BB 16500

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BB 16500 (SNCF)
Description de cette image, également commentée ci-après
La BB 16549 à Thionville.
Identification
Exploitant(s) SNCF
Désignation BB 16501 à 16794
Surnom Danseuses
Type locomotive électrique
Couplage oui (UM2)
Construction 294 locomotives
Constructeur(s) Alsthom
Livraison de 1958 à 1964
Retrait de 2002 à 2011
Affectation

TER
(Nord - Picardie - Alsace - Lorraine - Champagne-Ardenne)

Transilien (Paris-Est)
Caractéristiques techniques
Disposition des essieux B'B'
Écartement standard
Alimentation 25 kV 50 Hz
Moteurs de traction 2 moteurs TAO 646 A1
1100 V CC
Puissance continue 2 580 kW
Masse en service 74 t
Longueur 14,400 m
Largeur 2,985 m
Hauteur caisse 3,584 m
Empattement 8,200 m
Empattement du bogie 1,608 m
Diamètre des roues Ø1100
Vitesse maximale 100/140 km/h

[1],[2],[3],[4]

Les BB 16500 étaient des locomotives électriques de la SNCF fonctionnant sous une tension d'alimentation de 25 kV/50 Hz.

Description[modifier | modifier le code]

Les BB 16500 sont des machines monophasées 25 kV/50 Hz, de moyenne puissance. Elles ont été commandées à Alstom dans le cadre du développement du monophasé pour le Nord et l'est de la France, électrifiées à partir de la seconde moitié des années 1950 et dans les années 1960.

Les 155 premières locomotives furent équipées de barres de traction nommées Mauzin, qui relient le châssis depuis un cube de maintien avant sous les traverses de choc vers les bogies. À partir de la BB 16656 et jusqu'à la BB 16794, les BB 16500 furent équipées d'une petite barre de maintien, châssis et bogie, qui fut reconduite sur les BB 17000, BB 8500, BB 25500, CC 6500, CC 21000 et tout type de TGV[5].

Ces locomotives font partie d'une très grosse série, les « BB Alsthom » : il y a en effet eu (en diverses commandes) 294 BB 16500, mais aussi des « cousines » nombreuses : 146 BB 8500 (dont certaines transformées en BB 88500 ou BB 8700), 105 BB 17000, 13 BB 20200 et 194 BB 25500.

Service[modifier | modifier le code]

Les BB 16500, peu appréciées par les agents de conduite (en raison de leur inconfort lié à la suspension, d'où leur surnom de « danseuses »), ont effectué un service diversifié au cours de leur carrière : trains de voyageurs omnibus, trains de marchandises de tous types, y compris trains-cargos de plus de 3 000 t.

En 2005/2006, la série est en cours d'amortissement. Elles n'assurent plus la traction des trains de fret, étant remplacées par les BB 27000. Le contingent restant est redéployé pour assurer des trains TER notamment dans les régions Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Haute et Basse-Normandie, Champagne-Ardenne, Alsace et Île-de-France.

En août 2010, l'utilisation de cette série s'est nettement réduite. Il ne reste que 15 machines encore en service assurant les derniers services sur les TER Picardie et TER Nord-Pas-de-Calais.

En septembre 2010, la vague de radiations fait disparaître 9 machines de plus. La dernière motrice de la série (BB 16651) a été radiée le 9 septembre 2011.

Déclin[modifier | modifier le code]

Leur déclin a commencé à la fin des années 1990, sur le réseau Transilien Paris-Est, avec l'ouverture de la ligne E du RER. Les rames qu'elles tractaient ont été remplacées, pour une partie, par les automotrices Z 22500 ; elles assurent jusqu'en 2003 la navette Bondy – Aulnay puis disparaissent du réseau Transilien Paris-Est. Certains de leurs services sont repris par des BB 17000.

Malgré leur lent déclin, les BB 16500 ont eu un sursis au sein de l'activité TER à la fin des années 2000. Elles ont été utilisées en couplages avec des rames réversibles régionales (RRR) et seules ces locomotives ainsi que les BB 17000 et BB 25500 pouvaient effectuer cette mission. En l'absence d'engins de remplacement ayant les mêmes fonctions, dans les catalogues des constructeurs, la seule solution, c'est celle des automotrices. Un problème sans solution apparente pour l'instant... jusqu'aux BB 27000.

Pour l'exploitation du TER Métrolor, la région Lorraine, utilisait cinq BB 16500 au .

Le , une tournée d'adieu a été organisée en Lorraine pour marquer la fin de l'utilisation de ces locomotives. Le parcours effectué fut Thionville – Hagondange – Metz – Sarrebourg – Blainville - Damelevières – Nancy – Conflans-Jarny – Longuyon – Thionville. Durant ce parcours, le viaduc de Waville a été utilisé alors qu'il n'est pas accessible pour les trains voyageurs. La dernière BB 16500 devrait quitter la région à la fin de l'année 2009[6].

Dans les principales régions où elles sont affectées, les commandes d'engins automoteurs pour le service TER et la commande massive de locomotives Alstom de nouvelle génération pour le fret va confirmer leurs déclin progressif.

