Gagaouzie

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Gagaouzie
Gagauziya (mo)
Găgăuzia (ro)
Гагаузия (ru)
Armoiries
Armoiries
Drapeau
Drapeau
Image illustrative de l'article Gagaouzie
Administration
Statut politique Région autonome de la Moldavie
Capitale Comrat
46° 19′ N 28° 40′ E / 46.317, 28.67
Gouvernement
- Gouverneur
 - Premier Ministre

Mihail Formuzal (2006-)
Mihail Kendigelen
Démographie
Population 155 700 hab. (2005)
Densité 85 hab./km2
Langue(s) Gagaouze, roumain, russe
Géographie
Coordonnées 46° 18′ 59″ N 28° 39′ 59″ E / 46.316389, 28.66638946° 18′ 59″ Nord 28° 39′ 59″ Est / 46.316389, 28.666389  
Superficie 1 832 km2

La Gagaouzie, officiellement Gagaouziya, en gagaouze : Gök-Oğuz Yeri (« pays des Oghouzes bleus/célestes »), en roumain : Găgăuzia, en russe : Гагаузия (Gagaouziïa) ou Гагауз-Йери (Gagaouz-Ieri), est un district autonome (Unitate teritorială autonomă, abrégée en roumain UTA) du Sud de la République de Moldavie, près de la frontière avec l'Ukraine.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte de la Gagaouzie avec les trois dolay de Komrat, Ceadîr-Lunga et Vulcanesti ; les noms figurent en roumain, gök-oğuz et russe (transcrit en caractères latins).

Le territoire gagaouze qui s'étend sur 1 830 km2 répartie sur quatre territoires non accolés, regroupe une quinzaine de communes regroupées en trois districts (dolay) : Comrat, Ceadîr-Lunga et Vulcănești.

Population[modifier | modifier le code]

La Gagaouzie compte 155 646 habitants dont 133 477 Gagaouzes (82,5 % de la population), 12 702 Moldaves et 7 811 Bulgares (recensement de 2004), orthodoxes à 93 %. .

Le peuple Gagaouzes (en turc : Gök-Oğuz « Oghouzes bleus/célestes »), est une population turcophone largement russifiée et culturellement distincte des Turcs : il est chrétien orthodoxe et sa langue est très proche de la langue turque parlée en Anatolie, mais imprégnée de mots bulgares et roumains.
La ville de Comrat est la capitale de l'entité, avec près de 40 % de la population de la région (75 000 habitants).

Histoire[modifier | modifier le code]

Panneau marquant l'entrée dans le territoire autonome de Gagaouzie.

Turcophones chrétiens de Bulgarie, les Gök-oğuz ou Gagaouzes, ainsi que les Bulgares, ont été établis ici en 1812, parmi les Moldaves, lorsque l'Empire russe a annexé la Bessarabie et procédé à un échange de populations avec l'Empire ottoman : Gagaouzes et Bulgares orthodoxes ont remplacé les Tatars musulmans du Boudjak, qui se sont réfugiés en Dobrogée (à l'époque encore ottomane).

Petit à petit, la langue turque gök-oğuze a reculé face au russe et au bulgare, sans disparaître pour autant. C'est pourquoi le nombre de Gagaouzes, dans les recensements russes et roumains des XIXe et XXe siècles, fluctue souvent, les Gagaouzes étant parfois comptés comme Bulgares ou comme Russes.

En 1990, alors que les roumanophones Moldaves revendiquent la réunification avec la Roumanie et la fin du communisme soviétique, des émissaires des cercles conservateurs soviétiques convainquent Stepan Topal, le leader de la communauté, de proclamer unilatéralement une République de Gagaouzie dont la revendication essentielle est de rester membre de l'URSS au cas où la Moldavie s'en détacherait (la République ne s'étend qu'en Moldavie, alors qu'il y a également des villages a majorité gagaouze en Ukraine, juste de l'autre côté de la frontière). Effectivement, lorsqu'en août 1991, la République de Moldavie proclame son indépendance, Stepan Topal et l'assemblée des soviets ruraux gagaouzes proclament également la leur. Mais entre-temps les dirigeants ex-soviétiques ont renoncé à l'idée de maintenir l'URSS, et alors que la République de Moldavie est internationalement reconnue, même par la Fédération de Russie, la République de Gagaouzie n'est reconnue par personne, et se retrouve isolée. Or, contrairement à la Transnistrie (qui avait suivi la même politique), la Gagaouzie ne disposait d'aucun atout industriel ou stratégique : ni centrale hydroélectrique, ni usines d'armement, ni contrôle des voies de communication vers Odessa… Son seul atout économique était l'exportation de tabac. Aussi, Stepan Topal, contrairement à son homologue transnistrien Igor Smirnov, dut-il renoncer à l'indépendance et accepter un statut d'autonomie au sein de la Moldavie[1].

