et le châtelet. En termes d'architecture militaire, cet édifice est dénommé « cavalier ». De par sa situation surélevée, ce bastion permet alors aux canons d'avoir une meilleure portée sur la rive opposée[40].

Tours et bastions défensifs à l'ouest[modifier | modifier le code]

Tours ouest[modifier | modifier le code]

Les deux tours rondes flanquant le rempart ouest sont construites au XVe siècle dans le cadre de l'extension et la défense du château. Ces tours dont les murs ont une épaisseur moyenne de six mètres témoignent de l'évolution des systèmes de défense face au perfectionnement de l'artillerie[27].

La tour à l'angle sud-ouest est dépourvue de mâchicoulis, le chemin de ronde étant protégé par un parapet à talus. Seules cinq embrasures jalonnent cet élément défensif dont quatre étaient destinées à accueillir des canons[41]. La tour est surmontée d'un logis de style gothique.

La tour à l'angle nord-ouest de la nouvelle enceinte est coiffée d'une série de créneaux et mâchicoulis de même style que ceux surmontant l'entrée nord[42]. Cette tour est aussi surmontée d'un logis gothique.

Au XVIIIe siècle, lorsque les tours n'ont plus une vocation défensive, elles sont transformées en prison : la tour sud-ouest pour les femmes, la tour nord-ouest pour les hommes[27].

Tour demi-ovale, bastion sud-ouest[modifier | modifier le code]

Tour demi-ovale sud-ouest

La tour demi-ovale se trouve contre la courtine sud entre la porte sud et la tour sud-ouest. Cette construction en granit date du milieu du XVIe siècle et a pour but de renforcer les défenses sud du château. Fruit de l'évolution des ouvrages de défense, la tour est dépourvue créneaux et mâchicoulis. Seules de petites meurtrières et embrasures pour pièces d'artillerie sont percées[43].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article..

  • Paul de Berthou, Clisson et ses monuments : étude historique et archéologique, Nantes, Éd. Boutin et Cosso,‎ 1990, 2e éd. (1re éd. 1900), 223 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-Luc Flohic (dir.), Le Patrimoine des communes de la Loire-Atlantique, Charenton-le-Pont, Flohic,‎ 1999, 1383 p. (ISBN 978-2-84234-040-7, LCCN 00357670=) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Claude Allemand-Cosneau, Clisson ou le retour d'Italie, Imprimerie nationale, coll. « Cahiers de l'Inventaire » (no 21),‎ 1990, 301 p. (ISBN 978-2-11-081071-7, LCCN 91160057), chap. 7 (« La Garenne-Lemot, à l'image d'un paysage historique composé ; le parc et les fabriques du domaine ; le château ») Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Yann Doucet, Histoire de la vallée de Clisson, Maulévrier, Hérault,‎ 1992, 292 p. (ISBN 978-2-7407-0040-2, LCCN 94174398) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • François-Frédéric Lemot, Notice historique sur la ville et le château de Clisson, Paris, Imprimerie de Hocquet et compagnie,‎ 1812, 110 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philippe Richard, Olivier de Clisson, connétable de France, grand seigneur breton, Haute-Goulaine, Opéra,‎ 2007, poche, 96 p. (ISBN 978-2-35370-030-1) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-Jacques Couapel et Anne Duflos, Voyage italien à Clisson et dans ses environs. Loire-Atlantique, Nantes, Inventaire général - Association pour le développement de l'Inventaire général des Pays de la Loire, coll. « Images du Patrimoine »,‎ 1996, 48 p. (ISBN 978-2-906344-53-2, LCCN 97150192) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dessiné par Crucy, cet obélisque est aujourd'hui situé face à la villa de la Garenne Lemot.
  2. Porte oblique par rapport au mur où elle est percée.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Château de Clisson », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. « Les fortifications », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Richard 2007, p. 11
  4. a, b et c « Le Château médiéval de Clisson », Mairie de Clisson (consulté le 21 novembre 2010)
  5. de Berthou 1990, p. 139
  6. Flohic 1999, p. 292
  7. a et b de Berthou 1990, p. 140
  8. a, b, c et d Allemand-Cosneau 1990, p. 170
  9. de Berthou 1990, p. 346
  10. Doucet 1992, p. 96
  11. a et b Doucet 1992, p. 97
  12. a, b et c Flohic 1999, p. 294
  13. Doucet 1992, p. 109-110
  14. Doucet 1992, p. 123-125
  15. Nicolas Delahaye et Pierre-Marie Gaborit, Les 12 Colonnes infernales de Turreau, Éditions Pays et Terroirs, 1995, p.59
  16. « Le rêve d’un sculpteur », Conseil général de la Loire-Atlantique (consulté le 26 novembre 2010)
  17. Lemot 1812
  18. Couapel et Duflos 1996, p. 16
  19. Allemand-Cosneau 1990, p. 172
  20. Allemand-Cosneau 1990, p. 173
  21. Couapel et Duflos 1996, p. 18
  22. a, b et c Allemand-Cosneau 1990, p. 175
  23. « Source d’inspiration pour les artistes », Conseil général de la Loire-Atlantique (consulté le 18 décembre 2010)
  24. Doucet 1992, p. 280
  25. « Notice no M0289000220 », base Joconde, ministère français de la Culture
  26. a et b « Notice no PA00108588 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  27. a, b et c Flohic 1999, p. 296
  28. Dépliant Le voyage pittoresque à Clisson, Visite du château départemental de Clisson, Chiffoleau, 2008.
  29. Richard 2007, p. 13
  30. a et b Flohic 1999, p. 293
  31. de Berthou 1990, p. 166-183
  32. a, b et c de Berthou 1990, p. 183-196
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  37. de Berthou 1990, p. 227-229
  38. de Berthou 1990, p. 242
  39. a et b « Laboratoire de l’artillerie », Conseil général de la Loire-Atlantique (consulté le 26 novembre 2010)
  40. de Berthou 1990, p. 258
  41. de Berthou 1990, p. 232
  42. de Berthou 1990, p. 234
  43. de Berthou 1990, p. 240-242
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