Plasmopara viticola
Plasmopara viticola
| Domaine | Eukaryota |
|---|---|
| Règne | Chromalveolata |
| Division | Stramenopiles |
| Embranchement | Oomycota |
| Classe | Oomycetes |
| Ordre | Peronosporales |
| Famille | Peronosporaceae |
| Genre | Plasmopara |
Plasmopara viticola
(Berk. & M.A.Curtis) Berl. & De Toni, (1888)
- Botrytis viticola Berk. & M.A. Curtis, (1848)
- Peronospora viticola
(Berk. & M.A. Curtis) de Bary, (1863) - Plasmopara amurensis Prots., (1946)
- Rhysotheca viticola
(Berk. & M.A. Curtis) G.W. Wilson, (1907)
Plasmopara viticola est un oomycetes hétérothallique, c'est l'agent pathogène du mildiou de la vigne. Il apparut en France en 1878, importé du continent américain[1].
Description [modifier]
Durant l'hiver, il est présent sous la forme d'oospores sur les feuilles tombées sur le sol. Au printemps, les oospores germent pour donner un macrosporange qui, quand les conditions sont favorables (forte humidité), libèrent des zoospores et la contamination se fait par les stomates. Après sept à dix jours, des lésions jaunes commencent à apparaitre sur la feuille. Ensuite, avec des conditions météorologiques favorables, des nouvelles spores sont produites et des lésions dues à des infections secondaires apparaissent. À la fin de l'été, la forme "mildiou mosaïque" apparaît, qui produit des oospores qui germeront l'année suivante.
Le mildiou est bien connu, la prophylaxie est possible et les possibilité de traitement chimique sont nombreuses.
Il s'agit d'un oomycètes, ses besoins en eau sont importants, sa paroi est formée de cellulose et non de chitine.
Plasmopara viticola est un parasite obligatoire de la vigne dont il attaque les orgnanes herbacés qui sont les plus chargés en eau, particulièrement les feuilles les plus jeunes qui sont les plus chargées en eau.
Les grappes quant à elles restent sensibles jusqu'à la véraison.
Les inflorescences sont très sensibles car elle conservent l'humidité. Cependant la protection à la floraison est facultative du fait de l'effet pollinicide du cuivre ainsi que de l'eau du traitement qui refroidi les inflorescences lors de l'évaporation. Il y a donc un risque de coulure.
Ce pathogène est capable d'impacter la vie de la vigne en n+1 puisque en année n, la vigne va attaquer ses réserves pour rattraper le retard de maturation du à la baisse de son activité de photosynthèse, ce qui aura pour effet de la fragiliser au stress abiotiques tel que le gel.
La phase sexuée débute à l'été lors du faciès mosaïque avec la production d'oospores qui vont se développer sur les feuilles et les baies en fonction de l'humidité et de la température. Les oospores sont très résistantes (durée de vie de 2 à 3 ans) et germent de mars à juin. Même peu nombreux, ils peuvent initier une forte épidémie.
Il y a alors formation de macroconnidies produisant 8 à 24 zoospores. Les zoospores sont libérées dès que l'humidité est présente en quantités suffisantes après quoi elles seront projetés dans les airs par les pluies pour venir se loger sur une feuille et former les foyers primaires ou va commencer le début de la phase asexuée. A ce stade elles perdent leurs cils, émettent un filament mycélien (appresorium ,haustorium) qui va pénétrer la feuille par les stomates.
La contamination primaire se fait dès 11°C en 3 à 4 heures. 5 mm de précipitations peuvent suffire (pente, % d'argile et compaction des sols entrent en jeu). Il est à noter que la hauteur d'eau est moins importante que la durée d'humectation (pluie de soirée...). Les régions les plus septentrionales sont plus défavorables à ce pathogène car les deux conditions principales de son développement (température, et hygrométrie) sont moins facilement réunies. Les foyers primaires se développent en 10 à 24 jours (contamination, incubation, sortie de tache) le plus souvent dans les bas fonds, la végétation basse et rampante (pampres, sagates (repousses du porte greffe), plantules. La maladie est également plus présente sur les parcelles les plus précoces et les plus vigoureuses.
