La Reine des neiges (film, 2013)

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La Reine des neiges

alt=Description de l'image Logo La Reine des neiges Disney.png.
Titre original Frozen
Réalisation Chris Buck
Jennifer Lee
Scénario Shane Morris
Jennifer Lee
Chris Buck
Acteurs principaux
Sociétés de production Walt Disney Animation Studios
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Animation
Sortie 2013
Durée 102 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Reine des neiges (Frozen) est le 127e long-métrage d'animation et le 53e « Classique d'animation » des studios Disney. Sorti en 2013, il est librement inspiré du conte éponyme de Hans Christian Andersen publié en 1844. Il raconte l'histoire de l'optimiste et intrépide princesse Anna, partie en voyage aux côtés de Kristoff le montagnard, de Sven, son fidèle renne, et d'un drôle de bonhomme de neige nommé Olaf, afin de retrouver sa sœur, Elsa, exilée aux pouvoirs glacials, qui a accidentellement plongé le royaume d'Arendelle dans un hiver éternel.

La Reine des neiges a connu plusieurs intrigues depuis des années, avant d'être commandé en 2011 avec un scénario écrit par Jennifer Lee, également co-réalisatrice avec Chris Buck, les voix d'Idina Menzel, Kristen Bell, Jonathan Groff, Josh Gad et Santino Fontana (respectivement doublés en français par Anaïs Delva, Emmylou Homs, Donald Reignoux, Dany Boon et Guillaume Beaujolais). Les chansons ont été composées et écrites par Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez ; la musique orchestrale par Christophe Beck (Paperman). Il a reçu un accueil critique très positif et connu un grand succès. Certaines critiques considèrent La Reine des neiges comme le meilleur film d'animation musical de Disney depuis l'ère de la Renaissance Disney. Il s'agit du plus grand succès de tous les temps pour un film d'animation dépassant contre toute attente le milliard de dollars de recettes de Toy Story 3. Le film a été largement récompensé, comme aux Annie Awards 2014, aux Oscars du cinéma 2014 et aux Golden Globes 2014 comme meilleur film d'animation. Idina Menzel a également été saluée pour la chanson Let It Go.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Elsa et Anna sont les deux princesses du royaume d'Arendelle. Elsa, l'aînée, possède un puissant pouvoir : celui de contrôler la neige et la glace. Toutefois, son don n'est connu que de ses parents et de sa sœur car elle serait considérée comme une sorcière aux yeux des habitants du royaume. Ce n'est que la nuit que la princesse peut laisser exprimer ses pouvoirs dans le château en transformant la salle du trône en pièce enneigée. Plusieurs fois, elle et Anna s'amusent de cette magie jusqu'à ce qu'Elsa blesse accidentellement sa sœur à la tête. Le roi et la reine partent immédiatement voir les trolls dont leur roi est capable de guérir Anna. Par sécurité, il décide de retirer plusieurs de ses souvenirs afin qu'elle oublie les pouvoirs de sa sœur. Il met ensuite en garde Elsa sur ses pouvoirs et lui conseille d'apprendre à les contrôler, car la peur, l'émotion et l'angoisse risquent de les lui faire utiliser inconsciemment.

Une fois rentrés au château, le nombre de domestiques est réduit au strict minimum et les portes fermées afin d'isoler les princesses au maximum. Ne se souvenant que des moments de joie passés avec son aînée, Anna est surprise d'être ignorée d'elle. Elsa reste en permanence dans sa chambre pour contrôler ses pouvoirs. Une fois les petites princesses devenues adolescentes, le roi et la reine partent pour un voyage mais font naufrage au milieu de l'océan. Cette nouvelle fait resurgir inconsciemment les pouvoirs d'Elsa, forçant les princesses à faire leur deuil chacune de leur côté.

Trois ans plus tard, Elsa doit être couronnée pour succéder à son père. Heureuse de pouvoir sortir du château depuis longtemps, Anna rencontre le prince Hans suite à un léger choc avec le cheval de ce dernier. Elsa réussit tant bien que mal à gérer la pression de la cérémonie et à contenir ses pouvoirs. Durant le bal qui suit, les deux sœurs font la connaissance du Duc de Weselton, qui détient le plus grand nombre de contrats commerciaux avec le royaume. Elles commencent à retrouver leur complicité d'autrefois mais Elsa se renferme subitement. Anna, effondrée, retrouve Hans et chacun semble éprouver des sentiments l'un envers l'autre et finalement, le prince des îles du Sud demande Anna en mariage qui accepte mais veut malgré tout avoir la bénédiction d'Elsa. Cette dernière refuse, en disant qu'on n'épouse pas un homme que l'on vient de rencontrer. Ne comprenant pas sa réaction, Anna tente de savoir pourquoi sa sœur se comporte avec elle de cette manière depuis tant d'années. Dépassée par la tournure que prennent les événements, Elsa tente de mettre fin au bal mais finit par perdre le contrôle de ses pouvoirs. Elle est aussitôt accusée d'être une sorcière par le duc de Weselton et, paniquée, fuit vers les montagnes du Nord. Sur place, heureuse de ne plus avoir à contenir ses pouvoirs, elle laisse exploser sa joie en construisant un palais de glace. Elle crée aussi le personnage d'Olaf mais ignore qu'elle a malencontreusement plongé le royaume dans un hiver glacial. Se sentant responsable de son départ et de la situation, Anna décide de la retrouver et de la ramener. Elle part à sa recherche après avoir désigné Hans comme régent pendant son absence.

Avec son propre cheval, elle parcourt plusieurs kilomètres avant que l'animal ne fuie. Elle finit par trouver un magasin dans les bois où elle achète des bottes et rencontre Kristoff, un montagnard livrant de la glace, qui lui apprend qu'une gigantesque tempête s'est produite dans les montagnes du nord. Anna le convainc de l'emmener jusqu'aux montagnes en achetant les carottes et les cordes qu'il ne pouvait payer. Avec son renne Sven et son traîneau, ils partent dans la nuit et Anna lui apprend ce qui s'est passé au royaume. Ils échappent ensuite à une meute de loups et doivent continuer à pied. Dans une clairière, ils trouvent un bonhomme de neige, Olaf, qui rêve par dessus tout de voir un jour l'été et qu'Anna reconnaît comme celui qu'Elsa et elle faisaient autrefois. Elle comprend qu'Olaf a été indirectement créé par Elsa et ses pouvoirs, et lui demande de les mener jusqu'à elle. Pendant ce temps, le cheval d'Anna est revenu au château, ce qui pousse Hans à mener une expédition pour retrouver la reine et la princesse. Le duc de Weselton charge discrètement ses deux hommes de partir avec Hans et de tuer Elsa une fois qu'elle sera retrouvée.

Anna retrouve Elsa dans son palais et essaye de la raisonner en expliquant ce qu'elle a provoqué mais cela ne fait que réveiller les peurs d'Elsa et, prise de panique, blesse une nouvelle fois sa sœur sans le vouloir. Convaincue qu'elle est un danger pour tout le monde, elle invoque un bonhomme de neige géant pour chasser Anna, Kristoff, Sven et Olaf de son palais. Toutefois, Kristoff remarque que les cheveux d'Anna deviennent blancs et qu'elle devient glacée et décide de l'emmener à sa famille pour la guérir. De son côté, Hans arrive lui aussi au palais de glace et son équipe est stoppée par le bonhomme de neige géant. Les hommes de Weselton profitent de la confusion pour fausser compagnie au groupe et entrer dans le palais où ils engagent un combat avec Elsa. Hans parvient finalement à faire chuter le monstre de neige et arrive dans la chambre d'Elsa au moment où cette dernière s'apprête à tuer ses agresseurs après les avoir mis à terre. Hans la convainc de ne pas leur dévoiler le monstre qu'elle n'est pas. L'un d'entre eux parvient malgré tout à mettre en joue Elsa avec son arbalète mais son tir est dévié de justesse par Hans. La flèche fait tomber le lustre de glace qui manque d'écraser Elsa, qui tombe inconsciente.

Kristoff arrive à emmener Anna jusqu'à sa famille adoptive qui sont en fait les trolls du début de l'histoire. Ils pensent au début que Kristoff leur présente sa future femme, ce à quoi le montagnard et Anna semblent gênés. Le sérieux revient lorsque le roi ausculte la princesse et lui apprend qu'il ne peut la guérir car elle a été touchée au cœur et qu'elle va bientôt se changer en statue de glace. Le seul remède à ce mauvais sort est un geste d'amour sincère. Kristoff décide de ramener Anna à Hans afin qu'il puisse l'embrasser et rompre le sort. Elsa se réveille dans les cachots de son château où Hans lui apprend qu'Anna est introuvable. La Reine des neiges lui demande de la libérer.

