Astérix chez les Bretons

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Page d'aide sur les redirections Pour l’adaptation cinématographique, voir Astérix chez les Bretons (film d'animation).
Astérix chez les Bretons
8e album de la série Astérix
Scénario René Goscinny
Dessin Albert Uderzo

Personnages principaux Astérix, Obélix,Idéfix

Éditeur Hachette
Première publication en album :
ISBN 2-01-210008-2

Prépublication 9 septembre 1965
Albums de la série Astérix
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Astérix chez les Bretons est le huitième album de la série de bande dessinée Astérix de René Goscinny (scénario) et Albert Uderzo (dessin), prépublié dans Pilote du no 307 () au no 334 () et publié en album en août 1966 (900 000 exemplaires).

L'album a été adapté dans un dessin animé en 1986, puis en prise de vues réelles en 2012 sous le titre Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté[1].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Jules César vient d’envahir la Bretagne, mais un village résiste encore aux légions romaines. Un de ses habitants est dépêché en Gaule pour quérir l’aide du village d’Astérix, réputé pour sa potion magique qui multiplie la force. Astérix et Obélix le raccompagnent en Bretagne afin de transporter un lourd tonneau de potion magique.

Une fois en Bretagne, le tonneau disparaît avec d’autres tonneaux, de vin ceux-ci ! Les Romains se saisissent de tous les tonneaux disponibles pour les goûter et s'emparer de la potion magique. Après quelques poursuites et une suite de quiproquos, le tonneau est finalement brisé et son contenu perdu.

Le village breton se bat finalement contre les Romains avec l’aide d’Astérix et Obélix, mais sans potion magique. Pour donner du courage au village, Astérix prépare alors une fausse potion à base d’herbes étranges qu'il avait emportées avec lui. Après leur victoire sur les Romains, le chef du village breton décide d’élever cette potion au rang de boisson nationale. Il s’avérera que ces herbes sont en fait du thé.

Éléments historiques[modifier | modifier le code]

Les Bretons du récit ne concernent pas les habitants de la Bretagne actuelle, région occidentale de la France, mais les anciens habitants (période à cheval sur le début de l'ère chrétienne) de l'actuelle Grande-Bretagne, ou plus précisément de l'actuelle Angleterre, qui sont aujourd'hui nommés « Bretons insulaires ». Goscinny rappelle d'ailleurs que les Bretons sont les descendants de tribus en provenance de Gaule, qu'ils sont en fait des cousins pas si éloignés que cela des Gaulois et qu'ils parlent la même langue, le gaulois.

Jules César a envahi la Bretagne en 55 av. J.-C., dans le cadre de sa conquête des Gaules dès 58 av. J.-C., couronnée par sa victoire sur Vercingétorix en 52 av. J.-C. Il a écrit un ouvrage intitulé Commentaires sur la Guerre des Gaules où cette campagne est abordée. Le pays ne fut toutefois occupé et colonisé qu'au Ier siècle, sous l'empereur Claude.

Éléments humoristiques[modifier | modifier le code]

N.B.: « p10-c5 » signifie « planche 10 case 5 » ; les éléments sont classés dans chaque sous-titre selon leur apparition chronologique dans l'album.

La langue anglaise[modifier | modifier le code]

Outre le mode humoristique habituel de Goscinny et Uderzo dans leurs albums (souvent basé sur les anachronismes), Astérix chez les Bretons présente des éléments spécifiques liés à la culture britannique. Bien que Goscinny soit arrivé aux États-Unis en 1945 sans connaître un seul mot d'anglais, ses différents séjours les années suivantes lui permirent de maîtriser cette langue. Dans cet album, il pastiche systématiquement les tendances syntaxiques propres à l'anglais, en les traduisant mot-à-mot en français.

  • « S'il vous plaît » (p2-c6) = Please, pour « Je vous en prie ».
  • « Fin de semaine » (p2-c7) = Week-end.
  • « Choquant! » (p2-c8) = Shocking!
  • « Plutôt. » (p3-c2) = Rather.
  • « Et toute cette sorte de choses. » (p3-c7) = And all that sort of thing = et caetera.
  • « Je dis. » (p4-c4) = I say., que les Bretons de l'album placent à tout bout de champ dans leurs phrases. Typique d'un Anglais de la haute société du début du XXe siècle. Cette tournure était utilisée pour souligner quelque chose.
  • « Un morceau de chance. » (p4-c5) = A bit of luck.
  • « Secouons-nous les mains. » (p4-c7) = Let's shake hands.
  • « Je demande votre pardon. » (p5-c3) = I beg your pardon.
  • « Je ne voudrais pas être un ennui pour vous. » (p6-c6) = I don't want to be any trouble for you.
  • « Un joyeux bon garçon. » (p24-c5) = A jolly good fellow.
  • « Nous devons. » (p24-c2) = We have to.
  • « Ma bonté! » (p25-c2) = My goodness!
  • « Gardez votre lèvre supérieure rigide. » (p25-c4) = Keep a stiff upper lip = « Gardez votre sang-froid. »
  • « Il est devenu absolument noix. » (p26-c4) = He is going nuts = « Il devient fou. », « Il perd les pédales. »
  • « J'étais en dehors de mes esprits avec l'inquiétude. » (p28-c2) = I was out of my mind with worry. = « J'étais inquiet. »
  • « C'était grand de vous avoir ici. » (p43-c7) = It was grand to have you.

Noms de personnages[modifier | modifier le code]

  • Zebigbos (p3-c1) = the big boss = le grand chef.
  • Jolitorax (p3-c2) = Joli thorax
  • O'Torinolaringologix (p3-c2) = oto-rhino-laryngologiste
  • MacAnotérapix (p3-c2) = allusion à la mécanothérapie, branche de la kinésithérapie, traitement des maladies par des appareils mécaniques
  • Ipipourax (p35-c8) = Hip hip hourrah !