Les négociations ont abouti et le Parlement moldave a officiellement reconnu l'autonomie de la Gagaouzie en décembre 1994. Le 25 juillet 2003, la loi no 344-XV a modifié l'article 111 de la Constitution moldave, en élargissant l'autonomie de l'UTAG, dont le développement économique en fait une région des plus actives en Moldavie, avec des cultures diversifiées et des échanges commerciaux internationaux intenses, dans l'augmentation desquels les capitaux turcs, via l'Organisation de coopération économique de la mer Noire, jouent un rôle important.

La volonté de la Moldavie de se rapprocher de l'Union européenne est contestée par la Russie qui appuie les régions séparatistes de Transnistrie et Gagaouzie[2].

Le 2 février 2014, une forte majorité de Gagaouzes se sont prononcés par référendum pour une adhésion de la région au sein de l'Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan, en réponse à une intégration plus poussée de la Moldavie à l’Union européenne qui, selon eux entrainerait une perte de souveraineté de cette dernière ce qui engagerait alors la Gagaousie vers la voie de l'indépendance[3],[4].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Dates clés dans l'histoire de la Gagaouzie

  • 1812 : venus de Dobrogée des Gök-Oğuz et des Bulgares s'installent dans le sud de la Bessarabie après son annexion par la Russie: ils y remplacent des Tatars qui vont s'installer en Dobrogée.
  • 1856 : Suite à la défaite russe lors de la guerre de Crimée, la région repasse sous administration de la principauté de Moldavie (qui s'unit en 1859 à la Valachie historique pour former la Roumanie).
  • 1878 : la Russie regagne les zones perdues en 1856 suite au Congrès de Berlin[5].
  • 1917 : les députés Gagaouzes au Sfatul Țării de Bessarabie votent l'indépendance de la première République démocratique moldave, et quelques mois après, son rattachement à la Roumanie.
  • Seconde Guerre mondiale : le territoire de la Gagaouzie est annexé par l'URSS en juin 1940 et divisé entre les républiques socialiste soviétiques moldave et ukrainienne.
  • 1946-1947 : La grande famine touchant l’URSS voit la moitié de la population gagaouze disparaître.
  • 1988 : animée par Stepan Topal, la campagne gagaouze pour l'auto-détermination commence.
  • 1989 : le roumain devient langue officielle de la République de Moldavie, ce qui est perçu comme discriminatoire par certains Gagaouzes comme Stepan Topal (d'autres, plus âgés, s'y rallient).
  • 1991 : la République de Gagaouzie indépendante est proclamée par Stepan Topal dans plusieurs communes moldaves.
  • 1994 : la Moldavie renonce à revendiquer sa roumanophonie, la langue est officiellement appelée Moldave et le Gagauz Yeri devient une région autonome dans la République de Moldavie.
  • 1995 : les élections de l'assemblée nationale de la région de Gagaouzie se tiennent. Le conflit de cinq années entre la République de Moldavie et la Gagaouzie se termine officiellement.

Politique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Baptiste Naudet : « URSS, le rêve turc des Gagaouzes », le Monde, 28 mars 1991.
  2. Béranger Dominici, « Moldavie : la Transnistrie fait un pas de plus vers l’union avec la Russie », sur Le courrier des Balkans,‎ 30 décembre 2013 (consulté le 2 février 2014)
  3. (en) « Gagaouzie : Gagauzia Voters Reject Closer EU Ties For Moldova », sur Radio Free Europe avec ITAR-TASS, Pan.md, and Interfax,‎ 2014 (consulté le 5 février 2014)
  4. « Référendums en Gagaouzie (Moldavie) », sur Elections en Europe,‎ 4 février 2014 (consulté le 2 mars 2014)
  5. Florent Parmentier, « La Gagaouzie et les Gagaouzes : portrait d’une minorité turcophone », sur Portail francophone de la Moldavie (consulté le 2 mars 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marianne Paul-Boncour et Patrick de Sinety, Voyage au pays des Gagaouzes, Paris, éd. Cartouche, coll. « Voyage au pays des... »,‎ 2007, 143 p. (ISBN 978-2-915842-18-0).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]