Bullet time
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Le bullet time est un effet visuel obtenu grâce à une série d'appareils photo disposés autour de l'action. Ils sont déclenchés simultanément, ou avec un différentiel de temps très court, ce qui permet après montage de donner l'illusion d'une caméra se déplaçant librement autour d'une action figée ou ralentie à l'extrême.
La technique peut-être rapproché de travaux antérieurs à l'invention du cinéma, par les travaux photographiques de Eadweard Muybridge. Il dispose une série d'appareils photographiques pour décomposer le mouvement d'un cheval au galop. Cette technique sera plus tard adaptée pour des besoins artistiques ou techniques.
Le premier artiste à utiliser la technique est Emmanuel Carlier, dans son œuvre Temps Mort autour de Caro & Jeunet en 1995, montrée lors de la 3e biennale de Lyon[1]. Michel Gondry l'utilisa ensuite dans le clip vidéo Like a Rolling Stone des Rolling Stones qu'il réalisa en 1995 ; ainsi que dans une publicité pour Smirnoff en 1997, quoique, en novembre 1994, dans le clip du morceau "The Wild Ones" du groupe Suede (réalisé par Howard Greenhalgh), une forme rudimentaire de la technique, obtenue par l'usage de 6 caméras, peut être observée.
Elle fut utilisée pour la première fois au cinéma l'année suivante, dans les films Perdus dans l'espace et Blade.
Cet effet visuel fut considérablement popularisé par le film Matrix des frères Andy et Larry Wachowski (1999). Les réalisateurs l'ont alors baptisée « bullet-time photography », autrement dit « le temps d'une balle ». Et c'est John Gaeta (l'homme qui avait mis au point cette technique en 1997) qui fut recruté comme directeur des effets spéciaux pour Matrix.
Le bullet-time a été poussé à l'extrême dans les films Matrix Reloaded, et Matrix Revolutions : le directeur des effets spéciaux a abandonné la série photographique pour la capture de mouvement, qui permettait à la caméra de circuler librement dans la scène pendant l'action plutôt que de suivre le chemin indiqué par les appareils photographiques.
Depuis, le bullet-time a également été popularisé dans les jeux vidéo, en 2001, par le jeu de tir objectif Max Payne qui l'utilise (bien qu'il ne soit pas le premier) ; il permet pendant une phase de tir de ralentir le mouvement des adversaires, le personnage restant lui à vitesse constante pour la visée seulement. Deux possibilités : soit en pleine action soit en plongeant (dodge).