Marsupilami

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Marsupilami (homonymie) et Marsu (homonymie).
Marsupilami
Personnage de fiction apparaissant dans
Spirou et Fantasio et Marsupilami.

Peinture murale représentant le Marsupilami à Düsseldorf
Peinture murale représentant le Marsupilami à Düsseldorf

Alias Marsu (par ses amis)
Origine Flag of Palombia.svg Palombie
Sexe Mâle
Yeux Noirs
Poils Jaunes et Noirs
Armes Queue

Créé par Franquin
Série(s) Spirou et Fantasio
Marsupilami
Première apparition Spirou et les Héritiers
Éditeur(s) Dupuis
Marsu Productions

Le Marsupilami (composé des mots français marsupial[1] et ami) est un animal imaginaire créé par André Franquin en 1952, apparaissant notamment dans la série Spirou et Fantasio. Doté d'une force herculéenne et d'une queue préhensile démesurée mais néanmoins très utile, sa fantaisie fascine autant qu'elle amuse.

Nomenclature[modifier | modifier le code]

Franquin a décrit le marsupilami en 1952 selon le pseudo-nom scientifique de Marsupilamus fantasii, la fiction voulant que Fantasio ait le premier mis la main sur cet animal. Par plaisanterie, le zoologiste Alain Quintart a publié en 1992 une description scientifique du marsupilami, qu'il nomme Marsupilamus franquini[2]. Ce canular a été indexé comme une diagnose valide par la très sérieuse Zoological Society of London[3]. D'un point de vue nomenclatural ou taxinomique, rien n'exigeait un nouveau nom, par conséquent Marsupilamus fantasii reste le (pseudo) nom scientifique valide (principe de l'antériorité). En 1997, l'album Houba Banana ® rend hommage au défunt Franquin en renommant l'animal Marsupilami franquini.

Description[modifier | modifier le code]

Physique[modifier | modifier le code]

Le marsupilami mesure environ un mètre, il est jaune avec des taches noires. Il peut éventuellement connaître le mélanisme.

Sa queue préhensile mesure jusqu'à 8 mètres, encore que celle de la femelle soit plus courte que celle du mâle. C'est principalement un moyen de locomotion : elle lui permet de se déplacer à une vitesse soutenue entre les arbres, elle peut être utilisée comme un ressort, ou comme une roue, et elle sert à l'escalade ; elle permet au marsupilami de se surélever au-dessus de la cime des arbres pour avoir une vue d'ensemble de son biotope. C'est aussi une arme, notamment lorsqu'il en fait un poing, ou lorsqu'elle lui permet l'immobilisation de ses prédateurs. La queue est aussi le principal instrument qui lui sert à pêcher. Elle est encore un instrument de jeu (balançoire, par exemple) et sert aux manœuvres de séduction dans la parade nuptiale. Elle sert enfin au déplacement des petits lors de leur premier âge.

Son nombril surprend cependant les observateurs de cet ovipare. L'utilité du nombril est révélée dans l'encyclopédie du marsupilami (devenue rare par sa non-réédition) : c'est un moyen d'éducation, de transmission du savoir ; par exemple, lorsqu'un petit marsupilami décide de faire son nid, il va coller son oreille contre le nombril de sa mère. Peu de temps après, il est capable de construire lui-même un tissage végétal. L'utilisation du nombril n'est prouvée que par l'auteur de l'encyclopédie et n'a jamais été démontrée au cours des aventures de l'animal, ce qui semblerait tout de même trahir une étourderie de Franquin lorsqu'il l'a dessiné pour la première fois dans les années 1950.

La femelle marche sur la pointe des pieds et à petits pas.

Ses œufs sont piriformes, la queue de l'embryon, prenant beaucoup de place, se loge dans la partie allongée de l'œuf (cette queue est d'ailleurs pleine de nœuds à la naissance).

Rapprochement avec des espèces connues[modifier | modifier le code]

Carte de localisation fictive de la Palombie.

Le marsupilami est un animal imaginaire dont le rattachement zoologique le plus proche est celui des monotrèmes[citation nécessaire]. Ce classement est à prendre avec circonspection, étant donné que Franquin lui-même avait souhaité créer un animal qui justement n'appartient à aucun ordre connu. Cependant, l'ordre des monotrèmes, mammifères primitifs formant la sous-classe des protothériens, semble convenir au marsupilami.

