Astérix chez les Belges

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Astérix chez les Belges
24e album de la série Astérix
Scénario René Goscinny
Dessin Albert Uderzo

Personnages principaux Astérix, Obélix

Éditeur Dargaud puis Hachette
Collection Astérix
Première publication 1979
ISBN 978-2012101562
Nb. de pages 48
Albums de la série Astérix
Précédent Obélix et Compagnie Le Grand Fossé Suivant

Astérix chez les Belges est un album de bande dessinée de la série Astérix de René Goscinny et Albert Uderzo publié en 1979.

Cet album est le dernier de la série écrit par René Goscinny, mort pendant la réalisation de la BD. Il restait huit pages à Uderzo lorsque le scénariste est mort. Pour lui dire au revoir, Uderzo a dessiné dans la dernière case un petit lapin qui part en pleurant. Ceci est un clin d'œil au fait que Goscinny appelait couramment son épouse « mon lapin ».

La BD, également publié en feuilleton dans le quotidien du soir Le Monde[1], a été tirée originellement à 1 500 000 exemplaires.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Les Romains du camp retranché de Laudanum, revenus traumatisés d'une campagne en Belgique, apprennent aux villageois que Jules César lui-même décrit les Belges comme les plus braves de tous les peuples de la Gaule. Abraracourcix, outré, décide d'aller voir lui-même ce qu'il en est et de défendre la réputation des Gaulois. Astérix et Obélix l'escortent avec peu d'enthousiasme.

Arrivés en Belgique, les Gaulois font la connaissance d'une tribu belge et décident d'organiser un concours arbitré par Jules César lui-même. Mais ce dernier a d'autres plans...

Inspiration[modifier | modifier le code]

La citation provoquant l'histoire de l'album (« De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves ») est réellement extraite des œuvres de Jules César, quoique citée de façon incomplète.

Clins d'œil[modifier | modifier le code]

Le repas de noce par Pierre Brueghel l'Ancien.
  • La réplique du chef belge « Bellovaques, Suessions, Éburons, Atuatuques, Nerviens, Ceutrons, Grudii, Lévaques, Pleumoxii, Geidumnes, Ménapiens sont nos prénoms, Belge est notre nom de famille. » (p10-c5) est une allusion à un poème d'Antoine Clesse : « Flamands, Wallons, / Ce ne sont là que des prénoms, / Belge est notre nom de famille ! »
  • La réplique du chef belge « Après des semaines et des semaines d'esclavage, on a décidé qu'on ne savait plus supporter ! » (p10-c6) est une allusion à une version des paroles de La Brabançonne, l'hymne national belge (« Après des siècles d'esclavage […] »).
  • Quand Astérix, Obélix et le chef de clan Abraracourcix marchent à travers « le Plat Pays », Abraracourcix fait un commentaire sur le paysage. Le chef belge répond : « Dans ce plat pays qui est le mien, nous n'avons que des oppidums pour uniques montagnes. » (p16-c3) Ceci est une référence à la chanson Le Plat Pays dans laquelle Jacques Brel chante « Avec des cathédrales pour uniques montagnes. ». Ce détail n'apparaît pas dans les traductions de l'album en langues étrangères.
  • Les villageois belges ont deux chefs issus de deux tribus différentes, ce qui est un clin d'œil au problème de langue entre néerlandophones et francophones. Ainsi, lors d'un banquet les deux chefs belges se disputent un morceau de langue de sanglier. Ce qui fait dire à Nicotine : « Il y a toujours un problème de langue entre ces deux castars là! ». (p17-c9)
  • Dupond et Dupont apparaissent dans l'album, vêtus de tenues gauloises belges et annonçant l'arrivée de Jules César dans leur style propre : « Jules César est arrivé en Belgique. — Je dirais même plus : Cules Jésar est arrivé en Gelbique ». (p27-c7-8) À noter que leurs phylactères sont faites dans le style des albums de Tintin et non dans le style des albums d'Astérix.
  • Le grand dessin du banquet au village belge à la fin de l’album est fortement inspiré du célèbre tableau de Pierre Brueghel l'Ancien (qui est d’ailleurs remercié) le Mariage paysan, qui se trouve au Musée d'Art et d'Histoire de Vienne.
  • La bataille finale parodie le déroulement de la bataille de Waterloo (en Belgique) telle que la raconte Victor Hugo dans Les Châtiments. C'est plutôt une paraphrase de son poème L'Expiation et de ses vers célèbres : Waterloo ; Waterloo, Waterloo, morne plaine… (Waterzooi, waterzooi, morne plat !). D'où la petite note sur la page de garde de l'album remerciant ses confrères, Brueghel l'Ancien et Victor Hugo. Enfin, quand César prend Astérix pour son subordonné Wolfgangamadeus, c'est une allusion au fait que durant la bataille de Waterloo, Napoléon a pris le Prussien Blücher pour son maréchal Grouchy.
  • Quand Jules César décide de se rendre en Belgique, il quitte le Sénat en disant : « J'irai, je verrai, et je vaincrai. ». Ceci est une version « au futur » de la citation latine « Veni, vidi, vici. ». (p30-c8)
  • De nombreux belgicismes apparaissent dans les répliques de la version française : « Faites blinquer les cuivres. », «  Donne une baise et tire ton plan… » ; On peut aussi noter le remplacement systématique du verbe pouvoir par le verbe savoir qui est un clin d'œil à l'emploi occasionnel de savoir pour exprimer une capacité par les Belges francophones ; Ex : p10-c6 « Après des semaines et des semaines d'esclavage, on a décidé qu'on ne savait plus supporter. », p28-c1 « ça tu ne sais pas savoir pourquoi il est venu », p41-c8 « Nous avons vaincu ! C'est le sauve qui sait général. ».
  • Quand Astérix propose à Geuselambix le premier chef du village belge qu'Obélix et lui aillent voir Jules César pour lui proposer d'arbitrer le concours entre Gaulois et Belges, Gueuselambix répond : « D'accord. D'après les renseignements qu'on vient de me donner, César a établi son quartier général à septante milles d'ici, environ. ». (p32-c3) Ceci est un clin d'œil au fait que, contrairement aux Français, les Belges ne disent pas « soixante-dix » et « quatre-vingt-dix » mais « septante » et « nonante » [2].
  • Page 9 case 7 : Obélix rigole en se remémorant le moment où il a attaqué les Romains qui voulaient leur faire payer un péage pour utiliser la voie romaine. Il conclut son histoire en disant « Je crois que ça va leur prendre des siècles avant de recommencer un coup comme celui-là ». Il s'agit d'une allusion au péage autoroutier français.
  • Lorsqu'Astérix et Obélix partent de la maison du Belge qui leur a offert le drapeau blanc, un jeune garçon sort de la maison pour se « soulager ». Le père dit alors : « Je me demande si notre fils Manneken ne boit pas de la bière en cachette. » C'est une allusion au célèbre monument belge : le Manneken-Pis

Caricatures[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bernard de Choisy, Uderzo-storix, Jean-Claude Lattès, 1991, p. 219
  2. Explication de Bernard Cerquiglini en images
  3. L'encyclopedix : Nicotine.
  4. Asterix.com : Manneken.
  5. L'encyclopedix : Merckx Eddy.
  6. L'encyclopedix : Dupond
  7. L'encyclopedix : Dupont