Géographie de la Moldavie

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Géographie de la Moldavie
carte : Géographie de la Moldavie
Continent Europe
Région Europe de l'Est
Coordonnées
Superficie
  • 33 843 km2
  • Terres :  %
  • Eau :  %
Côtes 0 km
Frontières 1 389 km (Roumanie 450 km, Ukraine 939 km)
Géologie de la Moldavie
Zones de végétation naturelle de la Moldavie

La République de Moldavie est située au sud-est de l’Europe (45°28’ - 48°28’ N, 26°40’ - 30°06’ E), entre les fleuves Prut et Dniestr (Nistru en roumain) ainsi que sur une bande étroite de la rive gauche du Nistru, dans son cours moyen et inférieur.

Entourée de la Roumanie et de l’Ukraine la République de Moldavie occupe une superficie totale de 33 843 km2 (soit environ la superficie de la Bourgogne ou de la Belgique) dont 33 371 km2 de terre ferme. Le pays s’étend du nord au sud sur 350 km et de l’ouest à l’est sur 150 km.

Frontières[modifier | modifier le code]

La République de Moldavie possède 1 389 km de frontières se répartissant ainsi:

Points extrêmes[modifier | modifier le code]

  • Nord : Naslavcea
  • Sud : Giurgiulești
  • Ouest : Criva
  • Est : Palanca

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Relief[modifier | modifier le code]

Le relief représente une plaine vallonnée en pente du nord-ouest vers le sud-est :

  • Altitude minimale: fleuve Dniestr à 0,2 m au niveau de Palanca.
  • Altitude moyenne: 150 m au-dessus du niveau de la mer.
  • Altitude maximale: Collines de Bălănești culminant à 430 m.

Le relief de la Moldavie culmine à 430 m (colline de Bălănești, dans le centre du pays, au nord-ouest de Chișinău et au nord-est d'Ungheni). Le entre et le nord du pays, soulevés depuis le Pliocène, forment le plateau du Codru et la plaine vallonnée de Bălți, tandis qu'au sud s'adoucit la plaine de Bessarabie ou Bugeac. La grande majorité des rivières ont creusé de larges vallées orientées nord-ouest/sud-est, et quelques-unes, telles le Răut, ainsi que le fleuve Dniestr dans son cours supérieur, sont encaissées dans des canyons dus au soulèvement pliocène. Hormis ces canyons, il n'y a pas de reliefs abrupts en Moldavie, ni de cuestas ou autres plissements, et la plupart des formes sont douces. Dans son cours inférieur, le Dniestr développe des marécages. La terre arable représente 53 % de la surface, où des sols de bonne qualité (tchernozioms) alternent avec de médiocres podzols.

Dans la partie centrale se trouvent le Codru (prononcer Codrou), région boisée culminant à 430 m. Les processus d’érosion et les glissements de terrain ont conduit à la formation de ravins en forme d’amphithéâtre où se situent des localités rurales. Le paysage pittoresque du Codru n’est pas sans rappeler certains régions suisses. Cette zone joue un rôle important en tant que sanctuaire de la biodiversité et "château d'eau" du pays. En Moldavie existent 5 Réserves Naturelles Scientifiques ayant une surface totale de 19.400 ha: le Codru est le plus ancien d'entre eux, et un Parc national Orhei.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le réseau hydrographique comprend plusieurs centaines de rivières et ruisseaux, mais seulement 7 d’entre eux dépassent la longueur de 7 km. Le pays a plus de 50 lacs naturels avec une superficie totale d’env. 60 km2. La réserve des eaux souterraines avec une nette prépondérance des eaux potables est estimé à 200 mln. m3. Le pays est riche en sources d’eau minérale.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat du pays est continental tempéré, similaire à celui de l’Europe de l’Ouest, avec des hivers long et relativement froid (la moyenne étant de -10° C en janvier) et des étés longs et chaleureux (moyenne de +30° C en juillet). La température moyenne annuelle est de +10° C.

Faune et flore[modifier | modifier le code]

  • 68 espèces de mammifères (renard, cerf commun, sanglier, etc.)
  • 270 espèces d'oiseaux
  • plus de 10 000 espèces d'invertébrés.
  • 2300 espèces de plantes (chêne, hêtre, érable, etc.)

Géologie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géologie de la Moldavie.

Utilisation des terres[modifier | modifier le code]

  • terres arables : 53 %
  • récoltes permanentes : 14 %
  • pâturages permanents : 13 %
  • forêts et région boisée : 9 %
  • autre : 11 %

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de la Moldavie.

L'implantation humaine date du paléolithique, mais, en dehors des vallées des principaux cours d'eau (Prut, Răut et Dniestr), elle a été sporadique en raison du climat (périodes de sécheresse pluriannuelle) et d'invasions venues des steppes de l'est (peuples de cavaliers nomades). Les deux phénomènes sont d'ailleurs liés. La végétation aussi a évolué selon ces aléas : lors des périodes plus humides à peuplement sédentaire, les forêts (codri), les prés (pășuni) et les cultures (ogoare) progressaient, tandis que lors des périodes sèches à passage de peuples nomades, c'étaient les steppes à chardons. À chaque période sèche, les populations autochtones, à commencer par les Gétodaces et parmi ceux-ci, les Carpiens (qui ont laissé leur nom aux Carpates) et en finissant par les Moldaves roumanophones actuels, se sont réfugiées sur les piémonts des Carpates orientales ou dans le Codru (plus arrosés en raison de leur altitude), puis, les pluies revenues, ont repeuplé le pays en creusant des puits et en refondant des villages et des villes, tout en assimilant au passage les minorités installées lors des invasions.

