BB 900

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BB 900 (État SNCF)

Identification
Exploitant(s) État puis SNCF
Désignation BB 101-135 État
puis BB 901-935
Type locomotive électrique
Motorisation électrique
Construction 35 locomotives
Constructeur(s) Alsthom
Livraison 1936-1937
Effectif 0
Retrait radiées en 1987
Caractéristiques techniques
Disposition des essieux Bo'Bo'
Écartement standard
Alimentation continu 1,5 kV
Pantographes 2
Moteurs de traction 4 moteurs M1E Alsthom 1,5 kV
Puissance continue 1 340 kW
Masse en service 79,3 t
Longueur HT 12,870 m
Vitesse maximale 105 km/h

Les BB 900 sont des locomotives électriques conçues pour le service des marchandises et des trains omnibus, en service en France entre 1936 et 1987.

Historique[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Au début des années 1930, la crise économique sévit et le gouvernement entreprend de grands travaux pour soutenir l'emploi. C'est dans ce contexte qu'est décidé l'électrification de la Ligne de Paris-Montparnasse à Brest, entre Paris et Le Mans. En prévision de l'achèvement de ce chantier, la compagnie de l'Etat commande deux séries de locomotives électriques : les 2D2 5400 pour la remorque de matériel voyageur et les BB 900 pour les trains de marchandise.

Les BB 900 sont extrapolées des BB 4200 et 4700, qui sortent d'usine pour la compagnie du Midi. Cette dernière a une expérience ancienne en traction électrique et les BB Midi sont des réussites. Par rapport à leurs devancières, elles disposent d'engrenages différents, le profil de la ligne étant moins tourmenté que celui des lignes du Midi. De même, elles ne reçoivent pas le freinage rhéostatique, inutile en plaine[1].

Service[modifier | modifier le code]

Commandées en 1934 par le réseau de l'État à Alsthom, ces locomotives sont extrapolées des E 4700 du Midi[2].

À leur livraison, de 1936 à 1937, la série est affectée au dépôt de Montrouge. Elle effectuera un dur service de marchandises sur la ligne Paris-Le Mans, nouvellement électrifiée. Certains trains de voyageurs sont aussi effectués par ces locomotives, en tête de rames Talbot, sans difficultés. On trouve ainsi dans des documents d'époque qu'une BB 900 en tête d'une rame de 100t pouvait assurer la marche d'une automotrice Somua Z 3800, pourtant très tendue. Aux essais la vitesse de 107 km/h aurait été soutenue. La BB 925 est détruite par fait de guerre en 1944 (chute du viaduc de Maintenon). Pendant les années 1960 la série passe en grande révision (GRG). Peu après, une partie de la série est mutée au dépôt de Limoges, puis l'intégralité aux environs de 1975.

La modernisation du parc électrique entraine l'élimination progressive de la série de 1982 à 1987[1].

Technologie[modifier | modifier le code]

La technologie utilisée est la même que celle longuement éprouvée sur les engins du Midi, avec une augmentation de puissance par rapport à leur "modèle", les BB 4700. Comme pour leurs ainées, les bogies sont attelés entre eux et comportent les appareils de choc et d'attelage.

La caisse est en acier soudé et fait bloc avec le châssis. Elle comporte deux cabines de conduite. La suspension des moteurs est faite par le nez (suspension "tramway"): d'un côté, le moteur repose sur la traverse centrale du bogie par ressorts hélicoïdaux, de l'autre côté il s'appuie sur l'essieu à entraîner. La transmission moteur/bogie est bilatérale, comme pour toutes les autres BB Midi, avec un rapport de 3,273.

En ce qui concerne la partie électrique, les 4 moteurs sont du type M1E sont d'une puissance unihoraire de 500ch sous 1500V. Ils pouvaient être reliés en série, série-parallèle(2 par 2), parallèle. Au contraire des E 4700 du Midi, ces locomotives n'ont pas de freinage électrique rhéostatique jugé inutile sur la ligne Paris - Le Mans.

La commande des moteurs se faisait par l'intermédiaire d'un manipulateur à 29 crans répartis de la manière suivante:

  • 0: circuit ouvert
  • 1 à 10: marche série, sur résistances de démarrage
  • 11: marche série directe
  • 12 à 18: série-parallèle, sur résistances
  • 19: série-parallèle directe
  • 20 à 27: parallèle, sur résistances
  • 28: parallèle plein champ

Outre ce manipulateur, le mécanicien disposait aussi d'une manette de shuntage[3] à 6 positions permettant la marche à "champ réduit" et d'un commutateur de direction. Le courant était capté par deux pantographes Faiveley. Le circuit haute-tension était composé d'un sectionneur double et d'un disjoncteur. Le couplage des moteurs se faisait par l'intermédiaire d'une batterie de contacteurs électro-pneumatiques.

