Bilhorod-Dnistrovskyï

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Bilhorod-Dnistrovskyï
Білгород-Дністровський
Blason de Bilhorod-Dnistrovskyï
Héraldique
Cetatea Albă : la forteresse blanche d'Étienne de Moldavie
Cetatea Albă : la forteresse blanche d'Étienne de Moldavie
Administration
Pays Drapeau de l'Ukraine Ukraine
Subdivision Flag of Odesa Oblast.svg Oblast d'Odessa
Maire Ihor Nanovskyï
Code postal 67700 — 67719
Indicatif tél. +380 4849
Démographie
Population 50 246 hab. (2013)
Densité 1 621 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 10′ N 30° 19′ E / 46.17, 30.31746° 10′ Nord 30° 19′ Est / 46.17, 30.317  
Superficie 3 100 ha = 31 km2
Divers
Fondation VIe siècle av. J.-C.
Statut Ville depuis 1944
Localisation

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Sources
Liste des villes d'Ukraine

Bilhorod-Dnistrovskyï (en ukrainien : Білгород-Дністровський, en russe : Белгород-Днестровский ou Belgorod-Dniestrovski) est une ville de l'oblast d'Odessa, en Ukraine. Sa population s'élevait à 50 246 habitants en 2013.

Géographie[modifier | modifier le code]

Bilhorod-Dnistrovskyï est située sur la rive droite de l'embouchure du Dniestr (liman du Dniestr), dans le Boudjak, partie méridionale de la Bessarabie, à 43 km au sud-ouest d'Odessa.

Noms[modifier | modifier le code]

Bilhorod signifie « cité blanche » en ukrainien, comme en bulgare (Bialgrad) et en polonais (Białogród). L’adjectif Dnistrovskyï (« du Dniestr ») a été ajouté lors de l’annexion soviétique en 1940, pour la distinguer de Belgorod en Russie.

Historiquement, la ville s’est appelée Tyras en grec antique, Mavrokastro en grec médiéval, Montecastro en italien, Cetatea Albă en moldave/roumain, Tourla en tatar et Ak-Kerman en turc. Comme Bilhorod, les noms de Cetatea-Albă et Ak-Kerman signifient « citadelle blanche », alors qu’à l’inverse Mavrokastro signifie en grec « citadelle noire ». On pense que ces divergences sont dues à l'incendie de la forteresse lors de sa prise par les Mongols et les Tatars en 1221, et à sa restauration par les génois qui la nommèrent Montecastro en 1315 : on suppose qu’elle était donc blanche lorsque leurs successeurs moldaves, slaves et turcs en prirent possession[1].

Au XIIIe siècle, on transcrivait en français le nom slave Bilhorod par « Bellegarde », et le nom italien Montecastro par « Moncastre »[2].

Administration[modifier | modifier le code]

La ville de Bilhorod est le siège de la municipalité de Bilhorod-Dnistrovskyï (en ukrainien : Білгород-Дністровська міська рада, Bilhorod-Dnistrovs'ka Mis'ka rada), qui compte également deux communes urbaines : Serhiïvka et Zatoka.

Histoire[modifier | modifier le code]

La cité a été fondée comme colonie grecque ionienne au VIe siècle avant notre ère sous le nom de Tyras. Devenue romaine puis byzantine sous le nom de Mavrokastron, elle fut prise en 1221 par les Tatars qui la renommèrent Tourla. Reprise par les Byzantins, elle fut concédée aux Italiens de Gênes en 1315 sous le nom de Montecastro ; ceux-ci la cédèrent en 1359 à la Principauté de Moldavie qui l'appela Cetatea Albă. Ce fut un port et une forteresse importante pour la Moldavie au temps d'Étienne III le Grand (XVe siècle), à l'extrémité sud de la route de l'ambre et de la soie entre la mer Baltique (d'où venaient l'ambre et la fourrure vers les pays d'Orient) et la mer Noire (par où venaient la soie, les perles, le miel, les épices vers les pays du Nord et d'Occident).

C'est pourquoi elle attira la convoitise de l'Empire ottoman qui s'en empara en 1484 et l'appela Ak-Kerman, puis de l'Empire russe qui commença à l'attaquer au XVIIIe siècle et l'annexa en 1812. Il y fut signé en 1826 entre la Russie et l'Empire ottoman une convention qui assurait aux Russes la totale liberté de navigation sur la mer Noire et confirmait le traité de Bucarest, scindant en deux la Moldavie dont la partie orientale, avec Cetatea Albă, devient alors russe sous le nom de Bessarabie[3].

La République démocratique de Moldavie, proclamée en Bessarabie en 1917, ayant voté en mars 1918 son union avec la Roumanie, Cetatea Albă devint roumaine pendant 22 ans puis soviétique en 1940-1941 à la suite du Pacte germano-soviétique. Après quatre ans de retour à la Roumanie pendant la Seconde Guerre mondiale, elle fut soviétique de 1944 à 1991, avant de devenir définitivement ukrainienne en 1991.

Ces changements ont bouleversé la composition de sa population : très cosmopolite en 1939, avec des Roumains, des Juifs, des Turcs ou Tatars, des Grecs, des Russes, des Arméniens, des Roms, des Allemands, des Ukrainiens, et même des Suisses venus de Vevey (Vaud) et des Buttes (Neuchâtel), soit 38 400 habitants, elle est de nos jours majoritairement ukrainienne, avec une petite minorité russe. Comme à Kaliningrad, très rares sont les Bilhorodois actuels qui peuvent dire : « mes parents (ou mes grands-parents) y vivaient déjà avant-guerre ».

Population[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Recensements (*) ou estimations de la population[4] :

Évolution démographique
1863 1897* 1900 1923 1939*
29 300 28 258 32 500 34 500 38 400
1959* 1970* 1979* 1989* 2001*
21 832 32 928 46 795 51 890 51 034
2009 2010 2011 2012 2013
50 452 50 262 50 296 50 263 50 246


Nationalités[modifier | modifier le code]

La composition de la population de la ville a beaucoup évolué au cours de XXe siècle :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. G.I. Brătianu : Cercetări asupra Vicinei și Cetății Albe ("Recherches sur Vicina et Cetatea Albă"), éd. de l'Université de Iași, 1935, cote 14.333 à la Bibl. Univ. de Chișinău.
  2. Par exemple chez Villehardouin.
  3. Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Bilhorod-Dnistrovskyï » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)
  4. « Recensements et estimations de la population depuis 1897 », sur pop-stat.mashke.org(uk) « Office des statistiques d'Ukraine : population au 1er janvier 2010, 2011 et 2012 », sur database.ukrcensus.gov.ua« Office des statistiques d'Ukraine : population au 1er janvier 2011, 2012 et 2013 », sur database.ukrcensus.gov.ua

Liens externes[modifier | modifier le code]