Z 6300

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Z 6300 (SNCF)
Description de cette image, également commentée ci-après
Une Z 6300 à Nancy.
Identification
Exploitant(s) SNCF
Désignation Z 6301 à 6335
Type automotrice
Motorisation Électrique
Composition 3 caisses
ZBD+ZRB+ZRABx
Couplage 1 à 4 unités
Constructeur(s) Carel et Fouché, CEM
Mise en service de 1967 à 1970
Retrait 2008
Caractéristiques techniques
Disposition des essieux 2'B'
Écartement standard
Alimentation 25 kV 50 Hz
Moteurs de traction 1 * CEM GRLM 792 A
850 V autoventilé
Puissance continue 615 kW
Effort de traction 147 kN
Masse en service 105 t
Longueur 60,100 m
Largeur 2,98 m
Hauteur 4,28 m
Accès 3 par flanc
Portes coulissantes
2 vantaux
Capacité 497 p.
Places assises 171 pl.
Vitesse maximale 120 km/h

[1],[2],[3],[4]

Les Z 6300 constituent une série d'automotrices électriques monocourant 25 kV de banlieue de la SNCF, livrées de 1967 à 1970. Version raccourcie des Z 6100, elles s'inscrivent mieux dans les courbes serrées des lignes du Transilien Paris Saint-Lazare. Progressivement mutées en Province, elles disparaissent d'abord du réseau Transilien en 2003, puis définitivement en 2008.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les Z 6300 ont marqué le paysage de la banlieue Saint-Lazare durant près d'une quarantaine d'années, même si leur confort relatif, peu apprécié des usagers, et leur ambiance sonore, n'en laisseront pas un grand souvenir. Courtes mais pouvant circuler en unité multiple de quatre éléments soit douze caisses, elles ont efficacement remplacé les anciens matériels « Standard » circulant sous 750 volts sur la banlieue Saint-Lazare[5].

Les Z 6300 sont commandées à Carel Fouché LanguepinCEM à trente-cinq exemplaires en avril 1965 (vingt-neuf rames) et février 1966 (six rames). Elles sont construites à Aubevoye dans l'Eure[5].

Elles sont réalisées sur le modèle des Z 6100 du réseau Nord, dont elles constituent une version courte, avec une longueur hors tout de 60,100 m au lieu de 74,450 m. Cette longueur est déterminée par les quais relativement courts de la gare de Paris-Saint-Lazare, une unité multiple de trois éléments (UM3) devant être accueillie le long d'un quai de 190 m. En revanche, leur largeur est supérieure aux Z 6100, avec 2,98 m contre 2,85 m, et leur hauteur est également plus élevée avec 3,35 m au lieu de 3,30 m. Elles se distinguent visuellement de cette série par leur nombre de baies vitrées latérales, de deux au lieu de trois entre portes, et par la présence de marchepieds mobiles afin de pouvoir s'adapter à la hauteur variable des quais[5].

La masse en ordre de marche de 105 t est inférieure à celle des Z 6100 de plusieurs tonnes, tout en étant dotée de la même puissance. Légères et nerveuses, mais équipées d'un seul bogie moteur, elles sont souvent victimes de patinage, à l'image des Z 5300. Tout comme les Z 6100, ces éléments sont équipés d'une motorisation à graduateur et de suspensions mécaniques.

Les Z 6300 peuvent emporter 497 voyageurs dont 24 assis en première classe ; cette capacité n'a pas été modifiée avec la suppression en Île-de-France de la première classe, en 1999. Aptes à 120 km/h, leur vitesse est bien adaptée au service banlieue, mais nettement moins au service régional, où il leur est difficile de rattraper d'éventuels retards[6].

Services[modifier | modifier le code]

Livrées en seulement trois ans de 1967 à 1970 et affectées au dépôt d'Achères, les Z 6300 sont utilisées à partir d'octobre 1967 pour la desserte des groupes V et VI de la banlieue Saint-Lazare (Paris-Mantes-la-Jolie via Poissy ou Argenteuil).

À la fin des années 1970, après l'achèvement du viaduc ferroviaire de Nanterre sur la Seine, elles assurent temporairement des liaisons entre Paris et Poissy via Nanterre-Université par le groupe III de la banlieue Saint-Lazare avant la livraison des dernières Z 6400.

Elles desservent ensuite Pontoise puis Gisors après l'électrification de cette radiale en septembre 1982[6]. Les éléments sont mutés au dépôt de Saint-Lazare-Levallois en janvier 1986, sans que cela ne modifie leur service[7].

