X 2800

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
X 2800 (SNCF)
X 2806 avec remorque.

X 2806 avec remorque.

Identification
Exploitant(s) SNCF/TER
Désignation X 2801-2919
Type U 825
Motorisation moteur MGO
Couplage Maxi 4 remorques / U.M. possibles entre eux et avec X 2100 / X 2200
Construction 119 autorails monocaisse
Constructeur(s)

Decauville pour les X 2801 à 2816

Régie Renault pour les X 2817 à 2919
Mise en service 1957-1962
Période de service 1957-2009
Effectif 0 (au )
Retrait 2009
Affectation TER
Caractéristiques techniques
Disposition des essieux Bo'Bo'
Écartement standard
Carburant gazole
Moteur thermique 1 Moteur MGO V 12 ASH
54 L
Puissance 607 kW
825 ch
à 1500 tr/min
Transmission Hydromécanique Mekydro 4 rapports
Capacité en carburant 1 700 L
Consommation 1,54 L/km
Masse en service 57 t
Longueur HT 27,730 m
Largeur 2,840 m
Hauteur 3,717 m
Empattement 19,000 m
Empattement du bogie 2,850 m
Places 1re cl. 12 pl.
Places 2e cl. 50 pl.
+ 5 strapontins
Vitesse maximale 120/140 km/h

[1],[2],[3],[4]

2 Autorails X 2800 jumelés sur le pont de la Saône à Auxonne.

Le X 2800 est un modèle d'autorail français dont le 1er exemplaire fut livré le 28 mai 1957 au dépôt de Carmaux dans le Tarn. C'est le plus puissant des autorails monocaisses et monomoteurs français à l'époque, spécialement conçu pour la traction de plusieurs remorques sur des lignes de montagne et à profil difficile. Sa robustesse et sa longévité furent exemplaires, puisqu'il a été en service de 1957 à 2009.

Description[modifier | modifier le code]

Le X 2800, appelé également U-825 (unifié 825 ch), est l'aboutissement de la conception Renault de l'autorail initiée avec le VH et poursuivie avec l'ABJ et l'ADP :

  • Moteur MGO (Marep, Grosshans, Ollier) diesel unique de grande puissance disposé dans la caisse à l'une de ses extrémités au-dessus du bogie moteur.Le bloc moteur est en acier assemblé par mécano soudure au lieu de fonte moulée comme sur les BB 63000.
  • Transmission par boîte de vitesses Mékydro (hydromécanique dans le cas du X 2800).
  • Un poste de conduite sur le côté gauche à chaque extrémité.
  • Deux constructeurs ont réalisé cette série : les Établissements Decauville et, pour la plupart, la Régie Nationale des Usines Renault (RNUR) par sa branche ferroviaire.

Quelques unités de la série furent équipées en « 1re classe » AUNIS et reçurent une superbe livrée « verte et beige » : X 2808, X 2814, X 2816, X 2897, X 2898, X 2899 et X 2900. D'autres ne portaient pas la livrée « Aunis » mais étaient également équipés de 1re classe : X 2860, X 2901, X 2902, X 2913 et X 2915.

La version électrique : Z 7100[modifier | modifier le code]

Une version électrique de ces autorails a été construite en même temps par les mêmes Établissements Decauville, les automotrices Z 7100, un peu plus puissantes. Un certain nombre d'éléments était partagés entre les deux séries, en particulier les portes d'accès coulissantes avec serrures de sécurité, identiques, la décoration extérieures, les sièges… Par ailleurs, il était prévu à l'origine que les X 2800 puissent circuler en réversibilité avec les remorques de Z 7100, mais le poids nettement supérieur aux remorques unifiées des Z 7100 rendirent caduc ce projet. Paradoxalement, circulant le plus souvent avec leurs trois lourdes remorques pour des services omnibus sur les grandes lignes, ces automotrices n'endossèrent jamais la gloire (montagnarde) des X 2800.

La modernisation à mi-vie[modifier | modifier le code]

Le plan de désenclavement de la Région Auvergne défini en 1976 sous le septennat de Valéry Giscard d'Estaing a prévu la dotation de la région en remorques d'autorail neuves XR 6000, ainsi que la rénovation des X 2800 de la région, dénommés ensuite officiellement « Massif Central »[5]. À cette occasion, ils perdront leur livrée classique (initialement bas rouge et haut crème, puis avec toit rouge dans une 2e période), pour prendre la même livrée que les nouvelles XR 6000, « bleue, grise et blanche ». On leur attribuera alors inévitablement le doux nom de « Bleu d'Auvergne », compte tenu de leurs nouvelles couleurs.
Devant le succès de la rénovation, il sera étendu ensuite à l'ensemble de la série.

La rénovation comportait le remplacement des banquettes marron par des sièges individuels orange, une décoration intérieure en couleurs chaudes au lieu du vert d'origine, des rideaux type « Corail », la possibilité d'unités-multiples (UM), y compris par l'intermédiaire des XR 6000, compatible également avec les X 2100 et X 2200, une génératrice électrique plus généreuse pour l'alimentation des nouvelles remorques, la sonorisation par micro et haut-parleurs, un avertisseur deux tons plus aigu, accordé à la 7e, au lieu de la tierce pour les anciens.

