Musique moldave

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La musique moldave est jouée tant en République de Moldavie qu'en Moldavie roumaine ; elle partage bien des aspects musicaux avec la musique roumaine (dont elle fait partie, selon les musicologues et les ethnologues roumains) et avec la musique ukrainienne, pays voisin dont de nombreux ressortissants vivent en Moldavie.

Elle présente des traits rythmiques et des ornementations mélodiques propres aux musiques balkaniques, tziganes et klezmer, qui ont intégré comme elle l'héritage des influences ottomane et orthodoxe.

Les Leoutars, film moldave d'Emil Loteanu (1971) a popularisé à l'étranger cette musique traditionnellement jouée par des lăutaris (troubadours), qui est toujours à l'honneur en Moldavie, avec la reviviscence actuelle d'un fonds musical plus authentique que le folklore pour fêtes et touristes pratiqué durant la seconde moitié du XXe siècle.

Musique classique[modifier | modifier le code]

C'est au XVe siècle que les premiers chants religieux sont transcrits par écrit dans les monastères moldaves. En 1653, la voïvode Vasile Lupu fonde une école de chant à Iaşi.

Durant le XVIIe siècle, le pays subit l'influence de la musique ottomane et des orchestres meterhané ou tubulhané jouent à la Cour princière. Par ailleurs, le voïvode Dimitrie Cantemir écrit le « Livre de la science sur le style littéraire de la musique » (en turc : Kitabu "Ilmi'l-Mûsikí ala Vechi'l-Hurûfât), considéré comme le fondement théorique de la musique turque, avec environ 350 œuvres musicales répertoriées, dont beaucoup n'ont survécu que dans ce recueil.

À la fin du XVIIIe siècle, des compositeurs européens et russes recueillent quelques mélodies moldaves (Ossip Kozlovski, Bernhard Romberg et Mikhail Glinka). En 1834, A. Verstovsky et F. Rujitsky publient le « Traité de mélodies moldaves folkloriques », et en 1854, C. Miculă publie « Les mélodies folkloriques moldaves ».

Ce n'est qu'à partir du XIXe siècle que la musique notée fait son apparition grâce notamment à la création d'un conservatoire de musique en 1836. À la fin du siècle, les plus grands compositeurs russes séjournent en Moldavie, notamment Anton Rubinstein, Scriabine et Rachmaninov.

Au XXe siècle, N. Vilinschi (la cantate Moldova en 1939), V. Cosencou (Moldovenescu poème en 1937) et L. Gurău (« Doina » en 1935 et la Symphonie n°1 en 1938) composent sur la base du folklore moldave. Après la guerre a commencé le développement soviétique de la musique avec Ştefan Neagu (« Ştefan le Grand » (1945), Bessarabien (1947), « Anniversaire » (1949) et « Renaissance de la chanson » (1951)). Eugen Coca crée des quatuors et des poèmes symphoniques (Codrul (1948), « Chant de Hînceşti » (1950), « Nouvelle Doina »). Ils seront suivis par S. Lobel, V. Zagorsky, L. V. Polyakov, P. Rivilis, N. Macovei et T. Chiriac. L'opéra n'est pas en reste avec les œuvres de David Hirschfeld et Eugen Doga.

Timbre moldave de 1995 dédié aux Lăutaris

Musique folklorique[modifier | modifier le code]

La musique traditionnelle remonte également au XVe siècle. Des structures modales diatoniques archaïques se retrouvent encore dans la miorița, une ancienne ballade qu'on retrouve en Roumanie, de même que le chant de Noël (colinde).

Au XVIIe siècle, la Moldavie subit également l'influence de la musique grecque. C'est la communauté juive des klezmer qui devait en recueillir les fruits, en associant doinas et syrtos au sein de la danse terkisher notamment. Pour enrichir encore les choses, on rencontre aussi des lăutari roms itinérants.

Les danses (joc) provoquent des rassemblements populaires et lors des mariages on découvre diverses danses (cumătria, bulgăreasca, sîrba et olenadra).

La doina est une douce complainte caractéristique de la musique moldave et roumaine.

L'orchestre de musique et danse folklorique moldave a été fondé en 1949 sur l'instigation du gouvernement soviétique en lutte idéologique contre la culture roumaine. À l'image des autres ensembles similaires, s'il a participé à la survie de la musique moldave, il l'a aussi dénaturée en tant que fakelore, du fait de la volonté des Soviétiques de séparer les Moldaves des autres roumanophones en altérant les éléments communs entre les deux pays. Les ensembles Mărţişor (petit Mars), Codru (forêt), Ciobănaş (petit berger), Ciocîrlia (alouette) et ceux de Valentina Cojocaru, Sergiu Lunchevici, Constantin Moscovici, Nicolae Sulac, Tamara Cheban profitèrent de cette politique culturelle.

Timbre soviétique de 1991 dédié aux instruments moldaves

Instruments de musique[modifier | modifier le code]

Naï
Tambal

À vent :

À cordes :

À percussion :

Idiophones :

Musique actuelle[modifier | modifier le code]

Depuis l'indépendance de 1991, les musiques occidentales pop, hip hop ou rock ont conquis la jeunesse du pays. Flăcăi, Arsenium, Alternosfera, Noroc et O-Zone sont des groupes pop majeurs de même que ceux de Vladimir Pogrebniuc, Natalia Barbu, Nelly Ciobanu, Sofia Rotaru, Roman Verzub, Zdob și Zdub, Radu Sîrbu, Dan Bălan. Une chanson d'O-Zone, Dragostea Din Tei (l'Amour venant des Tilleuls) a eu un succès international en 2003, mais a été beaucoup détournée, notamment en France en 2007[1]. Plus récemment, le groupe SunStroke Project et la chanteuse Olia Tira se sont faits connaître lors de la 55e édition du Concours Eurovision de la chanson en 2010 avec leur chanson Run away. Celle-ci a été l'objet d'un détournement sur la toile avec la diffusion d'un mème internet sur l'instrumental du saxophoniste du groupe (Epic Sax guy)

Flûtes

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les Guignols de l'info, émission satirique de la chaîne française Canal+, a détourné Dragostea Din Tei pour railler l'élection de Nicolas Sarkozy : les paroles (« Les jet setteurs sont allés danser […] à Saint-Tropez », allusion aux communiqués de la Présidence depuis le yacht de luxe « Paloma ») ont été ressentis comme un crachat des riches « jet setteurs » occidentaux au visage de la jeunesse des pays émergents comme la Moldavie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]