Peyo
Peyo
Peyo en 1990, par Erling Mandelmann
| Nom de naissance | Pierre Culliford |
|---|---|
| Naissance | 25 juin 1928 Bruxelles ( |
| Décès | 24 décembre 1992 (à 64 ans) Bruxelles ( |
| Nationalité | |
| Profession | dessinateur de bande dessinée |
Signature
Pierre Culliford dit Peyo, né le 25 juin 1928 à Bruxelles et décédé le 24 décembre 1992 dans cette même ville, est un dessinateur et scénariste de bande dessinée belge, principalement connu pour sa bande dessinée Les Schtroumpfs.
Sommaire |
Un auteur mondialement connu [modifier]
Il est mondialement connu comme l'auteur des Schtroumpfs, série de bande dessinée, adaptée en dessin animé sous forme de série télévisée, produite par la société américaine Hanna Barbera, et en long métrage pour le cinéma. Ces personnages sont aujourd'hui connus dans le monde entier, et déclinés sous toutes les formes de produits dérivés connus et notamment anciennement un parc d’attractions. Les origines de ces amusants lutins bleus sont à chercher du côté de Johan et Pirlouit, série médiévale que Peyo publiait dans les pages du Journal de Spirou à partir des années 1950. Les Schtroumpfs apparaissent dans le neuvième album de la série, intitulé La Flûte à six schtroumpfs.
Il est également l'auteur des séries Benoît Brisefer et Poussy, et a écrit des scénarios pour d'autres séries célèbres telles que Natacha et Jacky et Célestin.
Biographie [modifier]
Le pseudonyme « Peyo », que Culliford a commencé à utiliser en 1945 pour signer ses œuvres, lui vient de l'un de ses cousins qui était incapable de prononcer correctement le prénom « Pierrot »[1].
Après des études à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles, Culliford entre dans un studio d'animation. Ce dernier ne tarde pas à faire faillite, mais Peyo a eu le temps d'y faire la connaissance de ses collègues et bientôt amis Franquin, Morris et Eddy Paape. Tout en gagnant sa vie dans la publicité, il publie sa première bande dessinée dans La Dernière Heure : elle se nomme Johan. Une seconde série, Poussy, naît dans la foulée : elle paraît dans Le Soir, qui, dès 1950, publie également Johan, qu'accueillera Spirou deux années plus tard. C'est alors que la série trouve sa formule définitive : de blonde, la chevelure de Johan devient noire. Apport plus crucial : ce héros assez terne se voit adjoindre un comparse comique et gaffeur, Pirlouit. Johan et Pirlouit devient l'une des séries les plus populaires du journal.
Dans l'épisode intitulé La Flûte à six schtroumpfs (1958), les deux compères découvrent les Schtroumpfs, ces étranges lutins bleus. Une anecdote légendaire court quant au baptême de ces créatures. Peyo et Franquin dînaient ensemble lorsque Peyo demanda à son ami de lui passer le sel. Mais, ayant un bref trou de mémoire, il modifia la formule consacrée, « Passe-moi le sel ! », en « Passe-moi le schtroumpf ! ». Ils s'amusèrent ensuite pendant le reste du dîner à parler en "schtroumpf", et c'est de cet épisode que naquirent les Schtroumpfs. Très vite, le rédacteur en chef de Spirou, Yvan Delporte, entrevoit le potentiel des Schtroumpfs et convainc Peyo de leur consacrer une série parallèle. Leurs premières aventures se présentent sous la forme de mini-albums, suppléments offerts dans Spirou dès 1959. Le succès est tel que Peyo redessine bientôt ces aventures afin qu'elles coïncident avec un format plus classique. La série se poursuit alors dans les pages « normales » de Spirou.
Bien qu'à la tête de deux séries très appréciées (Les Schtroumpfs plus encore que Johan et Pirlouit), Peyo en lance une nouvelle en 1960 : Benoît Brisefer. Les aventures de ce petit garçon à la force surnaturelle (force qui l'abandonne néanmoins au premier coup de froid) sont également très populaires. Dans la foulée, Peyo relance sa série Poussy dans Spirou et imagine Jacky et Célestin pour Le Soir Illustré. Cette série sera partiellement dessinée par Roger Leloup, lequel reprendra une des intrigues et certains plans pour Aventures électroniques dans sa série Yoko Tsuno : L'araignée qui volait [2]. L'extension de ses activités et la popularité croissante des Schtroumpfs poussent Peyo à créer son propre studio. Il y prodigue son enseignement à une génération de jeunes talents, qui tous parviendront à leur tour au succès : Walthéry, Derib, Gos, De Gieter, Benn ou Marc Wasterlain.
Dans les années 1970, Peyo délaisse une à une la plupart des séries dont il s'occupe pour consacrer son énergie aux seuls Schtroumpfs. Le succès international que rencontrent ces derniers au début des années 1980 rend en outre nécessaire une réorganisation des activités de l'auteur qui délègue les aspects commerciaux (produits dérivés, licences, etc.) à sa fille Véronique (IMPS) et le lancement d'un magazine (Schtroumpf) à son fils Thierry Culliford (Cartoon Création). Peyo dira à maintes reprises regretter d'avoir dû délaisser ses autres séries pour pouvoir s'occuper des Schtroumpfs et de leur succès colossal, mais, refusant de voir l'œuvre se dénaturer en la déléguant à d'autres auteurs, il préfère rester seul aux commandes. Peyo reste à la tête de son empire jusqu'au moment où il décède d'une crise cardiaque en 1992. Après sa mort, ses deux enfants dirigeront une importante équipe de collaborateurs (dessinateurs, commerciaux, juristes, etc.) qui continueront à faire vivre tous ses personnages en concevant toujours de nouveaux projets aussi bien en édition (bande dessinée, livres illustrés, etc.) qu'en dessin animé, produits dérivés et bien d'autres.
