Cross-over (fiction)

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Dans les univers de fiction, un cross-over ou une incursion est une production qui regroupe des personnages dont les aventures se déroulent habituellement dans des séries différentes.

Les cross-over entre personnages ayant les mêmes ayants droit sont fréquents. Les « cross-over » entre personnages de différents éditeurs ont eu lieu quelques fois dans les univers du comics, mais ils sont rares à cause des problèmes de droits et de continuité.

La commission générale de terminologie et de néologie propose le terme « incursion » avec la définition suivante : « apparition d'un personnage dans une série télévisée ou une bande dessinée différente de celle à laquelle il appartient »[1]. Cette définition est en fait un peu restreinte, car on appelle aussi cross-over un regroupement d'aventures de différents personnages tournant autour d'un même événement global, même si les personnages n'interfèrent pas directement entre eux (House of M est un cross-over selon la terminologie de Marvel Comics).

Principe[modifier | modifier le code]

On appelle cross-over toute histoire mêlant des personnages issus de deux séries de fiction distinctes, ou impliquant les héros de plusieurs séries de fiction dans une même histoire globale.

L'intervention peut prendre plusieurs formes:

  • L'invitation: un personnage intervient dans une autre série de fiction que la sienne, devenant un personnage, majeur ou non, de ce récit. Dans ce cas, une seule des séries est impliquée. C'est par exemple le cas dans l'album Miss Persil de la série Les Petits Hommes: Cédric et quelques autres personnages de sa série interviennent sur quelques pages, qui font tout de même partie intégrante de l'album. La série Cédric ne fait pas allusion à cet épisode, les histoires de Cédric étant indépendantes entre elles.
    • Quand le personnage est trop détourné ou joue un rôle trop faible, il ne s'agit plus d'un cross-over mais d'un clin d'œil.
  • Les épisodes partagés: dans ce cas, le cross-over implique que chacune des deux séries y consacre un épisode (ou plus). Les épisodes des différentes séries peuvent ou bien se suivre (Avocats et Associés et PJ), ou bien se dérouler en même temps, quitte à reprendre quelques dessins (pour une BD), racontant des événements complémentaires (Les Petits Hommes et Le Scrameustache)
  • Le cross-over événementiel: initié par la série Crisis on Infinite Earths, ce cross-over consiste à créer une histoire majeure pour tout un univers de fiction, dont les événements sont répartis dans toutes les séries impliquées. Dans certains cas, certaines séries jouent un rôle si secondaire qu'elles ne sont pas nécessaires à la compréhension de l'histoire globale. Par exemple dans le cross-over Onslaught, les séries principales (phases) montraient le combat contre Onslaught, alors que les secondaires (impact) montraient les aventures d'autres personnages faisant face aux événements, sans combattre directement Onslaught.
    • Une règle implicite veut que les cross-over événementiels des comics aient des conséquences majeures sur l'histoire des personnages.
  • Le cross-over inter-éditeur: plus rare, il fait figure d'épisode indépendant et influe très rarement sur le déroulement des séries concernées. On citera à cet effet la tradition des cross-over DC/Marvel, reposant pour la majeure partie sur un canevas fixe : par exemple, un ennemi d'un héros Marvel arrive dans la ville d'un héros DC et s'associe à un ennemi de ce dernier. Après une altercation avec son homologue, le héros Marvel combattra le super-vilain DC et inversement.

Concepts proches[modifier | modifier le code]

Le Cycle est un ensemble de séries, appartenant à une même continuité, partageant certains personnages. Par exemple, l'ensemble des bandes dessinées de Marvel Comics ou de DC Comics constituent chacun un cycle. L'imbrication des séries entre elles est telle qu'on n'utilise le terme de cross-over que pour les rencontres événementielles.

Dans la bande dessinée française, on peut noter les cycles respectivement initiés par les séries Les 7 Vies de l'épervier, Le Chant des Stryges et Lanfeust de Troy.

Le spin-off est une série créée en utilisant comme personnage principal un personnage qui n'était pas en tête d'affiche d'une autre série. Comme il est alors évident que le personnage appartient aux deux séries, on trouve facilement des cross-over.