Dans l'album Les Soucoupes volantes (1956) des aventures de Blondin et Cirage, le dessinateur de B.D. Jijé met en scène un marsupilami africain (le Marsupilamus Africanus), d'allure générale comparable, mais quelque peu balourde et marquée par un peu d'embonpoint, et dont la particularité principale est l'absence de queue. La marsupilami africain est particulièrement boulimique. Franquin avait participé à l'album de Jijé et dessiné quelques cases.

Dans l'encyclopédie du Marsupilami, il est également fait référence à une sous espèce de marsupilami exclusivement aquatique. Un couple aurait été observé vivant dans un temple submergé au cœur de la forêt palombienne. Ce Marsupilami aquatique se différencie de son cousin de surface par des taches de formes plus géométriques et un pelage diffusant de la lumière.

Nourriture[modifier | modifier le code]

Selon l'exploratrice Seccotine (qui, après Spirou et Fantasio, décrivit le mieux les mœurs de l'animal[4]), le marsupilami est omnivore.

Lors de ses premières apparitions il est décrit comme grand amateur de puces (qu'il récolte principalement sur les tapirs, qu'il immobilise avec sa queue, servant de lasso), il se nourrit aussi de nombreux fruits ; mais on mettra mieux en évidence par la suite son goût particulier pour le piranha (poisson carnivore) ainsi que les fourmis carnivores, toutes nourritures qu'il se procure grâce à son appendice caudal. On le voit fréquemment occupé à chasser le piranha ou même à le conserver dans des aquariums !

Un de ses mets préférés est une petite noix oléagineuse poussant dans la jungle palombienne, et dont il fait provision afin de pouvoir en consommer toute l'année. Il enterre cette provision dans le sol. Assez curieusement, une fois en captivité ou acclimaté en dehors de Palombie, il peut se passer de cette nourriture.

L'estomac du marsupilami est particulièrement résistant (il peut par exemple survivre à l'absorption de fortes quantité d'alcool à brûler).

Habitudes et mœurs[modifier | modifier le code]

Les familles de marsupilamis vivent dans un nid fabriqué à partir de lianes tressées sur une carcasse arrondie, présentant la forme d'un mollusque bivalve, fixée à des lianes pendantes grâce à de solides nœuds. Ce nid est tapissé de plumes et de duvet d'ara, et orné de fleurs odorantes. En cas de besoin, le nid peut se refermer rapidement, par le rapprochement de ses deux valves. La tradition veut que ce nid soit inauguré par la femelle du marsupilami. Une cérémonie a lieu une fois la construction de nid terminée. La famille marsupilami danse et honore la terre fertile de la forêt vierge qui la nourrit en jetant dans un trou creusé dans la terre les pépins d'une pomme, comme on le voit dans la saison 2 (Mon ami marsupilami) du dessin animé. Dans les bandes dessinées, il est montré que le marsupilami connaît l'usage du temps, du tissage végétal, des nœuds, de la fabrication des crêpes (ce qui n'est pas sans rappeler Gaston Lagaffe).

Bien que principalement arboricole, le marsupilami est néanmoins amphibie[5]. Il se sert alors de sa queue comme godille pour avancer. Les premiers explorateurs l'ayant décrit avaient d'ailleurs noté son goût de l'eau et de la propreté, ainsi que son aptitude à la nage.

Comme d'autres animaux, il peut tromper ses prédateurs par des techniques de camouflage : il peut donner à sa queue la forme d'un serpent. C'est d'ailleurs un très bon imitateur (sonore notamment : il peut imiter des bruits animaux ou mécaniques, et même la parole humaine).

Le marsupilami est un remarquable grimpeur.

Il est doté d'un sens aigu de la famille ; sa compagne est la « marsupilamie ». L'exemplaire décrit par Seccotine a eu trois petits : deux mâles et une femelle. Le premier, Bibu, est le petit mâle sans taches. Bobo est le deuxième petit mâle, tout noir au nez rose, seule exception à son mélanisme. Et enfin Bibi, la petite Marsupilamie qui, comme sa maman, a un cheveu bouclé et des taches rondes[6],[7].

