Château de Laval

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Vieux-Château et Château-Neuf de Laval
Image illustrative de l'article Château de Laval
Le Vieux-Château vu des quais de la Mayenne, avec le Château-Neuf en prolongement.
Période ou style Médiéval, Renaissance
Type Château fort, palais
Début construction XIIe siècle
Fin construction XIXe siècle
Propriétaire initial Comtes de Laval
Destination initiale Château fort
Propriétaire actuel Ville de Laval
Destination actuelle Musée
Protection Logo monument historique Classé MH (1840, 2006)
Coordonnées 48° 04′ 07″ N 0° 46′ 17″ O / 48.068688, -0.771255 ()48° 04′ 07″ Nord 0° 46′ 17″ Ouest / 48.068688, -0.771255 ()  
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Mayenne
Commune Laval

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Vieux-Château et Château-Neuf de Laval

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Vieux-Château et Château-Neuf de Laval

Le château de Laval est un château situé à Laval, dans le département français de la Mayenne. Il est composé de deux ensembles architecturaux distincts : le Vieux-Château, édifice défensif médiéval construit à partir du XIIe siècle, et le Château-Neuf, ouvrage de la Renaissance dont l’édification a commencé en 1542. Ces deux monuments figurent sur la liste des 1 034 premiers monuments historiques français classés en 1840[1],[2].

Le Vieux-Château est ouvert à la visite et il accueille le Musée du Vieux-Château, réputé pour sa collection d'art naïf, mais qui possède aussi des collections dédiées à la peinture académique du XIXe siècle, à l'ethnologie africaine et asiatique et à l'histoire locale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Les logis, construits au XIIIe siècle puis décorés au XVe siècle.

Le château de Laval se trouve sur un éperon rocheux qui domine la Mayenne. Celle-ci est traversée à cet endroit par la voie romaine qui reliait Le Mans à Corseul. Au Moyen Âge, cet éperon a donc une grande valeur militaire car il permet non seulement de contrôler la rivière et sa vallée, mais aussi le principal axe routier entre Paris et la Bretagne. Néanmoins, le site n'est pas occupé avant le Xe siècle, et la ville de Laval elle-même n'existe pas avant le XIe siècle.

Une première villa est mentionnée sur le promontoire du château à la fin du Xe siècle sur une charte du comte du Maine, et vers 1020, la baronnie de Laval est offerte par Herbert Ier du Maine à Guy Ier de Laval. Ce dernier fait construire son château sur l'éperon rocheux. Ce château primitif, dont il ne reste aucune structure visible, est fermé par une large enceinte en terre qui s'étend jusqu'au pied de la cathédrale actuelle. Cette enceinte est renforcée par une motte castrale construite par-dessus, et une deuxième motte est probablement édifiée à l'intérieur. Ce château compte aussi un logis, qui est agrandi à la fin du XIe siècle. Une chapelle est construite vers 1170[3]. Elle est surmontée d'un donjon carré.

Au début du XIIIe siècle, les murs de terre sont délaissés et une nouvelle enceinte en pierre est construite. Celle-ci est plus petite, et le château se confine à l'extrémité de son promontoire, au pied du nouveau donjon circulaire. Les hourds du donjon sont réalisés entre 1219 et 1221, datation précise qu'ont pu permettre d'obtenir les études dendrochronologiques de la charpente.

Renaissance[modifier | modifier le code]

Le Château-Neuf surplombant la Mayenne ; le Vieux-Château est visible à côté

Au XIVe siècle, pendant la Guerre de Cent Ans, le château et la ville de Laval sont l'enjeu de combats importants et deviennent anglais en 1428. Ils sont repris par les comte de Laval l'année suivante. Les dégâts occasionnés par la guerre encouragent une reconstruction massive de la ville et du château.

De nouveaux corps de logis sont ainsi édifiés en 1456, puis agrandis au XVIe siècle.

Ainsi, au milieu du XVe siècle, Guy XIV de Laval fait profondément remanier les logis et fait notamment aménager une grande salle à voûte lambrissée. Au début du XVIe siècle, la mode de l'architecture Renaissance motive aussi l'ajout de travées en tuffeau sur les façades (encadrements des fenêtres, lucarnes…)[3].