L'avant-dernière grande invasion ayant dépeuplé le pays (mentionné comme loca deserta ou terra sine incolis sur les cartes de l'époque) fut celle des Tatars/Mongols au XIIIe siècle, puis le repeuplement moldave s'est effectué au XIVe siècle, conclu par l'unification des petits voïvodats en une Principauté de Moldavie[1]. La dernière, au XIXe siècle et XXe siècle, est la seule à ne pas être due à des causes climatiques mais politiques : l'annexion russe de 1812 et surtout l'annexion soviétique de 1940 et la Seconde Guerre mondiale se sont traduites par la déportation-disparition de près d'un demi-million d'habitants (soit un sixième des habitants : déportation stalinienne des Moldaves, rapatriement forcé des populations germaniques, Shoah), qui cette fois n'ont pas été remplacés par des autochtones redescendus des Carpates ou du Codru, mais par des colons venus de toute l'URSS (mais surtout de Russie et d'Ukraine) dont les descendants forment aujourd'hui près d'un tiers de la population du pays[2].

Inscription bilingue à la gare de Chișinău.

L'urbanisation moderne a commencé sous le régime impérial russe avec la construction des chemins de fer et de villes nouvelles, à larges rues et plan en damier, à côté des anciennes bourgades moldaves serrées autour de leurs vieilles forteresses ou de leurs églises fortifiées. En l'absence d'exode rural au XIXe siècle, le peuplement de ces villes nouvelles s'est surtout fait à partir du reste de l'Empire russe ou même à partir de la Galicie autrichienne, avec d'importantes populations russes, arméniennes, polonaises, juives et grecques. Au XXe siècle elle s'est ralentie à l'époque du royaume de Roumanie, avec un début d'exode rural, pour reprendre massivement sous le régime soviétique, avec deux sources de peuplement : d'une part un exode rural croissant lié à l'industrialisation, d'autre part l'immigration des colons non-moldaves, sources qui font aujourd'hui des villes moldaves des cités bilingues roumain-russe. Les principales sont : Chișinău (en russe Кишинев = Kichinev), Bălți (en russe Бэлць = Belcy), Tighina (Бендерь = Bender) et Tiraspol (Тирасполь).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gheorghe Postică, Civilizaţia veche din Moldova ("L'ancienne civilisation de Moldavie"), éd. Ştiinţa, Chişinău 1995, ISBN 5-376-01634-X.
  2. La Bessarabie a été enlevée par l’Empire russe à la principauté de Moldavie en 1812. Son autonomie lui est garantie en 1816, mais est abolie en 1828. En 1829, l’usage du roumain est interdit dans l’administration. En 1833, le roumain est interdit à son tour dans les églises. En 1842, c’est au tour de l’enseignement du roumain d’être interdit dans les établissements d’enseignement secondaire, tout comme dans les écoles primaires en 1860. Les autorités russes encouragèrent l’émigration (ou déportèrent) des Roumains) dans d’autres provinces de l’empire (notamment au Kouban, au Kazakhstan et en Sibérie), tandis que d’autres groupes ethniques, notamment Russes et Ukrainiens (appelés au XIXe siècle « Petits Russes »), étaient invités à s’installer dans la région. Selon le recensement de 1817, la Bessarabie était peuplée à 86 % de Roumains (Moldaves), 6,5 % d’Ukrainiens, 1,5 % de Russes (Lipovènes) et 6 % issus d’autres groupes ethniques. Quatre-vingts ans plus tard, en 1897, la répartition ethnique avait sensiblement évolué, avec seulement 56 % de Roumains (désormais appelés Moldaves), mais 11,7 % d’Ukrainiens, 18,9 % de Russes et 13,4 % de personnes issues d’autres groupes ethniques. En quatre-vingts ans, la part de la population autochtone avait donc chuté de 30 %. Source : Anthony Babel, La Bessarabie, éd. Félix Alcan, Genève, 1932. Le régime soviétique a été beaucoup plus efficace que celui des Tzars pour changer la population de la Moldavie : source : Nikolaï Théodorovitch Bougaï, Informations des rapports de Béria et de Krouglov à Staline, éd. de l’Acad. de sciences de Moldavie nr. 1, Chișinău, 1991 (Н.Ф. Бугай «Выселение произвести по распоряжению Берии…» О депортации населения из Молдавской ССР в 40-50- е годы – Исторические науки в Молдавии. № 1. Кишинев, 1991. 1.0), Déportation des peuples de Biélorussie, Ukraine et Moldavie, éd. Dittmar Dahlmann et Gerhard Hirschfeld, Essen, Allemagne, 1999, p. 567-581 (Депортация народов из Украины, Белоруссии и Молдавии : Лагеря, принудительный труд и депортация. Германия. Эссен. 1999. 1.3 et Sources sur la déportation des peuples de l'URSS, années 1940-1950, ISSSR, 1989.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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