Traditions britanniques[modifier | modifier le code]

  • À cinq heures de l'après-midi (le five o'clock), les Bretons boivent de l'eau chaude (p2-c6) : il s'agit de la célèbre tradition du thé, lequel revient en planches 41, 43 et 44.
  • La marmalade chère aux Britanniques est une sorte de faux-ami et ne correspond pas tout à fait à la marmelade française : il s'agit quasi exclusivement de confiture d'oranges amères. Les Bretons la consomment sur des rôties, traduction littérale du toast (p2-c6).
  • Les incessants brouillards (p3-c8) et pluies (p10-c7).
  • Cambridge et ses rameurs (p3-c10) ; cf. The Boat Race.
  • L'heure hâtive de fermeture des pubs qui a longtemps prévalu (p11-c6).
  • La cervoise (tiède) (p11-c6), ancêtre de la bière, indissociablement liée aux pubs, dont il est fait une bien plus grande consommation outre-Manche qu'en France. (Voir ici)
  • Au restaurant (pub), le décurion joue aux fléchettes (p12-c7).
  • Les véhicules roulant à gauche (p13-c3).
  • Le gazon anglais (p14-c1).
  • Les mesures anglo-saxonnes, non décimales, font dire à Obélix « Ils sont fous ces Bretons » (p16-c8).
  • Le bus à impériale (p20-c6).
  • Les parapluies (p20-c7), liés au mauvais temps légendaire en Grande-Bretagne.
  • Le chapeau melon (p20-c8).
  • La célèbre tour de Londres (p25-c8).
  • Les quartiers résidentiels où toutes les maisons se ressemblent (p28-c9).
  • Le flegme britannique (p30).
  • Les Écossais radins (p31-c4 : les Calédoniens).
  • Le rugby (p33).
  • L'humour britannique (p33-c1).

Syntaxe[modifier | modifier le code]

Dans cet album, Goscinny joue sur les différences syntaxiques existant entre l'anglais et le français et les adapte mot-à-mot en français :

  • Le question-tag typique de la grammaire anglo-saxonne, à savoir la tournure interrogative qui peut terminer une phrase, ce qui correspond au « n'est-ce pas ? » en français.
    « Je pense qu'il va être l'heure, n'est-il pas ? » (p2-c4), alors que le français jouerait d'un « n'est-ce pas ? » ; soit It's going to be about time, isn't it?
  • L'adjectif apposé avant le substantif en anglais (a good friend) : Jolitorax, le cousin germain d'Astérix, parle de la « magique potion » (p5-c1), puis des « romaines armées » (p5-c2), etc. Cette blague est la plus utilisée de l'album, identifiant même les Bretons. Obélix remarque cette spécificité orale et l'adapte immédiatement, à sa manière : « Je commençais à avoir un appétit gros » (p11-c1). Ceci dit — et cela est d'autant plus vrai, que Goscinny précise bien que les Bretons parlent la même langue que les Gaulois (p2-c2) — Jolitorax et d'autres Bretons oublient de temps en temps cette inversion ; par exemple « la cervoise tiède », « un cousin germain » et « une potion magique » (p3-c4).

Autres éléments culturels[modifier | modifier le code]

  • "Mon tailleur est riche" (p5-c9), célèbre repartie des manuels Assimil (My tailor is rich).
  • "Mon jardin est plus petit que Rome, mais mon pilum est plus solide que votre sternum !", autre répartie détournée des manuels Assimil.
  • Il est souvent fait allusion au jugement continental quant aux qualités de la cuisine britannique. « En Bretagne, la nourriture est délicieuse » (p7-c3) ; ou à la célèbre sauce à la menthe (p15-c4).
  • Le tunnel sous la Manche (p10-c8).
  • Les Beatles (p15-c10)[2].
  • Le paillasson portant l'inscription « BIENVENUE » ("Welcome") placé devant la porte d'entrée (p29-c3).
  • La plaque portant l'inscription « FOYER DOUX FOYER » ("Home sweet home") accrochée au-dessus de la cheminée (p29-c4).
  • La plaque de marbre s'apparentant à un journal et portant comme nom Le Temps, en référence au quotidien britannique The Times (p29-c7).

Caricatures[modifier | modifier le code]

  • Outre les Beatles, Achille Talon est également caricaturé dans cet album, sous les traits d'un légionnaire romain obèse qui dit « hop » (case 1 de la planche 10, page 14)[3].

Villes et lieux traversés[modifier | modifier le code]

Citations latines[modifier | modifier le code]

  • Fluctua nec mergitur ! : Il est battu par les flots, mais ne sombre pas
  • O Fortunatos nimium, sua si bona norint agricolas : Trop heureux les hommes des champs, s'ils connaissent leur bonheur

Dans le dessin animé[modifier | modifier le code]

  • Jolitorax : « Ici nous sommes » pour « Here we are ».

On notera aussi quelques références à la Grande-Bretagne et au Débarquement de Normandie :

  • Le général Motus à César : "Tu vas la conquérir bien vite, cette petite Bretagne !" César : "Cette Grande Bretagne !" [...]
  • Le général Motus : "« César, nous arrivons en vue des Côtes ? »
  • Jules César : C'est là que nous débarquerons, il faut les soumettre, ces Bretons ! Ils ont trop souvent aidé les Gaulois." [...]
  • Jules César : « Pour eux comme pour nous, ce sera le jour le plus long ! »

Références[modifier | modifier le code]