Un mildiou tardif dans une vigne couchée provoque un foyer primaire très étendu et présent sur la végétation haute dès le départ. Les semis de pépins à la récolte peuvent aussi donner lieu à des foyers primaires.
Dans le cas de foyers primaires précoces avec des tâches nombreuses et une modélisation alarmiste, on peut conseiller le traitement. Dans le cas de foyers primaires tardifs et rares, le conseil est plus difficile.
Prophylaxie : éviter les mouillères, épamprage, hauteur de tronc, semis de pépins.-- » Sans foyer primaire pas de mildiou. Il est plus facile de retarder le premier traitement que d'interrompre la protection. Il est important de repérer les premières taches car il n'y a pas de raisonnement sans recherche des foyers primaires.
L'incubation ne dépend plus de l'humidité (désormais fournie par les feuilles) mais uniquement de la température. La sporulation des conidiophores sur la face inférieure des feuilles se fait après une humidité nocturne. La sécheresse ne fait que retarder la sporulation mais les conidies meurent en 5 jours. La vitesse de germination est de 4 à 29 jours. La durée d'incubation qui va de 12 à 24 jours va largement conditionner l'efficacité des traitements.
Faciès Rot gris (toute la baie) Rot Brun (pédicelle) : Les boutons floraux et jeunes baies (jusqu’au stade "baies de la taille de grain de plomb") se couvrent d’efflorescences blanches (conidiophores), c’est le faciès "Rot gris". Après la nouaison, les baies prennent une teinte brun-rouge à violacée, c’est le faciès "Rot brun", ou "coup de pouce" ou «dépression de la baie». La confusion est possible avec l'échaudage (plus généralisé sur la grappe).
Facteurs favorables : Vigueur, palissage mal conçu, rognage trop précoce (entre cœurs), taille mal gérée, ensoleillement matinale tardif, rangs perpendiculaires au vent, pas de couverture du sol, travail du sol.
Que raisonner ? Cibler la date du premier traitement avec l'apparition des foyers primaires en s'appuyant sur l'observation et la modélisation à partir de données météorologique, allier le préventif et le curatif, travailler sur les doses, adapter le cépage à la parcelle. Pour raisonner le renouvellement ou arrêt des traitements : Observation, croissance, météo, modélisation, cadence, résistance, logistique avec les autres traitements
Éléments de raisonnement : Les deux premiers cycles secondaires sont généralement tolérables (à voir). L'importance des foyers primaires est également déterminante mais elle est presque toujours sous-estimée. On prend un seuil de une tache pour 10 ceps. La modélisation est le complément indispensable des observations et vice versa.
4 cycles entrainent une grave baisse de rendement.
Traitement pots-contamination : délai de 48 heures maximum, problèmes de portance des sols, pulvérisation impérativement parfaite, fongicide ad hoc en stock, synchronisation avec l'oïdium.
Fongicides anti-mildiou : 130 spécialités commerciales, une vingtaine de matières actives, 9 à 10 modes d'action (contact/pénétrant/systémique, préventif/stoppant/éradiquant càd anti-sporulant).
Bibliographie [modifier]
- Kennelly MM, Gadoury DM, Wilcox WF, Magarey PA, Seem RC, Primary Infection, Lesion Productivity, and Survival of Sporangia in the Grapevine Downy Mildew Pathogen Plasmopara viticola., Phytopathology, 2007 Apr;97(4):512-22.
- Georges Viennot-Bourgin, Les champignons parasites des plantes cultivées, 1949
Liens externes [modifier]
- Référence Index Fungorum : Plasmopara viticola (en) (+ MycoBank)
- Référence Catalogue of Life : Plasmopara viticola (Berk. & M.A. Curtis) Berl. & De Toni 1888 (en)
- Référence NCBI : Plasmopara viticola (en)