BB 12000

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BB 12000 (SNCF)
Description de cette image, également commentée ci-après
La BB 12125 aux Champs-Élysées en juillet 2003.
Identification
Exploitant(s) SNCF (Fret à la fin)
Désignation BB 12001-12148
Surnom BB Jacquemin fers à repasser
Type locomotive électrique
Construction 1954-1961[1]
Constructeur(s) Voir tableau ci-dessous
Nombre 148 locomotives
Retrait 2000
Caractéristiques techniques
Disposition des essieux Bo'Bo'
Écartement standard
Captage 2 pantographes
Tension ligne de contact 25 000 V
 Tension moteurs 0,675 kV
Moteurs de traction 4 moteurs SW 435
Puissance continue 2 470 kW
Masse totale 83,4 à 85,6 t
Longueur totale 15,200 m
Vitesse maximale 140 ou 120 km/h

Les BB 12000 sont une série de locomotives électriques à cabine centrale fonctionnant sous courant alternatif monophasé 25 kV-50 Hz selon une technique qui sera reprise par les locomotives de la SNCF.

Origines de la série[modifier | modifier le code]

À la suite de l'expérimentation de la traction par courant à fréquence industrielle (50 Hz) en Haute-Savoie, elles constituent la première génération de machines de ce type, avec les autres séries BB 13000, CC 14000 et CC 14100[2]. La SNCF a demandé à différentes sociétés de développer différents systèmes de motorisation pour ces 4 machines, afin d'évaluer laquelle serait la meilleure. La BB 12000, étudiée par Schneider-Westinghouse, utilise le procédé suivant : le monophasé 25 000 V 50 Hz capté par le pantographe est gradué en tension par un auto-transformateur, avant d'attaquer le transformateur principal qui abaisse la tension jusqu'à 750 V. Le courant est ensuite redressé par un pont à 4 ignitrons, pour enfin alimenter les 4 moteurs de traction à courant continu. Cette chaîne électrique apportait l'avantage supplémentaire d'un anti-patinage : si un essieu venait à patiner, le couple du moteur série concerné baissait, favorisant un retour à l'adhérence. Lors d'essais publics, une BB 12000 a démarré un train de 2 145 tonnes en rampe de 11 pour 1 000. Plus tard, certaines machines ont vu leurs ignitrons remplacés par des redresseurs au silicium, augmentant encore leurs performances déjà excellentes. Chaque machine de la série a effectué en moyenne 5 millions de kilomètres avant la mise à la retraite. Le système d'alimentation a été ensuite utilisé sur les machines monophasées de génération suivantes : BB 16000, BB 16500, CC 21000...

Cabine

Construites à 148 exemplaires[1] pour la SNCF à partir de 1954[1], ces locomotives à monocabine centrale doivent leur surnom de « fers à repasser[1] » à leur profil caractéristique. Certains cheminots les appelaient « coupe-jambon » à cause de leur manipulateur de traction en forme de disque de coupe jambon.

Constructeurs - dates de commande et de livraison[modifier | modifier le code]

Série Nombre Commande Constructeurs Date de livraison
BB-12001 à 12005 5 13/08/1952 SFAC[3] - SW[4] 1954-1955
BB-12006 à 12014 9 23/01/1954 SFAC - SW 1955-1956
BB-12015 à 12034 20 22/04/1955 SFAC - SW 1956-1957
BB-12035 à 12052 18 22/04/1955 Alsthom[5] - SW 1957-1958
BB-12053 à 12064 12 15/12/1955 Alsthom - SW 1958
BB-12065 à 12104 40 15/12/1955 SFAC - SW - Jeumont 1957-1960
BB-12105 à 12113 9 9/05/1956 SFAC - SW - Jeumont 1958
BB-12114 à 12148[6] 35 3/11/1958 SFAC - SW - Jeumont 1960-1961

Service[modifier | modifier le code]

Elles sont entrées en service en premier sur la transversale nord-est[1] (ligne Valenciennes-Thionville) à l'occasion de son électrification en courant industriel (25 kV, 50 Hz), aussi bien sur des trains de voyageurs (omnibus, express) que des trains de marchandises.

Les diverses électrifications du Nord-Est leur ont valu de voir leur domaine s'élargir progressivement ; mais l'arrivée de machines plus modernes et plus aptes à la vitesse (BB 16500 et surtout BB 16000) a restreint leur activité à la traction des trains de marchandises.

Leur remarquable conception, ainsi que la bonne tenue du fret à la fin des années 1990 leur a permis de voir leur carrière allongée. Les dernières machines de cette série ont en effet été radiées en janvier 2000.

