Mencheviks

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Dirigeants mencheviks à Norra Bantorget à Stockholm en mai 1917 : Pavel Axelrod, Julius Martov et Alexandre Martynov.

Les mencheviks constituent la faction minoritaire du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR) lors de l'éclatement de ce parti au 2e congrès de Londres en 1903. Le mot menchevik (en russe меньшевик) vient de menchinstvo (меньшинство en russe) qui signifie « minorité ». Ils s'opposent aux bolcheviks (большевик ; de bolchinstvo, большинство, « majorité »), qui seront à l'origine de la création du Parti communiste de l'Union soviétique. Le terme de « minorité » provient du résultat d'un vote effectué au sujet de questions d'organisation et de stratégie. Les bolcheviks menés par Lénine prônait l'organisation d'un parti de cadres, formé de révolutionnaires professionnels, s'opposant la conception mencheviks qui, autour de Julius Martov, préconisait un parti de masse, où l'adhésion était ouverte au plus grand nombre.

Cependant, même si la faction bolchevique était majoritaire au sein du POSDR, elle n'en n'était pas moins restée minoritaire sur la scène politique jusqu'à la révolution d'Octobre. En effet, en 1905, il y a 8 000 bolcheviks dans les organisations clandestines en comparaison avec les 12 000 mencheviks à la même époque. Même les socialistes-révolutionnaires, qui étaient encore plus nombreux[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

De février à octobre 1917, le Comité exécutif du Soviet de Petrograd est présidé par un menchevik, Nicolas Tchkhéidzé[2].

En avril 1917, un autre menchevik, Irakli Tsérétéli[3] rejoint le gouvernement provisoire.

Cette participation les dessert, ils perdent de leur influence aux élections municipales de Moscou en septembre 1917.

Le , lors du Congrès des Soviets les 110 délégués mencheviks, minoritaires (sur 673 délégués), quittent la salle au moment de la ratification de la révolution d'Octobre, pour dénoncer un « coup d'État bolchevique ».

Le 14 juin 1918, les mencheviks sont finalement poussés dans la clandestinité la veille des élections au cinquième congrès des soviets où ils espéraient obtenir la majorité.

Durant la guerre civile, certains membres du parti s'allient aux « blancs » pour combattre les bolcheviks. Le Comité central menchevique condamne formellement ces initiatives, particulièrement dans la région de la Volga où elles sont nombreuses. Dans une logique d'opposition aux bolcheviks au pouvoir, les mencheviks soutiennent les marins de Kronstadt en mars 1921.

Poursuivis, emprisonnés et exécutés par les bolcheviks (puis par eux devenus communistes), même les militants et les dirigeants qui s'étaient ralliés au régime, sont exterminés jusque dans les années des grands procès staliniens et autres déportations avant la seconde guerre mondiale. Ceux qui peuvent s'exiler installent leur direction à Berlin, où ils publient Le Messager socialiste (Sotsialistitcheski Vestnik). En 1933, l’arrivée au pouvoir de Hitler les oblige à quitter Berlin pour Paris.

Idéologie et stratégie[modifier | modifier le code]

Les mencheviks ont souhaité mener une révolution par étapes, en consentant initialement à une alliance avec la bourgeoisie libérale[4] : il s'agit d'abord d'arriver à la démocratie, puis d'accéder au socialisme (par le biais de luttes sociales ou de fonds mutualistes par exemple). En ce sens, ils rejoignent les socialistes et les sociaux-démocrates, et sur le plan international, les mencheviks furent d'ailleurs reconnus par l'Internationale ouvrière socialiste.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Broué, Le Parti bolchévique : histoire du P.C. de l'U.R.S.S., Éditions de Minuit, 1963.
  2. Biographie de Nicolas Tchéidzé, consultée le 11 mars 2014.
  3. Biographie d'Irakli Tsérétéli, consultée le 11 mars 2014.
  4. François-Xavier Coquin, La Révolution russe, Les bons caractères, Pantin, 2005, p. 24.