En 1989, l'arrivée du MI 84 provoque la mutation d'une dizaine de rames au dépôt de Thionville, en Lorraine, afin d'assurer, avec des Z2 monophasé (Z 11500), la desserte des lignes régionales électrifiées en lieu et place d'autorails EAD. Deux éléments ont également été mutés au Luxembourg. Trois autres éléments suivent la même voie en mai-juin 1989 (Z 6333, 6334 et 6335)[7].

Une ex-Z 6300 devenue automotrice type 58 de la Căile Ferate Române (compagnie des chemins de fer roumains).
Éléments Z 6300 en gare de Paris-Saint-Lazare, en 1984.

De mars à septembre 1990, sept autres éléments sont mutés, cette fois en Picardie, où ils permettent là aussi d'éviter l'utilisation d'autorails X 4300 et X 4500 sur des lignes électrifiées. Les trois derniers éléments transférés à Thionville sont également mutés à Longueau[7]. Afin d'améliorer leur maintenance, les Z 6300 de Province sont toutes regroupées au dépôt de Longueau en septembre 1996, sans que cela ne modifie leurs services. Finalement, les éléments mutées initialement à Thionville y retournent le 29 novembre 1998[8].

En 2000, une première rame de Thionville est réformée (Z 6304). Sur le réseau Saint-Lazare, l'arrivée des Z 22500, livrées en 1997 deux ans avant l'ouverture du RER E, et l'utilisation de Z 20500 et de Z 8800, réduisent fortement l'utilisation des Z 6300. Très dégradées par le vandalisme et d'un confort dépassé, les Z 6300 de Saint-Lazare-Levallois sont toutes garées en novembre 2003, avant l'application d'une directive européenne imposant le blocage des portes en marche le . Toutes sont radiées en février 2004[8].

L'augmentation des dessertes décidées par le Conseil régional de Lorraine accorde un ultime répit aux cinq dernières rames encore en service (Z 6310, 6320, 6330, 6332 et 6334). Les derniers « p'tits gris » de Thionville bénéficient en conséquence de la fermeture automatique des portes (FAP), qui leur octroie un ultime sursis avant l'arrivée des TER 2N NG.

Elles achèvent leur longue carrière sur le TER Lorraine, assurant des trains omnibus comme Metz - Thionville, Metz - Hagondange - Conflans - Jarny, Thionville - Apach et Thionville - Bouzonville. Le dernier service commercial sur cette ligne est effectué par la Z 6330 le . Les prestations sont alors reprises par des Z2 ou des ZGC. La Z 6325 de Paris-Saint-Lazare, aura effectué de juin 1969 à novembre 2003 un parcours de 3 852 826 km[8].

Sept automotrices ont été vendues aux chemins de fer roumains en 2008 (Z 6301, 6306, 6309, 6313, 6316, 6319 et 6333), où elles ont été renumérotées 58-1001 à 1007. Sept autres éléments de Thionville étaient également proposées à la vente, dont les cinq dernières en circulation cette même année[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Defrance, Le matériel moteur de la SNCF, N.M. La Vie du Rail, 1978
  2. Denis Redoutey, Le matériel moteur de la SNCF, page 179, La Vie du Rail, 2007 (ISBN 978-2-915034-65-3)
  3. Revue bimestrielle Voies Ferrées, Le matériel moteur de la SNCF, en plusieurs articles sur plusieurs numéros par année
  4. Revue mensuelle Rail Passion, État trimestriel du matériel moteur SNCF, un article par trimestre
  5. a b et c Le Train, Encyclopédie du matériel moteur SNCF, tome 5, p. 84.
  6. a b et c Le Train, Encyclopédie du matériel moteur SNCF, tome 5, p. 85
  7. a b et c Le Train, Encyclopédie du matériel moteur SNCF, tome 5, p. 86
  8. a b et c Le Train, Encyclopédie du matériel moteur SNCF, tome 5, p. 87

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hors-série Le Train, Encyclopédie du matériel moteur SNCF, tome 5 : les locomotives et automotrices 25 000 V monophasé, 2008, 98 p.
  • Jacques Defrance, Le matériel moteur de la SNCF, N.M. La Vie du Rail, 1969 et réédition 1978
  • Denis Redoutey, Le matériel moteur de la SNCF, La Vie du Rail, (ISBN 978-2-915034-65-3)

Lien externe[modifier | modifier le code]