Banat historique

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Banat

Blason
Description de l'image  Banat05.png.

Le Banat[1] (roumain : Banat ; serbe : Банат ou Banat ; allemand : Banat ; hongrois : Bánát ou Bánság ; slovaque : Banát) est une région sud-est de l’Europe, divisée entre trois pays :

C’est une partie orientale de la plaine de Pannonie limitée par le Danube au sud, la Tisza (Theiss, Tisa, Tisza) à l’ouest, le Mureș au nord, et les Carpates méridionales à l’est. Sa capitale historique est Timișoara (hongrois : Temesvár, serbe : Temišvar), située dans le județ de Timiș de Roumanie.

Situation du Banat en Europe

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Avant que l'Empire romain sous Trajan n'annexe la région du Banat en 106 de notre ère, le pays était habité par les Daces (Thraces septentrionaux). Sous la pression des Goths l'empereur Aurélien (270-275) signa un traité de foederati et retira l'administration et les forces romaines au sud du Danube, abandonnant le pays aux Gépides, aux Huns, aux Lombards et aux Avars, que rejoignent les Slaves au VIe siècle.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le duché de Glad au sein du Premier empire bulgare
Le duché de Morisena au sein du royaume de Hongrie

Bien qu'elle soit imprécise sur les lieux et les personnages, la chronique historique hongroise Gesta Hungarorum évoque ces divers évènements en mettant en scène un duc appelé Glad, souverain du territoire du Banat, qui venait de Vidin et était un vassal du tsar de Bulgarie. Son descendant Ahtum est le dernier souverain qui s'opposa à l'établissement du royaume de Hongrie. L'archéologie et l'épigraphie confirment ce tableau général (à défaut de l'existence réelle de Glad et d'Ahtum) à travers le site de Morisena (aujourd'hui Cenad), capitale du territoire et siège d'une abbaye bénédictine.

Liste des Bans de Severin (1233-1524)[modifier | modifier le code]

Le titre de Ban de Severin s'est transmis longtemps après la division du banat de Severin en banat de Temesvar et banat de Craiova (Olténie, valaque) en 1330, et après la division du premier en comitats au début du XVe siècle, mais il est devenu honorifique.

  1. 1233 Luca
  2. 1243 Ștefan
  3. 1247-1254 Ioan
  4. 1255 Pósa Csák
  5. 1257-1261 Ștefan
  6. 1262 Ștefan
  7. 1263-1267 Laurențiu
  8. 1268 Ugrin
  9. 1268 Alexandru
  10. 1269 Laurențiu
  11. 1270 Ponit
  12. 1270-1271 Laurențiu
  13. 1271-1272 Paul
  14. 1272 Laurențiu
  15. 1272 Albert
  16. 1273 Paul
  17. 1273 Laurențiu
  18. 1274 Paul
  19. 1274-1275 Ugrin
  20. 1275 Micu
  21. 1275 Paul
  22. 1275 Renaud
  23. 1276-1279 Micu
  24. 1277-1278 Paul
  25. 1279 Laurențiu
  26. 1280-1283 Timotei
  27. 1284-1286 Macău
  28. 1287-1289 Rafael
  29. 1290-1293 Laurențiu
  30. 1294-1296 Poşa Şoimoşi
  31. 1297-1299 László Rátholti
  32. 1299-1308 Andras Tárnok
  33. 1309-1314 vacant
  34. 1314-1318 Dominic Cernea
  35. 1319-1323 László Rátholti
  36. 1323-1329 Daniel Szécsi
  37. 1324 Paul
  38. 1330-1335 vacant
  39. 1341 Denis Szécsi
  40. 1342-1349 Loszonczi
  41. 1350-1355 Miklos Szécsi
  42. 1355-1359 Dionisie Lațcu
  43. 1359-1387 vacant
  44. 1387 László
  45. 1387-1388 Ștefan
  46. 1388-1390 Janos Kaplan
  47. 1390-1391 Nicolae Pereni
  48. 1392 Szemere Gerebenczi
  49. 1392-1393 Boboc din Ditrău
  50. 1393-1408 vacant
  51. 1408-1409 Pipo Ozorái
  52. 1409 vacant
  53. 1419 Zsigmunt Loszonczi
  54. 1428 Emeric Marcali
  55. 1430-1435 Nikolaus Redwitz
  56. 1429-1435 vacant
  57. 1435 László Jakubek
  58. 1436-1439 Ferenc Tallóci
  59. 1439-1445 Iancu de Hunedoara
  60. 1445-1446 Miklos Ujlaki
  61. 1447-1454 Mihai
  62. 1449 Cernea Bălaş
  63. 1452-1454 Petru
  64. 1455-57 vacant
  65. 1458 László et Grigor Bethlen
  66. 1459-1460 vacant
  67. 1460 László Doczi
  68. 1462-1463 Miklos
  69. 1464-1466 vacant
  70. 1466 Janos Pongracz
  71. 1467 vacant
  72. 1467 Ștefan et Mihai de Mâtnic
  73. 1468-1471 vacant
  74. 1471-1478 Imre Hédervári
  75. 1478 Janos Dominik Bethlen
  76. 1478 vacant
  77. 1479 Ambrozie et George de la Sânta-Elisaveta
  78. 1479 Barton Pathócsy
  79. 1480-1483 Ferenc Haraszti
  80. 1483-1489 Ferenc Haraszti et Andras Szokoly
  81. 1490 Emeric Ozora
  82. 1491 Pipo et András Dánfy
  83. 1491-1492 Ferenc Haraszti
  84. 1492-1494 George et Filip Bălaş de Ciula
  85. 1495-1502 Petru Măcicaș
  86. 1503 Béla Barnabas
  87. 1503 Ioan Gârliștea
  88. 1504-1508 Ioan et Bela Gârliștea ;
  89. 1508-1513 Mihai et Barnaba
  90. 1514 Ioan
  91. 1515-1516 Nicolae
  92. 1517-1518 vacant
  93. 1519 Béla Barnabas
  94. 1520-1521 Nicolae Gârliștea
  95. 1522-1524 Janos Kallay

