Lactalis

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher

Lactalis

Description de l'image  Logo_Lactalis.svg.
Création 1947 : Besnier
1999 : Lactalis
Dates clés 1933, 1990, 1999
Fondateurs André Besnier
Personnages clés Emmanuel Besnier, PDG
Slogan L'innovation au cœur de la tradition laitière
Siège social Drapeau de France Laval (France)
Activité Secteur agroalimentaire
Produits Produits laitiers
Effectif 54 000[1]
Site web www.lactalis-international.com
Chiffre d’affaires 15,7 milliards d'euros (2012)[1]

Lactalis est une entreprise française du secteur de l'agroalimentaire. Il s'agit du premier groupe laitier et fromager mondial[2], et du deuxième groupe agroalimentaire français derrière le groupe Danone.

Lactalis emploie 54 000 collaborateurs répartis sur près de 200 sites à travers le monde et commercialise ses produits dans plus de 150 pays.

Sommaire

Historique [modifier]

  • 1933 : le 19 octobre[3], André Besnier commence la production de ses premiers fromages, au 52 de la rue d'Avesnières, à Laval avec un salarié[3],[4].
  • 1968 : lancement du camembert Président.
  • 1973 : rachat de Préval[5].
  • 1984 : rachat de Lactel
  • 1990 : rachat du groupe Bridel (à l'époque ce groupe regroupe 2 300 salariés, 10 usines, est le 4e groupe laitier français, présent dans 60 pays, 5,5 milliards de francs de chiffre d'affaires – environ 850 millions d'euros).
  • 1991 : rachat de Roquefort Société
  • 1999 : la société Besnier devient le groupe Lactalis.
  • 2006 : Lactalis rachète le groupe italien Galbani. Création d'une joint-venture avec le groupe Nestlé, Lactalis Nestlé Produits Frais, qui produit les yaourts et desserts laitiers frais des deux groupes dans 9 pays européens (marques La Laitière, Sveltesse, Flanby...)
  • 2007 : la coopérative d'Isigny-Sainte-Mère et le groupe Lactalis tentent de faire supprimer pour des raisons économiques la mention « lait cru exclusivement » au cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « camembert de Normandie ».
  • 2008 : le groupe Lactalis rachète le fabricant de fromage suisse Baer, domicilié à Küssnacht (SZ). Baer emploie 150 personnes. Il a réalisé en 2007 un chiffre d'affaires de 40,8 millions de francs suisses (24,84 millions d'euros) et dégagé un bénéfice net de 300 000 francs suisses (185 600 euros)[6].
  • 2010 : en 2010, le groupe Lactalis a réalisé trois acquisitions majeures en Espagne en rachetant Forlasa, Puleva et Sanutri.
  • 2011 : le groupe Lactalis annonce qu'il devient le premier actionnaire du groupe laitier italien Parmalat avec 29 % du capital. Le mardi 26 avril 2011, Lactalis annonce le lancement d'une OPA sur l'Italien Parmalat[7]. Le vendredi 8 juillet 2011, Lactalis annonce qu'il contrôle 83,3 % des actions de Parmalat SpA[8] et devient ainsi le leader mondial des produits laitiers.
  • mai 2012 : Parmalat, la filiale italienne du groupe, acquiert les activités de Lactalis American Group (Lag)[9].

L'offensive de Lactalis sur les fromages au lait cru français [modifier]

Suite à l'actuel refus de l'INAO de modifier le cahier des charges de l'AOC Camembert de Normandie pour permettre l'utilisation de lait thermisé à la place du lait cru[10], la coopérative d'Isigny-Sainte-Mère et le groupe Lactalis, qui représentaient 90 % des camemberts de Normandie produits, ont renoncé courant 2007 à cette AOC et ils ne produisent plus de vrais camemberts. Ces groupes industriels alimentaires continuent de réclamer ce changement en invoquant des contraintes de sécurité sanitaire et afin de réduire les coûts de productions[11]. Selon Sylvie Lortal, directrice du laboratoire scientifique et technologique du lait et de l'œuf à Rennes, les risques sanitaires sont « statistiquement infimes »[11]

Le documentaire Ces fromages qu'on assassine[12] dans lequel, aux côtés de son collègue suédois Erik Svenson, le journaliste Périco Légasse dénonce l'ampleur du danger par Lactalis qui menacerait les produits de terroir français et notamment le camembert de Normandie qui est toujours, grâce à la protection de l'appellation, exclusivement de lait cru. Une émission qui, à la façon du film Mondovino, a contribué à rendre l'opinion, les professionnels et les pouvoirs publics favorables à la préservation des fromages au lait cru.

Organisation [modifier]

Le siège du groupe est basé à Laval en Mayenne. Lactalis est présent dans 56 pays[1].

Chiffres d'affaires (en 2010)[1] :

  • CA global : 14,7 milliards d'euros (2010)
  • CA hors de France : 74 %.

Lactalis a employé 54 000 personnes dont 15 600 en France, et possède 192 sites industriels dans le monde. Elle est, de par la quantité de sa production, le :

  • 2e groupe agro-alimentaire français
  • 15e groupe agro-alimentaire mondial
  • 2er groupe fromager européen
  • 1e groupe laitier mondial
  • 1er fromager français

Procès [modifier]

Fraude sur le lait [modifier]

En 2000, le groupe Lactalis[13] a été condamné pour « fraude sur le lait et publicité mensongère ». La pratique consistait au « mouillage » systématique du lait de consommation[14] « une fraude portant sur 70 % de la production du groupe » en fabriquant, en particulier, du fromage de comté avec du lait non conforme aux spécifications de l’Appellation d'origine contrôlée[15].