Les logis médiévaux ne sont rapidement plus à la mode et le seigneur de Laval décide de construire un nouveau palais à proximité. La galerie Renaissance du Château-Neuf est projetée dès 1508, mais n'est construite que vers 1542, sous Guy XVII de Laval[3]. Cette galerie ne constituait toutefois pas un véritable lieu de vie, mais plutôt un élément d'agrément, et l'intérieur n'a jamais été totalement aménagé, à l'exception notable de la cage d'escalier[4]. La galerie donne au nord sur un pavillon en forme de lanterne, construit sur la tour de la Poterne. Cette tour faisait partie des remparts de Laval et commandait l'accès au roquet du Palais depuis la rue du Val-de-Mayenne[5].

Époque moderne et contemporaine[modifier | modifier le code]

Le Château-Neuf vu depuis les quais de la Mayenne.

Avec le passage du comté de Laval aux ducs de la Trémoille et le changement des modes de vie au XVIIe et XVIIIe siècles, le château n'est plus régulièrement habité. Des améliorations sont toutefois effectuées : au XVIIe siècle, le pavillon de la Poterne est remplacé par la « Chambre dorée » et un « Petit Château » est construit à la place de divers bâtiments médiévaux contigus au pavillon. Cet édifice, un petit hôtel bourgeois, est occupé tour à tour par les capitaines du château et les juges de la ville[6]. La galerie est restaurée et embellie en 1747[3], mais elle est déjà en mauvais état en 1789 et sert alors d'entrepôt[4].

Pendant la Révolution française, la famille de la Trémoille est dépossédée du château, et celui-ci devient un bien public. Le Vieux-Château est transformé en prison, et le Château-Neuf devient un palais de justice[3]. La tour de la Poterne, la Chambre dorée qui se trouvait dessus ainsi que le Petit Château sont détruits en 1794[5].

Le palais de justice s'avère trop exigu, et il est largement agrandi vers 1854 par l'ajout d'une aile en retour et d'un pavillon latéral. Ces ajouts respectent toutefois le style Renaissance de la galerie. Par ailleurs, la chapelle du Vieux-Château est restaurée en 1851 pour accueillir les offices de la prison[3].

La ville, qui a fait construire une nouvelle prison, achète le Vieux-Château en 1909. Il est restauré à partir du 1911 puis il est ouvert au public dans les années 1920. Les tribunaux, de leur côté, quittent le Château-Neuf en 1998, lorsqu'une cloison intérieure s'effondre. L'édifice est alors en mauvais état et un nouveau Palais de Justice est construit de 2003 à 2006 sur la place Saint-Tugal. Le Château-Neuf est ensuite restauré. L'ancienne salle des assises doit accueillir une salle de réception et un café doit être installé à l'angle sud[7].

Les travaux de rénovation de la place de la Trémoille, conduits en 2012-2013, ont aussi un impact sur le Château-Neuf. Les grilles du XIXe siècle qui fermaient la cour du château sont abattues, tout comme la conciergerie, qui datait de la même époque. Ces destructions permettent d'ouvrir l'édifice sur l'extérieur et d'augmenter sensiblement la taille de la place de la Trémoille[8].

Architecture et intérieur[modifier | modifier le code]

Plan du château, avec ses principaux éléments et leur époque de construction.

Vieux-Château[modifier | modifier le code]

Le Vieux-Château et son donjon circulaire.

Le Vieux-Château est principalement construit en moellons et ses toits sont en ardoises. Les portes et les fenêtres sur cour qui n'ont pas été refaites au XVe siècle sont encadrées de granit, les autres sont en calcaire[3].

À l'intérieur, la chapelle romane du XIIe siècle est souvent caractérisée de « souterraine » car elle se trouve sous les logis, mais le château étant construit en hauteur, elle reste bien au-dessus des rives de la Mayenne. Elle se trouve par exemple à une dizaine de mètres au-dessus de la rue du Val-de-Mayenne, située en contrebas. Elle forme un rectangle de douze mètres et demi sur seize et possède trois absides ouvertes par des fenêtres. Deux fenêtres latérales existaient aussi, mais elles ont été bouchées lors de la construction des logis de chaque côté de la chapelle. La nef est divisée en trois par des colonnes à chapiteau soutenant des voûtes en plein cintre et à arêtes[9].

Une autre richesse du château est la grande salle à plafond voûté en bois, datant du XVe siècle, mais ses lambris ont toutefois été remplacés en 1913. Le donjon circulaire du XIIIe siècle possède encore son hourd en bois, également du XIIIe siècle. Le château comprend trois escaliers, un dans le logis, un autre dans le donjon et un troisième provenant de l'Abbaye de Clermont et installé après 1909[3].