Kristoff ramène Anna à temps au château et la confie à contrecœur aux domestiques qui la ramènent à Hans. Seule avec lui, elle l'informe du mal qui l'atteint et le remède pour le guérir. Alors que Hans va l'embrasser, faisant ainsi le geste d'amour sincère, il révèle qu'il n'a jamais été amoureux d'elle mais voulait l'épouser pour devenir roi d'Arendelle. En effet, étant le dernier de sa fratrie, il n'a quasiment aucune chance d'avoir un jour accès au trône de son royaume. Il a ainsi joué la comédie pour la mettre en confiance, elle, Elsa et tous les autres dignitaires. Il enferme Anna dans la pièce où ils étaient et affirme aux dignitaires qu'elle est morte peu de temps après leur mariage et ordonne « à contrecœur » l'exécution d'Elsa. Cette dernière, ne parvenant toujours pas à maîtriser son pouvoir, parvient à s'échapper mais provoque une gigantesque tempête. Kristoff remarque la tempête et repart vers le château pour retrouver Anna. Elle est secourue par Olaf et comprend grâce à lui que Kristoff était amoureux d'elle.

Ils parviennent dehors au cœur de la tempête où Olaf est emporté par le vent. Elsa, perdue elle aussi dans le cataclysme, tombe sur Hans qui lui apprend qu'elle a indirectement tué sa sœur avec son pouvoir. Anéantie, Elsa fond en larmes, arrêtant la tempête. Kristoff est parvenu à retrouver Anna mais avec l'arrêt de la tempête elle aperçoit Hans, épée à la main, qui s'apprête à achever Elsa. Alors qu'elle se dirigeait vers Kristoff, elle court vers son aînée et se met sur la trajectoire de l'épée de Hans. Elle se transforme alors en statue de glace au même moment, brisant la lame du prince et le rejetant en arrière. Elsa se rend compte du sacrifice de sa sœur et s'effondre à nouveau devant Olaf, Sven et Kristoff, dépité lui aussi de ne pas avoir pu sauver Anna à temps. Mais à la surprise générale, Anna reprend forme humaine, comprenant qu'en sauvant Elsa, elle a elle-même fait un geste d'amour sincère et retiré le propre mal qu'elle avait en elle. Elsa se rend également compte que c'est grâce à l'amour qu'elle peut pleinement contrôler ses pouvoirs. Elle annule ainsi l'hiver régnant sur le royaume. Toutefois, Olaf, ravi de voir enfin l'été, commence à fondre mais Elsa lui crée sa tempête de neiges personnelle. Plus tard, Hans est renvoyé dans son royaume où ses frères l'attendent et tous les contrats signés avec Weselton sont rompus. En annulant l'hiver d'elle-même, Elsa retrouve la confiance de ses sujets et nomme Kristoff livreur de glace officiel du royaume. Ce dernier et Anna finissent par s'embrasser, s'avouant leur amour mutuel. Tous les sujets d'Arendelle sont alors réunis dans la cour du château, transformé pour l'occasion en patinoire par la reine des neiges, désormais confiante et totalement maîtresse de ses pouvoirs.

Présentation des personnages[modifier | modifier le code]

  • Anna, en plus d'être la princesse et petite sœur de la reine d'Arendelle, est avant tout une jeune fille qui ne réfléchit pas toujours avant d'agir. Elle a passé la majorité de son enfance séparée de sa sœur sans savoir pourquoi. Pleine d'optimisme et d'attention, elle fera tout pour ramener Elsa qui s'est exilée après avoir malencontreusement répandu un hiver éternel sur le royaume et être accusée de sorcellerie. Ne lâchant rien, elle va se lancer dans une aventure au milieu d'un paysage glacial peu accueillant pour sauver le royaume et sa famille[1].
  • Kristoff est un montagnard, toujours suivi de Sven, son fidèle renne. Solitaire, sa famille est un groupe de trolls qui l'a adopté alors qu'il était tout jeune et qu'il appelle les spécialistes de l'amour. Son métier : récolter et vendre la glace au royaume d'Arendelle ; cela tourne au cauchemar lorsqu'un mystérieux hiver s'abat sur le royaume en plein été. Résolu à trouver la raison de ce froid inattendu, il part en direction des montagnes, où il va croiser en chemin Anna[2].
  • Olaf, créé par Elsa, est sans doute le plus chaleureux et drôle des bonhommes de neige. Il aime les gros câlins et a un rêve fou, celui de découvrir la chaleur de l'été. Il va alors tout faire pour aider Anna et Kristoff dans leurs aventures[3].
  • Elsa est la reine d'Arendelle et grande sœur d'Anna. Elle semble majestueuse et réservée, mais elle vit en réalité dans la peur, hantée par le matin où elle a failli tuer sa sœur à cause de ses pouvoirs. Elle a tout fait pour les cacher et essayer de les maîtriser, mais elle ne peut les contenir le soir de son couronnement. Accusée de sorcellerie, elle fuit hors du royaume et ses fortes émotions déclenchent un hiver éternel sur Arendelle. Ne pouvant elle-même l'arrêter, elle est convaincue d'être un monstre destiné à la solitude et que personne ne peut l'aider[4].
  • Sven, fidèle renne de Kristoff, est aussi sa deuxième moitié de conscience. Il est toujours là pour lui et le soutient sans avoir à dire un mot, mais là n'est pas le problème : Kristoff s'en tire très bien en parlant pour lui, prenant une voix plus ridicule que réaliste[5].
  • Hans est le treizième prince des îles du Sud. Il tombe à pic lorsqu'Anna sort du château pour la première fois. Séduisant et charmeur, il lui promet de ne jamais lui claquer la porte au nez et il sait de quoi il parle : ses frères lui ont fait croire pendant un temps qu'il était invisible en l'ignorant. Il se pourrait bien qu'il soit l'homme idéal pour elle[6].
  • Le Duc de Weselton, plus ambitieux que grand, est bien décidé à nouer des liens forts avec la nouvelle reine d'Arendelle pour faire fleurir son commerce. Il n'hésitera cependant pas à la traiter de monstre et de sorcière lorsque sa magie est dévoilée pour retourner le royaume contre elle, car tous les coups sont permis, pourvu que l'on gagne à la fin. En plus, il déteste que l'on écorche son nom[7].
  • Guimauve est un énorme et brutal bonhomme de neige, créé aussi par Elsa, mais bien moins amical qu'Olaf. Il est chargé de garder la porte du palais de glace de la Reine des neiges[8].
  • Oaken, directeur d'un magasin perdu au milieu de la forêt (avec sauna), a le cœur sur la main et accueille les clients à bras ouverts dans son magasin, malgré le stock d'été dont il ne sait que faire avec cet hiver inattendu. Il se montre alors inflexible quant aux prix de ses articles et ne supporte pas d'être accusé d'escroquerie[9].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Le producteur Peter Del Vecho accompagné des réalisateurs et coauteurs Jennifer Lee et Chris Buck lors de l'avant-première du film au El Capitan Theatre, le 19 novembre 2013.

Sources : IMDb et Allociné.

Distribution[modifier | modifier le code]

Voix originales[modifier | modifier le code]

Sources : IMDb et Allociné sauf référence spécifiée. Les informations entre crochets sont données en plus sur IMDb.

Voix françaises[modifier | modifier le code]

Source : Cinécoulisses[15] sauf référence spécifiée. Version française réalisée par Dubbing Brothers ; direction artistique : Ninou Fratellini ; adaptation dialogues et chansons : Houria Belhadji, direction des chansons : Claude Lombard.

Voix québécoises[modifier | modifier le code]

Chansons du film[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Chris Buck, Jennifer Lee et Peter Del Vecho aux Annie Awards 2014.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Sorties cinéma[modifier | modifier le code]

Premières nationales[modifier | modifier le code]

Source : IMDb (liste non exhaustive).

