Slasher

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Le slasher (de l’anglais slasher movie) est un genre cinématographique, sous-genre du film d’horreur et du film d’exploitation, mettant en scène les meurtres d’un tueur psychopathe, généralement masqué, qui élimine méthodiquement un groupe de jeunes individus, souvent à l’arme blanche, et sa principale opposante est fréquemment une jeune femme.

Origines du slasher movie[modifier | modifier le code]

L’étymologie vient du verbe to slash, qui signifie taillader/déchirer, allusion au fait que l’assassin utilise souvent des objets tranchants pour commettre ses meurtres.

L’origine du slasher movie peut être à chercher du côté de films comme Psychose (1960) d’Alfred Hitchcock, de Le Voyeur de Michael Powell (1960) et du "giallo" italien.

Mais le genre naît véritablement dans les années 1970, avec Black Christmas (1974), qui inspirera directement Halloween (1978), énorme succès qui bouleverse le film d’horreur en établissant les codes du slasher.

La série des Vendredi 13, initiée en 1980, est avec celle des Halloween la plus célèbre représentante d’un genre dont la formule reste à chaque fois sensiblement la même : petit budget, acteurs jeunes et débutants, tueur masqué au look appelé à devenir culte, meurtres nombreux et sanglants à l'arme blanche (même si Halloween reste un peu plus suggestif). De nombreuses suites à l’œuvre originale sont en général produites.

La particularité du Slasher est qu'il met en avant le psychopathe auteur des crimes, de par son histoire, son mode opératoire et son accoutrement. On se souvient davantage du meurtrier des films que de ceux qui doivent le combattre, ce qui fait de lui une véritable légende urbaine. Ce genre de personnage est appelé boogeyman, ce qui en français signifie croque-mitaine, terme d'ordinaire utilisé pour faire peur aux enfants dans des histoires de monstres inventées de toutes pièces.

Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper (1974), Meurtres à la St-Valentin en 1981, ou encore la saga des Freddy initiée par Wes Craven en 1984, sont d'autres titres cultes du Slasher.

Les critiques souvent médiocres obtenues par les films à leurs sorties contribuèrent à essayer de déconsidérer le genre, mais ceci n’eut pas d’influence notable sur leur succès encore vérifiable aujourd'hui, puisque, par exemple, les premiers opus de Halloween et de Vendredi 13 font partie des films d'horreur les plus rentables du Box-office.

Second souffle[modifier | modifier le code]

Après les suites en séries de Vendredi 13, Halloween, Freddy, et de nombreux ersatz, le slasher semble perdre de l’importance, se faisant de plus en plus rare à la fin des années 1980 et au début des années 1990.

En 1996, Wes Craven, encore lui, dépoussière le genre avec Scream, en reprenant les ingrédients de la vieille recette (un tueur masqué sème la panique dans un groupe de jeunes gens) pour les remettre au goût du jour. Il réveille l’intérêt des spectateurs et réussit à renouer avec le succès, qui fut d’une telle ampleur que le film connut trois suites et plusieurs parodies, et lança à lui seul une nouvelle vague de slashers plus communément appelés « neo slashers », comprenant des titres comme Souviens-toi… l’été dernier, Urban Legend ou l’épisode anniversaire d’« Halloween », Halloween, 20 ans après. A tort pour certains, on peut même citer Destination finale, où la mort elle-même tient lieu de boogeyman. Quasiment toutes les œuvres-phares des années 70-80 ont également eut droit à leur remake : Massacre à la tronçonneuse en 2003, Black Christmas en 2006, Halloween en 2007, Vendredi 13 en 2009, Les griffes de la nuit en 2010...

Une "nouvelle mort" du genre à la fin des années 2000 s’explique par la lassitude du public à son encontre, et par l’apparition d’une nouvelle vague de films d’horreur, plus durs et plus violents, appelés les Torture porn, et correspondant davantage aux envies du spectateur des années 2000, la plupart des neo slashers étant relativement soft et cyniques, destinés en premier lieu aux adolescents, alors que ceux-ci sont beaucoup plus brutaux (Saw, Hostel). D'autres vagues de films, jouant sur la violence psychologique et les peurs primales, font aussi leurs apparitions (comme le Survival par exemple), ce qui semble enterrer le slasher une nouvelle fois...

Définition du sous-genre[modifier | modifier le code]

Dans son livre Games of Terror, Vera Dika définit le sous-genre par sa structure stéréotypée[1] :

Événement passé :

  1. Le groupe de jeunes s'est rendu coupable d'une mauvaise action. (Souviens-toi… l'été dernier)
  2. Le tueur a vu une faute, une mauvaise action. (Halloween, Les Griffes de la Nuit)
  3. Le tueur a vécu une expérience tragique/traumatisante (Vendredi 13, Carnage, Scream).
  4. Le tueur assassine les fautifs du groupe de jeunes.

Événement présent :

  1. Une fête commémorant un événement.
  2. La volonté destructrice du tueur est réactivée.
  3. Le tueur reconnait les coupables.
  4. Un membre d'un ancien groupe avertit le groupe de jeunes (optionnel).
  5. La bande de jeunes ne fait pas attention.
  6. Le tueur traque les jeunes du groupe.
  7. Le représentant d'une force, tel un détective, essaye d'éliminer le tueur. Il est généralement assassiné.
  8. L'assassin élimine certains jeunes.
  9. Le héros/l'héroïne voit le déroulement des meurtres.
  10. Le héros/l'héroïne voit le tueur.
  11. Le héros/l'héroïne se bat avec le tueur.
  12. Le héros/l'héroïne tue ou triomphe du tueur.
  13. Le héros/l'héroïne survit.
  14. Mais le héros/l'héroïne n'est pas libérée du tueur/de la malédiction.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Vera Dika, Games of Terror: Halloween, Friday the 13th and the Films of the Stalker Cycle, Fairleigh Dickinson University Press, 1990, ISBN 0-8386-3364-1

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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