Mircea Snegur

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Mircea Snegur

Mircea Snegur (17 janvier 1940, Trifănești. RSS de Moldavie) est un homme politique moldave, premier président de la République de Moldavie.

Carrière[modifier | modifier le code]

Sources[1]:

Jeunesse[modifier | modifier le code]

À l'âge de 6 à 8 ans, le jeune Snegur est confronté avec sa famille à la famine de 1946-1948 qui a marqué, en Moldavie et Ukraine occidentale, toute sa génération. À l'issue de ses études scolaires, Snegur, devenu parfaitement russophone, sort diplômé de l'Institut d'Agriculture de Chișinău (en russe Kichinev). À 24 ans, il intègre en 1964 le parti communiste de la République socialiste soviétique de Moldavie.

Ingénieur agronome[modifier | modifier le code]

De 1967 à 1971, Snegur travaille en tant qu'ingénieur agronome dans les fermes d'État (sovkhozes) et les fermes collectives (kolkhozes) de Moldavie. Il entre au ministère de l'agriculture de 1971 à 1978. À l'époque soviétique c'étaient des positions éminentes, car l'agronomie et l'agriculture se trouvant à la source de l'alimentation, les personnes qui y exerçaient des responsabilités non seulement ne manquaient de rien et n'étaient jamais confrontées aux disettes ou aux files d'attente, mais étaient à même de fournir de nombreuses familles en denrées[2].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Mircea Snegur mène une carrière d'apparatchik (ou de bureaucrate, selon le point de vue altermarxiste) au sein du PCUS sous le nom russifié de Mirtcha Ivanovitch Snegour. De 1985 à 1989, il fait partie du bureau politique du comité central du parti communiste de la RSS de Moldavie (le PCUS était divisé en 15 « partis-filiales », autant que de « Républiques unionales »). En 1989 il est désigné secrétaire général du Praesidium du Soviet Suprême de la RSS de Moldavie, c'est-à-dire chef de cette entité.

La même année, grâce à la perestroïka et à la glasnost initiées par Mikhaïl Gorbatchev, les majorités autochtones des « Républiques unionales » non-russes, manifestent et affirment leurs identités culturelles et linguistiques, demandant la fin de la russification et une réelle autonomie politique. Un « front populaire moldave » dirigé par Mircea Druc se constitue, qui demande ni plus ni moins que l'« abolition des conséquences du pacte Hitler-Staline », c'est-à-dire, en pratique, le retour de la Bessarabie et de la Bucovine du Nord à la Roumanie.

Face au danger de dislocation de l'URSS, Moscou donne des directives d'apaisement des tensions et c'est ainsi que Snegur et le bureau politique du comité central du parti communiste moldave laissent le Soviet de la République décider en 1989 le retour à l'écriture latine et en 1990 le changement de nom de la République de Moldavskaïa sotchialistitchevskaïa sovetskaïa respublika (« RSS moldave », en russe) en Republica Moldova (« République de Moldavie », en roumain), tout en restant membre de l'URSS. Snegur reste à son poste de chef de la Moldavie avec le titre de « secrétaire général du Soviet Suprême de la République de Moldavie » d'avril 1990 jusqu'au 3 septembre 1990 lorsqu'il devient « Président » alors que le PCUS s'effondre.

Snegur prend acte de la volonté de la majorité autochtone roumanophone (deux-tiers de la population), sans pour autant perdre de vue les craintes des colons russophones (un tiers de la population) ni la sphère d'influence russe ; il reste chef de l'état au moment de l'indépendance (août 1991) et fonde le Parti démocrate agraire de Moldavie. Homme de compromis et s'affirmant adepte d'une realpolitik, il est, avec sa doctrine dite « Un peuple, deux états » (Un popor, două state) perçu par les nationalistes moldaves comme un obstacle à l'union avec la Roumanie, tandis que les russophones au contraire le perçoivent comme dangereux pour leurs intérêts.

En 1992 ces derniers font sécession en Transnistrie au prix d'une guerre locale (comme plus tard en Ukraine orientale, ce qui prive la Moldavie de la majeure partie de son potentiel industriel) et refondent en 1993 un parti communiste, farouchement opposé à tout rapprochement avec la Roumanie et ferme partisan du maintien dans la CEI. Cette situation effraie les investisseurs et grève lourdement l'économie du pays. En 1995, Snegur refonde son parti en l'intégrant dans l'alliance de la « Renaissance et Conciliation de Moldavie » (Renașterii și Concilierii din Republica Moldova). Il reste aux commandes jusqu'aux élections du 1er décembre 1996, qu'il perd face à Petru Lucinschi, un millionnaire indépendant, lui aussi ancien responsable communiste, qui affirme pouvoir résoudre la crise politique et de redresser l'économie (ce qu'il tente, sans y parvenir mieux que Snegur).

Retraite et vie privée[modifier | modifier le code]

Depuis, Mircea Snegur fait, comme Gorbatchev en Russie, figure de « vieux sage » qui a assuré de son mieux une transition difficile, sans trouver de solution idéale, mais en limitant les dégâts (surtout en regard de la Tchétchénie, de la Géorgie ou de l'Ukraine) ; il donne des conférences, se positionne en conseiller politique et est membre de l'Alliance Notre Moldavie.

Mircea Snegur est marié et a une fille, un fils et plusieurs petits-enfants.

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Tatiana Ețco, Mircea Snegur sur Mircea Snegur: Cetățenii sunt eroii Independenței, Le veilleur no 339 du 25 août 2011 consulté le 21 octobre 2011, et Rétrospective depuis l'indépendance sur [1].
  2. Stepan Strogov, Journal d'un jeune homme soviétique, Gallimard 1954, 311 pp.
  • Dicționar enciclopedic ilustrat de Nume proprii#Mircea Snegur, Ed. Cartier, Bucarest, 2004
  • Bol'shoi Rossiiskii entsiklopedicheskii Slovar, 2009, Ed. Drofa, Moscou 2009
  • Enciclopedia Universală Britannica#Mircea Snegur, Ed. Litera, Bucarest 2010
  • Calendar Național, Ed. Bibliotecii Naționale a Republicii Moldova, Chișinău 2010.