Liste des souverains de Moldavie

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Liste des souverains de Moldavie

La monarchie étant élective dans les principautés roumaines (comme en Hongrie et Pologne voisines), le prince (voïvode, hospodar ou domnitor selon les époques et les sources) était élu par et parmi les boyards et, pour être nommé, régner et se maintenir, s'appuyait fréquemment sur les puissances voisines, hongroise, polonaise ou ottomane[1].

Origines[modifier | modifier le code]

Vassale de la Pologne, 1387-1455[modifier | modifier le code]

Le fait qu'entre 1387 et 1455 la Principauté de Moldavie se soit reconnue vassale et alliée de la Pologne ne signifie pas, comme l'affirment par erreur certains auteurs[2], qu'elle soit devenue une province polonaise ou un fief du roi de Pologne. Ces erreurs sont dues d'une part à la confusion sémantique chez certains historiens modernes, entre voïvodie (province, en polonais) et voïvode (prince régnant, en roumain), ou encore entre suzeraineté et souveraineté, et d'autre part à la rétroprojection nationaliste de l'histoire[3]. Les voïvodes suivants ont été alliés et vassaux de la couronne polonaise (mais il y en a encore eu quelques autres après 1455, en alternance et parfois même en concomitance avec la vassalité envers les Ottomans) :

Vassale de l'Empire Ottoman, 1455-1457[modifier | modifier le code]

Le fait qu'entre 1455 et 1859 la Principauté de Moldavie se soit reconnue vassale de la « Sublime Porte » ottomane ne signifie pas, comme le montrent par erreur beaucoup de cartes historiques, qu'elle soit devenue une province turque et un pays musulman. Seuls certains territoires moldaves sont devenus ottomans : en 1484 la Bessarabie alors dénommée Boudjak, au nord des bouches du Danube (ce nom ne désignait alors que les rives du Danube et de la mer Noire), en 1538 la raya de Tigina alors dénommée Bender, et en 1713 la raya de Hotin. Le reste de la Principauté (y compris la partie entre Dniestr et Prut qui sera appelée Bessarabie en 1812, lors de l'annexion russe) a conservé ses propres lois, sa religion orthodoxe, boyards, princes, ministres, armées et autonomie politique (au point de se dresser plus d'une fois contre le Sultan ottoman). Les erreurs cartographiques et historiques sont dues à l'ignorance ou à des simplifications réductrices[4]. Le premier voïvode moldave à avoir accepté la vassalité envers l'Empire ottoman est :

Indépendante, 1457-1504[modifier | modifier le code]

Vassale de l'Empire Ottoman, 1504-1600[modifier | modifier le code]

Union avec la Valachie, 1600[modifier | modifier le code]

Vassale de l'Empire Ottoman, 1600-1739[modifier | modifier le code]

Depuis la fin du XVIIe siècle, l'élection du prince se joue de moins en moins à Jassy et Bucarest auprès du Sfat Domnesc (conseil des boyards), et de plus à Constantinople auprès des Phanariotes et des Ottomans ; elle est de moins en moins politique, et de plus en plus financière. Au début du XVIIIe siècle (et jusqu'en 1829), les Phanariotes supplantent les boyards roumains et seront très nombreux à régner sur les deux principautés ; les deux aristocraties s'entremêlent, les Phanariotes se roumanisent, les boyards s'hellénisent. C'est aussi la période où l'Empire russe se rapproche des principautés, commence à se poser en champion de la foi orthodoxe contre l'Empire ottoman, y mène des campagnes militaires et intervient dans la politique des principautés roumaines, qui sont alors influencées par l'esprit des Lumières ; leurs aristocraties et bourgeoisies commencent à devenir francophiles et francophones, phénomène qui culminera au XIXe siècle et perdurera jusqu'au milieu du XXe siècle.

Occupée par la Russie, septembre/octobre 1739[modifier | modifier le code]

Vassale de l'Empire Ottoman, 1739-1769[modifier | modifier le code]

Occupée par la Russie, septembre 1769-septembre 1774[modifier | modifier le code]

Vassale de l'Empire Ottoman, 1774-1787[modifier | modifier le code]

Occupée par l'Autriche, novembre 1787-juillet 1788[modifier | modifier le code]

Vassale de l'Empire Ottoman, 1788-1789[modifier | modifier le code]

Occupée par la Russie, septembre 1788-novembre 1789[modifier | modifier le code]

Occupée par l'Autriche novembre, 1789-juillet 1791[modifier | modifier le code]

Vassale de l'Empire Ottoman, 1791-1806[modifier | modifier le code]

Occupée par la Russie, novembre 1806-mai 1812[modifier | modifier le code]

Vassale de l'Empire Ottoman, 1812-1821[modifier | modifier le code]

Administration militaire directe turque, mai 1821-juillet 1822[modifier | modifier le code]

Vassale de l'Empire Ottoman, 1822-1828[modifier | modifier le code]

Occupée par la Russie, avril 1828-septembre 1834[modifier | modifier le code]

Vassale de l'Empire Ottoman, 1834-1853[modifier | modifier le code]

Occupée par la Russie, octobre 1853-septembre 1854[modifier | modifier le code]

Vassale de l'Empire Ottoman, 1854-1859[modifier | modifier le code]

Formation en 1859 de la Roumanie par union avec la Valachie[modifier | modifier le code]

Le 24 janvier 1859 Alexandru Ion Cuza est élu aussi souverain de la Valachie et l’union de facto est faite. Toutefois, les gouvernements et les parlements des deux pays étaient encore séparés. Le 22 janvier 1862 a été formé le premier gouvernement de Roumanie et deux jours plus tard, le 24 janvier 1862, les deux parlements ont choisi Bucarest comme la capitale du nouveau pays. À ce moment, la Principauté de Moldavie a cessé d’exister.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le candidat au trône devait ensuite "amortir ses investissements" par sa part sur les taxes et impôts, verser en outre le tribut aux Ottomans, payer ses mercenaires et s'enrichir néanmoins. Pour cela, un règne d'un semestre au moins était nécessaire, mais la "concurrence" était rude, certains princes ne parvenaient pas à se maintenir assez longtemps sur le trône, et devaient ré-essayer. Cela explique le "jeu des chaises musicales" sur les trônes, la brièveté de beaucoup de règnes, les règnes interrompus et repris, et parfois les règnes à plusieurs (co-princes). Quant au gouvernement, il était assuré par les ministres et par le Sfat domnesc (conseil des boyards).
  2. Voir [1] et [2]
  3. L'expression « rétroprojection nationaliste », du Pr. Jean Ravenstein de l'Université de Marseille, désigne la tendance historiographique moderne à projeter dans le passé les nations modernes, comme si elles s'étaient constituées dès le Moyen Âge ou l'Antiquité.
  4. Voir Gilles Veinstein et Mihnea Berindei : L'Empire ottoman et les pays roumains, EHESS, Paris, 1987.