Développement[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

La Reine des neiges

Dès 1937, Walt Disney a essayé d'adapter le conte de fées La Reine des neiges de Hans Christian Andersen en un film. L'intrigue concernait en particulier deux enfants : Gerda, qui a servi à créer le personnage d'Anna, et Kai, qui est « maudit avec négativité », après que son cœur a été transpercé par un éclat de glace venant d'un miroir enchanté. Il est ensuite enlevé par la Reine des neiges[17] . Cependant, Disney essaya de créer une adaptation vraisemblable du personnage[18], à l'époque envisagé comme l'ennemi de l'intrigue[19]. Dans l'histoire, elle est décrite comme « une femme, vêtue de vêtements de gaze blanche, semblables à des millions de flocons de neige étoilés liés les uns aux autres. Elle était blonde et belle, mais faite de glace — glace aveuglante et scintillante. Pourtant, elle était vivante et ses yeux brillaient comme des étoiles lumineuses, mais il n'y avait ni paix, ni repos dans leur regard[18] ». Disney fut incapable de trouver un moyen de rendre la Reine des neiges plus réelle et abandonna le film[18].

Nouvelles tentatives[modifier | modifier le code]

« La version d'origine de La Reine des neiges d'Andersen est un conte plutôt sombre et difficile à transposer dans un film. Pour nous, le déclic est venu quand nous avons essayé de donner de vrais qualités humaines à la Reine des neiges. Quand nous avons décidé de faire d'Elsa la sœur de d'Anna, la protagoniste, cela a permis de mieux s'identifier au personnage à travers les épreuves que chacun traverse et de concerner le public d'aujourd'hui. Ce film a beaucoup de personnages compliqués et des relations complexes. Il y a des moments où Elsa fait de très mauvaises choses mais quand vous comprenez d'où ça vient, de son désir de se défendre, vous pouvez toujours vous identifier à elle. "Inspiré de' correspond bien à ce que nous faisons. Il y a de la neige, il y a de la glace, il y a une reine, mais à part ça, on s'éloigne un peu. Nous essayons vraiment d'apporter la portée et l'ampleur que vous attendez mais d'une manière dont nous pouvons comprendre et s'identifier aux personnages. »
— Peter Del Vecho, producteur, à propos des difficultés à adapter La Reine des neiges.

Après avoir adapté en 1989 le célèbre conte d'Andersen La Petite sirène (Renaissance Disney), les studios Disney lancent en 2001 les premières rumeurs de l'adaptation de La Reine des neiges. Le projet est confié à Gaëtan et Paul Brizzi, puis à Dick Zondag et Dave Goetz, mais ils ont tous échoué[18] et Disney met une nouvelle fois fin au projet[a 1]. Pendant une de ces tentatives, Michael Eisner, à l'époque président directeur général de la Walt Disney Company a offert son aide au projet et a suggéré de le réaliser avec John Lasseter chez Pixar après le renouvellement de contrat entre les deux entreprises qui était attendu. Malheureusement, les négociations ont été interrompues en janvier 2004 et le contrat n'a jamais été renouvelé. C'est en 2006 que Bob Iger, le successeur de Michael Eisner, a négocié le rachat de Pixar par Disney pour 7,4 milliards de dollars et John Lasseter a été promu directeur chargé de la création dans l'animation pour Pixar et Disney.

En 2008, John Lasseter a demandé à Chris Buck de revenir aux studios d'animation Disney pour lesquels il avait co-réalisé Tarzan (1999), il était alors chez Sony Pictures Animation où il avait co-réalisé Les Rois de la glisse (2007), film qui a reçu un Oscar. Il a finalement accepté et lui a fait part de plusieurs de ses idées, dont certaines sur La Reine des neiges[a 2]. Chris Buck a plus tard révélé que son inspiration initiale ne concernait pas le conte d'Andersen en lui-même, mais qu'il voulait plutôt « donner une autre définition du grand amour ». Il a ajouté : « Disney a déjà fait le "embrassée par un prince charmant", donc je me suis dit qu'il était temps de faire quelque chose de nouveau[20]. ». Il s'est avéré que John Lasseter avait été intéressé par La Reine des neiges depuis très longtemps. Pendant qu'il travaillait sur le film Pixar Toy Story dans les années 1990, il a regardé et a été épaté par certains éléments de pré-production des anciennes tentatives de Disney[a 3]. Le développement a commencé sous le nom de Anna and the Snow Queen (« Anna et la Reine des neiges ») et était destiné à être en animation traditionnelle (comme La Princesse et la Grenouille). Selon Josh Gad (Olaf), c'est John Lasseter qui a été impliqué le plus tôt dans le projet ; la trame était encore similaire au conte d'Andersen et Elsa allait être interprétée par Megan Mullally[21]. Début 2010, l'équipe a rencontré de grandes difficultés à son tour pour faire marcher l'histoire et le personnage de la Reine des neiges, le projet a été à nouveau suspendu[22],[23].

Redynamisation[modifier | modifier le code]

Le 22 décembre 2011, on apprend finalement que le film est à nouveau sur les rails ; après le succès de Raiponce, Disney a annoncé la date de sortie du film : le 27 novembre 2013, sous le nom de Frozen (« Gelée »)[24]. Un mois plus tard, les studios révèlent que le film sera en images de synthèse en stéréoscopie 3D[25]. Les auteurs et compositeurs Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez ont rejoint le projet et ont commencé l'écriture des chansons en janvier 2012[26] ; il est annoncé le 5 mars 2012 que le film est réalisé par Chris Buck et produit par John Lasseter et Peter Del Vecho[27].

Après que la décision de relancer le développement de La Reine des neiges, une des épreuves que Chris Buck et Peter Del Vecho devaient surmonter était l'écriture du personnage de la Reine des neiges qui était encore antagoniste dans leurs premières ébauches du scénario[18]. Les studios Disney ont une tradition qui consiste à projeter les films d'animation en développement toutes les douze semaines et à tenir de longues « sessions de notes » durant lesquelles des réalisateurs et scénaristes de différents projets critiquent le travail de chacun[28],[29],[30].

Chris Buck et Peter Del Vecho ont présenté la maquette du film à John Lasseter et toute l'équipe de production a assisté à une conférence pour entendre son opinions et ses idées sur le projet[18]. Le directeur artistique Michael Giaimo a plus tard reconnu John Lasseter comme celui qui a « changé la donne » sur le film. Il a raconté : « Je me souviens de John disant que la dernière version de l'histoire de La Reine des neiges apportée par Chris Buck et son équipe est très drôle et pleine de légèreté. Mais les personnages n'étaient pas assez parlants. Ils étaient trop simples. C'est pour ça que John pensait que le public ne serait pas capable de s'identifier à eux[18]. »

L'équipe de production s'est ensuite occupée des problèmes du film en essayant d'apporter diverse modifications à l'histoire jusqu'à ce que les personnage et l'histoire paraissent plus pertinents. À ce moment, ce qui a permis d'avancer a été la décision de réécrire la protagoniste, Anna, qui était inspirée de Gerda de La Reine des neiges, comme la petite sœur d'Elsa. Une dynamique familiale a ainsi été établie entre les deux personnages[18],[31], ce qui était assez inhabituel, dans la mesure où les relations entre deux sœurs ne constituent que rarement l'élément principal de l'intrigue dans les films d'animation américains, hormis Lilo et Stitch (2002)[a 4]. Afin de bien explorer en profondeur les seules dynamiques d'une telle relation, Disney a organisé un « Sommet des Sœurs » auquel les femmes qui travaillaient aux studios et qui ont grandi avec une sœur ont été interrogées sur leurs relations avec elles[a 5].

Écriture[modifier | modifier le code]

Le réalisateur, Chris Buck a été rejoint en mars 2012 Jennifer Lee, scénariste des Mondes de Ralph (2012)[32]. Elle avait été appelée par Peter Del Vecho[33],[34] et a expliqué qu'elle observait d'autres projets alors que Les Mondes de Ralph était presque achevé. « Nous étions d'accord à propos de beaucoup de choses, a-t-elle ajouté[35]. »

Selon Jennifer Lee, certains concepts principaux étaient déjà présents depuis les premiers travaux de Chris Buck et Peter Del Vecho, comme l'accroche du « cœur gelé » : « C'était un concept, mais aussi une phrase d'accroche : "Un acte de grand amour fera fondre un cœur gelé[35]." » Ils savaient déjà que la fin impliquerai le grand amour dans le sens de l'attachement entre les deux sœurs, et non de l'idylle. Elle a ajouté : « Nous ne savions ni comment ni pourquoi, mais Anna allait sauver Elsa[35]. » Jennifer Lee a raconté que Edwin Catmull, le président des Walt Disney Animation Studios lui avait donné des directives sur le dénouement du film : « Avant toute chose, peu importe ce que vous avez à faire dans l'histoire, faites le ; mais faites le bien, ce dénouement. Si vous y arrivez, ce sera super. Sinon, ce sera nul[28]. »

Avant que Jennifer Lee rejoigne le projet, un autre scénariste avait effectué un premier passage du script et les auteurs compositeurs Lopez ont essayé de composer des chansons qui correspondraient avec ce script mais aucune ne fonctionnait et elles ont toutes été enlevées[26]. Le script a ensuite « complètement implosé », ce qui a donné aux auteurs compositeurs l'opportunité de « mettre un peu de [leur] ADN » dans le nouveau script que Jennifer Lee était en train d'écrire[26]. L'équipe de production a donc « complètement recommencé et... avait 17 mois », ce qui impliquait un « planning intense », et « beaucoup de décisions devaient être prises rapidement »[35].