La façade donnant sur la Mayenne est relativement sobre, avec des mâchicoulis, de larges meurtrières et des reliefs en voûte d'ogive encadrant des fenêtres à meneaux. Ces détails gothiques et militaires contrastent avec la travée à deux fenêtres à meneaux du donjon. Celles-ci sont typiques de l'architecture néoclassique ; elles sont surmontées par des frontons et encadrées par des pilastres, ioniques au premier niveau et corinthiens au deuxième. Le premier donjon, carré, est encore partiellement visible, en avancée par rapport aux façades des logis.

Les ornements des façades sur cour sont beaucoup plus caractéristiques de la Renaissance française et l'influence gothique est encore visible, notamment sur les nombreux bas-reliefs qui couvrent la moindre surface plane. Ceux-ci illustrent des entrelacs de rinceaux, des animaux fantastiques, des lions, des personnages grotesques ou réalistes… Les lucarnes, éléments centraux de la Renaissance française, sont dépareillées. Elles sont pour la plupart surmontées de gable à pinacles, mais certaines sont aussi à fronton arrondi.

Château-Neuf[modifier | modifier le code]

La façade donnant sur la Place de la Trémoille

La façade du Château-Neuf qui donne sur la Place de la Trémoille est en pierre de taille de calcaire, tandis que le reste est en moellon enduit. Il est surmonté par un campanile couvert de cuivre[3].

La galerie Renaissance est composée d'un long corps central aux deux façades asymétriques. La façade orientale, donnant sur la Mayenne, est enduite de jaune et compte sept travées ouvertes sur deux niveaux. Les fenêtres à meneaux sont encadrées par des pilastres ioniques et corinthiens similaires à ceux visibles sur le donjon. L'étage de comble est ouvert par des lucarnes elles aussi à meneaux et encadrées par des pilastres, et surmontées de frontons simples.

La façade intérieure, en pierre de taille, ne compte que six travées ouvertes, ce qui permet le dégagement de plus d'espaces plans au premier étage. Ces espaces sont ornés de cartouches et d'écussons vides en bas-relief, tous différents et entourés de guirlandes ou d'atlantes. Ces cartouches accueillaient à l'origine des blasons, des inscriptions et des reliefs qui ont été effacés pendant la Révolution.

Le rez-de-chaussée est entièrement ouvert par une série d'ouvertures en plein cintre soutenues par des colonnes, tandis que les fenêtres de l'étage sont similaires à celles de la façade sur rivière, les pilastres étant toutefois plus écartés. Les lucarnes sont elles aussi semblables à celles de l'autre façade. Les pavillons et l'aile latérale ajoutés au XIXe siècle suivent le même ordonnancement, sauf pour la largeur des travées des pavillons, qui sont plus serrées (trois fenêtres par pavillon côté rivière, deux côté cour). Ces pavillons se caractérisent aussi par des lucarnes à deux niveaux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le château neuf », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. « Le château vieux », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Inventaire général du patrimoine culturel, Présentation de la commune de Laval », Base Mérimée, ministère de la culture,‎ 1976
  4. a et b Essais historiques sur la ville et le pays de Laval en la Province du Maine: Par un ancien Magistrat de Laval, J. Feillé-Grandpré,‎ 1843, p. 297
  5. a et b Essais historiques sur la ville et le pays de Laval en la Province du Maine: Par un ancien Magistrat de Laval, J. Feillé-Grandpré,‎ 1843, p. 298
  6. Essais historiques sur la ville et le pays de Laval en la Province du Maine: Par un ancien Magistrat de Laval, J. Feillé-Grandpré,‎ 1843, p. 299
  7. « Château-neuf à Laval : 1,5 million d'euros investi dans l'aile sud », Ouest-France,‎ 3 mai 2012
  8. « Le Château-Neuf « rendu » aux Lavallois », Ouest-France,‎ 3 avril 2013
  9. Latour, Notice sur la chapelle du château de Laval et sur ses seigneurs, suivie de deux pièces en vers composées par un prisonnier : le château de Laval, à l'Italie ou la prise de Rome en 1849, H. Godbert,‎ 1853

Source[modifier | modifier le code]

« Château de Laval », dans Alphonse-Victor Angot, Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Goupil, 1900-1910 [détail de l’édition], t. IV, p. 526-527.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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