Traian Băsescu

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Traian Băsescu
Traian Băsescu, en 2012.
Traian Băsescu, en 2012.
Fonctions
5e président de Roumanie
En fonction depuis le 20 décembre 2004[1]
(&&&&&&&&&&&035079 ans, 7 mois et 8 jours)
Élection 12 décembre 2004
Réélection 6 décembre 2009
Premier ministre Eugen Bejinariu
Călin Popescu-Tăriceanu
Emil Boc
Cătălin Predoiu (intérim)
Mihai Răzvan Ungureanu
Victor Ponta
Prédécesseur Ion Iliescu
Maire de Bucarest
26 juin 200020 décembre 2004
Prédécesseur Viorel Lis
Successeur Adriean Videanu
Biographie
Date de naissance 4 novembre 1951 (62 ans)
Lieu de naissance Murfatlar (Roumanie)
Nationalité roumaine
Parti politique FSN (1989-1992)
PDL (1992-2004)
Sans étiquette (depuis 2004)
Conjoint Maria Băsescu
Enfant(s) Ioana Băsescu, Elena Băsescu
Profession Officier de marine marchande
Résidence Palais Cotroceni (Bucarest)

Signature

Traian Băsescu
Présidents de Roumanie

Traian Băsescu, né le 4 novembre 1951 à Basarabi, près de Constanța (Județ de Constanța), est un homme d'État roumain.

Ancien officier de marine marchande, il est maire de Bucarest de 2000 à 2004. Il devient président de Roumanie le 20 décembre 2004, après sa victoire à l'élection présidentielle face à Adrian Năstase. En 2007, un mois après avoir été suspendu par le Parlement, il retrouve ses fonctions à l'issue d'un référendum lors duquel il est plébiscité. Il est réélu de justesse pour un second mandat face à Mircea Geoană, à l'issue de l'élection présidentielle de 2009. Alors qu'il est de nouveau suspendu à partir du 10 juillet 2012, le référendum visant à le destituer est déclaré invalide faute d'une participation suffisante, ce qui lui permet de revenir au palais Cotroceni le 28 août suivant.

Jeunesse, études et carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Traian Băsescu est le fils d'un commissaire politique communiste de l'armée roumaine[2], Dumitru Băsescu, camarade de promotion des généraux Victor Stănculescu et Vasile Milea, qui, en 1989, prennent une part déterminante au renversement de Nicolae Ceausescu[3]. Il a un frère, Mircea, né en 1953.

En 1977, Traian Băsescu sort diplômé de l'Institut naval de Constanța et devient officier de marine pour la compagnie d'État NavRom, qui a succédé au SMR[4]. Entre 1981 et 1987, il est capitaine du cargo mixte Biruința, le plus grand navire de la flotte marchande roumaine. À partir de 1989, Băsescu est le responsable de l'agence NavRom à Anvers, le troisième port d'Europe à cette époque[5].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Débuts (1989-2000)[modifier | modifier le code]

Après la révolution de décembre 1989, il entre dans l'arène politique aux côtés d'Ion Iliescu et de Petre Roman, et devient ministre des Transports dans les gouvernements Roman et Stolojan entre 1991 et 1992. Lorsque le FSN se divise entre une aile conservatrice incarnée par Iliescu et une aile réformatrice incarnée par Roman, Băsescu suit Roman, fondateur du Parti démocrate (PD). Il devient député de ce parti, de 1992 à 1996.

Băsescu dirige l'équipe de campagne de Petre Roman lors de l'élection présidentielle de 1996. Ce dernier échoue contre Emil Constantinescu, le candidat libéral, mais Băsescu est réélu au Parlement. Il redevient ministre des Transports des gouvernements de coalition de centre-droit de Victor Ciorbea, Radu Vasile et Mugur Isărescu, entre 1996 et 2000. Dans le même temps, il est inculpé dans le dossier Flota, une affaire de corruption concernant des pots de vin perçus lors de la privatisation de la marine marchande roumaine.

Maire de Bucarest (2000-2004)[modifier | modifier le code]

Réputé charismatique, il est élu maire de la capitale, Bucarest, en 2000.