Remarques particulières[modifier | modifier le code]

  • Les BB-12001 à 12005 ont été livrées avec un réducteur dont le rapport de réduction permettait le 140 km/h. Cette sous-série s'est vue munie d'un réducteur standard lors d'opérations d'entretien ultérieures ce qui a ramené leur vitesse maximale à 120 km/h comme le reste de la série (augmentant ainsi l'effort au crochet).
  • Au début de leur carrière, les BB 12000 de l'Est et du Nord furent détachées à Annemasse pour renfort en Savoie durant deux décennies (dont 1961).
  • Les BB 12131 er BB 12141 du dépôt de Thionville furent loués aux chemins de fer Roumains (CFR) du 30/04/1963 au 30/06/1963.

Lignes assurées[modifier | modifier le code]

  • La quasi-totalité des lignes électrifiées en 25 kV des réseaux Nord et Est à l'exception des lignes de la banlieue Nord ou Est.
  • La Roche-sur-Foron - Saint-Gervais (voyageurs et marchandises)
  • Aix-les-Bains - Annecy - La Roche-sur-Foron - Annemasse (voyageurs et marchandises)
  • Annemasse - Evian à partir de 1972 (marchandises)
  • Dole - Belfort
  • Dole - Vallorbe
  • Frasne - Pontarlier
  • Achères - Le-Havre
  • Amiens - Sotteville
  • Achères - Creil
  • Bréauté-Beuzeville - Gravenchon-Port-Jérôme
  • Grande ceinture Nord-Est de Paris.

(liste non exhaustive)

Dépôts titulaires[modifier | modifier le code]

  • Aulnoye (BB 12093 séjour exceptionnel de 1972 à 1973, machine accidentée) Aulnoye a été titulaire de 12000 (mutées de Lens) de 1970 à 1979
  • Annemasse (détachement de locomotives de l'Est et du Nord, durant 2 décennies dont 1961)
  • Dole (BB 12035 à BB 12047 de 1958 à 1963, puis transfert en 1963 à Thionville)
  • La Chapelle (deux unités dont la BB 12113 en provenance de Lens, puis transfert en 1963 l'une à Thionville, l'autre à Lens)
  • Lens (de 1956 à 1970 et de 1979 à 1999, dernier dépôt à posséder ce type de locomotive)
  • Mohon (de 1954 à 1994, 1er dépôt à recevoir ce type de locomotive[1])
  • Strasbourg (de 1956 à 1959, puis transfert à Thionville)
  • Thionville (de 1956 à 1991)
  • Valenciennes (BB 12071 à BB 12078 en 1956)

Machines conservées (2013)[modifier | modifier le code]

BB 12004 à Ascq

Modélisme[modifier | modifier le code]

BB 12061 de Hornby-AcHO

Cette locomotive a été reproduite à l'échelle HO par les firmes SMCF, HOrnby-AcHO, Jouef, Fleischmann, Lemaco, Märklin et Trix. HOrnby-AcHO Meccano avait reproduit la BB 12061 "Valenciennes-Thionville", d'abord en livrée bleue en 1963 (référence 6390), puis en livrée verte (référence 6391).

A l'échelle N, Guarniero a fabriqué en 2012 cette série de machines en simultané avec les BB 13000. Les modèles étaient en laiton et disponibles en de multiples variantes. L'artisan Gillkit proposait des modèles en kit métal à assembler et à peindre.

En O, elles ont été reproduites par Hornby (train jouet) et Lemaco en modèles haut de gamme en laiton.

Galerie Photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f André Papazian, Encyclopédie du train, volume 1, locomotives & automotrices, éditions E.T.A.I.
  2. Georges Mathieu, Le matériel moteur de la SNCF, Éditions La Vie du Rail.
  3. Société des Forges et Ateliers du Creusot
  4. Schneider - Westinghouse
  5. Devenu Alstom aujourd'hui
  6. La 12147 a été construite par le consortium MTE réunissant SFAC, SW et Jeumont.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pascal Dumont, Les locomotives électriques monophasées de l'artère nord-est, Éditions du Cabri, 1994. (ISBN 2-908816-15-6)
  • Roger Kaller, Jean-Marc Allenbach, Traction électrique, volume 2, Presses polytechniques et universitaires romandes, 1995. (ISBN 2-88074-275-7)
  • Olivier Constant, Encyclopédie du matériel moteur SNCF - Tome 5 : Les locomotives et automotrices 25 000 V monophasé, hors série Le Train, 2008.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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