Il peut être sociable avec des animaux n'appartenant pas à son espèce, notamment avec les sciuridés, comme en témoigne son amitié avec Spip, l'écureuil domestique de Spirou.

Le marsupilami peut à l'occasion être vindicatif, et alors se montrer dangereux. Lorsqu'il est en colère, son pelage se hérisse, y compris au niveau de son appendice caudal.

Le marsupilami est un des rares animaux qui connaissent le rire. Sa femelle est le seul animal qui ait la notion de la toilette décorative, elle a d'ailleurs doté Bibi de ce don.

Dialogue[modifier | modifier le code]

Les onomatopées désignant le cri du marsupilami sont : « houba houba » ou encore « houba houba hop ». Dans les moments d'émotion, ce cri peut devenir « habou », « bahou », « hou », ou « baba ». Il peut être amené à dire des « ba ? » ou « houba ? » pour une question. Lorsque le marsupilami est en colère, le cri devient un mélange de l'onomatopée « houba » et d'un grognement, ce qui donne pour résultat « grrrhouba ». Le cri de la femelle est légèrement différent : un « houbi », qui peut être répété. À l'occasion (notamment en cas d'intense satisfaction), elle peut émettre un babil : « doudlidoudli », « dadli dadli », « touboudl », « adouïb », « doubedouba », « houlala », etc. Le cri du petit est un faible « bi », mais son pleur peut être très puissant. Il appelle Backalive « bababaï ».

Cependant, dans les derniers albums de la série Marsupilami, son langage semble encore plus évolué. Il fait part de ses impressions ou de ses sentiments (comme le dégoût, le bonheur, la culpabilité) en faisant suivre le cri « Houba » d'une onomatopée caractéristique.

Dans Baby Prinz, un perroquet affirme maîtriser la langue du marsupilami, bien qu'il « ait encore du mal avec les génitifs ».

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Création dans Spirou et Fantasio[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Spirou et Fantasio.

Le marsupilami apparaît pour la première fois dans Spirou et les Héritiers (1952), sous la plume d'André Franquin. Il devient un personnage à part entière de la série, et sa force est un atout majeur pour les héros. Dans Le Nid des marsupilamis, Seccotine présente une famille de marsupilamis sauvages. Ces mêmes marsupilamis sont les héros de la série dérivée. L'album Cœur d'étoile indique que le mâle de la famille filmée par Seccotine est le frère du compagnon de Spirou et Fantasio.

L'animal reviendra très fréquemment dans les aventures suivantes, jusqu'à ce que Franquin décide de laisser les aventures de Spirou à Jean-Claude Fournier. Franquin choisit de garder ses droits sur l'animal, qu'il considère comme un de ses personnages les plus réussis. Cependant le scénario déjà écrit par Fournier prévoit un rôle pour le marsupilami, et ce dernier demande respectueusement à son créateur de pouvoir l'utiliser. Franquin accepte à condition de dessiner lui-même la bête. Chronologiquement, Le Faiseur d'or (1970) verra donc la dernière apparition du marsupilami dans les aventures de Spirou. Cependant, il apparaît encore dans un album ultérieur : Tembo Tabou, dont les évènements se passent chronologiquement juste après Spirou et les Hommes-bulles (et donc bien avant Le Faiseur d'or).

Dans La Vallée des bannis (1989), Tome et Janry ont tout de même évoqué la présence de l'animal jaune tout en jouant avec l'affection qu'ont les lecteurs pour ce personnage : perdu dans la jungle, Spirou entend le « Houba », cri caractéristique du marsupilami. Fou de joie à l'idée de retrouver son vieil ami, Spirou se précipite, mais, dès que le lecteur tourne la page, il se rend compte qu'il s'agissait d'un animal répugnant qui faisait le même cri.

Le retour du marsupilami dans les aventures de Spirou, espéré par beaucoup de lecteurs, est resté longtemps juridiquement impossible, les droits appartenant à Marsu Productions qui exploitaient le personnage dans une série indépendante, qui peut être considérée comme un spin-off des aventures de Spirou. Toutefois, en mars 2013, les éditions Dupuis annoncent avoir acheté Marsu Productions[8]. Le scénariste actuel de la série, Fabien Vehlmann, a d'ores et déjà annoncé le retour du marsupilami dans l'album no 55.

