BB 16000

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BB 16000 (SNCF)
La BB 16008 à gare du Nord à Paris.

La BB 16008 à gare du Nord à Paris.

Identification
Exploitant(s) SNCF
Désignation BB 16001 à 16062
Surnom BB Jacquemin
Type locomotive
Motorisation Électrique
Couplage non
Construction 62 locomotives
Constructeur(s) MTE
Mise en service de 1958 à 1963
Effectif 0 au 01/01/13
Retrait 31/12/2012
Affectation CIC
Caractéristiques techniques
Disposition des essieux Bo'Bo'
Écartement standard
Alimentation 25 kV 50 Hz
Pantographes 2
Moteurs de traction 4 moteurs TO 136-8
1050 V ventilation forcée
Puissance continue 4 130 kW
Masse en service 88 t
Longueur 16,680 m
Largeur 2,980 m
Hauteur 4,295 m
Empattement 9,200 m
Empattement du bogie 3,200 m
Diamètre des roues Ø1250
Vitesse maximale 160 km/h

[1],[2],[3],[4]

Les BB 16000 sont une série de locomotives électriques de la SNCF.

Description[modifier | modifier le code]

Cette série de 62 machines a été commandée en 1958 afin d’équiper le réseau nord-est en locomotives de vitesse aptes à circuler à 160 km/h sous caténaire monophasée 25 kV-50 Hz. Elles font partie de la grande famille des locomotives surnommées BB Jacquemin, dont les BB 9200 furent les premières versions produites pour l'exploitation en courant continu 1,5 kV, et développées en utilisant les résultats des essais de vitesse menés sur les séries prototypes BB 9001-9002 et BB 9003-9004.

Lors de la mise au point des BB 16000, des marches d’essai à 240 km/h ont été effectuées pour vérifier la tenue des pantographes unijambistes type AM 11.

Conception[modifier | modifier le code]

L'équipement électrique de puissance est directement dérivé des premières machines utilisant les concepts Jacquemin, les BB 12000 : auto-transformateur 25kV/15kV avec graduateur linéaire intégré à l'enroulement secondaire, transformateur auxiliaire et transformateur de traction, redresseurs à ignitrons (remplacés ensuite par des diodes au silicium) et selfs de lissage, résistances de shunt sur les inducteurs des 4 moteurs de traction, convertisseur triphasé Arno pour alimenter les servitudes. L'amélioration intéressante concerne la commande de l'arbre à cames du graduateur : par manivelle type "coupe-jambon" sur les 12000, par servomoteur électrique de type JH (Jeumont-Heidmann) sur les 16000, avec commande impulsionnelle au "cerclo". La mise en vitesse s'effectue en actionnant le cerclo (20 crans + intercrans, ou bouton de progression rapide), jusqu'à atteindre la tension maximale (1050V) sans dépasser les valeurs maximales d'intensité admissibles dans les moteurs, puis la commande de shuntage (4 crans) permet de faire varier le champ magnétique afin d'adapter la caractéristique effort-vitesse des moteurs en fonction des circonstances.

Au niveau châssis, les BB 16000 ont deux sous-séries. Les BB 16001 à 51 furent livrées avec une caisse analogue aux 21 premières BB 9200 avec des persiennes courtes (les persiennes changeant légèrement à partir de la BB 9222), à partir de la BB 16052 les persiennes sont allongées, bien que ces nouvelles persiennes soit définitives, les anciennes fenêtres en demi-lune ont un miofiltre provisoire analogue à celui de la BB 20005, avant son changement de persiennes vers 1964, et cela dans le même genre que celui des BB 30001 et 2. Il subsiste quelques différences mineures entre les deux sous-séries, concernant la masse et les appareillages électriques. Les 34 premières BB 16000, disposaient d’un support provisoire des pantographes unijambistes AM 11, analogues à celui des BB 9400, à ceci près que les isolateurs sont différents pour une machine monophasée. À partir de la BB 16035, le nouveau support renforcé fut installé, comme pour les BB 16500.

La BB 16012 possédait des persiennes d’aération supplémentaires, installées provisoirement pour procéder aux essais des nouveaux blocs-redresseurs à diodes silicium, puis conservées.

La BB 16050 fut la seule BB 16000 réversible Corail à n’avoir jamais arboré la livrée Corail. Elle fut équipée de ses boîtiers de réversibilité par câblots alors qu’elle était encore en livrée verte type Révision Générale (milieu des années 1970), avec traverses renforcées.

15 exemplaires ont été transformés en type BB 16100 pour tracter les rames de voitures V2N en réversibilité.

Services effectués[modifier | modifier le code]

Les BB 16000 ont assuré au cours de leur très longue carrière la traction de la plupart des trains rapides et express des réseaux nord, est, et nord-ouest. Avec la progression de l'électrification des lignes en courant alternatif 25 kV-50 Hz, elles ont rapidement supplanté les locomotives à vapeur sur ces services, des TEE prestigieux aux omnibus de desserte, et jusqu'à certains trains de marchandises du "régime accéléré".

