Triton crêté

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Triturus cristatus, le Triton crêté ou Triton à crête, est une espèce d'urodèles de la famille des Salamandridae[1].

Description[modifier | modifier le code]

Mâle de triton crêté, en saison de reproduction

C'est une espèce de triton de grande taille qui mesure jusqu'à 18 cm.

Au printemps, durant la période de reproduction, les Tritons crêtés mâles présentent une crête dorsale dentelée parfois assez haute et se prolongeant jusqu'à la queue. C'est durant cette période que les Tritons crêtés fréquentent le plus le milieu aquatique. Après la longue danse nuptiale du mâle, la femelle pond de 200 à 300 œufs, collés individuellement sur des plantes aquatiques.

Les têtards présentent des branchies externes et leur métamorphose se produit en 2 à 4 mois.

Distribution[modifier | modifier le code]

Distribution

Cette espèce se rencontre en Europe, de la Grande-Bretagne à l'Oural, dans le Nord des Alpes et dans les Balkans.

Habitat[modifier | modifier le code]

La femelle de Triturus cristatus, à l'aide de ses pattes arrières a soigneusement repliées et collées sur elles-mêmes certaines feuilles immergées de Myosotis scorpioides pour protéger ses œufs (pondus un à un). Ceux-ci se développeront entre les plis des feuilles (photo faite aux Pays-Bas le 12 mai 2006)

Très sensibles à la pollution et à la modification des milieux, les Tritons crêtés préfèrent les grandes mares ensoleillées et profondes avec beaucoup de végétation. On peut aussi les trouver dans les mares acides et paratourbeuses de zones de landes acides et dans certaines mares forestières. Ils ne s'accommodent pas de la présence de poissons.

On rencontre le Triton crêté en Europe centrale et septentrionale. Contrairement au tritons alpestres, il ne dépasse pas 1 200 m d'altitude. Dans la Péninsule ibérique et dans le sud-ouest de la France, ce sont les tritons marbrés (Triturus marmoratus) qui les remplacent. Des populations reliques de Tritons crêtés ont été trouvées récemment dans le Gard et les Bouches-du-Rhône, indiquant la présence possible d'anciennes populations le long de la vallée du Rhône.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

On avait autrefois considéré quatre principales sous-espèces à travers l'Europe, mais il est désormais admis que le taxon Triturus carnifex, autrefois Triturus cristatus carnifex, est une espèce à part entière, représentée en Autriche, au nord des Balkans, en Italie et jusqu'en Haute-Savoie.

Hybridation[modifier | modifier le code]

Le triton crêté s'hybride parfois avec le triton marbré. Le produit de cette hybridation est le triton de Blasius.

Statut, menaces[modifier | modifier le code]

La raréfaction importante du Triton crêté en France ces trente dernières années est due à de multiples facteurs : le remembrement agricole, l'urbanisation des plaines, l'aménagement routier, la pollution des eaux, l'abaissement des nappes phréatiques ainsi que le comblement des mares et leur artificialisation en zones de pêche. Les tentatives de déplacement des populations, suite à des projets d'aménagement par exemple, se sont le plus souvent soldées par des échecs. Seule la préservation de leurs habitats originels permet aux Tritons crêtés de garantir leur survie. En 2009, ils sont devenus l'un des symboles des opposants au projet d'aéroport du Grand Ouest au nord de Nantes qui menace un bocage traditionnel, association de talus, de prairies pâturées et de mares d'abreuvement du bétail[2].

Synonymes[modifier | modifier le code]

Larve de triton crêté au sortir de l'œuf
Larve de triton crêté
  • Triton cristatus Laurenti, 1768
  • Triton americanus Laurenti, 1768
  • Salamandra platyura Daubenton, 1782
  • Lacerta lacustris Blumenbach, 1788
  • Salamandra lati-caudata Bonnaterre, 1789
  • Lacerta lacustris Gmelin, 1789
  • Salamandra pruinata Schneider, 1799
  • Lacerta triton Retzius, 1800
  • Lacerta porosa Retzius, 1800
  • Triton bibronii Bell, 1839
  • Triton asper Higginbottom, 1853
  • Triton cristatus var. icterica Reichenbach, 1865
  • Triton cristatus cuclocephalus Fatio, 1872
  • Triton cristatus var. luteiventris Dürigen, 1897
  • Triton cristatus var. nigriventris Dürigen, 1897
  • Molge palustris var. olivacea Prazák, 1898
  • Molge palustris var. leydigi Prazák, 1898
  • Molge palustris var. sulfureo-gastra Prazák, 1898
  • Molge palustris var. icterica Prazák, 1898
  • Triton lobatus meridionalis Fatio, 1900
  • Molge cristata var. flavigastra Fejérváry, 1909
  • Triton intermedius Szeliga-Mierzeyewksi & Ulasiewicz, 1931

Publication originale[modifier | modifier le code]

  • Laurenti, 1768 : Specimen medicum, exhibens synopsin reptilium emendatam cum experimentis circa venena et antidota reptilium austriacorum, Vienna Joan Thomae, p. 1-217 (texte intégral).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]