La série Marsupilami[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Marsupilami (série).

Alors que Franquin garde jalousement depuis 1970 les droits sur son personnage fétiche, Jean-François Moyersoen le convainc finalement en 1987 d'en faire une série à part entière.

La série mettant en scène une famille de Marsupilamis sauvages est dessinée par Batem et successivement scénarisée par divers auteurs, notamment Greg et Yann. Elle est éditée chez Marsu Productions. Le premier album est un succès commercial, avec plus de 600 000 exemplaires vendus. Ce succès ne faiblira pas.

En 2002 est paru un album numéroté 0 reprenant de courtes histoires du Marsupilami réalisées par Franquin. En 2008, « Le Figaro Magazine » a proposé un florilège des aventures du Marsupilami dans « Capturez un Marsupilami »[9].

Licence d'exploitation de Disney[modifier | modifier le code]

Durant les années 1990, la compagnie Disney possédait une licence d'exploitation du Marsupilami. Une dizaine de pages de bande dessinées ont ainsi pu être réalisée par Gladstone Publishing, l'éditeur américain.

Une mini-série d'animation a également été développée.

À la télévision[modifier | modifier le code]

Le Marsupilami a fait l'objet d'une autre série télévisée d'animation produite par Marathon Média et diffusée sur France 3 dans l'émission Ludo, France 5 dans Zouzous, Canal J, et TiJi. Cette série était réalisée par Augusto Zanovello et Eric-Paul Marais en a signé la nouvelle adaptation. La postproduction a été confiée par Marathon Productions à Ramses 2.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sur la piste du Marsupilami.

Alain Chabat, réalisateur français et auteur lui-même de BD, a écrit et réalisé l'adaptation de « Marsupilami » sur laquelle il travaillait depuis 2005[10]. Il a mis en scène à l'automne 2010[11] un long métrage sorti le 4 avril 2012. Le film utilise la technologie Imax[12]. Avec 5,3 millions d'entrées, c'est l'un des plus gros succès au box-office français 2012.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Le marsupilami fait l'objet de clins d'œil de Goscinny et Uderzo dans Le Combat des chefs, et L'Anniversaire d'Astérix et Obélix - Le Livre d'or, et de Jacques Martin dans Les proies du volcan.
  • Dans la bande dessinée Celle qui fut de Cosey, une protagoniste de l'histoire découpe des images dans l'album Le Nid des Marsupilamis
  • Au rond-point Jules Hiernaux, à l'accès Nord de la ville, la Ville de Charleroi (dont fait partie Marcinelle, lieu de naissance des éditions Dupuis) a érigé, au centre d'un complexe de fontaines, une énorme statue polychrome du Marsupilami, faisant partie d'une série d'autres statues polychromes de héros des bandes dessinées de Dupuis.
  • Un astéroïde découvert en 2000 a été nommé (98494) Marsupilami en hommage à cet animal.
  • Une statue du Marsupilami est présente dans le hall d’accueil de la Gare d'Angoulême.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. bien que, ovipare, le marsupilami ne soit pas un marsupial
  2. Alain Quintart, « Le Marsupilami, une espèce nouvelle pour la science », Naturalistes belges, vol. 73,‎ 1992, p. 205-206 (ISSN 0028-0801)
  3. Bruno Deheneffe, Alain Quintart, le parrain scientifique du Marsupilami, Le Soir, lundi 11 avril 2005, p. 13 (lesoir.be)
  4. Dans Le Nid des marsupilamis
  5. Dans Le Repaire de la murène p. 53
  6. http://www.marsupilami.com/saga/abecedaire/#b
  7. Album Marsupilami no 19, pages 18-19
  8. « Dupuis rachète Marsu Productions », sur spirou.com,‎ 26 mars 2013
  9. Olivier Delcroix, « Les perles de la BD d'humour, tout l'été, avec «Le Figaro» », Le Figaro, 13 juin 2008.
  10. « Quand la BD envahit l'écran », Le Point, 17 février 2005
  11. Des « Bébés » au Marsupilami, Alain Chabat l'hyperactif Le Monde, 18 juin 2010
  12. http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18610839.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Autres animaux de fantaisie des éditions Dupuis :

Liens externes[modifier | modifier le code]