Évolution et personnages[modifier | modifier le code]

« Lorsqu'Anna est maudite par son ex-sœur, la froide Reine des neiges, son seul espoir de vaincre son sort est de survivre à un périlleux mais aussi palpitant voyage à travers un escarpé et dangereux paysage de glace. Rejoint par un homme robuste à la recherche de sensations fortes, son renne à un bois et un bonhomme de neige malchanceux, Anna doit entamer une course contre la montre, combattre les éléments et une armée de bonhommes de neige menaçants, si elle espère pouvoir faire fondre son cœur gelé. »
Synopsis du film publié en mai 2013 par Disney[36].

Les premières versions du scénario sont bien différentes de la version finale. Dans le premier script que les auteurs compositeurs Lopez ont vu, Elsa était maléfique dès le début : elle enlevait Anna lors de son mariage avec l'intention de geler son cœur, puis revenait à la fin au royaume avec une armée de bonhommes de neige afin d'envahir la ville et pour geler définitivement le cœur d'Anna[26]. Quand Jennifer Lee a rejoint l'équipe, dans le premier acte, Elsa gelait le cœur d'Anna grâce à ses pouvoirs ; dans le second, Anna essayait de rejoindre Hans pour l'embrasser et la Reine des neiges tentait de l'arrêter. Chris Buck a ensuite révélé que l'histoire originale rendait Anna attachante en se concentrant sur sa frustration de n'être que la cadette de l'héritière Elsa[37]. Il y avait aussi un rythme différent, dans la mesure où il s'agissait plus d'un film d'action et d'aventure, plutôt que d'une comédie ou d'un film musical[33].

Elsa[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Elsa.

La composition de la chanson Let It Go par les auteurs compositeurs Lopez fut une avancée majeure car elle a forcé l'équipe à revoir Elsa et à la réécrire en un personnage plus attachant, vulnérable et complexe[31]. Les auteurs compositeurs ne parlaient plus de « méchant » mais « d'une fille apeurée qui essaie de contrôler ses pouvoirs[38] ». Jennifer Lee a ajouté : « Bobby [Robert Lopez] et Kristen [Anderson-Lopez] ont raconté qu'ils marchaient au Prospect Park et ils ont commencé à se demander ce que l'on ressentirait [si on était Elsa]. Oubliez la "méchante". Juste ce que l'on ressentirait. Et il y a aussi ce concept de libérer qui elle est, ce qu'elle a gardé caché pendant tout ce temps et maintenant, elle est seule et libre. Le côté négatif est qu'elle est seule, justement. Ce n'est pas parfait, mais c'est puissant[35]. » Peter Del Vecho a expliqué que Let It Go a changé Elsa en quelqu'un de « contrôlée par la peur contrairement à Anna qui est dirigée par son amour porté aux autres et par son instinct », ce qui a conduit Jennifer Lee à réécrire le premier acte, puis l'histoire toute entière. « Nous tenions enfin le film et nous avions saisi les bons personnages[30]. »

Alors qu'elle était encore envisagée comme ennemie, son apparence était inspirée d'Amy Winehouse, avec une coiffure gonflante, et des changements soudains d'humeurs[39]. Elle devait ressembler à une sorcière Disney, avec des cheveux noirs hérissés. Après sa réécriture en protagoniste, elle a été allégée[40]. Contrairement à Anna, elle représente la peur, qui explique sa retenue et son élégance forcées[41].

Hans[modifier | modifier le code]

Une autre avancée majeure fut le retournement final avec la révélation de Hans en antagoniste juste à la fin du film[30]. Il n'existait pas dans les premières ébauches du scénario, il a été ensuite introduit en tant qu'auxiliaire puis était destiné à être révélé en tant qu'ennemi bien en amont dans l'intrigue[30]. Peter Del Vecho a expliqué : « Nous avons réalisé que le plus important, si nous devions faire un dénouement si inattendu, était de faire croire à un moment que Hans était la solution... mais il ne l'est pas, c'est Kristoff... Si vous pouvez faire croire au public qu'ils ont tout compris, vous les surprendre encore davantage en lui montrant qu'il n'en est rien[30]. » Selon Hyrum Osmond, un des superviseurs en animation de Hans, il apparaît au début comme un personnage beau et élégant. L'équipe voulait que le public tombe amoureux de lui et de la relation qu'il pourrait avoir avec Anna. Ils sont parvenus à le retourner au bon moment pour produire un grand choc[42]. Jennifer Lee a reconnu que Hans a été écrit comme un psychopathe avec un esprit tordu dans la version finale[35]. Par exemple, Hans imite les comportements des autres personnages : « Il reflète Anna et il est niais avec elle (...) Le Duc de Weselton est un abruti, il l'est donc en retour. Et avec Elsa c'est un héros[35]. » Selon Lino Di Salvo, Hans est un caméléon qui s'adapte à tous les environnements pour gagner la confiance des personnages[42]. Il a été difficile d’établir les bases du retournement tardif d'Anna vers Kristoff sans rendre la trahison de Hans trop prévisible. Le public devait « ressentir les émotions d'Anna sans tout à fait les comprendre, car au moment où les spectateurs comprennent, l'effet de surprise est perdu[35]. »

Anna[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Anna.

Jennifer Lee devait surmonter cette idée par l'écriture de la personnalité d'Anna. Certains de ses collègues lui ont suggéré qu'elle devait être plus dysfonctionnelle et codépendante comme Vanellope von Schweetz dans Les Mondes de Ralph[33]. Elle n'était pas d'accord sur ce point, mais il lui a fallu presque un an pour bien formuler de manière convaincante « le parcours d'Anna. Ni plus ni moins[35]. » A la fin, Jennifer Lee a proposé que le parcours d'Anna devrait être présenté comme une simple histoire de passage à la majorité : « Elle a au début un point de vue naïf sur la vie et l'amour parce qu'elle est seule, puis elle acquiert une vision sophistiquée et mature de l'amour : elle est capable de l'amour extrême, le sacrifice[33]. » Cependant elle a aussi dû abandonner certaines idées qu'elle appréciait, comme une scène qui présenterait la relation entre les deux sœurs lorsqu’elles sont adolescente, mais ce n'était pas pertinent car il fallait maintenir la séparation entre Elsa et Anna[33].

Afin de construire la relation entre les deux sœurs, Jennifer Lee a puisé son inspiration dans sa propre relation avec sa sœur aînée[35],[43]. Elle a raconté qu'elle était « une grande inspiration pour Elsa[35] », elle l'appelait « mon Elsa » et était avec elle sur le tapis rouge à la 86e cérémonie des Oscars[29]. Elle a continué : « Devoir se couper l'une de l'autre, puis se redécouvrir en tant qu'adultes, ce fut une grande partie de ma vie[35]. » Le problème de savoir comment exactement Anna allait sauver Elsa au climax du film a été résolu par le scénariste John Ripa. À la réunion scénaristique où il a exposé son point de vue sur l'histoire, personne n'a répondu ; John Lasseter a fini par dire : « Je n'avais encore jamais rien vu de tel. », puis tout le monde s'est levé pour applaudir[a 6].

Anna est un personnage décrit par Kristen Bell comme plutôt maladroite, « pas très élégante », mais déterminée. Jennifer Lee a ajouté qu'elle représente l'amour : pleine d'optimisme et avec un grand cœur, ce à quoi Chris Buck a renchéri que « sa personnalité est juste tellement drôle et énergique »[44]. Son design est similaire à celui des héroïnes Disney, notamment à l'apparence de Raiponce (grands yeux, lèvres minces, petit nez, carrure menue)[45].