Leur polyvalence, leur robustesse, et leurs performances, ont permis à certains exemplaires de la série de dépasser 53 années de service et plus de 10 millions de kilomètres parcourus, ce qui reste exceptionnel. L'arrivée de machines plus modernes et plus puissantes (BB 15000, BB 22200, BB 26000) n'a pas entraîné leur déclassement, car elles répondaient encore très bien aux besoins.

Avec la mise en service de la LGV-Est en 2007, l'offre de transport s'est recentrée autour des TGV, libérant de nombreux engins moteur et imposant une réorganisation des roulements d'utilisation. Un grand nombre de BB 15000 ont été mutés de Strasbourg à Achères pour remorquer des Corail et TER au départ de Paris-Nord et Paris-Saint-Lazare. Certaines étant modifiées pour la conduite en réversibilité par multiplexage (Corail et V2N), menant rapidement les BB 16100 à la radiation, et diminuant fortement l'utilisation des BB 16000.

La BB 16061 a assuré le dernier service des BB 16000 sur Paris-Saint-Lazare le 13/03/2010 avec la traction d’un train Paris - Le Havre. La série, toujours en gérance à l'EMT d'Achères, se retrouve affectée à Paris-La Chapelle pour la traction des Corail-Intercités (CIC), sur des roulements communs aux BB 15000 et aux BB 22200.

Les radiations se sont succédé entre 2009 et 2012, certains exemplaires étant garés sur le faisceau de Sotteville-lès-Rouen, antichambre d'une démolition prochaine.

Une célébration a été organisée par l'amicale des conducteurs retraités du dépôt d'Aulnoye, le 24 novembre 2012, à l'occasion du train Paris-Maubeuge de 16h37, tracté par la BB 16029 pavoisée pour l'occasion. (séance photos à Paris-Nord, animations en gare d'Aulnoye-Aymeries).

Les deux derniers exemplaires maintenus en service actif (BB 16029, BB 16051) ont régulièrement roulé jusqu'au 16 décembre 2012 (CIC Paris - Amiens et Paris - Maubeuge). Les 6 dernières BB 16000 ont été radiées des inventaires le 31 décembre 2012.

Livrées successives[modifier | modifier le code]

Les BB 16000 ont connu successivement les livrées et transformations suivantes :

  • livrée d'origine : vert bleuté clair 313 renforcé d'un liseré en bas de caisse et de la zone des persiennes en vert bleuté foncé 312, ainsi que des accessoires en aluminium poli : des moustaches en forme d'ailes sous les baies et des enjoliveurs de feux reliés d'avant en arrière par un filet de peinture grise ; la zone de l'attelage est rouge;
  • dans les années 1960 le renforcement des cabines conduit à la suppression des baies d'angle ;
  • des traverses d'extrémité renforcées sont installées aux dépens des carénages de l'attelage et les jupes d'angle sont supprimées ;
  • à partir des années 1970 les poignées des portes d'accès aux cabines ont été déplacées sur toutes les BB Jacquemin : initialement en position haute près de la fenêtre, elles sont placées en bas dans un logement qui servait auparavant à tirer la porte pour la fermer.
  • fin des années 1970 : pose de phares et de feux rouges unifiés ;
  • livrée Corail (créée par Roger Tallon) gris ardoise 807 avec toit et partie de caisse entre phares et fanaux en gris clair 806 et bande de séparation orange 418 naissant sous les enjoliveurs de phares ;
  • livrée béton, en 1985, sans enjoliveurs, à base de gris béton 804 avec moustache sous les baies frontales et bande ceinturant la caisse (au niveau de la partie supérieure des traverses) peintes en orange 435 ;
  • la transformation en BB 16100 (dès 1991) est associée à une livrée blanc grisâtre 708 avec 3 zones en gris foncé 808 : le bas de caisse, la bande des baies et persiennes et de lourdes moustaches basses englobant les feux avant et débordant sur les côtés ; enfin une bande ceinturante en orange 435 entre bas de caisse et moustaches ;
  • livrée Multiservice, en 1995, gris foncé 808, remplacé en 2001 par le gris ardoise 804, avec toit, moustaches sous baie et partie inférieure de caisse gris métallisé 862, filet rouge 605 à mi-flanc formant en faces frontales un tablier trapézoïdal descendant jusqu'aux traverses en englobant les optiques ; c'est ce tablier qui porte le numéro la moustache affichant le logo SNCF ;
  • livrée à pelliculage bleu « en voyage », dès 2002.

