Gandalf

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Une représentation possible de Gandalf.

Gandalf est un personnage imaginaire appartenant au légendaire de l'écrivain britannique J. R. R. Tolkien, apparaissant dans Le Hobbit, puis dans Le Seigneur des anneaux.

Ce mystérieux vieillard, décrit comme étant un magicien (en fait, un membre des Istari), joue un rôle crucial dans les deux romans : il met en branle les événements du premier et joue un rôle de sage conseiller tout au long du second, par contraste avec son supérieur Saroumane.

Gandalf porte de nombreux noms et surnoms. Décrit comme le « Pèlerin Gris » ou le « Cavalier Blanc », il est l'un des principaux antagonistes de Sauron, le Seigneur Ténébreux ; c'est d’ailleurs à cause de ce dernier que Gandalf a été envoyé en Terre du Milieu pour assister ses habitants contre lui.

Les textes de Tolkien publiés après sa mort expliquent les origines et la nature de Gandalf : il est l'un des Maiar.

Description[modifier | modifier le code]

Une représentation possible de Gandalf.

« Bilbo[note 1] qui ne se doutait de rien, ne vit ce matin-là qu'un vieillard appuyé sur un bâton. L'homme portait un chapeau bleu, haut et pointu, une grande cape grise, une écharpe de même couleur par-dessus laquelle sa longue barbe blanche descendait jusqu'à la taille, et d'immenses bottes noires[1]. »

— J. R. R. Tolkien, Le Hobbit

Histoire fictionnelle[modifier | modifier le code]

Avant Le Hobbit[modifier | modifier le code]

Le vrai nom de Gandalf est Olórin, et il est dit être « le plus sage des Maiar » dans la Valaquenta[2]. Il vit dans les jardins de Lórien, dont il est particulièrement proche, ainsi que de la sœur de celui-ci, Nienna, « de qui il apprit la patience et la compassion[3] ». La Valaquenta nous apprend encore qu'il aime beaucoup les Elfes et se rend souvent parmi eux, invisible.

Lorsque les Valar se réunissent en vue d'envoyer des émissaires en Terre du Milieu pour aider à la lutte contre Sauron, Olórin est choisi par Manwë pour faire partie de cette expédition. Malgré ses doutes, il se joint aux Istari sur l'insistance de Manwë et de son épouse Varda. Il rejoint ainsi les quatre autres membres connus de l'ordre des Mages : Curumo (Saroumane), Aiwendil (Radagast), Alatar et Pallando[4].

Olórin débarque en Terre du Milieu vers l'an mille du Troisième Âge. Il est le dernier à débarquer en Terre du Milieu, mais il vient en seconde position dans l'ordre des Istari, derrière Saroumane. Il a des relations privilégiées avec les Elfes, ce qui lui vaut sûrement son nom de Gandalf « Elfe au bâton ». Dès son arrivée, l'elfe Círdan, devinant en lui un être bien plus important que ne le laisse suggérer son apparence, lui remet Narya, l'un des trois anneaux des Elfes. Il a également très tôt l'amitié, le respect et le soutien d'Elrond et de Galadriel, celle-ci ayant notamment souhaité qu'il prenne la tête du Conseil Blanc plutôt que Saroumane, charge qu'il refuse[5].

Gandalf ne se limite pas à avoir de bonnes relations avec les Elfes : il parcourt la Terre du Milieu et se fait connaître de nombreux peuples, tissant des amitiés sincères avec des représentants de chacun d'entre eux. Il est notamment l'un des rares Sages à s'intéresser aux Hobbits avant même que l'Anneau unique ne soit entré en possession de l'un d'eux, étant ami notamment avec le Vieux Touque, puis avec Bilbon et Frodon Sacquet.

Dans Le Hobbit[modifier | modifier le code]

En 2850 T. A., Gandalf est envoyé par le Conseil Blanc à Dol Guldur, pour découvrir l'identité du Nécromancien qui en est le maître. Après un premier échec, il apprend qu'il s'agit de Sauron. Dans les geôles de la forteresse, il rencontre le roi nain Thráin II, emprisonné là depuis cinq ans, qui lui remet la carte et la clé de la porte secrète d'Erebor avant de mourir.

Il persuade ensuite le Nain Thorin II Écu-de-Chêne, roi du peuple de Durin en exil dans les Ered Luin, de reprendre son royaume en Erebor, qui se trouve sous la coupe du dragon Smaug. Gandalf fait lui-même partie de l'aventure, lancée en 2941 T. A., et recrute entre autres le Hobbit Bilbon Sacquet. Désormais certain que le Nécromancien de Dol Guldur n'est autre que Sauron, il convainc la même année, Saroumane et le Conseil Blanc de chasser le Seigneur des Ténèbres de cette forteresse.