L'année suivante, il se présente à la tête du Parti démocrate, contre Petre Roman, et est élu. Il organise une nouvelle coalition entre le Parti démocrate et le Parti national libéral en vue des élections de 2004 : l'Alliance pour la justice et la vérité. L'Alliance et Băsescu soutiennent la candidature à l'élection présidentielle de Theodor Stolojan, ancien Premier ministre libéral.

À la suite du désistement de Stolojan, Băsescu se présente au nom de la coalition face au Premier ministre social-démocrate, Adrian Năstase. Pendant la campagne présidentielle de 2004, Băsescu prend ouvertement des positions tranchées, visant à mettre fin aux privilèges des élus, à ouvrir les archives de la Securitate, à restituer aux propriétaires d'origine les biens personnels confisqués par le régime communiste et vainement revendiqués depuis quinze ans, à accélérer la mise du pays aux normes juridiques et économiques européennes, ou encore à légaliser le droit au mariage pour les couples homosexuels. Il suscite ainsi une levée de boucliers politique et médiatique, qui dépasse les clivages politiques. Accusé d'être un ancien communiste et d'être corrompu, il réplique à Adrian Năstase, lors d'un débat télévisé : « Cite-moi un seul politique, un seul candidat qui n'ait pas été communiste et qui arrive à vivre uniquement de son salaire, et je me désiste tout de suite pour lui. Oui, j'ai été communiste, oui, j'ai fait du business, mais moi au moins je l'avoue. »

Président de Roumanie (depuis 2004)[modifier | modifier le code]

Premier mandat[modifier | modifier le code]

Traian Băsescu remporte le second tour de l'élection présidentielle, le 12 décembre 2004, avec 51,23 % des voix. Il démissionne de son mandat de maire de Bucarest lorsqu'il devient officiellement le troisième président de la Roumanie post-communiste, pour un mandat de cinq ans, le 20 décembre 2004.

Traian Băsescu, à Rome.

Il est le premier chef d'État roumain à condamner officiellement les crimes des communistes dans un discours au Parlement, le 18 décembre 2006, malgré les sifflets d'une partie des élus[6]. Il déclare notamment : « Pour les citoyens roumains, le communisme a été un régime imposé par un groupe politique qui s’est autoproclamé gardien de la vérité, un régime totalitaire issu de la violence et qui a fini dans la violence. C’était un régime oppressif qui a exproprié la population roumaine pendant cinq siècles d’histoire moderne. Il a violé les lois et forcé les citoyens à vivre dans le mensonge et la peur. Des enquêtes approfondies et des déclarations de témoins ont souligné la nature antipatriotique du régime communiste. Au vu de cela nous pouvons conclure que le régime communiste qui a gouverné la Roumanie de 1945 à 1989 a été illégitime et criminel. »

En 2007, le président est accusé par l'opposition de « dix-neuf cas de violations de la Constitution », notamment par son « attitude partisane et d'abandon de son rôle de médiateur politique », en raison de son « refus injustifié de nommer des ministres proposés par le Premier ministre » ou encore pour « avoir favorisé certains agents économiques ». Une procédure de destitution est alors lancée et le Parlement vote la suspension des fonctions du président Băsescu, le 19 avril 2007, par 322 voix contre 108 et 10 abstentions. Celle-ci devient effective le lendemain. Aux termes de la Constitution roumaine, un référendum est organisé le 19 mai[7] pour décider si le président reprendra ses fonctions ou non. En attendant, Băsescu reste président de Roumanie, mais ses fonctions sont assurées par le président du Sénat, Nicolae Văcăroiu[8]. Les résultats du référendum constituent une large victoire pour le président, puisque le « non » l'emporte avec 74,48 % des suffrages exprimés, ce qui décrédibilise l'opposition, pourtant majoritaire au Parlement grâce aux alliances entre partis. Jusqu'à la fin du mandat de Traian Băsescu, les rapports entre le pouvoir législatif et l'exécutif restent tendus.

Second mandat[modifier | modifier le code]

Traian Băsescu, en 2009.