Olaf[modifier | modifier le code]

L'équipe de production a aussi transformé Olaf qui était un faire-valoir détestable d'Elsa, en un faire-valoir comique d'Anna qui représente l'amour innocent que partageaient les personnages quand elles étaient jeunes[46]. À l'origine, il était l'un des gardes du château d'Elsa quand le concept de La Reine des neiges créant une légion de bonhommes de neige était encore d'actualité[47],[48]. Chris Buck a expliqué : « Nous avons toujours discuter de la façon dont Elsa allait essayer d'apprendre ses pouvoirs. Alors, nous nous sommes dit qu'il pourrrait être comme sa première crêpe. Vous savez, ces premières crêpes ratées que vous jetez à la poubelle, c'est Olaf. Olaf était sa première crêpe. » La première réaction de Jennifer Lee face à la première version « méchante » d'Olaf a été « Tuez le p* de bonhomme de neige » et elle a trouvé que ce personnage était de loin « le plus dur à traiter[35] ». Pour qu'il ne devienne trop complexe, les réalisateurs ont voulu qu'il ait une innocence enfantine[47], innocence que l'on retrouve par exemple dans le fait qu'il veuille à tout pris découvrir la chaleur et l'été[49]. Olaf est un des personnages les plus drôles du film grâce notamment au fait que les parties de son corps peuvent se détacher. Chris Buck a raconté : « La partie drôle d'Olaf, nous avons appris très tôt que ses parties pourraient se détacher et nous voulions pleinement profiter de cela. Vous le verrez dans le film, ça arrive toujours d'une façon surprenante. »[50] Peter Del Vecho a ajouté : « Olaf est devenu une sorte de personnage de bande dessinée et les animateurs s'amusent à l'animer. [...] C'est le seul personnage que nous pouvons jeter d'une falaise et faire revenir encore en vie et heureux. »[49]

Autres personnages[modifier | modifier le code]

Le premier acte comportait plus de détails dans les premières ébauches, avec par exemple un troll avec un accent de Brooklyn qui aurait expliqué les origines des pouvoirs d'Elsa, et un régent pour qui Jennifer Lee espérait avoir comme comédien Louis C.K.[35]. Après que ces détails ont été complètement « sur-analysés », ils ont été retirés car ils auraient entraîné « une histoire beaucoup plus complexe que celle que nous nous sentions de rentrer dans un film d'une heure et demi[35]. » Peter Del Vecho a ajouté : « Plus on essayait d'expliquer les choses au début, plus ça devenait compliqué[51]. »

Production[modifier | modifier le code]

Doublage[modifier | modifier le code]

Kristen Bell, la voix d'Anna, avait déjà auditionné pour le film Raiponce et connaissait déjà Idina Menzel, qui y avait aussi participé[52]. Elle a été sélectionnée le 5 mars 2012[53] et a réalisé un rêve d'enfance qui lui paraissait impossible à l'époque. Jennifer Lee a expliqué qu'elle a notamment été choisie grâce à des enregistrements de chansons de La Petite Sirène qu'elle avait effectuées alors qu'elle était jeune[54]. Kristen Bell a terminé ses auditions alors qu'elle était enceinte et a par la suite réenregistré quelques parties de son personnage après son accouchement car sa voix s'était intensifiée[55]. Jennifer Lee a ajouté : « Elle a une voix tellement douce et chaleureuse ; tout ce que nous pouvions espérer pour Anna[56]. » Kristen Bell a été rappelé pour refaire des dialogues pour le film « probablement vingt fois », ce qui est normal pour les rôles principaux quand le scénario évolue souvent[57]. En ce qui concerne ses liens avec le rôle d'Anna, Kristen Bell a raconté avec enthousiasme qu'elle a « toujours rêvé d'être dans un déssin animé de Disney » depuis ses 5 ans[53], en ajoutant : « J'ai toujours aimé les dessins animés de Disney, mais il y avait quelque chose qui m'était inaccessible à propos des personnages féminins : leurs postures et leur manière de parler étaient trop soignées, et je sens que j'ai rendu [Anna] beaucoup plus attachante, maladroite, bizarre, décousue et excitante ; j'en suis très fière[58] . »

Après être sélectionnée pour l'album de la bande originale, Emmylou Homs a été choisie pour le rôle entier d'Anna en français. Le défi était de rester fidèle à l'interprétation de Kristen Bell tout en apportant sa touche personnelle[13].

Idina Menzel, une chanteuse expérimentée de Broadway a été choisie pour doubler Elsa. Après ses auditions pour Raiponce, elle a été appelé à auditionner pour La Reine des neiges avec Kristen Bell par Jamie Sparer Roberts, la directrice de casting de Raiponce, car elle avait conservé son ancienne prestation sur son iPhone[59]. Avant même qu'elles soient officiellement sélectionnées, Idina Menzel et Kristen Bell avaient profondément impressionné les réalisateurs et producteurs après une première lecture : après avoir lu le script du début à la fin, elles ont chanté Wind Beneath My Wings (en) en duo car la musique n'avait pas encore été composée[60],[31],[59] (Kristen Bell avait suggéré cette idée quand elle était chez Idina Menzel en Californie pour préparer la lecture[61],[59]). Les compositeurs étaient aussi présents ; Kristen Anderson-Lopez a raconté : « Lasseter était aux anges » pendant qu'Idina Menzel et Kristen Bell chantaient en harmonie, et à partir de ce moment, il a insisté : « Kristen Bell et Idina Menzel doivent être dans le film[26] ! » Lee a ajouté : « Elles ont chanté comme deux sœurs, elles n'ont laissé personne indifférent[30]. »

En français, c'est Anaïs Delva qui prête sa voix à Elsa, réalisant un rêve d'enfance et vivant une toute nouvelle expérience, bien différente des comédies musicales[62].

Entre décembre 2012 et juin 2013, la distribution des rôles a été annoncée, avec Jonathan Groff dans le rôle de Kristoff, Alan Tudyk dans le rôle du Duc de Weselton, Santino Fontata dans le rôle de Hans et Josh Gad dans le rôle d'Olaf[63]. Ce dernier a été récompensé aux Annie Awards pour son interprétation du personnage. Il se montrait extrêmement drôle et apportait de nombreuses améliorations durant les sessions d'enregistrement. Elles ont été enregistrées, et ont servi à réaliser les expressions faciales d'Olaf. En français, c'est Dany Boon qui double le personnage. Il le dit : « très touchant et très drôle. Il a des émotions et il les dit sans filtre. Instantanément, comme les enfants, en fait. », ce qui permet aux enfants de facilement s'identifier à lui. Chris Buck et Jennifer Lee disent que la réplique phare d'Olaf « I'm Olaf and I like warm hugs! » est également très touchante par Dany Boon : « Je m'appelle Olaf et j'aime les gros câlins...»[64]. Il fallait que les animateurs prennent plaisir à designer Olaf. Ils ont su tirer l'avantage du fait son corps pouvait se diviser en plusieurs parties en le rendant vraiment comique et inattendu ; par exemple le fait qu'il veuille à tout pris connaître l'été.

Animation[modifier | modifier le code]

Similaire à Raiponce, La Reine des neiges a employé un style artistique unique en combinant des dessins et croquis dessinés à la main avec des images de synthèse[65] (Computer-generated imagery (en)). Depuis le début, Chris Buck savait que Michael Giaimo était la meilleure personne qui pouvait reproduire le style qu'il avait à l'esprit et l'a persuadé de revenir chez Disney en tant que directeur artistique de La Reine des neiges[a 7]. Chris Buck, John Lasseter et Michael Giaimo étaient de vieux amis qui se sont rencontrés pour la première fois au California Institute of the Arts[a 7] et Giaimo avait déjà travaillé pour le film Pocahontas (1995) avec Buck en tant qu'animateur superviseur[66].

