Oblast de Kaliningrad

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Oblast de Kaliningrad
(ru) Калининградская область
Armoiries de l'Oblast de Kaliningrad
Armoiries de l'Oblast de Kaliningrad
Drapeau de l'Oblast de Kaliningrad
Drapeau de l'Oblast de Kaliningrad
Oblast de Kaliningrad
Administration
Pays Drapeau de la Russie Russie
Région économique Kaliningrad
District fédéral Nord-Ouest
Statut politique Oblast
Création 7 avril 1946
Capitale Kaliningrad
Gouverneur Nikolaï Tsoukanov
Démographie
Population 937 914 hab. (2010)
Densité 62 hab./km2
Géographie
Superficie 15 125 km2
Autres informations
Langue(s) officielle(s) Russe
Fuseau horaire UTC+2
Code OKATO 27
Code ISO 3166 RU-KGD
Immatriculation 39, 91
Liens
Site web http://www.gov39.ru

L’oblast de Kaliningrad (en russe : Калинингра́дская о́бласть, Kaliningradskaïa oblast), également appelé la « Russie baltique », ou le « pays de l’ambre » (Янтарный Край, Iantarny Kraï), est une exclave russe au bord de la mer Baltique, entourée par la Lituanie au nord et à l'est, ainsi que la Pologne au sud. L'oblast de Kaliningrad, la voïvodie de Varmie-Mazurie en Pologne et le Memelland (région de Memel/Klaipeda en Lituanie actuelle) ont remplacé en 1945 la Prusse-Orientale, aujourd'hui disparue, qui appartenait à l'Allemagne. À partir de cette date, la région fut intégrée à la république socialiste fédérative soviétique de Russie (l'une des quinze républiques soviétiques de l'ex-Union soviétique).
L'oblast, d'une superficie de 15 125 km2, a une population de 937 914 habitants (2010). Sa capitale est Kaliningrad (anciennement Königsberg).

L’oblast de Kaliningrad est la région la plus occidentale et la plus petite de la Fédération de Russie.

Oblast de Kaliningrad

Histoire[modifier | modifier le code]

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la province allemande de Prusse-Orientale fut conquise par l'Armée rouge, à partir de janvier 1945, puis divisée entre l'Union soviétique et la Pologne, selon les souhaits de Staline, comme convenu après les conférences de Yalta et de Potsdam. La partie soviétique fut rattachée directement à la république socialiste fédérative soviétique de Russie et constitua l'oblast de Kaliningrad. Jusqu'en 1945, la province eut une population allemande, mais il y avait aussi une minorité d'origine lituanienne et une minorité masurienne qui parlait un dialecte polonais. Les habitants qui n'avaient pu s'enfuir furent finalement expulsés.

L'oblast de Kaliningrad et l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Carte de la Russie baltique
Une vue des plages de l'Oblast de Kaliningrad

Depuis l'adhésion de la Pologne et de la Lituanie à l'Union européenne, l'enclave de Kaliningrad est au cœur de négociations diplomatiques entre la Russie et l'Union. En effet, en vertu des accords de Schengen, les frontières de l'enclave deviennent en juillet 2003 des frontières extérieures de l'Union européenne, rendant donc difficiles les liaisons terrestres avec le reste de la Russie[1].

Les deux parties en présence ont intérêt à trouver un accord :

  • les autorités russes ont refusé de voir une partie de leur territoire isolé de la Russie, d'autant que Kaliningrad est victime de difficultés économiques à cause de son isolement depuis la dislocation de l'Union soviétique ;
  • la Pologne et la Lituanie ne souhaitent pas voir une enclave russe se développer sur la frontière qu'elles doivent surveiller.

Un accord est conclu en avril 2004 entre la Russie et l'Union européenne, exemptant de taxes douanières les transits traversant le territoire lituanien[2].

Le 5 novembre 2008, le président russe Dmitri Medvedev annonce la possible installation de missiles Iskander près de Kaliningrad au cas où les États-Unis installeraient un bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque[3].

Le 29 juillet 2011, la Commission européenne a proposé d'étendre à l'ensemble des habitants de l'oblast la possibilité de se rendre en Pologne et en Lituanie sans visa Schengen. La zone concernée serait de 30 kilomètres à partir de la frontière, voire 50 kilomètres dans des cas exceptionnels. Selon la Commission, il s'agit de faciliter la vie des habitants : « Assez souvent, ils doivent traverser la frontière pour des raisons familiales, culturelles ou économiques; quelques fois pour quelques heures, quelques fois pour plusieurs jours ». Ils auraient cependant encore besoin d'un visa pour aller plus loin, que ce soit Varsovie, Vilnius ou un autre État membre de l'UE[4],[5]. Cet accord sur les petits mouvements frontaliers a été signé en 2012, les frontaliers russes n'ont plus besoin de visa, mais d'un permis dont la validité est de deux ans[6].