Famille [modifier]
Peyo et sa femme, Nine, eurent deux enfants : Thierry et Véronique. Nine coloria plusieurs albums des Schtroumpfs, et Thierry participa à plusieurs albums de son père avant de reprendre la série à la mort de celui-ci.
Son petit-fils John Culliford participe à la saison 4 de l'émission de télé-réalité de TF1, Secret Story, lors de laquelle il doit garder secret son lien de parenté avec « le père des Schtroumpfs »[3].
Curiosité [modifier]
En 1968, Franquin travaillait auprès de Peyo sur l’album Les Schtroumpfs et le Cracoucass. Le père de Gaston Lagaffe est à l'origine du graphisme du grand rapace agressif qui terrorise, tout au long de cette histoire, le village des petits héros bleus. Peu de temps auparavant, Peyo était venu en aide à Franquin pour le scénario de Panade à Champignac car il avait du mal à le finaliser. Comme Franquin n'avait pas crédité Peyo pour son aide lors de la publication en album de cette aventure de Spirou et Fantasio (un oubli, Franquin se définissait comme un éternel distrait), il refusa d'être identifié comme l'auteur de l'oiseau [4]; Peyo et Gos sont donc les seuls noms figurant sur l'album (encore que Peyo réussit à glisser Franquin dans les remerciements - à confirmer). Toutefois, c'est Gos qui dessine l'oiseau dans la bande dessinée.
Prix [modifier]
- Saint-Michel à Bruxelles en 1973, pour sa série Les Schtroumpfs.
- Médaille de la Minerve d'Or à Paris en 1978, des mains du président du Sénat français Alain Poher, décernée par la Société d'Encouragement au Bien d'Honoré Arnoul.
- Award du Meilleur dessin animé de l'année en 1982 pour les Studios Hanna-Barbera, avec Les Schtroumpfs.
- Alfred à Angoulême en 1984, pour l'album Les Schtroumpfs olympiques (Alfred enfant, décerné par la classe de 6e du lycée Jules Verne de la ville, au festival cette année-là)
Citations [modifier]
- Yvan Delporte : « De tous les auteurs de bande dessinée que j'ai pu rencontrer, Peyo était le meilleur raconteur d'histoires. »
- Franquin : « C'est la qualité d'un dessin de Peyo : tu mets sa planche au mur, tu recules de cinq mètres, tu vois très bien ce qui s'y passe : il sait dessiner clair ! »
Notes et références [modifier]
- Intégrale Johan et Pirlouit, volume 1, Page du Roy, Dupuis, 2008, p. 4 et 7.
- in L'Astrologue de Bruges, supplément de l'album
- [1]
- in Et Franquin créa la Gaffe, interviews de Franquin par Numa Sadoul
Voir aussi [modifier]
Critiques [modifier]
- Les Studios TV Animation Dupuis, pour la 1re série de dessins animés des Schtroumpfs, dans Le Journal de Spirou no 1255 et 1257 - 1962
- Où vont-ils les chercher ? : présentation de l'équipe entourant Peyo (Matagne, Gos et Walthéry), dans Le Journal de Spirou no 1671 - 1970
- Schtroumpf - Les Cahiers de la bande dessinée no 12 - 1971 (dossier Peyo)
- Bande dessinée et dessins animés : le Roman d'un dessin animé, pour le long métrage animé des Schtroumpfs, dans Le Journal de Spirou no 1966 - 1975
- Histoire de Spirou et des publications Dupuis, par Philippe Brun, éd. Glénat - 1975
- Stripschrift no 81/82 - 1975 (dossier Peyo)
- Peyo - bédésup no 13 - 1980 (dossier Schtroumpfs)
- Schtroumpf - Les Cahiers de la Bande Dessinée no 54 - 1983 (édition refondue)
- Incroyable mais Schtroumpf ! : Peyo nous raconte la fabuleuse aventure des Schtroumpfs !, dans Hello Bédé no 38 (France no 157) - 1992
- Peyo l'enchanteur, de Hugues Dayez, éd. Niffle - 2003
- Morris, Franquin, Peyo et le Dessin Animé, par Philippe Capart et Erwin Dejasse, éditions de l'An 2, 2005
- Le petit livre bleu d'Antoine Buéno, analyse critique et politique de la société des Schtroumpfs, éditions Hors Collection, 2011.
Documentaires télévisés [modifier]
- Les Copains d'alors, en novembre 1992 sur la RTBF : interview par Franck Baudonck
- BD : Hommage au gentleman-dessinateur Peyo, en 1993 (25'), réalisateur Christophe Heili, producteurs Canal+/TVCF.
Documentaires radiophoniques [modifier]
- Entretiens RTBF avec Hugues Dayez (cf. supra) : mars 1988, septembre 1989 et octobre 1990
- Entretien RTBF avec Luc Beyer dans l'émission Rencontre en décembre 1992