Machines particulières[modifier | modifier le code]

  • La 16540 a été transformée en BB 20004 de 1959 à 1969, prototype bicourant. Elle a été remise au type et a retrouvé son numéro initial.
  • La 16655 a été livrée directement en 1961 en prototype CC 10002 équipée de bogies type C en prévision de la construction des CC 40100. Elle a ensuite été remise au type sous son numéro initial en 1970.
  • La 16700 était prévue pour des essais d'attelage automatique. Elle a été équipée à cet effet d'un châssis renforcé et allongé et de capots d'extrémités, qu'elle a conservés jusqu'à sa mise à la ferraille en 2007[7].
La BB 16592 en tête d'une RRR en gare d'Amiens.
  • Les BB 16515, 16549 (radiée en novembre 2007), 16550, 16575 (radiée en décembre 2006) et 16592 (radiée en décembre 2009) ont été intégrés encadrés de deux rames inox omnibus. L'inconvénient de leur inconfort était ainsi contourné, les cabines de conduite ne servant pas en service normal. Ces « rames - dromadaires » furent en service sur les TER Picardie Paris - Beauvais. Les quatre locomotives ont été repeintes avec une livrée spécifique à base de vert TER. Depuis 2007 l'exploitation en « rames - dromadaires » a été abandonnée avec l'arrivée de matériel TER plus moderne sur l'axe Paris - Beauvais. Les locomotives et rames inox omnibus ont repris du service en configuration classique sur d'autres relations du TER Picardie, ceci n'étant d'ailleurs pas sans poser quelques difficultés d'exploitation liées essentiellement à la compatibilité parfois hasardeuse entre ces matériels (locomotives et rames) – ayant subi de nombreuses modifications – et le parc ordinaire.
  • La BB 16583, radiée le 8 octobre 2009, est la seule à avoir eu la livrée Île-de-France.

Lignes desservies[modifier | modifier le code]

Dépôts titulaires[modifier | modifier le code]

  • Achères (de ??? à 2006)
  • Dole (de 1963 à )
  • Épernay (de ??? à 2010)
  • La Chapelle (de à 2008)
  • La Villette (de à 2003)
  • Lens (de 1958 à 2011)
  • Strasbourg (de à 2009)
  • Thionville (de ??? à 2010)

Machines conservées[modifier | modifier le code]

Inauguration de la BB 16678 sur la place Roger-Pointurier à Magenta (Marne), le .
  • BB 16506, Oignies (62), préservée par le CMCF (Centre de la Mine et du Chemin de Fer).
  • Cabine de la BB 16517, préservée par le CMCF.
  • BB 16745, en livrée béton, garée à Mohon (annexe du musée du train de Mulhouse).
  • BB 16678, préservée par la commune de Magenta (Marne) où elle est exposée de façon permanente sur un tronçon de voie, installé place Roger-Pointurier[8],[9]. Le week-end des 9 et , cette locomotive a été baptisée Magenta, alors qu'aucun engin de la série n'avait connu une telle cérémonie du temps de leur exploitation[10].

Modélisme[modifier | modifier le code]

Cette locomotive a été reproduite à l'échelle HO (ou échelle H0 suivant les publications) par :

  • JEP (fin des années 1950) ;
  • RMA (1963) ;
  • Gégé (fin des années 1960) ;
  • Troby (années 1970 ?) ;
  • Jouef (1986) ;
  • Vi-Trains (2008) ;
  • LS Models (2009).

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Defrance, Le matériel moteur de la SNCF, N.M. La Vie du Rail, 1978
  2. Denis Redoutey, Le matériel moteur de la SNCF, page 81, La Vie du Rail, 2007 (ISBN 978-2-915034-65-3)
  3. Revue bimestrielle Voies Ferrées, Le matériel moteur de la SNCF, en plusieurs articles sur plusieurs numéros par année
  4. Revue mensuelle Rail Passion, État trimestriel du matériel moteur SNCF, un article par trimestre
  5. RAIL PASSION, (date à compléter), étude des BB 16500, discussion avec un conducteur du dépôt de La Villette
  6. Tournée d'adieu des BB 16500.
  7. « BB 16500 - BB16500 », sur letraindalain.free.fr (consulté le 28 janvier 2019)
  8. Studio La Charette aux photos, « La BB16500 arrive à Magenta », sur charrettephotos.jalbum.net (consulté le 8 avril 2017).
  9. « La locomotive BB 16678 est arrivée à Magenta », sur lunion.fr, (consulté le 9 avril 2017).
  10. Rail Passion no 253 () : Brèves, « BB 16500 : enfin un premier baptême ! », p. 11.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Defrance, Le matériel moteur de la SNCF, N.M. La Vie du Rail, 1969 et réédition 1978
  • Denis Redoutey, Le matériel moteur de la SNCF, La Vie du Rail, (ISBN 978-2-915034-65-3)
  • Revue : Olivier Constant, Encyclopédie du matérierl moteur SNCF, Tome 5, Les locomotives et automotrices 25000 V monophasé, Hors série Le Train paru en 2008.
  • Revue : Bernard Collardey, BB 16500, des vétérans coriaces, Rail-Passion no 138 d'avril 2009.