Dans Le Seigneur des anneaux[modifier | modifier le code]

Suspectant que Bilbon a mis la main sur un anneau de pouvoir potentiellement dangereux au cours du voyage, il fait surveiller la Comté par les Rôdeurs. Après avoir découvert qu'il s'agissait de l'Anneau Unique de Sauron, Gandalf convainc Bilbon de le laisser à son jeune neveu, Frodon. Il montre sa force de volonté en refusant de le prendre lui-même, sachant que l'Anneau lui conférerait une puissance trop élevée (peut-être supérieure à tout autre pouvoir en Terre du Milieu) et trop difficile à maîtriser pour ne faire que le bien.

Plus tard, il apprend la trahison de Saroumane, qui depuis longtemps déjà cherche en secret l'Anneau pour son usage personnel et décide finalement de se dévoiler au grand jour et de s'allier avec Sauron. Saroumane le Blanc, devenu Saroumane le Multicolore, tente de rallier Gandalf à sa cause et, devant son refus, l'enferme sur le toit d'Orthanc. Il ne peut s'en échapper que grâce à l'aide du grand aigle Gwaihir, envoyé par Radagast s'inquiétant de l'absence prolongée de Gandalf (c'est lui qui avait transmis au Pèlerin Gris le message de Saroumane l'invitant à se rendre à Orthanc).

Lors du Conseil d'Elrond, à Fondcombe, c'est à Frodon qu'échoit la tâche de détruire l'Anneau. Membre de la Communauté de l'Anneau, dont il est le guide, Gandalf tombe à Khazad-dûm lors de son combat contre le Balrog. Il le vainc au sommet du Zirakzigil, mais sa victoire lui coûte la vie et signe l'échec des Istari[6]. En effet, depuis longtemps Gandalf incarnait le seul véritable membre actif de cet Ordre, Saroumane ayant trahi la mission qui lui avait été confié en ralliant Sauron, les Ithryn Luin ou « Mages bleus » Alatar et Pallando ayant depuis longtemps disparu à l'Est et Radagast ayant préféré se consacrer aux animaux.

Renvoyé en Terre du Milieu par Eru Ilúvatar pour achever sa tâche, il devient Gandalf le Blanc. Il aide ensuite Théoden, roi du Rohan, à se défaire de l'emprise de Gríma Langue de Serpent. Il apporte une aide décisive lors de la Bataille de Fort-le-Cor en apparaissant à l'aube, après une nuit entière de combat, avec un renfort de 1 000 fantassins commandés par Erkenbrand qu'il avait été chercher. Il expulse par la suite Saroumane de l'ordre des magiciens en brisant son bâton.

Le Rohan libéré de la menace de l'Isengard et les troupes de Sauron s'agitant à l'Est (tels que vu par Pippin dans le palantír), il décide de se rendre en toute hâte à Minas Tirith afin de prévenir l'Intendant du Gondor Denethor II et aider à la défense de la Cité. Lors de la bataille des Champs du Pelennor, il prend le commandement des troupes gondoriennes assiégées suite à la folie de l'Intendant, et affronte le Roi-Sorcier d'Angmar, seigneur des Nazgûl, devant les portes de Minas Tirith. Il participe également à la bataille de la Porte Noire, la dernière livrée contre Sauron.

Après la chute de Sauron, Gandalf emmène Aragorn sur le Mont Mindolluin, où Aragorn découvre un rejeton de l'Arbre des Rois. Puis à la demande de celui-ci, Gandalf le couronne devant les portes de Minas Tirith. Enfin, il raccompagne les hobbits aux portes de la Comté avant d'aller voir une dernière fois Tom Bombadil. Il quitte alors la Terre du Milieu pour rentrer en Valinor, la demeure des Valar, avec les autres principaux porteurs de d'anneaux (Frodon, Bilbon Sacquet, Galadriel, Elrond).

« Le Tiers Âge était le mien. J'étais l'Ennemi de Sauron ; et ma tâche est achevée. Je partirai bientôt[7]. »

— J. R. R. Tolkien, Le Seigneur des anneaux

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le tengwa ungwe est utilisé comme marque par Gandalf.
Gandalf utilise également le certh « g », par exemple comme signature sur la lettre laissée au Poney Fringant[8].