Traian Băsescu annonce qu'il est candidat à sa succession pour continuer notamment à réformer un État qu'il juge encore miné par la corruption[9]. Il indique ainsi que, le même jour que le premier tour de la présidentielle, se tiendra un référendum qui vise à introduire une seule chambre et à réduire le nombre de parlementaires, qui, selon le président sortant, sont en majorité corrompus et bloquent les réformes[9]. De nombreux diplomates étrangers saluent alors son engagement en faveur de la lutte contre la corruption[6]. Băsescu a en effet renforcé les pouvoirs des procureurs et assuré leur indépendance, ce qui a permis à plusieurs enquêtes de corruption de haut niveau d'aboutir[10].

Lors du premier tour de l'élection présidentielle, le 22 novembre 2009, il arrive en tête avec 32,4 % des suffrages, devançant de peu son adversaire social-démocrate, Mircea Geoană[11]. Par ailleurs, 77,8 % des électeurs ont approuvé par référendum l'idée d'une république monocamérale et 88,8 % une réduction du nombre de parlementaires de 471 à 300. Geoană prend un sérieux avantage sur son rival en obtenant, entre les deux tours, le soutien du candidat du Parti national libéral (centre), qui a recueilli 20 % des voix[12]. Le candidat de la gauche est ainsi donné gagnant par les sondages, deux d'entre eux le créditant même d'une avance de huit points sur le président sortant, trois jours avant le second tour[13]. Mais au soir du 6 décembre, la confusion règne, les deux candidats revendiquant la victoire[14] ; au final, c'est Traian Băsescu qui remporte le scrutin avec 50,33 % des voix et moins de 70 000 voix d'avance. L'opposition conteste la régularité du scrutin, mais les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), présents sur place, indiquent que l'élection s'est « tenue dans le respect des engagements pris auprès de l'OSCE[15] ».

Investi le 21 décembre 2009, Traian Băsescu rend hommage au millier de jeunes morts lors des combats de la Révolution de 1989, et reconduit Emil Boc au poste de Premier ministre.

Traian Băsescu soutient la politique de rigueur menée par le gouvernement, en échange d'une aide apportée par le Fonds monétaire international et l'Union européenne. Mais les mesures adoptées, parmi lesquelles la baisse de 25 % du salaire des fonctionnaires, font chuter sa cote de popularité[6]. Il doit faire face à la colère des juges, qui refusent de se soumettre à cette décision et qui, au terme d'un long conflit, parviennent à faire augmenter leurs salaires par le biais de décisions de justice[10].

Le 25 octobre 2011, avec son Premier ministre Emil Boc, il préfère assister aux cérémonies du Jour de l'Armée plutôt qu'au discours de l'ex-roi Michel Ier qui, fêtant son 90e anniversaire, appelait les autorités politiques à « agir pour que la Roumanie puisse retrouver dignité et respect sur la scène internationale », lors d'un discours symbolique prononcé devant les deux Chambres du Parlement réunies[16].

Le gouvernement de centre-droit conduit par Mihai Răzvan Ungureanu est renversé le 27 avril 2012, à la suite de l'adoption d'une motion de censure de l'Union sociale-libérale, alliance regroupant le Parti social-démocrate et deux partis de centre-droit, le Parti national libéral et le Parti conservateur. Traian Băsescu nomme alors le social-démocrate Victor Ponta au poste de Premier ministre. Rapidement, les tensions à la tête de l'exécutif se multiplient. Ainsi, en juin 2012, Victor Ponta limoge plusieurs hauts fonctionnaires réputés proches de Băsescu, puis, alors que la Cour constitutionnelle estime que c'est au chef de l'État de représenter la Roumanie au Conseil européen, le Premier ministre, mandaté par le Parlement, se rend tout de même au sommet européen.