Période ottomane[modifier | modifier le code]

L'Elayet de Temeșvar au sein de l'Empire ottoman

Le Banat est conquis graduellement par les Ottomans et en 1552 devient un eyalet (province) nommé Eyâlet-i Temeșvar. Au XVIe siècle le Banat, jusque-là principalement peuplé de Valaques (Roumains), accueille environ 55 000 Slaves (Serbes) réfugiés du despotat de Serbie déjà occupé par les Ottomans. En 1594 ces populations entament une grande révolte contre la domination turque. Elle est écrasée et de nombreux habitants s'enfuient vers la Transylvanie et la Valachie.

Période autrichienne[modifier | modifier le code]

Le Banat, province de la Monarchie des Habsbourg en 1739

Au XVIIIe siècle, le prince Eugène de Savoie conquiert la région en 1716. Au traité de Passarowitz en 1718, le Banat est annexé par les Habsbourg d'Autriche sous le nom de Banat de Temeschburg. Les Habsbourg trouvent les zones basses du Banat peu habitées, certaines laissées à l'abandon. Le comte Claude Florimond de Mercy, Feld-maréchal du Saint-Empire (1666-1734), nommé gouverneur du Banat en 1720, prend des mesures importantes pour bonifier la région. Les marais à côté du Danube et de la Timis sont asséchés, des routes et des canaux construits à grand-peine, des artisans et des fermiers pour la plupart Lorrains, Alsaciens, Badois, Souabes et Hongrois sont attirés par la distribution de terres, l'agriculture et le commerce sont encouragés. Alors que les Roumains et les Serbes sont orthodoxes, la majorité des nouvelles populations est catholique. La province (kreis) du Banat est dissoute en 1778 et trois des quatre comitats hongrois rétablis, sauf dans la partie sud du Banat (Krajina du Banat ou Valko/Vâlcu) qui fait dès lors partie de la frontière militaire (les confins militaires) jusqu'à la dissolution de celle-ci en 1871.

L'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche s'intéressa beaucoup au Banat : elle fit coloniser la région par de nouveaux paysans catholiques allemands, fit fonder plusieurs villages, encouragea l'exploitation des richesses minérales, et d'une manière générale développa les mesures introduites par le comte de Mercy. Les Allemands arrivaient de Souabe, d'Alsace, de Lorraine et du Luxembourg (dont des francophones parfois dénommés « Français du Banat »[3]), de Bavière, d'Autriche, voire d'Italie du nord et même d'Espagne. Beaucoup de colonies de l'est du Banat étaient occupées principalement par des Allemands, appelés les Souabes du Danube (Donauschwaben) avec la seconde vague du Drang nach Osten. Les villages francophones de Charleville, Seultour, Saint-Hubert (aujourd'hui Banatsko Veliko Selo) se trouvent de nos jours du côté serbe de la frontière.