« Mes noms sont nombreux dans de nombreux pays, disait-il. Mithrandir chez les Elfes, Tharkûn pour les Nains ; j'étais Olorin  [sic] dans ma jeunesse dans l'Ouest, qui est oubliée, Incanus  [sic] dans le Sud, dans le Nord Gandalf ; dans l'Est, je n'y vais pas[9]. »

— J. R. R. Tolkien, Le Seigneur des anneaux

Gandalf[modifier | modifier le code]

Le nom de Gandalf apparaît sous la forme Gandálfr dans la Völuspá, premier poème de l'Edda poétique, un recueil en vieux norrois du XIIIe siècle. Les couplets 11 à 16 du poème constituent une liste de nains, généralement appelée Dvergatal ou « catalogue des nains », dans laquelle Tolkien piocha également la majeure partie des noms des nains du Hobbit. Ce nom contient les éléments gandr « objet enchanté, employé par les sorciers » et alfr « elfe », et Tolkien le glose par « Elfe au bâton », expliquant que les Hommes le prenaient pour un Elfe[10].

Dans les brouillons du Hobbit, le nom Gandalf est porté par le chef des nains (Thorin dans le texte final), tandis que le magicien s'appelle Bladorthin, un nom noldorin difficile à interpréter que Tolkien réattribuera par la suite à un personnage secondaire du roman[11].

Mithrandir[modifier | modifier le code]

Mithrandir est un nom sindarin qui se décompose en mith « gris » et rhandir « errant, pèlerin ». Il est tantôt rendu par « Gris Errant » ou « Gris Pèlerin »[12].

Tharkûn[modifier | modifier le code]

Le nom khuzdul Tharkûn est glosé « Homme au bâton » (staff-man) dans une note sur les noms de Gandalf rédigée avant la parution de la seconde édition du Seigneur des anneaux, en 1966, publiée dans Contes et légendes inachevés[13]. Une forme antérieure de ce nom, Sharkûn, apparaît dans les brouillons du chapitre « Faramir »[14].

Édouard Kloczko propose de dériver Tharkûn d'une possible racine trilitère th-r-k signifiant « support, appui »[15]. Magnus Åberg propose une explication légèrement différente. Selon lui, le terme dériverait d'une base de type 1a23[note 2], ici thark- signifiant « bâton », adjoint d'un suffixe de personnification -ûn, pour « Homme au bâton »[16].

Plus récemment, les textes postérieurs à l'écriture du Seigneur des anneaux publiés dans Parma Eldalamberon no 17 traduisent Tharkûn par « Homme Gris » (Grey-man)[17].

Incánus[modifier | modifier le code]

Incánus est également orthographié Incânus dans les manuscrits de Tolkien. Celui-ci a envisagé deux versions possibles sur l'origine de ce nom dont le magicien dit qu'il lui est donné au « Sud ». Selon la note sur les noms de Gandalf datant d'avant 1966, Incánus est un nom donné par les Haradrim et signifiant « Espion du Nord » (incā + nūs). Une autre note, écrite en 1967, affirme que ce nom est en fait quenyarin, construit à partir de in(id)- « esprit » et kan « souverain », et qu'il avait été donné à Gandalf au Gondor, à l'époque où le quenya y était encore employé par les érudits. Les notes publiées dans Parma Eldalamberon no 17 rejoignent cette dernière idée et donnent comme signification « maîtrise de l'esprit » (mind-mastership)[17].

L'adjectif latin incanus, qui signifie « blanchi par l'âge », fut peut-être la source d'inspiration de Tolkien pour ce nom, mais lui-même considère la ressemblance entre les deux comme une simple coïncidence dans cette même note de 1967[18],[19].

Olórin[modifier | modifier le code]

Olórin, le nom de Gandalf au Valinor, est quenyarin. Le terme olor se rapporte au rêve, au sens d'une « vision claire » provenant de la mémoire, c'est-à-dire à la vision de choses n'étant pas physiquement présentes (et pas au sens des rêves faits durant le sommeil)[13].

Autres noms[modifier | modifier le code]

Gandalf reçoit plusieurs autres épithètes au Rohan. Éomer l'appelle Grayhame « Mantegrise », adaptation du vieil anglais grǣghama « vêtu de gris »[20], improprement traduit par « Maisongrise » en français, probablement par confusion entre hame et home. Gríma, quant à lui, le surnomme « Corbeau de tempête » (Stormcrow) et Láthspell « mauvaises nouvelles », dérivé du vieil anglais lāð « causant la haine » + spell « histoire, message »[21].

Origines et évolution[modifier | modifier le code]

Odin sous l'apparence d'un voyageur (illustration d'Arthur Rackham pour l'opéra Siegfried de Richard Wagner).
« Oden som vandringsman » (« Odin, le voyageur »). Georg von Rosen, 1886.
« Odin, déguisé en voyageur » (Odin disguised as a Traveller), photographie publiée en 1914.


