Ursula von der Leyen

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Ursula von der Leyen
Ursula von der Leyen, en 2010.
Ursula von der Leyen, en 2010.
Fonctions
Ministre fédérale de la Défense d'Allemagne
En fonction depuis le
Chancelier Angela Merkel
Gouvernement Merkel III
Prédécesseur Thomas de Maizière
Ministre fédérale du Travail et des Affaires sociales
Chancelier Angela Merkel
Gouvernement Merkel II
Prédécesseur Franz Josef Jung
Successeur Andrea Nahles
Ministre fédérale de la Famille, des Personnes
âgées, des Femmes et de la Jeunesse
Chancelier Angela Merkel
Gouvernement Merkel I et II
Prédécesseur Renate Schmidt
Successeur Kristina Köhler
Ministre des Affaires sociales, des Femmes, de la Famille et de la Santé de Basse-Saxe
Ministre-président Christian Wulff
Gouvernement Wulff I
Prédécesseur Gitta Trauernicht
Successeur Mechthild Ross-Luttmann
Biographie
Nom de naissance Ursula Gertrud Albrecht
Date de naissance (55 ans)
Lieu de naissance Bruxelles (Belgique)
Nationalité Allemande
Parti politique CDU
Diplômé de Université d'Hanovre
Profession Médecin

Ursula von der Leyen
Ministres fédéraux de la Défense d'Allemagne
Ministres fédéraux du Travail d'Allemagne
Ministres fédéraux de la Famille d'Allemagne

Ursula Gertrud von der Leyen, née Albrecht le à Bruxelles, est une femme politique allemande membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU).

En 2003, à la suite de la victoire de Christian Wulff, elle devient ministre de la Famille de Basse-Saxe, puis est choisie deux ans plus tard par Angela Merkel pour occuper le ministère fédéral de la Famille d'Allemagne dans sa grande coalition. Proche de la chancelière, elle mène une politique familiale jugée aux antipodes des positions de son parti en favorisant notamment le développement des crèches et en instituant un « salaire parental ».

Elle est reconduite en , puis nommée ministre fédérale du Travail à peine un mois plus tard, du fait de la démission de Franz Josef Jung. À la suite de la démission du président fédéral Horst Köhler le , elle fait un temps figure de favorite pour la présidentielle, avant que Christian Wulff ne lui soit préféré par les trois partis de la coalition noire-jaune au pouvoir.

En , elle devient ministre fédérale de la Défense, étant la première femme à occuper ce poste, et est alors perçue comme une successeur potentielle de la chancelière Merkel.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d'Ernst Albrecht, ministre-président (en) de Basse-Saxe de 1976 à 1990[1], elle descend d'une famille aristocratique dont l'origine remonte au XVIIe siècle[2]. Elle passe son enfance en Belgique, ce qui lui vaut d'être bilingue allemand et français[3]. Elle est mariée au professeur de médecine Heiko von der Leyen, avec qui elle a eu sept enfants.

Formation et carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Titulaire en 1976 d'un Abitur en mathématiques et sciences, elle étudie les sciences économiques aux universités de Göttingen, puis de Münster entre 1977 et 1980.

À partir de 1980, elle entreprend des études de médecine à l'université de Hanovre, qui durent sept ans. À l'issue de ce cursus, elle défend sa thèse, puis devient médecin assistant à la maternité de l’université de 1988 à 1992. Elle obtient son doctorat en 1991 et quitte l’Allemagne l'année suivante pour passer quatre ans à l’université Stanford où elle suit des cours d’économie.

Revenue en Allemagne, Ursula von der Leyen occupe, de 1998 à 2002, un poste de chercheuse assistante en médecine sociale et recherche dans le domaine du système de santé au sein du département d’épidémiologie de l’université de médecine de Hanovre.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Membre de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) depuis 1990, elle débute sa carrière politique en 2001 en obtenant un mandat local dans la région de Hanovre, qu'elle abandonne trois ans plus tard. Le , elle est élue députée au Landtag de Basse-Saxe. Le 4 mars suivant, elle est nommée ministre des Affaires sociales, des Femmes, de la Famille et de la Santé dans le premier cabinet de coalition noire-jaune dirigé par le ministre-président chrétien-démocrate Christian Wulff.

En 2004, elle intègre la présidence fédérale de la CDU. Nommée dans l'équipe de campagne d'Angela Merkel en août 2005 en vue des élections législatives fédérales du , Ursula von der Leyen est nommée ministre fédérale de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse dans le gouvernement de grande coalition de Merkel le 22 novembre.