Lactalis a-t-il vendu du lait stérilisé pour du lait pasteurisé ? (AFP, 18/12/2012, 20 h 09) C'est ce que croit savoir le Canard Enchaîné dans son édition de mercredi. "Si le parquet n'a pas donné suite c'est qu'il y a un vide réglementaire et pas d'infraction, en cause un flou dans l'appellation des laits à haute pasteurisation" quand ils ne satisfont pas aux conditions de stérilisation. Un projet de nouvelle réglementation envisagé en 2010 n'ayant pas vu le jour, selon ces informations, ce lait a été vendu "localement en Bretagne depuis les années 80 à une clientèle très friande". L'expert du parquet n'ayant pas été en mesure d'indiquer si sa vente se poursuivait, la direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF)devrait prochainement commenter.

Plainte contre la Confédération Paysanne [modifier]

En juin 2011, le groupe Lactalis porte plainte contre la Confédération paysanne[16],[17] pour le blocage de son usine d'Andrézieux-Bouthéon lors des actions menées en 2009 contre l'effondrement du prix du lait.

Métiers [modifier]

Huit milliards de litres de lait produits par les agriculteurs ont été transformés en 2006 par les usines du groupe Lactalis dont cinq milliards de litres de lait de vache, 162 millions de litres de lait de brebis, 74 millions de litres de lait de chèvre achetés auprès de 23 300 éleveurs-producteurs français répartis sur soixante-seize départements.

À l'étranger, 3 milliards de litres de lait sont collectés dont 1,1 milliard aux États-Unis.

Transformations écoulées du groupe Lactalis : fromages, 750 000 t ; produits frais, 300 000 t ; matière grasse, 152 000 t ; crème, 125 000 t ; produits industriels, 563 000 t ; viande, 49 000 t.

Reventes écoulées du groupe Lactalis : lait, 1 500 millions de litres.

Les marques du groupe [modifier]

Une crèmerie de filiale en Grande-Bretagne

La transformation de Lactalis est divisée en huit familles :

Direction de l'entreprise [modifier]

La totalité du capital, soit capital de 140 027 040 euros, est détenu par la famille Besnier ce qui en fait la (13e fortune de France en 2011 avec 3100 M€[18])

L'entreprise créé par André Besnier (1894-1955), puis dirigé par son fils Michel Besnier (1928-2000) est désormais dirigée par Emmanuel Besnier (né en 1970), fils cadet de Michel (son frère aîné Jean-Michel, exploitant forestier, et sa sœur benjamine Marie, mère au foyer, tous deux actionnaires et bien que sans responsabilité opérationnelle dans le groupe sont consultés sur la stratégie de l'entreprise familiale[3])

Données financières [modifier]

Données financières en millions d'euros
Années 2004 2005 2008 2009 2010
Chiffres d'affaires 5,6 milliards d'euros 6 milliards d'euros (40 % à l'étranger) 9,35 milliards 8,5 milliards d’euros (56 % à l'étranger)[réf. nécessaire] 14,7 milliards d'euros[1] (74 % à l'étranger)

Les résultats d'exploitation ne sont pas publiés[19]

Notes et références [modifier]

  1. a, b, c, d et e Chiffres clés du groupe Lactalis, Groupe Lactalis. Consulté le 16 février 2012
  2. Bruxelles autorise le rachat de Parmalat par Lactalis, sur Nouvelobs.com. Consulté le 17 juillet 2011
  3. a, b et c "Besnier L'autarcique" de Thiébault Dromard, Challenges, n° 264, juillet-août 2011, p. 76.
  4. (fr) « La sage du Groupe Lactalis » sur le site officiel de Lactalis
  5. Lactalis : un acteur méconnu dans atlas du management sur entrepreneur.lesechos.fr, 31 mai 2011
  6. Agence ATS, Berne.
  7. (fr) Le français Lactalis lance une OPA sur l'Italien Parmalat pour devenir le numéro un mondial du lait, Boursorama, 26 avril 2011
  8. Lactalis prend la contrôle de Parmalat avec 83,3 % du capital, sur lsa. Consulté le 13 juillet 2011
  9. Parmalat, fatturato in crescita nei primi 9 mesi. Tatò: "Acquisizioni, se avremo opportunità", sur Gazzetta di Parma. Consulté le 10 novembre 2012
  10. (fr) « Slow Food s’oppose au camembert AOC pasteurisé ! » sur La-cuisine-collective.fr
  11. a et b (fr) « L'avenir du camembert au lait cru », Le Monde, 14 mars 2007
  12. "Ces fromages qu'on assassine" : France 3 censure le documentaire contre Lactalis
  13. qui s’appelait alors groupe Besnier et sa filiale Bridel
  14. Le mouillage du lait consiste à couper le lait avec de l'eau
  15. Lactalis : Besnier condamné
  16. Procès de la liberté syndicale : une manifestation réprimée dans la violence
  17. Procès de Lactalis contre la Confédération paysanne de la Loire à Saint-Etienne le 1er juin 2011 : Nous défendrons la liberté syndicale
  18. (fr) Emmanuel Besnier et sa famille, sur www.challenges.fr. Consulté le 29 juillet 2011
  19. Aussi secret que son P.D.G., ce groupe familial ne publie jamais ses bénéfices : « Malgré sa notorieté commerciale, Lactalis, toujours propriété de la famille Besnier, reste un groupe extrêmement discret qui ne publie pas le montant de ses bénéfices et dont les dirigeants fuient les médias. »

Annexes [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]