Selon les données du recensement fait par les Habsbourg en 1774, la population du Banat était composée de :

Seconde période hongroise[modifier | modifier le code]

En 1779 le Banat fut réuni au royaume de Hongrie, et les trois comitats de Torontál, Temes et de Krassó furent recréés. Durant la révolution de 1848/1849, le Banat fut un théâtre de combats entre les troupes serbes et hongroises.

La Voïvodine de Serbie et le Banat de Timiš/Timiș en 1849

Après la Révolution de 1848, le Banat occidental devint une partie de la Voïvodine, avec les régions de Syrmie et de Bačka, forment un Kronland d'Autriche, appelé voïvodat de Serbie et du Banat de Tamiš (en allemand : Woiwodschaft Serbien und Temescher Banat), mais en 1860 cette province fut dissoute et réincorporée à la Hongrie habsbourgeoise (à l'exception de la frontière militaire du Banat, qui suivit en 1871). En 1881, Krassó et Szörény furent unis en Krassó-Szörény.

Les 5 comitats de la Bačka, de la Syrmie et du Banat après 1881, formés dans l'ancien territoire de Voïvodine de Serbie et Banat de Timiš/Timiș
La République hongroise du Banat en 1918

Fin 1918, lors de l'effondrement de la monarchie austro-hongroise le Banat vit une triple proclamation à Temesvár/Timișoara: tandis que les bolchéviks proclamaient une République du Banat reconnue en 1919 par le gouvernement hongrois de Béla Kun[4], les Serbes réclament leur réunion à la Serbie, dont les troupes occupèrent Timisoara et le pays en octobre 1918, tandis que les Conseil National des Roumains avec leur député Sever Bocou de Lipova proclament leur union avec la Roumanie. Après une évaluation sur place faite par les délégations alliées et américaine, la Serbie et la Roumanie convinrent de se partager le pays sur des critères démographiques, à raison d'un tiers pour la Serbie et deux tiers pour la Roumanie. C'est la commission présidée par le géographe français Emmanuel de Martonne qui traça la frontière : la partie nord-est du Banat fut attribuée à la Roumanie (le Krassó-Szörény/Caraș-Severin en totalité, 2/3 du Temes/Timiș, et une petite partie du Torontál), tandis que la partie sud-ouest (le Torontál et 1/3 du Temes/Timiș) fut attribuée au Royaume des Serbes, Croates et Slovènes nouvellement créé (qui deviendra la Yougoslavie). Une petite zone, ayant une population mixte (hongroise, serbe et roumaine) près de la ville de Szeged fut laissée à la Hongrie nouvellement indépendante.

Période moderne[modifier | modifier le code]

Le traité de Trianon de 1920 confirme ce partage, toujours en vigueur. Actuellement, le territoire du Banat est partagé entre:

Symboles[modifier | modifier le code]

Le symbole héraldique traditionnel du Banat est un lion debout sur le pont de Turnu-Severin, qui se trouve aujourd'hui dans les armes de la Roumanie et dans les armes de la Voïvodine.

Villes[modifier | modifier le code]

Les grandes villes du Banat sont :

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le mot Banat utilisé sans autre qualificatif désigne le Banat de Timișoara-Vâlcu, dont le titre a été officialisé par le traité de Passarowitz en 1718, alors qu'il n'était plus gouverné par des bans depuis des siècles.
  2. D'après Hans-Erich Stier (dir.): « Westermann Grosser Atlas zur Weltgeschichte », 1985, ISBN 3-14-100919-8, et d'après le « Putzger historischer Weltatlas Cornelsen » 1990, ISBN 3-464-00176-8.
  3. Smaranda Vultur, De l’Ouest à l’Est et de l’Est à l’Ouest : les avatars identitaires des Français du Banat, texte présenté à la conférence d’histoire orale Visibles mais pas nombreuses : les circulations migratoires roumaines, Paris, 2001.
  4. À l'issue de la guerre, c'est dans toute l'Europe que des Conseils de soldats et d'ouvriers se forment et proclament, de façon éphémère, la révolution socialiste: voir par exemple Novembre 1918 en Alsace. Comme dans le Banat, la plupart échouent, les positions des socialistes les plus radicaux effrayant la bourgeoisie et les classes moyennes.

Liens externes[modifier | modifier le code]