Lignes desservies[modifier | modifier le code]

  • Paris-St-Lazare - Rouen - Le Havre (dernier trajet le 13 mars 2010)
  • Paris-St-Lazare - Lisieux - Trouville-Deauville
  • Paris-St-Lazare - Caen - Cherbourg
  • Paris-Nord - Longueau - Amiens
  • Paris-Nord - Lille - Tourcoing
  • Paris-Nord - Aulnoye - Jeumont
  • Paris-Nord - Tergnier - Saint-Quentin - Cambrai
  • Paris-Nord - Compiègne - Saint-Quentin - Maubeuge (dernier trajet le 20 décembre 2012)
  • Paris-Est - Nancy - Strasbourg
  • Paris-Est - Reims - Charleville-Mézières
  • Strasbourg - Colmar - Mulhouse - Bâle (service international)
  • Metz - Thionville
  • Thionville - Neufchâteau
  • Noisy-Le-Sec - Lille-Champs de Mars (service marchandises)
  • Le Bourget - Aulnoye (service marchandises)

(liste non exhaustive)

Dépôts titulaires[modifier | modifier le code]

  • Achères (à partir de 1995)
  • La Chapelle (dès 1958 puis transformation Enert à Achères en octobre 1995)
  • La Villette (dès juin 1962 en provenance de Strasbourg puis retour à Strasbourg en juillet 1962)
  • Lens (en 1958, puis transfert à La Chapelle)
  • Strasbourg (dès 1958 à 1962, puis transfert à La Villette le 1er juin 1962 et retour à Strasbourg le 17/07/1962, puis transfert à La Chapelle à partir de juillet 1973)

Machines conservées[modifier | modifier le code]

  • BB 16020 : conservée par la SNCF, garée à Mohon.
  • BB 16113 (ex 16030) : conservée par la SNCF, garée à Mohon.

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • BB 16011 : elle apparait au cinéma dans le film Les Rois mages[8]
  • l'une d'elle fut utilisée au cinéma dans le film L'Auvergnat et l'autobus[9]
  • BB-16020 : utilisée en 1959 lors du premier direct train - télévision à l'occasion de l'ouverture de la traction électrique sur Lille - Paris Nord[10]
  • BB-16665 : elle apparait au début du film Deux Hommes dans la ville réalisé par José Giovanni en 1973.

Modélisme[modifier | modifier le code]

  • Cette locomotive a été reproduite par les firmes HOrnby-acHO, Jouef et Roco.

La BB 16000 emblème de la SNCF[modifier | modifier le code]

Ancien logo SNCF

Logo SNCF utilisé vers la fin des années 1960 sur des documents internes et des communications publicitaires, représentant une silhouette stylisée de BB 16000 en perspective, symbolisant la dynamique du chemin de fer moderne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Defrance, Le matériel moteur de la SNCF, N.M. La Vie du Rail, 1978
  2. Denis Redoutey, Le matériel moteur de la SNCF, La Vie du Rail, 2007 (ISBN 978-2-915034-65-3), p. 77
  3. Revue bimestrielle Voies Ferrées, Le matériel moteur de la SNCF, en plusieurs articles sur plusieurs numéros par année
  4. Revue mensuelle Rail Passion, État trimestriel du matériel moteur SNCF, un article par trimestre
  5. 16101 à 16115 renumérotations Denis Redoutey, Le matériel moteur de la SNCF, La Vie du Rail, 2007 (ISBN 978-2-915034-65-3), page 366
  6. Revue bimestrielle Voies Ferrées, Le matériel moteur en 2004/2005, numéro 149 mai-juin 2005, page 11 à la suite d'un déraillement à Busigny le 08 juin 2004
  7. Revue mensuelle Le train, Encyclopédie du matériel moteur SNCF tome 5: Les locomotives et automotrices 25000 V monophasé, numéro spécial, page 40 et 45
  8. BB 16011 dans "Les Rois mages" sur le site passiondutrain.com.
  9. Une BB 16000 dans "L'Auvergnat et l'autobus" sur le site passiondutrain.com.
  10. « PARIS-LILLE | Open archives », sur sncfopenarchives.minit-l.com (consulté le 18 septembre 2016)

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Defrance, Le matériel moteur de la SNCF, N.M. La Vie du Rail, 1969 et réédition 1978
  • Denis Redoutey, Le matériel moteur de la SNCF, Paris, La Vie du Rail, , 5e éd. (ISBN 978-2-915034-65-3)
  • Revue : Olivier Constant, « Encyclopédie du matériel moteur SNCF, Tome 5, Les locomotives et automotrices 25000 V monophasé », Le Train, no hors série,‎ .
  • Mensuel : Vincent Cuny, « Les dernières BB 16000 tiennent le choc », Ferrovissime, no 50,‎ .
  • Mensuel : Frédéric Didelot, « Les portraits du rail, BB 16000 : 50 ans de vitesse sous 25 kV ! », Ferrovissime, no 51,‎ .
  • Mensuel : Frédéric Didelot, « Les portraits du rail, BB 16000 : de l'efficacité alliée à la discrétion ! », Ferrovissime, no 52,‎ .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]