Traité de Bucarest (1812)

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Le Traité de Bucarest, signé le 28 mai 1812 à l'issue de la guerre russo-turque de 1806-1812, règle la paix entre l'Empire ottoman et l'Empire russe au détriment de la Moldavie, alors coupée en deux.

Expansion de l'Empire russe (rayures) au Traité de Bucarest de 1812[1]

Clauses[modifier | modifier le code]

Selon ses articles 4 et 5, le Boudjak ottoman et la moitié orientale de la Moldavie, à l'est du Prut furent cédés à la Russie qui en fit sa province de Bessarabie (actuellement la République de Moldavie pour sa majeure partie), comprenant 45.630 km², avec 482.630 habitants, 5 citadelles (Hotin, Soroca, Orhei, Tighina et Cetatea-Alba), 4 ports (Reni, Ismail, Chilia et Cetatea-Alba), 17 villes et 695 villages. Le hospodar de Moldavie, Veniamin Costache, protesta avec véhémence, faisant valoir que s'il était un vassal de la « Sublime Porte », le traité de vassalité n'en garantissait pas moins les frontières moldaves. Mais l'habileté du négociateur du Tzar, l'émigré français Alexandre de Langeron, face au représentant ottoman, le prince phanariote Démètre Mourousi (1768-1812), Grand Drogman depuis 1808, permit à la Russie de passer outre ; elle obtint aussi des droits de commerce sur le Danube.

Le traité, signé par le commandant russe Mikhaïl Koutouzov, n'a été ratifié par Alexandre Ier de Russie que la veille de l'invasion de la Russie par Napoléon. Pour n'avoir pas su prévoir l'attaque de Napoléon et retarder les négociations jusque-là pour éviter ce traité désastreux, le prince Mourousi fut décapité sur ordre du sultan Mahmoud II.

Suites[modifier | modifier le code]

La frontière inaugurée par ce traité, le long du Prut, à travers la Moldavie historique, est toujours en place : elle sépare aujourd'hui la Moldavie roumaine de la République de Moldavie, l'Union européenne de la CEI et l'OTAN de la sphère d'influence russe.

Pour le mouvement unioniste moldo-roumain, le 28 Mai (date de la signature du traité) est un jour de deuil pour la Moldavie, à commémorer comme tel[2], tandis que la Russie considère une éventuelle abolition du Traité de Bucarest de 1812 comme un casus belli[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. H.E.Stier (dir.) Grosser Atlas zur Weltgeschichte, Westermann 1984, p.119, ISBN 3141009198.
  2. Platforma civica "Actiunea 2012" sur [1], [2], [3] et [4]
  3. La Pravda, commentant l'indépendance du Kosovo, écrivait : « aujourd'hui la principale préoccupation de la Russie doit être d'empêcher l'annexion de la Moldavie par la Roumanie » sur [5] et Ian Johnstone, Annual Review of Global Peace Operations 2007, Lynne Rienner Publishers, Boulder/Londres, p. 131