Contraintes[modifier | modifier le code]

Le cross-over ne peut être réalisé que si les univers dans lesquels évoluent les différents personnages sont suffisamment compatibles:

  • si plusieurs héros doivent s'entraider, une difficulté est de leur faire jouer un rôle équivalent, pour ne pas décevoir les fans d'une des deux séries. Pourtant malgré la supériorité apparente de Superman sur Batman, ces héros ont cohabité dans de nombreux cross-over, aussi bien dans les bandes dessinées qu'en dessin animé.
  • elles doivent être situées en un même lieu et temps, ou fournir une explication au déplacement des personnages. Les auteurs s'accordent toutefois des licences artistiques en la matière : ainsi les différentes séries de Power Rangers se sont croisées (Power Rangers : L'Autre Galaxie avec Power Rangers : Sauvetage éclair et Power Rangers : Sauvetage éclair avec Power Rangers : La Force du temps) alors que la série L'autre galaxie se déroule dans un futur indéterminé, et La Force du temps se déroule dans le présent du téléspectateur.
  • certains auteurs imaginent des scénarios possibles, comme c'est le cas pour Star Wars Vector, une histoire en 4 parties se déroulant sur toute la durée de la saga là où Celeste Morne, une jedi vivant au temps des guerres mandaloriennes plusieurs années avant la guerre des clones, est le personnage vecteur de la série en rencontrant à travers le temps des héros comme Luke Skywalker ou encore Cade Skywalker.
  • elles doivent se dérouler dans des univers compatibles : en la matière, les rencontres entre personnages de Marvel Comics et de DC Comics sont là aussi des licences artistiques, ne serait-ce que parce qu'Atlantide a un roi différent dans les deux univers.
    • cas particulier d'incompatibilité, il y aurait une incohérence à faire se rencontrer différents personnages si un précédent épisode avait statué qu'un personnage est fictif dans l'univers de l'autre. Là encore, cette contrainte peut être levée pour des séries se basant sur l'absurde. Bart Simpson apparaît dans l'épisode Cartoon Wars II de la série South Park alors qu'on voyait dans Les Simpson l'ont déjà fait que Les Simpson est une série qui existe dans l'univers de South Park.
    • pour cette raison, il arrive qu'un cross-over soit ensuite considéré comme « hors continuité » : les événements ne font pas partie de l'histoire officielle des personnages, ou mieux, le cross-over s'est déroulé dans un univers parallèle (Superman et Spider-Man, dans leurs versions apparaissant dans le plus grand nombre de bandes dessinées, résident dans deux univers différents ; le cross-over a lieu dans un troisième univers[2].

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Bande dessinée franco-belge[modifier | modifier le code]

  • Dans l'album Ricky chez les ricains de Frank Margerin, lors d'une soirée costumée, on trouve des personnages portant les costumes des Quatre Fantastiques. Mais celui déguisé en Mr Fantastique est effectivement capable d'allonger son bras.
  • Dans l'album La Piste des maudits de Blueberry, les héros des Tuniques bleues apparaissent brièvement. Égaux à eux-mêmes, ils se montrent tout à fait incapables de contrarier les plans de Blueberry[3].
  • Dans Spirou et Fantasio
    • Gaston Lagaffe apparaît dans quelques albums de Spirou et Fantasio, qui eux-mêmes apparaissent dans ses premiers albums (surtout Fantasio). On peut en fait parler d'univers partagé.
    • Dans l'album Tora Torapa, le dessinateur réussit un clin d'œil à deux séries en une seule case : à l'aéroport, on voit Natacha tenant la main de Benoît Brisefer.

Chez Seron[modifier | modifier le code]