Pour créer l'apparence de La Reine des neiges, Michael Giaimo a commencé des recherches avant la production : il a lu beaucoup de livres sur la Scandinavie et a visité le ville de Solvang, près de Los Angeles, une ville à style danois, mais a fini par se concentrer essentiellement sur la Norvège car « 80 % » des visuels qui l'intéressaient était du style de ce pays[67] ; Disney a finalement financé trois voyages de recherches[68]. Les animateurs et les spécialistes en effets spéciaux se sont dispersés vers Jackson Hole (Wyoming) pour expérimenter la marche, la course et les chutes dans des épaisses couches de neige dans différents vêtements, notamment de longues jupes essayées par le personnel féminin et masculin[49],[67],[68],[69]. Pendant ce temps, les équipes de lumière et artistiques ont visité un hôtel de glace (Québec) pour étudier les phénomènes de réflexion et de réfraction sur la neige et la glace[51]. Enfin, Michael Giaimo et divers artistes ont voyagé à travers la Norvège pour trouver l'inspiration parmi les montagnes, les fjords, l'architecture et la culture[68],[70]. Peter Del Vecho a raconté : « Nous avions un planning très restreint pour ce film, notre objectif principal était d'avoir une bonne histoire, mais nous savions que John Lasseter avait à cœur l'idée de créer un monde vraisemblable avec des vrais matériaux, et encore une fois cela ne signifie pas que c'est un monde réaliste, mais un monde vraisemblable. Il était important de se rendre compte du cadre et de l'échelle de la Norvège et important pour nos animateurs de savoir à quoi ça ressemble. Il y a un réel sentiment de Lawrence d'Arabie là-dedans, a-t-il ajouté[71]. »

En 2012, pendant que Michael Giaimo, les animateurs et les artistes dirigeaient les recherches préparatoires et développaient l'aperçu visuel général du film, l'équipe de production travaillait toujours sur le scénario en essayant de le rendre toujours plus captivant et convaincant (comme expliqué ci-avant). Le problème n'était pas totalement résolu avant novembre 2012[a 8], et le script a eu ensuite besoin d'autres changements significatifs[51],[72]. Ainsi, le défi le plus « redoutable » qu'a rencontré l'équipe des animateurs avait un planning restreint : moins d'un an pour transformer le scénario de Jennifer Lee, encore en tain d'évoluer, en un véritable film[a 8]. D'autres films comme Toy Story 2 de Pixar ont été achevés avec un délai encore plus court, mais un délai plus court rime forcément avec « travail de nuit, heures supplémentaires et stress[a 8] ». Jennifer Lee a estimé le nombre d'employés dans l'équipe du film à environ 600-650 personnes, avec environ soixante-dix personnes sur l'éclairage et la lumière, plus de soixante-dix animateurs, ainsi qu'entre dix et quinze scénaristes[73].

Peter Del Vecho a expliqué l'organisation de l'équipe d'animation : « On a sur ce film des animateurs superviseurs pour des personnages spécifiques sous les ordres de directeurs de personnage. Il arrive que les animateurs eux-mêmes travaillent sur plusieurs personnages mais toujours sous une direction. Il me semble que c'était différent pour Raiponce, par exemple, mais nous faisons ce choix car nous voulions que chacun s'approprie pleinement son personnage pour le développer et de pouvoir transmettre cela à l'équipe. Hyrum Osmond, l'animateur d'Olaf est réservé mais a une personnalité un peu fofolle, nous savions qu'il apporterait beaucoup d'humour au personnage. Quant à l'animatrice d'Anna, Becky Bresee, c'est la première fois qu'elle dirige un personnage et nous voulions que ce soit Anna[49],[31],[74]. » Le professeur Warner Loughlin a aidé les animateurs à bien comprendre les personnages qu'ils étaient en train de créer[69]. Pour bien assimiler les émotions de chaque scène, certains animateurs les ont jouées eux-mêmes : « Je me filme en effet en train de jouer la scène et cela m'aide beaucoup, a raconté la superviseur Rebecca Wilson Breese. » Cela l'a aidé à découvrir des choses qui rendaient la scène plus réelle et vraisemblable[46]. L'animateur superviseur d'Elsa était Wayne Uten, qui a demandé ce personnage car il était fasciné par sa complexité[75]. Il a minutieusement développé ses expressions du visage pour bien faire ressortir sa peur et la contraster avec le caractère d'Anna[75]. Il a aussi observé les vidéos des enregistrements vocaux d'Idina Menzel pour animer la respiration d'Elsa[69].

Concernant l'aspect et la nature de la photographie, Michael Giaimo a beaucoup été influencé par le travail de Jack Cardiff dans Le Narcisse noir. Selon lui, cela a donné une hyper-réalité au film : « Parce que c'est un film avec une telle ampleur et nous devions nous inspirer des fjords norvégiens, je voulais vraiment étudier en profondeur. Du point de vue du design, depuis que je mettais l'accent sur les aspects horizontaux et verticaux, et sur ce que les fjords apportaient, c'était parfait[74]. » Le travail de Ted McCord dans La Mélodie du bonheur a aussi fortement influencé Michael Giaimo[74]. C'est également lui qui a eu l'idée de filmer La Reine des neiges en CinemaScope, ce qu'a approuvé John Lasseter[74]. Il voulait aussi s'assurer que le fjord, l'architecture et l'art populaire du rosemaling soient des facteurs importants dans la conception de l'environnement d'Arendelle. Michael Giaimo avait de l'expérience dans l'animation traditionnelle voulait incorporer des couleurs saturées, ce qui est habituellement malavisé en animation par ordinateur[76]. Un renne (nommé Sage) a été amené au studio pour permettre aux animateurs d'étudier ses mouvements afin de rendre Sven plus réaliste[77],[78].

Un autre problème important était celui des costumes. Michael Giaimo « [savait] dès le début » que La Reine des neiges allait être un film à costumes[a 9]. Pour réaliser son point de vue, il a appelé la designer Jean Gillmore pour qu'elle travaille en tant que « costumière[79] ». Alors que l'animation traditionnelle intègre simplement les éléments du design du costume avec ceux du personnage, l'animation par ordinateur considère le costume quasiment comme un autre objet à part entière avec ses propres propriétés et comportements (mouvements)[79]. Le film nécessitait aussi un niveau de précision encore jamais vu dans les détails et les finitions (boutons, tissus, couture, etc.). Jean Gillmore a expliqué que son approche générale était de combiner le style occidental des années 1840 avec les costumes populaires de Norvège aux alentours du XIXe siècle[79]. Cela impliquait l'utilisation de tissu en laine avec des accents de velours, de lin et de soie[a 10]. Pendant la production, Michael Giaimo et Jean Gillmore ont « couru de droite à gauche » dans divers rayons de ravitaillement pour utiliser de vrais échantillons comme références. Ils étaient capables d'utiliser la bibliothèque d'échantillons de tissus du studio comme le stock des divisions de costumes de Parcs Disney de Fullerton (Californie)[79]. Les artistes du développement visuel (artistes des textures) ont créé une simulation peinte digitale de l'apparence des surfaces, tandis que d'autres services s'occupaient des mouvements, des gréements et du poids, de l'épaisseur et de l'éclairage des animations des textiles[79].

Pendant la production, le titre original a changé de The Snow Queen (« La Reine des neiges ») à Frozen (« Gelée »), cette décision a suscité des comparaisons avec Tangled (« Emmêlés », titre original de Raiponce). Peter Del Vecho a expliqué que « le titre Frozen est venu indépendamment de l'autre film Disney, Tangled. C'est parce que, pour nous, cela représente le film. Frozen joue sur le niveau de la glace et de la neige, mais aussi sur la relation "gelée" entre les deux sœurs et sur le cœur gelé qu'il faut faire fondre. ». Il a aussi ajouté que le film conservait son titre original dans certains pays « car c'est plus fort dans certains pays que Frozen. Peut-être y a-t-il une richesse sur La Reine des neiges dans l'héritage de certains pays et qu'ils voulaient la mettre en avant[49]. » En français, il était prévu que le titre soit Frozen : La Reine des neiges, il a été finalement simplifié en La Reine des neiges[80].

Progrès techniques[modifier | modifier le code]

Le studio a développé divers outils pour générer des prises de plus en plus réalistes et vraisemblables, en particulier la neige épaisse et son interaction avec les personnages. Disney voulait un outil « universel » et organique pour effectuer des effets sur la neige sans avoir à jongler entre plusieurs méthodes[81]. Un certain nombre d'artistes Disney se sont rendus au Wyoming pour expérimenter la marche dans la neige épaisse[67]. Le docteur Kenneth Libbrecht, un professeur de l'Institut de technologie de Californie, a été invité pour faire des conférences à l'équipe des effets spéciaux sur la manière dont la neige et la glace se forment, et pourquoi les flocons de neige sont uniques[67]. En utilisant ces connaissances, l'équipe a réalisé un générateur de flocons de neige qui a permis de créer deux mille formes de flocons de neige différentes pour le film[46].