Ministre fédérale de la Famille (2005-2009)[modifier | modifier le code]

À ce poste, elle mène une politique de la famille novatrice en encourageant le développement des crèches afin que les femmes puissent concilier travail et éducation des enfants, en contradiction avec la vision de la famille de la CDU/CSU[4]. Elle se montre également favorable à un blocage des sites Internet de pédopornographie par les fournisseurs d'accès sur la base d'une liste élaborée par l'Office fédéral de police criminelle (BKA)[5]. En 2007, elle assure par ailleurs la mise en place d'un salaire parental, qui permet au parent s'arrêtant de travailler de toucher jusqu'à 1 800 euros par mois pendant les quatorze premiers mois de l'enfant au plus[6], hommes compris[7].

Ministre fédérale du Travail (2009-2013)[modifier | modifier le code]

Ursula von der Leyen en 2013.

Élue députée fédérale au Bundestag lors des élections législatives du , elle est reconduite à son ministère le 28 octobre suivant. Toutefois, à la suite de la démission de Franz Josef Jung, elle est appelée le 30 novembre à le remplacer comme ministre fédérale du Travail et des Affaires sociales.

Au début de l'année 2010, elle doit faire face aux conséquences d'une décision du Tribunal constitutionnel fédéral qui invalide la réforme de l'assurance chômage (Hartz IV) de Gerhard Schröder et Wolfgang Clement pour cause d'insuffisance des allocations et déclare à ce titre que « Ce jugement est incontestable et la société va devoir payer, c'est clair »[8].

Après la démission du président fédéral Horst Köhler le , elle est présentée comme favorite pour être candidate de la coalition noire-jaune à l'élection présidentielle anticipée, disposant notamment du soutien de Merkel[9], mais les trois formations lui préfèrent finalement Christian Wulff[10], jugé plus consensuel. L'élection de Wulff se révèle finalement plus compliquée qu'attendu.

À l'occasion du 23e congrès fédéral de la CDU à Karlsruhe, le , elle est élue vice-présidente du parti, sous la présidence d'Angela Merkel, avec 85,12 % des voix[11].

Elle est favorable à la création d'un salaire minimum ainsi qu'à l'instauration de quotas légaux de femmes chefs d'entreprises[7].

Ministre fédérale de la Défense (depuis 2013)[modifier | modifier le code]

Lors des négociations pour la formation du troisième cabinet Merkel, formé d'une nouvelle grande coalition, le ministère du Travail est attribué au Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD). Un temps pressentie comme ministre fédérale de la Santé, avec des compétences élargies à la réforme des retraites, Ursula von der Leyen est finalement nommée ministre fédérale de la Défense le . C'est la première fois qu'une femme prend ces responsabilités, et seulement la seconde fois qu'un ministère fédéral régalien est dirigé par une femme. Cette nomination, alors qu'Angela Merkel a laissé entendre qu'elle entamait là son dernier mandat, est perçue comme renforçant son statut de successeur potentielle[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nathalie Versieux, « Ursula von der Leyen, la gente d'armes de l'Allemagne », Libération,‎ 8 février 2014, p. 10-11 (lire en ligne)
  2. Jean-Marc Gonin et Nicolas Barotte, « Ursula von der Layen, mère courage », in Le Figaro Magazine, semaine du 27 décembre 2013, pp. 24-26.
  3. (de) « Small Talk auf höchster Ebene », Der Tagesspiegel,‎ 29 décembre 2006 (lire en ligne)
  4. Pierre Bocev et Ursula von der Leyen, « L'enfant doit être un enrichissement, pas un problème », Le Figaro,‎ 15 octobre 2007 (lire en ligne)
  5. (de) Pédopornographie : le rêve du blocage d'Internet - Focus
  6. « La nouvelle ministre allemande du Travail est déjà une star », Gala, le
  7. a et b Le magazine du Monde, 24 décembre 2011, page 18.
  8. « Brève : Hartz IV », sur le site de la Fondation Robert-Schuman,‎ 15 février 2010
  9. « La ministre du travail favorite pour la présidence allemande », Le Monde,‎ 2 juin 2010 (lire en ligne)
  10. « Christian Wulff candidat à la présidence allemande », L'Express,‎ 3 juin 2010 (lire en ligne)
  11. (de) « Merkel: „Schwarz-Gelb alternativlos“ », Frankfurter Allgemeine Zeitung,‎ 15 novembre 2010 (lire en ligne)
  12. « Allemagne : Ursula von der Leyen, la ministre qui se rêve chancelière », Le Figaro,‎ 16 décembre 2013 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]