Lors de la révision générale, les portes frontales ont été supprimées, la commande des moteurs et le câblage électrique entièrement refaits. La décoration extérieure a aussi été revue.

Dépôt titulaire[modifier | modifier le code]

État du matériel au 1/05/2009
Engin Mise en service Radiation Dépôts Anc. N°État
BB 901 1er janvier 1936 27 avril 1984 Limoges BB 101
BB 902 1er octobre 1936 26 juin 1984 Limoges BB 102
BB 903 1er janvier 1937 22 janvier 1985 Limoges BB 103
BB 904 1er janvier 1936 Janvier 1982 Limoges BB 104
BB 905 9 décembre 1937 Décembre 1983 Limoges BB 105
BB 906 1er octobre 1936 Décembre 1983 Limoges BB 106
BB 907 3 octobre 1936 Janvier 1982 Limoges BB 107
BB 908 10 octobre 1936 28 février 1987 Limoges BB 108
BB 909 1er janvier 1936 28 février 1987 Limoges BB 109
BB 910 26 octobre 1936 Janvier 1982 Limoges BB 110
BB 911 1er janvier 1936 7 janvier 1985 Limoges BB 111
BB 912 21 juillet 1937 12 septembre 1984 Limoges BB 112
BB 913 13 juillet 1937 Janvier 1982 Limoges BB 113
BB 914 27 avril 1936 31 mai 1985 Limoges BB 114
BB 915 6 juillet 1937 5 mars 1987 Limoges BB 115
BB 916 6 juillet 1937 30 août 1985 Limoges BB 116
BB 917 3 juillet 1937 Janvier 1982 Limoges BB 117
BB 918 1er janvier 1937 Décembre 1983 Limoges BB 118
BB 919 1er janvier 1937 Janvier 1982 Limoges BB 119
BB 920 1er janvier 1937 16 avril 1985 Limoges BB 120
BB 921 1er janvier 1937 Décembre 1983 Limoges BB 121
BB 922 1er janvier 1937 Décembre 1983 Limoges BB 122
BB 923 1er janvier 1937 30 mai 1984 Limoges BB 123
BB 924 1er janvier 1937 3 avril 1987 Limoges BB 124
BB 925 1er janvier 1937 1944 Montrouge BB 125
BB 926 1er janvier 1937 28 février 1987 Limoges BB 126
BB 927 1er juin 1937 19 mars 1984 Limoges BB 127
BB 928 10 août 1937 28 février 1987 Limoges BB 128
BB 929 1er janvier 1937 28 février 1987 Limoges BB 129
BB 930 5 août 1937 19 mars 1984 Limoges BB 130
BB 931 1er janvier 1937 Janvier 1982 Limoges BB 131
BB 932 1er janvier 1937 14 juin 1985 Limoges BB 132
BB 933 4 août 1937 Décembre 1983 Limoges BB 133
BB 934 29 juillet 1937 Décembre 1983 Limoges BB 134
BB 935 13 octobre 1937 Janvier 1982 Limoges BB 135

Modélisme[modifier | modifier le code]

Ce matériel est reproduit en HO par Mistral (artisan français des années 80) et par Roco

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Léonard Demarcq, « Les BB 900 : 50 ans de service spus la ficelle », Loco Revue, no 691,‎ , p. 35-39 (ISSN 0024-5739)
  2. Source LM Vilain. Selon Defrance, ce sont des BB 300 du PO que ces machines découlent, chose étonnante puisqu'elles ne seront construites que l'année suivante. Toutes les autres sources indiquent les E 4700.
  3. Il existe deux procédés de réduction du champ inducteur :
    • Réduction du nombre de spires utilisées dans l'enroulement d'excitation,
    • Dérivation (shuntage) d'une partie du courant circulant dans l'enroulement d'exication par une résistance.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Defrance, "Le matériel moteur de la SNCF", N.M. La Vie du Rail, 1969 et réédition 1978

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Le matériel moteur et roulant des chemins de fer de l'ETAT, par LM Vilain, aux éditions Dominique Vincent.