Mâchicoulis

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Mâchicoulis du XVe siècle sur la collégiale de Candes-Saint-Martin, en Indre-et-Loire

Un mâchicoulis est une structure de pierre faisant encorbellement, dotée d'ouvertures, et placée au sommet d'une tour ou d'une courtine, ce qui permet un tir fichant.

Ce système de défense active, surtout sous la forme de « mâchicoulis sur consoles » se répand à la fin du Moyen Âge, deuxième moitié du XIVe siècle, en remplacement des hourds, et sert comme lui à jeter divers matériaux pour défendre le pied des fortifications.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme est mentionné pour la première fois en 1402 - 1404[1], c'est-à-dire postérieurement à la technique elle-même, sous la forme machecoleis « galerie extérieure de pierre, en encorbellement et percée d'ouvertures destinées au tir plongeant »

Le mot est issu du moyen français *machecolis dérivé à l'aide du suffixe -is [?]. Il est attesté en latin médiéval sous la forme machecollum. Il s'agit d'un probable composé du vieux français macher « battre, frapper, meurtrir », issu d'une autre origine que mâcher « mastiquer »[2]. Le second élément est le vieux français col « cou ». Les projectiles lancés des mâchicoulis étaient destinés à « briser le cou » des assaillants[3].

Mâchicoulis au-dessus de la porte du château de Caen

Définition et historique[modifier | modifier le code]

Illustration des mâchicoulis d'après Viollet-le-Duc

Les mâchicoulis sont des structures en pierre taillée pourvus d'ouvertures carrées ou de larges rainures pratiquées dans le sol, qui garnissent un chemin de ronde d'une tour ou d'une courtine, et permettent d'en défendre le pied, notamment pour éviter le travail de sape. Les mâchicoulis sont une transposition en pierre des hourds et des bretèches de bois que l'on élevait sur les remparts ou les tours dans les premiers temps du Moyen Âge et qui ont perduré jusqu'à la première moitié du XIVe siècle.

On en distingue trois types :

  • Mâchicoulis sur contreforts, appelé aussi mâchicoulis sur arcs : ce type de mâchicoulis qui reporte ses charges sur les piédroits des arcs qui s'appuient sur les contreforts, se rencontre essentiellement dans le midi de la France. Il a été employé aussi bien dans la construction castrale que dans les églises fortifiées. Il apparaît, dans l'état actuel de nos connaissances, dans la seconde moitié du XIIe siècle ; cathédrale fortifiée d'Agde dès 1173, tour maîtresse de Niort, de Château-Gaillard,... et perdure jusqu'au XIVe siècle ;
  • Mâchicoulis alternés : variante du type précédent, il prend appui sur des consoles disposées entre deux contreforts ou arcs boutants quand ceux-ci sont trop éloignés, rendant la portée trop importante. Employé au début du XIIIe siècle, sur des édifices qui n'avaient pas été prévus pour ce type de structure ; Le Puy-en-Velay (bâtiment des « Mâchicoulis ») ;
  • Mâchicoulis sur consoles : qui n'est ni plus ni moins qu'un chemin de ronde posé à l'extérieur sur des consoles ou corbeaux. Ce type apparaît à la fin du XIIIe siècle, et son emploi se généralise après 1350 ; qu'il s'agisse de constructions neuves ou d'en doter les anciennes.

Le système a également été utilisé dans les constructions des croisés en Terre Sainte et en Europe, comme aux Pays-Bas, où il subsiste : le Muiderslot, au château de Wijk bij Duurstede et dans la porte des Écluses (Sassenpoort) à Zwolle.

Dans les châteaux-palais de la Renaissance française, le mâchicoulis est un élément décoratif rappelant la fonction défensive du château fort des siècles précédents.

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Légende[modifier | modifier le code]

Contrairement à ce que montrent les films de guerre se déroulant au Moyen Age, lors du siège d'un château, les défenseurs ne jetaient pas d'huile bouillante sur les assaillants du haut des remparts. En effet, c'était un aliment rare et cher à l'époque. La poix, le soufre ou l'eau bouillante ont parfois été utilisés. Mais l'eau était une ressource rare lors d'un siège. De même que le bois de chauffe [4].

Les machicoulis étaient plutôt utilisés pour des tirs à l'arc plongeants. Ou pour jeter des pierres, des charognes pour propager des épidémies ou des tonneaux remplis d'excréments [5]

Le pied des remparts était d'ailleurs parfois oblique et non vertical. Cela provoquait un ricochet des projectiles jetés du haut des remparts pour un effet encore plus dévastateur.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. F. Godefroy, Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Paris, Bouillon 1881 - 1902, 10 vol.
  2. Étymologie du verbe mâcher 2 selon le TLFi.
  3. Par ailleurs, le mot a donné naissance au nom de la commune de Machecoul, en Loire-Atlantique.
  4. http://secouchermoinsbete.fr/6113-lhuile-bouillante-netait-pas-jetee-au-moyen-age
  5. Jean Mesqui, Les châteaux forts : De la guerre à la paix, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard »,‎ septembre 1995, 160 p. (ISBN 978-2-07-034783-4)