L'oblast permet à la Fédération de Russie d'avoir un accès à la Baltique lorsque les ports du nord sont pris dans les glaces.

Subdivisions administratives[modifier | modifier le code]

L'oblast est divisé en :

Raion Dimension Population Densité
russe Traduction littérale français km² en 2010 nombre d'habitants par km²
Багратионовский район Bagrationovskij rajon District de Bagrationovsky 1.020 32.330 32
Балтийский район Baltijskij rajon District de Baltijsk [7] 101 36.038 356
Гвардейский район Gvardejskij rajon District de Gvardeïsky 784 29.926 38
Гурьевский район Gur'jevskij rajon District de Gourievsky 1.283 53.001 41
Гусевский район Gusevskij rajon District de Goussevsky 643 37.143 58
Зеленоградский район Zelenogradskij rajon District de Zelenogradsky 2.013 32.257 16
Краснознаменский район Krasnoznamenskij rajon District de Krasnoznamensky 1.280 12.904 10
Неманский район Nemanskij rajon District de Nemansky 697 20.127 29
Нестеровский район Nesterovskij rajon District de Nesterovsky 1.061 16.219 15
Озёрский район Ozërskij rajon District de Oziorsksky 877 15.322 17
Полесский район Polesskij rajon District de Polessky 834 19.197 23
Правдинский район Pravdinskij rajon District de Pravdinsky 1.284 19.070 15
Светлогорский район Svetlogorskij rajon District de Swetlogorsk 33 14.873 456
Славский район Slavskij rajon District de Slavsky 1.349 21.017 16
Черняховский район Černjachovskij rajon District de Tcherniakhovsksky 1.286 51.947 40


Géographie[modifier | modifier le code]

La rivière Angrapa, Oblast de Kaliningrad

La plus grande rivière est la Pregolya (russe : Прего́ля; allemand : Pregel; lituanien : Prieglius).

Les villes les plus importantes de la région de Kaliningrad sont:

Russe Allemand † Lithuanien † Polonais †
Baltiysk Балтийск Pillau Piliava Piława
Chernyakhovsk Черняховск Insterburg Įsrutis Wystruć
Gusev Гусев Gumbinnen Gumbinė Gąbin
Kaliningrad Калининград Königsberg Karaliaučius Królewiec
Sovetsk Советск Tilsit Tilžė Tylża

Transport[modifier | modifier le code]

Routes et autoroutes[modifier | modifier le code]

Pour la plupart, la largeur des routes ne correspond pas à la largeur standard russe.

Les routes les plus importantes sont :

  • A229 : vers Vilnius et Minsk.
  • A216 : Kaliningrad - Gvardeysk - Talpaki (branche A-229) - Bolshakovo - Sovietsk frontière lituanienne
  • Kaliningrad - Zelenogradsk - frontière lituanienne
  • Kaliningrad - Ladushki - Mamonowo frontière polonaise
  • Kaliningrad - Bagrationovsk frontière polonaise

En août 2008 est construite l'autoroute « anneau du Littoral », qui reliera Kaliningrad à l'aéroport de Khrabrovo.

Transport aérien[modifier | modifier le code]

Près du village d'Hrabrovo, Aéroport international Khrabrovo, Il se trouve à 24 km de Kaliningrad.

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Kaliningrad «encerclé» par l'Union par Sylvaine Pasquier, L'Express, 6 juin 2002
  2. (fr) La documentation française - L’enclave de Kaliningrad, "laboratoire" des futures relations Russie - Union européenne
  3. Missiles russes : "malheureux" (Prague), Le Figaro
  4. Gobert 2011
  5. Dépêche de presse de la Commission européenne, 29/07/2011
  6. Jérôme Fenoglio, Le Monde du 16 mai 2014, p. 8
  7. Einschließlich der Wasserfläche der Buchta Primorskaja (Fischhausener Wiek): 174 km².

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Viviane du Castel, De Königsberg à Kaliningrad : l'Europe face à un nouveau "département d'outre-terre" russe sur la Baltique, Paris, L'Harmattan, 1996 ; 2e éd. augmentée, 2007, 501 p. (ISBN 978-2-296-04391-6)
  • Sébastien Gobert, « Russie : La porte de Kaliningrad pourrait s'ouvrir sur l'UE », Regard sur l'Est,‎ 2 août 2011 (lire en ligne).
  • Frank Tétart, « Kaliningrad, « petite Russie » d’Europe », sur Les blogs du Diplo (consulté le 9 octobre 2010).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]