  • Les Petits Hommes
    • Exemple de clin d'œil à fortes conséquences alors même qu'il n'est qu'une allusion : dans l'album Les Ronces du Samouraï, le docteur Hondegger boit un élixir qui lui a été fourni par un collègue dont il ne se souvient plus exactement du nom. Mais le lecteur qui connaît également Spirou comprend qu'il s'agit du X4 du comte de Champignac.
    • En 1985, Pierre Seron et Gos (Roland Goossens) travaillent tous deux pour le Journal de Spirou où ils publient respectivement Les Petits Hommes et Le Scrameustache. Ils travaillent ensemble au scénario d'une histoire qui sera dessinée par chacun en présentant deux points de vue différents. Dans le numéro 2468, parait les premières planches des Kromoks en folie. Ce n'est que la semaine suivante que parait la même histoire avec les planches du Pickpocket. Ainsi de semaine en semaine les lecteurs de Spirou découvrent avec une semaine de décalage la même aventure sous deux angles de narration différents. Les Galaxiens sont aux prises avec les Kromoks pour la possession d'un transmutateur et les Petits Hommes aident le Scrameustache et les Galaxiens à libérer Khéna et à récupérer le transmutateur. L'histoire des Kromoks en folie se termine avec le numéro 2471 et celle du Pickpocket avec le numéro 2472[4].
Le Pickpocket parait en album sous le numéro 18 de la série des Petits Hommes en 1985 aux Éditions Dupuis. À noter que les Petits hommes, à leur habitude, font des allusions qui montrent qu'ils sont conscients de se trouver dans une bande dessinée, mais qu'aucune de ces allusions n'a lieu dans les cases du Scrameustache.
Les Kromoks en folie parait en album sous le numéro 14 de la série du Scrameustache également en 1985 aux Éditions Dupuis.
    • En 1988, Pierre Seron publie dans le Journal de Spirou, du numéro 2618 au numéro 2628, une histoire regroupant les personnages de ses deux séries, les Petits Hommes et les Centaures, dans une histoire appelée Uwélématibukaliné[5]. Cette histoire est parue en album sous le titre Le Volcan d'or', dans la série des Petits Hommes.
    • En 1989, Seron a recroisé à nouveau ces 2 séries dans l'histoire Kelvinhathor III parue directement en album, cette fois-ci dans la série des Centaures.
    • En 1991 dans l'album Les Évadés, les Petits Hommes rencontrent les Schtroumpfs[6]. Cette rencontre est un peu étonnante chronologiquement : les Petits Hommes vivent au XXe siècle, les Schtroumpfs connus vivent au Moyen Âge. Il est étonnant de retrouver le Grand Schtroumpf et le Schtroumpf Farceur n'ayant pas du tout changé à l'époque des Petits Hommes, sachant que le Grand Schtroumpf a environ 500 ans dans la série Les Schtroumpfs.
    • En 2001, Pierre Seron publie dans le Journal de Spirou, du numéro 3292 au numéro 3303, une histoire des Petits Hommes appelée Miss Persil. Pendant quelques pages on trouve les personnages de Cédric, série de Raoul Cauvin (scénariste) et Laudec (Antonio de Luca, dessinateur), publié aussi dans le Journal de Spirou.
Aurore, qui vient de sortir d’un long coma avec un âge mental de 5 ans, doit aller, accompagnée de Renaud et ses parents, dans une école du monde des grands hommes. Aurore se retrouve dans l'école de Cédric, et Cauvin prête à Seron les personnages de Cédric, ses camarades, et son institutrice. Dans les scènes où les personnages de Cédric sont entre eux ou presque, le style de dessin devient celui de Laudec dans Cédric.
Miss Persil parait en album sous le numéro 38 de la série des Petits Hommes en 2001 aux Éditions Dupuis.

Comics[modifier | modifier le code]

Les cross-overs dans les comics sont courants. Ils peuvent être un récit commun avec au moins deux personnages publiés séparément par le même éditeur. L'histoire peut se dérouler en alternance sur plusieurs numéros des comics de ces personnages ; le début de l'histoire commençant dans une série et s'achevant dans une autre. Il est aussi courant que des cross-overs impliquant de nombreuses séries soient proposés. Ainsi Marvel Comics propose régulièrement des histoires qui se développent dans une dizaine de comics et ce sur plusieurs mois d'affilée. Une variante de cela est l'histoire qui a son titre attitré mais qui trouve ses prolongements dans d'autres séries (ex. Flashpoint).

Le crossover peut aussi être un récit commun avec au moins deux personnages appartenant à des éditeurs différents. Le premier crossover date de 1975 quand DC Comics et Marvel publient conjointement une adaptation du Magicien d'Oz[7]. L'année d'après elles publient une aventure mettant en présence Superman et Spider-Man. Ce type de rencontres se renouvellera souvent par la suite[8].

Exemples de cross-overs[modifier | modifier le code]

Manga et Anime[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Séries télévisées[modifier | modifier le code]

Le cross-over, dans les séries télévisées, consiste à inviter dans une série un ou plusieurs personnages d'une autre.

Tokusatsu[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. BO no 39 du 26 octobre 2006 p. 2172
  2. Terre des cross-over
  3. http://www.tuniques-bleues.com/planches.php
  4. Le site du Scrameustache visité le 14 janvier 2008
  5. Dictionnaire de la bande dessinée (2005) p. 488
  6. Petits hommes (Les) (Soleil/Jourdan) - BD, informations, cotes
  7. (en) M. Keith Booker, Encyclopedia of Comic Books and Graphic Novels, ABC-Clio,‎ 2010, 763 p. (ISBN 978-0-313-35746-6, lire en ligne), p. 324
  8. (en)Bruce Buchanan, « Superman Vs. The Amazing Spider-Man » (consulté en 08 février 2012)
  9. Les crossovers de Law and Order
  10. Allociné

Documentation[modifier | modifier le code]

  • Henri Filippini Dictionnaire de la bande dessinée Bordas, Paris (1989)(rééd. 2005)
  • Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, « BO - Bulletin officiel », no 39 du 26 octobre 2006