Un autre défi que devait relever le studio était de produire de la neige qui interagissait avec les personnages et qui avait un aspect collant réaliste[81]. Selon le principal ingénieur logiciel Andrew Selle, « La neige n'est ni vraiment un fluide, ni vraiment un solide. Elle se désagrège. Elle peut se compresser en boules de neige. Tous ces effets sont très difficile à saisir en même temps[67]. » Afin de surmonter cela, les ingénieurs logiciel ont utilisé de la physique et des mathématiques avancés (Material Point Method (en)) avec l'aide de mathématiciens de l'Université de Californie à Los Angeles[82],[83] afin de créer un logiciel de simulation de neige appelé Matterhorn. Il était capable de représenter de la neige réaliste dans un environnement virtuel et a été utilisé au moins dans quarante-trois scènes dont certaines séquences clé[31],[81],[82],[84]. L'ingénieur logiciel Alexey Stomakhin a fait référence à la neige comme un « un personnage important dans le film », cela a donc attiré l'attention des cinéastes[67]. Andrew Selle a expliqué : « Quand vous étirez la neige, elle se casse en morceaux. Tant qu'elle n'a pas de connexion, il n'y a pas de maille, la neige peut se casser très facilement. Cela a donc été une propriété importante dont nous avons profité. [...] Ici, vous voyez Kristoff en train de marcher dans la neige, ses empreintes cassent la neige en petits morceaux. Là, vous voyez Anna sortir et la neige se compacte puis se brise en morceaux. La manière dont cela se passe est très organique. Vous ne voyez pas qu'il y a plusieurs morceaux dès le départ, mais un bloc de neige qui se désagrège[81]. ». Le logiciel a été particulièrement utile pour les scènes où des personnages marchent dans de la neige épaisse, car cela a assuré que la neige réagissait naturellement à chaque pas[67].

D'autres logiciels ont été conçus pour aider les artistes à effectuer des effets difficiles comme Spaces, qui a permis aux différentes parties d'Olaf de se séparer et de se reconstruire, Flourish, qui a assisté à la direction de mouvements supplémentaires comme ceux des feuilles et des brindilles, Snow Batcher, qui a aidé à prévisualiser l'apparence finale de la neige, notamment lorsque les personnages évoluent dans de la neige, et Tonic, qui a permis aux artistes de modeler les cheveux des personnages comme des volumes de procédures[81]. Ce dernier logiciel a aussi aidé à animer des éléments de fourrure et de cheveux, comme la coiffure d'Elsa qui contient 420 000 brins de synthèse, alors le nombre moyenne pour être humain n'est que de 100 000[67]. Le squelette des personnages était composé de 312 éléments, les costumes avait jusqu'à 245 éléments, ce qui a largement dépassé les autres films Disney[85],[46]. Cinquante artistes en effets spéciaux et lumière ont travaillé ensemble pour créer « une seule prise » de la scène où Elsa construit son palais de glace. Sa complexité a demandé trente heures de rendu pour chaque image, avec 4 000 ordinateurs qui travaillaient en même temps[86],[87].

En dehors des effets 3D, les cinéastes ont aussi utilisé des illustrations et croquis 2D pour des éléments et des séquences spécifiques dans le film, comme la magie et les sculptures de neige d'Elsa, ainsi que les fontaines et sols gelés[81],[84]. L'équipe des effets a créé une « scène de capture » où l'environnement de La Reine des neiges est affiché sur des moniteurs, qui peut être filmé avec des caméras spéciales pour réaliser des scènes en 3D. Le manager en technologie Evan Goldberg a expliqué : « Nous pouvons prendre cet ensemble virtuel qui imite toutes mes actions et le mettre dans une de nos scènes dans le film[46]. »

Inspirations scandinaves et Sámi[modifier | modifier le code]

Le film est principalement inspiré de la Norvège, et les influences culturelles viennent de la culture de Scandinavie[88]. Quelques monuments historiques norvégiens apparaissent dans le film, comme la citadelle d'Akershus (Oslo), la cathédrale de Nidaros (Trondheim) et le quartier de Bryggen (Bergen). De nombreux autres éléments typiques de la culture scandinave sont dans le film, comme les stavkirkes[88], les trolls[89], les drakkars, les chevaux de race Fjord[90], les costumes bunad[67], et la nourriture (lutefisk chez Oaken)[89],[91]. On peut aussi voir un arbre de mai, et des runes dans le livre que le roi ouvre pour savoir où se trouvent les trolls[89]. L'éternel débat sur la façon d'empiler les bûches de chauffage (écorce vers le haut ou le bas) est brièvement montré dans le film[89]. Le film contient aussi des éléments de la culture Sámi comme l'attelage de renne (ou caribou) pour le transport d'équipement, les costumes (les tenues de coupeurs de glace) et des parties de la musique[92],[93]. Des décorations, comme celles des colonnes du château et le traîneau de Kristoff proviennent aussi de décorations Sámi Duodji (en). Pendant le travail de terrain en Norvège, l'équipe Disney a visité Rørosrein, une entreprise possédée par une famille Sámi spécialisée dans la production de nourriture pour les rennes et dans l'organisation d'événements touristiques basée à Røros[94]. Arendelle a été inspiré de Nærøyfjord, une branche de l'un des plus longs fjords de Norvège, le Sognefjord, qui a été inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO[95]. L'intérieur du château est quant à lui inspiré d'un château à Oslo, avec des motifs peints à la mains[96].

Le voyage en Norvège des cinéastes a apporté des connaissances essentielles aux animateurs pour imaginer l'esthétique du film en termes de couleur, lumière et atmosphère. Selon Michael Giaimo, il y avait trois éléments importants qu'ils avaient acquis durant ce voyage : les fjords, qui sont d'immenses formations rocheuses verticales et qui servent de cadre pour le royaume isolé d'Arendelle ; les églises stavkirkes, dont les toitures rustiques triangulaires les bardeaux ont inspiré la composition du château ; et le rosemaling (en), dont les motifs d'habillages et de grilles ont façonné l'architecture, les décors et les costumes[76].

Musique[modifier | modifier le code]

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Bandeau apposé par Arkelis (lui écrire) • 2 novembre 2014

Sortie et Accueil[modifier | modifier le code]

L'avant-première aux États-Unis a eu lieu au El Capitan Theatre le 19 novembre 2013 et le film est sorti le 27 novembre au cinéma, le 4 décembre en France (en exclusivité au Grand Rex dès le 20 novembre[97]). Le court-métrage À cheval ! était projeté avant le film au cinéma. Il a reçu un accueil critique très positif et connu un grand succès. Certaines critiques considèrent La Reine des neiges comme le meilleur film d'animation musical de Disney depuis l'ère de la Renaissance Disney. Il s'agit du plus grand succès de tous les temps pour un film d'animation[98],[99], dépassant contre toute attente le milliard de dollars de recettes de Toy Story 3[100] avec un box-office mondial de 1 274 219 009 dollars[101] : 400 millions aux États-Unis et Canada, 247 millions au Japon et 5 149 939 entrées en France.

Le 31 mars 2014, l'animatrice américaine Kerry Wilson dépose plainte contre Disney pour une bande-annonce de La Reine des Neiges qui reprend beaucoup d'éléments d'un court métrage en 2D qu'elle a réalisé intitulé The Snowman présentant un bonhomme de neige et un reine se battant pour une carotte[102]. Le 31 juillet 2014, un juge fédéral américain rejette la demande d'arrêt des poursuites faite par Disney dans le cadre de la violation de copyright d'une bande-annonce du film du court métrage de Kelly Wilson[103]. Le 13 août 2014, Walt Disney Animation Studios et ABC annoncent la diffusion le 2 septembre d'une émission d'une heure consacrée aux coulisses de la production de La Reine des neiges (2013)[104]. Le 24 septembre 2014, Isabella Tanikumi accuse Disney de plagiat. L'écrivaine péruvienne soutient que l'histoire n'est pas basée sur le conte de Hans Christian Andersen, mais sur son autobiographie Yearnings of the Hear et demande 250 millions de dollars de dommages et intérêts. Cependant, tout porte à croire que ces accusations ne sont pas fondées[105],[106],[107].

Accueil du public[modifier | modifier le code]

La Reine des neiges

Score cumulé
Site Note
Metacritic 74/100
Rotten Tomatoes 89% (7.7/10)
Allociné 3.5 étoiles sur 5
Compilation des critiques
Périodique Note
Le Parisien 5 étoiles sur 5
Télé 7 Jours 5 étoiles sur 5
20 Minutes 4 étoiles sur 5
CinemaTeaser 4 étoiles sur 5
Le Figaroscope 4 étoiles sur 5
L'Écran Fantastique 4 étoiles sur 5
L'Express 4 étoiles sur 5
Mad Movies 4 étoiles sur 5
Paris Match 4 étoiles sur 5
Positif 4 étoiles sur 5
Première 4 étoiles sur 5
Studio Ciné Live 4 étoiles sur 5
Le Journal du dimanche 3 étoiles sur 5
Les Fiches du Cinéma 3 étoiles sur 5
TéléCinéObs 3 étoiles sur 5
Télérama 3 étoiles sur 5
aVoir-aLire.com 2 étoiles sur 5
Critikat.com 2 étoiles sur 5
La Croix 2 étoiles sur 5
Le Monde 2 étoiles sur 5

Le film est très bien accueilli par le public français puisque sa note moyenne sur Allociné est de 4,3 étoiles sur 5 pour 7 843 votants (au 26 août 2014)[108].

