Pétroglyphe

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Des pétroglyphes à Mesquite Springs, parc national de la vallée de la Mort.

Un pétroglyphe est un dessin symbolique gravé sur de la pierre (surface rocheuse à l'état naturel) et fait donc partie de l'art rupestre. Le terme provient des mots grecs petros (ou petra) pour pierre et glyphein pour gravure.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les pétroglyphes sont généralement associés aux peuples préhistoriques néolithiques et furent la forme dominante des symboles de pré-écriture utilisés pour la communication de 10 000 av. J.-C. jusqu'à 5 000 av. J.-C.. Les techniques de gravures sont principalement l'incision, le frottement ou la pulvérisation à l'aide de pierres.

La gravure préhistorique utilise plusieurs techniques qui creusent la surface d'un matériau dur (os, ivoire, roche dont la couche patinée sombre est attaquée pour faire apparaître son intérieur plus clair) :

  • par piquetage, technique très répandue qui consiste à marteler une surface rocheuse avec une pierre dure. La répétition des impacts permet de dessiner des traits ;
  • par incision, technique moins fréquente qui consiste à entailler plus ou moins profondément une roche, un os (gravure fine par la pointe d’un burin de silex, incisions plus profondes dessinant vigoureusement les contours, long travail d'incisions pouvant conduire à la sculpture) ;
  • par raclage, technique exceptionnelle qui consiste à frotter la surface d’un corps avec un instrument tranchant, produisant des effets de couleur et de volume. Des enlèvements de matière importants peuvent conduire aux bas-reliefs[1].

Les pétroglyphes furent progressivement remplacés par des systèmes d'écriture plus avancés utilisant des pictogrammes et des idéogrammes. Les plus anciens pétroglyphes datent de l'époque charnière entre le début du néolithique et la fin du paléolithique supérieur. Certaines sociétés primitives ont utilisé les pétroglyphes plus longtemps, parfois même jusqu'à leur contact avec la civilisation occidentale au XXe siècle. Des pétroglyphes ont été trouvés sur tous les continents excepté l'Antarctique avec les plus grandes concentrations en Afrique, Scandinavie, Sibérie, Amérique du Nord et Australie.

Signification[modifier | modifier le code]

Ces images ont une profonde signification culturelle et religieuse pour les sociétés qui les ont créées ; dans de nombreux cas, cette signification a été conservée par leur descendants. On pense que de nombreux pétroglyphes représentent une forme de langage symbolique ou rituel qui n'est pas encore bien compris.

Les découpes les plus anciennes de l'Âge du bronze nordique en Scandinavie semblent indiquer une forme de frontière territoriale entre les tribus, si ce n'est sa signification religieuse. Il semble exister un "dialecte" commun entre les pétroglyphes voisins et contemporains. Les inscriptions sibériennes ressemblent presque à une forme ancienne de runes, bien qu'il n'y ait pas de relation. Ils ne sont pas encore compris.

Parmi les dessins marquants réalisés à l'Âge du Bronze en Asie, on retrouve des hommes-soleil, représentations d'anthropomorphes avec une tête en forme de soleil. Ces pétroglyphes sont considérés comme des divinités. À leurs pieds, il n'est pas rare de retrouver d'autres anthropomorphes en train de danser ou de lever leurs mains vers le ciel en signe d'adoration.

Les glyphes de Virginie-Occidentale sont renommés en raison de la controverse qui éclata à leur sujet dans les années 1980. Barry Fell, un professeur pensionné de biologie marine de l'université Harvard, publia un article expliquant comment il avait déchiffré les pétroglyphes de plusieurs zones de la Virginie occidentale. Selon lui, ils étaient écrits en Ogam, une écriture irlando-celtique utilisée du VIe siècle au VIIIe siècle et ils décrivaient en détail la nativité du Christ. Fell est connu pour soutenir une théorie sur des explorations irlandaises, ibériques, libyennes et égyptiennes de l'Amérique du Nord il y a 2000 ou 2500 ans.

En fait, la méthode de Fell repose sur un groupement arbitraire de marques. Estimant de plus qu'il s'agissait uniquement des consonnes, il pouvait rajouter à sa guise des voyelles et des radicaux ce qui lui permettait de décider quelle consonne chaque glyphe représente. Le travail de Fell fut étrillé par des linguistes et des archéologues de divers pays. Fell les accusa en retour d'être trop « paresseux » (« too damn lazy ») pour lire ses écrits et d'être « ignorants ».