Le 3 juillet 2012, l'Union sociale-libérale, majoritaire au Parlement, révoque notamment les présidents des deux chambres du Parlement, tous deux soutiens de Traian Băsescu. La Cour constitutionnelle dénonce alors des attaques « virulentes et sans précédent » de la part du gouvernement, tandis que la Commission européenne et les États-Unis critiquent la crise politique naissante. Le gouvernement adopte, le lendemain, un décret d'urgence réduisant les prérogatives de la Cour constitutionnelle. Le 6 juillet, le Parlement roumain vote la suspension de Băsescu par 258 voix pour et 114 contre. Les parlementaires réclamant sa destitution considèrent qu'il a outrepassé ses prérogatives constitutionnelles lors de la mise en place de mesures d'austérité en 2010 ; il est aussi accusé d'avoir usé de son influence sur des questions judiciaires. Le président et ses alliés considèrent qu'il s'agit d'une tentative de l'Union sociale-libérale de prendre le contrôle de l'État ; alors que la Roumanie doit intégrer l'espace Schengen, l'Union européenne se dit « ébranlée » et annonce une surveillance renforcée jusqu'à la fin de l'année dans le domaine de la justice et de l'État de droit[17]. La Cour constitutionnelle valide, le 9 juillet, la suspension du président et la tenue d'un référendum devant rendre définitive cette décision[18],[19],[20]. Dès le lendemain, le président du Sénat, Crin Antonescu, assure l'intérim[21]. Les partisans de Băsescu appellent à l'abstention lors du scrutin référendaire. Le 29 juillet, la participation est finalement inférieure aux 50 % des inscrits nécessaires à la validation du référendum[22]. Toutefois, l'USL conteste la validité des listes électorales et en appelle à la Cour constitutionnelle, qui confirme l'invalidation du référendum. Après l'entérinement de cette décision par le Parlement, Traian Băsescu retrouve ses fonctions le 28 août 2012[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Suspendu du 20 avril au 23 mai 2007 et du 10 juillet au 28 août 2012.
  2. Affecté, à partir de 1949, au 18e régiment de blindés de Basarabi selon Roxana Glăvan, citée ci-dessous.
  3. (ro) « Povestile adolescentului Traian Basescu », Evenimentul Zilei,‎ 25 décembre 2004 et (ro) Roxana Glăvan, « A murit un om discret: mama preşedintelui Băsescu », Adevărul,‎ 5 octobre 2010
  4. (ro) « Ascensiunea lui Traian Băsescu (I) », Observator cultural,‎ juillet 2008.
  5. (en) « The world’s largest container ports », The Economist,‎ 24 août 2010.
  6. a, b et c « Basescu, ex-capitaine de marine qui pourrait perdre la barre de la Roumanie », Le Point,‎ 29 juillet 2012
  7. La Constitution parle d'un délai de trente jours maximum
  8. (ro) « Tara fara cap », Evenimentul Zilei,‎ 20 avril 2007
  9. a et b « Le président Basescu brigue un second mandat pour “réformer” la Roumanie », Le Monde,‎ 21 novembre 2009.
  10. a et b « Après le retour de M. Basescu, la crise continue à Bucarest », Le Monde, 28 août 2012.
  11. « Présidentielle en Roumanie : le président sortant Basescu devance Geoana d'une courte tête », dépêche AFP, 25 novembre 2009.
  12. « Roumanie : les libéraux et la gauche s'allient contre Basescu pour les Présidentielles », dépêche AFP, 25 novembre 2009.
  13. « Mircea Geoana toujours favori de la présidentielle roumaine », Le Nouvel Observateur, 3 décembre 2009.
  14. « Les deux candidats crient victoire à la présidentielle roumaine », Le Point, 6 décembre 2009.
  15. « Victoire contestée de Traian Basescu en Roumanie », Le Monde, 8 décembre 2009.
  16. L'ancien roi de Roumanie appelle à montrer l'exemple, Euronews, 25 octobre 2011.
  17. http://fr.euronews.com/2012/07/19/la-confiance-de-l-union-europeenne-en-la-roumanie-est-ebranlee/
  18. (en)« "Romania parliament votes to impeach president" », Al Jazeera,‎ 6 juillet 2012
  19. (en) « "Romanian Parliament Votes To Impeach President" », Radio Free Europe,‎ 6 juillet 2012
  20. (ro) « Suspendarea preşedintelui Băsescu face valuri în presa internaţională », Cotidianul,‎ 7 juillet 2012.
  21. « Le président roumain transmet le pouvoir », Le Figaro, 10 juillet 2012.
  22. « Roumanie: le président Basescu survit à un référendum de destitution », AFP, repris par L'Express,‎ 30 juillet 2012
  23. « Roumanie: le Parlement entérine le retour de M. Basescu à la tête de l'Etat », dépêche AFP, 27 août 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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