Lors du retrait de service des turbotrains ETG au milieu des années 1990, ces derniers furent remplacés par des X 2800, quinze unités reçurent alors l'agrément V140 (autorisés à rouler au maximum à 140 km/h), X 2802, X 2804, X 2806, X 2816, X 2819, X 2823, X 2825, X 2827, X 2853, X 2863, X 2869, X 2878, X 2879, X 2900, X 2914. La majorité des unités de la série étaient des V120.( Alors qu'elles étaient conçues d'origine pour une circulation a 140 )

Services effectués[modifier | modifier le code]

Lignes parcourues[modifier | modifier le code]

  • Le premier autorail de cette série en France, l'X 2801, fut mis en service le 28/05/1957 au Centre Autorails de Carmaux dans le Tarn.

(liste non exhaustive)

Dépôts titulaires[modifier | modifier le code]

  • Caen (de 1963 à 1976/1977, puis transfert vers Limoges et Toulouse)
  • Carmaux (au début de leur carrière en 1957, 1er dépôt titulaire d'X 2800 de France, puis transfert à Toulouse)
  • Châlons-sur-Marne, devenu Châlons-en-Champagne (de novembre 1960 à 1965)
  • Dijon-Perrigny (de 2004 à 2009, dernier dépôt titulaire d'X 2800 de France avec les X 2827 (en RD), X 2830 et X 2900)
  • La Rochelle- Bongraine (X 2808, de 1957 en 1967, puis transfert à Saint-Étienne le 28/05/1967)
  • Limoges (de 1982 à 2007)
  • Lyon-Vaise (de 1977 à 2008)
  • Marseille-Blancarde (de 1962 à 1975, puis transfert à Lyon-Vaise en juin 1975)
  • Metz-les-Sablons (de 1962 à 1978, puis transfert vers Limoges et Toulouse)
  • Nancy (de 1959 à 1965)
  • Rennes (de juillet 1961 à 1971, puis transfert à Lyon-Vaise)
  • Rouen-Orléans (avec 15 autorails de 1959 à 1961)
  • Saint-Étienne (de 1961 à 1971, puis transfert à Lyon-Vaise)
  • Toulouse (de 1957 à 2000)

Retrait du service[modifier | modifier le code]

Le retrait de cette série a été programmé dès 1995, avec la décision d'arrêter les révisions générales octroyant 800 000 km. Cependant, le manque de fiabilité des nouvelles séries, X 72500 et X 73500, oblige la division matériel et traction à prévoir des « autres travaux programmés de prolongation » (ATPPR) donnant 400 000 km de parcours supplémentaire et entraînant un étalement des amortissements. Ces péripéties porteront la date de retrait total de la série de 2003 (prévision initiale) à 2009[6].

Les derniers X 2800 de France sont trois X 2800 du dépôt de Dijon avec les X 2827 (en réparation différée), X 2830 et X 2900, les deux derniers circulaient encore épisodiquement fin 2008 et début 2009 entre les gares de Besançon-Viotte et du Valdahon, sur la ligne Besançon - La Chaux-de-Fonds (Besançon - Morteau - Le Locle). C'est entre Besançon-Viotte et Le Valdahon qu'eut lieu le 6 avril 2009 un dernier train commercial SNCF avec les X 2830 et X 2900 du dépôt de Dijon Perrigny basé au dépôt de Besançon, marquant ainsi le dernier service commercial en France de cette série d'autorails.

Infos particulières[modifier | modifier le code]

  • Une circulation sur la mythique « ligne des hirondelles » est organisée par le COPEF le 28 mars 2009. Les X 2800 conçus pour les lignes de montagne ont excellé durant toute leur carrière sur cette ligne.
  • Les X 2800 préservés (liste ci-dessous) autorisés à rouler sur le réseau RFF, sont limités à la vitesse de 100 km/h.

Engins conservés (11/2013)[modifier | modifier le code]

Fin de la série Decauville, début de la série Renault au n°:

  • X 2819 : Association des Passionnés de l'X 2800 (AP2800 à Nîmes)
  • X 2825 : Prévu pour la Cité du Train à Mulhouse, garé à Châlons en Champagne
  • X 2827 : conservé en l'état comme banque de pièces de rechange, gare de Besançon-Viotte
  • X 2830 : l'un des trois derniers, a circulé le 6 avril 2009, attribué au CFCB[8], il a été vu le 19/10/2012 à l'arrêt en gare d'Alençon, moteur en marche sur une voie de débord. Ce voyage à Alençon avait pour but de participer au tournage nocturne en gare de Sées (PK 76,043) du film de Luc Besson Malavita.
  • X 2836 : ferraillé à Culoz
  • X 2844 : L'Autorail Limousin (Limoges)
  • X 2847 : Chemins de fer du Centre-Bretagne (CFCB) (gare de Loudéac)[8]
  • X 2856 : Train touristique du Livradois-Forez[9].
  • X 2863 : conservé en l'état comme banque de pièces de rechange par le Val-d'Amour
  • X 2866 : Amicale des Anciens et Amis de la Traction Vapeur – section Montluçon-Auvergne
  • X 2875 : Chemins de fer du Centre-Bretagne (CFCB) (gare de Loudéac)[8]
  • X 2882 : Ferraillé en avril 2009
  • X 2883 : Chemin de fer de la Charente Limousine (à Confolens)[10]
  • X 2895 : Amicale des Anciens et Amis de la Traction Vapeur – section Montluçon-Auvergne
  • X 2900 : l'un des trois derniers, à circulé le 6 avril 2009, et réalisé une petite tournée d'adieu depuis Dijon, Clermont-Ferrand, Rodez, Albi, Toulouse, pour arriver à Guéret, à « l'Autorail Creusois »
  • X 2903 : Chemin de fer de la Charente Limousine (à Confolens)[10]
  • X 2907 : L'Autorail Limousin (Limoges)
  • X 2908 : Chemins de Fer de La Haute-Auvergne (CFHA - Bort-les-Orgues)
  • X 2914 : Association des Passionnés de l'X 2800 (AP2800 à Nîmes)

Soit 22 engins dont 20 préservés, et deux au statut indéfini, mais pas envoyés à la casse. La plupart de ces engins ont entre 5 500 000 et 6 000 000 de km au compteur.

Accidentés[modifier | modifier le code]

La série a connu trois radiations dues à des accidents (plus de détails dans la Liste des accidents ferroviaires en France) :

  • X 2821 : collision face à face sur une voie unique à Flaujac dans le Lot le 3 août 1985 avec un train Corail, à cause d'une incompréhension (cantonnement téléphonique) entre deux chefs de gare : 35 morts et 120 blessés.
  • X 2841 : collision sur un passage à niveau (PN 116) avec une trancheuse sur chenilles, à côté de Rocamadour dans le Lot le 28 mars 1990, non réparé.
  • X 2913 : collision en novembre 2007, également sur un passage à niveau, à Magnac-sur-Touvre en Charente contre un camion étranger, bloqué sur le PN. Pour l'anecdote, l'autorail effectuait ses dernières prestations car il devait être radié dans les semaines qui suivaient.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Denis Redoutey, Le matériel moteur de la SNCF, La Vie du Rail, (ISBN 978-2-915034-65-3)
  • Alain Blot, X 2800, Presses et éditions ferroviaires, (ISBN 2-905447-21-4)
    Ouvrage entièrement consacré à l'histoire et la vie de cette série d'autorails robustes et cinquantenaires.
  • Olivier Constant, « Encyclopédie du matériel moteur SNCF », t. 4 : « Les autorails des années 1950 à nos jours (2) », Le Train
  • « Les autorails unifiés de la SNCF », numéro hors-série de Le Train
  • « État annuel du matériel moteur SNCF », Rail Passion, no 139, mai 2009, effectifs du technicentre de Dijon-Perrigny.

Modélisme[modifier | modifier le code]

  • La firme Roco a reproduit cet autorail en HO en plusieurs versions : rouge et crème à toiture crème, rouge et crème à toiture Rouge, et bleu et gris clair.
  • La firme Proto Models a également reproduit ce modèle à l'échelle 0
  • Une version Aunis, en vert et crème, a été réalisée en petite série par un détaillant lyonnais sur base Roco.

Galerie photos[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • De Besançon à La Chaux-de-Fonds avec l'autorail X 2878, les Éditions du Cabri, film 120 min, 2001.
  • [1] court montage vidéo au début duquel on entend très bien le son caractéristique des X 2800 au démarrage : à la fois rauque et mélodieux.
  • L'X 2830 du CFCB apparaît quelques minutes dans le film Malavita de Luc Besson.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Defrance, Le matériel moteur de la SNCF, N.M. La Vie du Rail, 1978
  2. Denis Redoutey, Le matériel moteur de la SNCF, page 279, La Vie du Rail, 2007 (ISBN 978-2-915034-65-3)
  3. Revue bimestrielle Voies Ferrées, Le matériel moteur de la SNCF, en plusieurs articles sur plusieurs numéros par année
  4. Revue mensuelle Rail Passion, État trimestriel du matériel moteur SNCF, un article par trimestre
  5. Réponse aux questions à l'Assemblée Nationale n° 13514. — 24 mars 1979 : « Cette desserte a été améliorée par la rénovation du matériel, autorails Massif Central et remorques neuves »
  6. Bernard Collardey, « Deux ans de rabe pour les X 2800 », Rail Passion, no 73,‎ , p. 82-87 (ISSN 1261-3665)
  7. Association X 2800 du Haut-Doubs.
  8. a, b et c Association chemins de fer du centre Bretagne (CFCB).
  9. Source Agrivap 2009.
  10. a et b Chemin de fer de la Charente Limousine.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Article connexe[modifier | modifier le code]