Quelques chercheurs ont remarqué la ressemblance entre les styles de pétroglyphes sur différents continents. Bien qu'on s'attende à ce que les peuples soient inspirés par leur environnement, ce style commun est difficile à expliquer. Il pourrait s'agir d'une coïncidence, de migrations très larges ou d'une origine commune.


Pétroglyphes sur Bishop Tuff tableland
Pétroglyphe scythe au Kirghizistan aux abords de la tour Burana.

Liste de sites[modifier | modifier le code]

Pétroglyphes de la vallée de l'Indus[modifier | modifier le code]

Les premiers pétroglyphes remontent aux chasseurs-cueilleurs de la Préhistoire : empreintes de mains, scènes de chasse, animaux sauvages, démons. Ils voisinent avec le bestiaire plus tardif des Scythes, des nomades venus d'Asie centrale lors du Ier millénaire av. J.-C. À partir du Ve siècle av. J.-C., les Perses arrivent à leur tour, dans la foulée de l'expansion de l'Empire achéménide. Guerriers, chevaux et animaux fabuleux illustrent leur passage. Huit cents ans plus tard, les Sogdiens leur emboîtent le pas, laissant en témoignage des gravures de chevaux et de marchands. Ils étaient les principaux intermédiaires du commerce sur la route de la Soie. Sur la piste du haut Indus, comme sur ses autres branches, devaient transiter pierres précieuses, épices, soieries... et bouddhistes. C'est à eux que l'on doit les gravures les plus abondantes. Des édifices rituels ont été gravés dans les premiers temps du bouddhisme, après le 1er siècle. Plus en amont du fleuve, les représentations de Bouddha dominent, dans des compositions très raffinées où se mêlent les influences de l'art du Gandhâra et de l'Asie centrale. Sans doute des œuvres de commande réalisées à l'apogée du bouddhisme, entre le Ve et le VIIIe siècle. Certaines sont couvertes de symboles solaires, signes de la rémanence de croyances païennes. Ces gravures cesseront avec l'arrivée de l'islam.

Les pétroglyphes sont menacés par la construction du barrage de Diamer-Bhasha (prévue en 2016) qui submergera entièrement une zone de 100 km de long, où se concentrent 75 % des pétroglyphes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Beckensall, Stan et Laurie, Tim, Prehistoric Rock Art of County Durham, Swaledale and Wensleydale, County Durham Books, 1998 (ISBN 1-897585-45-4)
  • Beckensall, Stan, Prehistoric Rock Art in Northumberland, Tempus Publishing, 2001 (ISBN 0-7524-1945-5)
  • Clottes, Jean, Le Musée des roches. L’art rupestre dans le monde, Paris, 2000 : ouvrage général sur les pétroglyphes. (ISBN 978-2020403771)
  • Johnson Books, Legacy on Stone by Sally Cole, Boulder, 1990 : ouvrage sur les pétroglyphes du Sud-Ouest des États-Unis.
  • Hermann, Luc, Les Pétroglyphes de Tcholpon-Ata au Kirghizistan, Paris, 2010 : ouvrage sur un site du Kirghizistan. (ISBN 978-2810611737)
  • Hermann, Luc, Die Petroglyphen von Tamgaly in Kasachstan, Paris, 2011 : ouvrage sur un site du Kazakhstan, Patrimoine mondial de l'humanité, avec de nombreuses photos et explications sur la signification des pétroglyphes. (ISBN 978-2810618323)
  • Hermann, Luc, Die Petroglyphen vom Usektal in Kasachstan, Paris, 2011 : ouvrage sur plusieurs sites du Kazakhstan à proximité de la frontière chinoise, avec de nombreuses photos et explications sur la datation et la signification des pétroglyphes. (ISBN 978-2810623143)
  • Hermann, Luc, Les Pétroglyphes de l'Oughtasar et de Voskehat en Arménie, Paris, 2011 : ouvrage sur deux sites d'Arménie, avec de nombreuses photos et explications sur la datation et la signification des pétroglyphes. (ISBN 978-2810611973)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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