Le personnage de Gandalf semble trouver son origine dans une carte postale représentant un tableau de Josef Madlener intitulé Der Berggeist (« L'esprit de la montagne »). Elle représente un vieillard à longue barbe, vêtu d'un manteau rouge et d'un chapeau à large bord, assis sous un pin et caressant un jeune faon blanc. D'après Humphrey Carpenter, biographe de Tolkien, celui-ci aurait acheté cette carte postale durant son voyage en Suisse, à l'été 1911, mais d'après la fille de Madlener, cette peinture daterait en fait de 1925-1926. Douglas Anderson se base sur l'évolution du style de Madlener pour dater Der Berggeist de la seconde moitié des années 1920[22].

Dans les premiers brouillons du Hobbit, le nom de Gandalf est porté par le chef des Nains, et le sorcier y a pour nom Bladorthin. Il ne semble être alors, dans l'esprit de Tolkien, qu'un magicien classique : capable d'accomplir des exploits, mais clairement loin de la puissance du Gandalf du Seigneur des anneaux[23]. Par la suite, Tolkien transfère le nom de Gandalf au sorcier, mais le nom de Bladorthin n'est pas abandonné pour autant : il refait surface au chapitre 12, « Informations secrètes », où il devient le nom d'un « grand roi […] depuis longtemps mort[24] ». Ce personnage énigmatique est généralement considéré comme un roi humain[25].

Gandalf n'est jamais appelé « le Gris » dans Le Hobbit[26].

Analyse[modifier | modifier le code]

Gandalf a été comparé à Odin, par Tolkien lui-même dans une lettre de 1946[27], puis par Marjorie Burns, qui compare l'apparence de Gandalf à celle d'Odin lorsque celui-ci erre dans le monde des hommes : « un vieil homme à la barbe grise qui porte un bâton et porte un capuchon ou un manteau (généralement bleu) et un chapeau à large bords[28] ».

Son rôle apparent de mentor d'Aragorn a suscité des comparaisons avec Merlin, rejetées par Wayne Hammond et Christina Scull, qui affirment que « [Gandalf et Aragorn] apparaissent plutôt comme des collègues dans la lutte contre Sauron que comme professeur et élève[29] ».

Adaptations[modifier | modifier le code]

Ian McKellen à Wellington lors de la première du film de Peter Jackson Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi, le 1er décembre 2003.

Radiophonique[modifier | modifier le code]

Au cinéma et à la télévision[modifier | modifier le code]

Sur scène[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En France, le personnage principal de The Hobbit, Bilbon, a été traduit en « Bilbo », d’où le titre français, Bilbo le hobbit ; dans Le Seigneur des anneaux, la traduction revient à « Bilbon ».
  2. Les chiffres indiquent des consonnes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Hobbit, Chapitre 1 « Une réception inattendue », p. 10.
  2. Le Silmarillion, p. 30.
  3. Le Silmarillion, p. 31.
  4. Contes et légendes inachevés, « le Troisième Âge », pp. 186–187.
  5. Le Silmarillion, pp. 299–300.
  6. Lettres, lettre no 156, pp. 202–203.
  7. Le Seigneur des anneaux, p. 1035.
  8. Le Seigneur des anneaux, pp. 194–195.
  9. Le Seigneur des anneaux, p. 719, paroles de Gandalf rapportées par Faramir.
  10. Anderson 2012, p. 101.
  11. Rateliff, p. 52-53.
  12. Reader's Companion, p. 320.
  13. a et b Reader's Companion, p. 471.
  14. The War of the Ring, p. 153.
  15. Kloczko, p. 46.
  16. (en) « An analysis of Dwarvish » by Magnus Åberg, 2009 (2000).
  17. a et b Parma Eldalamberon XVII, - Words, Phrases and Passages in the Lord of the Rings de J. R. R. Tolkien édité par Christopher Gilson, 2007, p. 88.
  18. Kloczko, pp. 158–159.
  19. Reader's Companion, 472.
  20. Reader's Companion, p. 369.
  21. Reader's Companion, p. 404.
  22. Anderson 2012, p. 57-59.
  23. Rateliff, p. 51.
  24. Bilbo le Hobbit, p. 239.
  25. Anderson 2012, p. 332.
  26. Rateliff, p. 48.
  27. Lettres, lettre no 107, p. 119.
  28. Tolkien's Legendarium, p. 220.
  29. Reader's Companion, p. 698.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources primaires[modifier | modifier le code]

Sources secondaires[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]