Il est noté 7,8/10 sur IMDb en moyenne par 253 298 personnes (au 26 août 2014) , les notes les plus données étant 10 (25,4%) et 8 (24,2%). En moyenne, plus l'âge de l'utilisateur est élevé, moins la note est haute (elle reste cependant élevée : 8,6/10 pour les moins de 18 ans et 7,5/10 pour les plus de 45 ans)[109].

Box-office[modifier | modifier le code]

Pays ou région Box-office Box-office arrêté le… Nombre de semaines
Drapeau des États-Unis États-Unis 400 738 009 USD[110],[111] 17 juillet 2014 34
Drapeau de la France France 5 151 855 entrées[111] 10 juin 2014 27
Drapeau du Japon Japon 249 036 646 USD[110] 31 août 2014 32
Monde Total (monde) 1 263 738 009 USD[111] 8 août 2014 -

Réception critique[modifier | modifier le code]

Le film obtient la note de 3,5 étoiles sur 5 par 20 critiques de presse françaises sur Allociné, et le metascore de 74/100 par les critiques utilisant le site Metacritic[112].

D'après Le Parisien, « on en prend plein les yeux et les oreilles. » L'accent est mis sur les « décors somptueux », grâce au voyage en Norvège des animateurs pour s'inspirer des paysages (fjord), des costumes locaux et arts décoratifs (rosemaling (en)), sur la modernité du scénario mélangeant « conte traditionnel et [...] tête brûlées » et sur les chansons au rythme « endiablé » interprétées par des chanteurs et non par des acteurs (excepté notamment Dany Boon en français)[113]. Le film a également été apprécié par Christophe Carrière (L'Express) qui fait remarquer l'évolution des héroïnes Disney depuis Raiponce, « indépendantes et pugnaces ». Tout en soulignant les décors sublimes, il ajoute que l'humour et les nombreuses péripéties réussissent à capter l'attention et « assurent le plaisir des adultes restés de grands enfants[114] ».

Pour Stéphane Dreyfus de La Croix, « Disney patine » avec un long métrage qui ressemble plus à un spectacle sur glace qu'à un film d'animation. Les chansons constituent un « lourd manteau sucré » qui pèse sur l'intrigue et les images de synthèse impeccable dégagent une esthétique trop « kitsch[115] ». Esthétique remise également en cause par Noémie Luciani du Monde, pour qui les héroïnes sont trop « fades » qui sont dans la lignée de Raiponce : « yeux immenses, pommettes hautes et roses, corps frêles – au moins pour les demoiselles – et têtes énormes » et qui perdent en finesse pour gagner en convivialité (maladresse, enthousiasme excessif). Elle trouve la musique écœurante et dommage que les princesses ne soient que des « transpositions du monde rose des poupées Barbie[116] ».

Adaptations et réutilisations[modifier | modifier le code]

Le 13 janvier 2014, Walt Disney Theatrical Productions confirme l'adaptation en comédie musicale de La Reine des neiges[117]. Le 26 janvier 2014, La Reine des neiges dépasse le record du Roi lion (1994) avec 810 millions d'USD de recettes à l'international cumulant 347 millions aux États-Unis durant 10 semaines à l'affiche et 462 millions en dehors[118]. Le film est déjà sorti au Royaume-Uni (57 millions), en Allemagne (45 millions) et en France (41 millions), vient de sortir en Corée du Sud récoltant 22,6 millions en 10 jours et doit sortir en Chine le 5 février puis au Japon le 15 mars[118]. Ces bons résultats poussent les critiques à imaginer que le film surpasse les records de Hunger Games (856 millions) et Le Hobbit : La Désolation de Smaug (837 millions)[118].

Le 5 mai 2014, profitant du succès du film, Disney Cruise Line et Adventures by Disney annoncent des itinéraires en Norvège pour 2015[119]. Le 8 mai 2014, après une semaine de diffusion dans les salles japonaises, le film récolte 156 millions d'USD (15,9 milliards de yen)[120]. Le 29 mai 2014, Disney Publishing Worldwide et Walt Disney Records lancent une application karaoké La Reine des neiges[121]. Le 22 juillet 2014, Disney annonce une campagne commerciale de 5 ans autour de La Reine des neiges[122]. Le 12 septembre 2014, Disney annonce une attraction basée sur La Reine des neiges dans le pavillon de la Norvège à EPCOT[123]. Le 24 septembre 2014, Hasbro annonce avoir signer au détriment de Mattel un contrat avec Disney pour produire les poupées de La Reine des neiges[124].

Compte tenu du gros succès du film, un court-métrage est prévu pour le printemps 2015. Il sera destiné à être diffusé en salle, avant un autre film d'animation. L'histoire se déroulera lors des préparatifs de l'anniversaire d'Anna. Seulement, les pouvoirs d'Elsa risquent de provoquer quelques accidents imprévus. Une nouvelle chanson pourrait être alors interprétée par Olaf[125]. Le 24 septembre 2014, Hasbro annonce avoir signer au détriment de Mattel un contrat avec Disney pour produire les poupées de La Reine des neiges[126].

Once Upon a Time[modifier | modifier le code]

Plusieurs personnages du film ont été intégrés dans la saison 4 de Once Upon a Time tels qu'Elsa, Anna et Kristoff. Alors que les fuites du tournage inquiétaient les critiques sur le fait que cela ne pourrait être qu'un « copié-collé [...] comme si les scénaristes surfaient uniquement sur la vague du succès du film »[127], cela fut finalement une bonne surprise. Le scénario reste est en effet assez étoffé en exploitant particulièrement le naufrage des parents d'Anna et Elsa ; et les personnages de La Reine des neiges « ne volent pas la vedette » aux autres personnages[127].

Clins d’œil[modifier | modifier le code]

  • Quelques personnages de l'univers Disney font des caméos : Raiponce et Eugène lorsque le Royaume ouvre ses portes, ainsi que Mickey dans la boutique de Oaken[128].
  • Le nom du royaume d'Elsa et Anna, « Arendelle » , est inspiré du nom de la ville norvégienne Arendal[129].
  • Lors de la chanson Le Renouveau, Anna mange des chocolats qui sont un clin d'œil à un autre film des studios Disney, Les Mondes de Ralph[128].
  • Lors de la chanson En été, Olaf dansant avec les mouettes fait référence au film Mary Poppins de 1964.

Titre en différentes langues[modifier | modifier le code]

  • Anglais (original) : Frozen (« Gelée »), pendant la production : Anna and the Snow Queen puis The Snow Queen (« [Anna et] La Reine des Neiges »)
  • Allemand : Die Eiskönigin - Völlig unverfroren (« La Reine des neiges - Sans aucune honte »)
  • Bulgare : Замръзналото кралство (« Le Royaume gelé »)
  • Croate : Snježno kraljevstvo (« Le Royaume enneigé »)
  • Danois : Frost
  • Espagnol : Frozen: El reino del hielp (« Frozen : Le Royaume de glace »)
  • Espagnol (Pérou) (Mexique) (Chili) (Argentine) : Frozen: Una aventura congelada (« Frozen : Une aventure gelée »)
  • Finnois : Frozen: huurteinen sekkailu (« Frozen : une aventure gelée »)
  • Français : La Reine des neiges, simplifié de Frozen : La Reine des neiges
  • Grec : Ψυχρά κι Ανάποδα [Psyhra ki anapoda] (« La Froide et l'Obstinée »)
  • Hébreu : לשבור את הקרח [Lishbor et ha'Kerakh] (« Brise la Glace »)
  • Hongrois Jégvarázs (« Neige magique »)
  • Italien : Frozen : Il regno di ghiaccio (« Le Royaume de glace »)
  • Japonais : アンナ と 雪 の 女王 [Anna to Yuki no Joou] (« Anna et la Reine des neiges »)
  • Polonais : Kraina lodu (« Le Pays de glace »)
  • Portugais : Frozen - O Reino do Gelo (« Frozen - Le Royaume de Glace »)
  • Portugais (Brésil) : Frozen : Uma Aventura Congelante
  • Russe : Холодное сердце (« Le Cœur Gelé »)
  • Tchèque : Ledové království (« Le Royaume gelé »)
  • Turc : Karlar Ülkesi (« Le Pays enneigé »)
  • Ukrainien : Крижане серце (« Le Cœur de glace »)

Source : IMDb.

Note et références[modifier | modifier le code]

Note[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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