Abbaye de Remiremont

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Abbaye de Remiremont
Image illustrative de l'article Abbaye de Remiremont
Abbaye de Remiremont (extérieur)
Présentation
Culte Catholicisme
Type Abbaye
Début de la construction 620
Protection Logo monument historique Classé MH (1983)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Vosges
Commune Remiremont
Coordonnées 48° 00′ 56″ N 6° 35′ 29″ E / 48.015556, 6.591389 ()48° 00′ 56″ Nord 6° 35′ 29″ Est / 48.015556, 6.591389 ()  

Géolocalisation sur la carte : Lorraine

(Voir situation sur carte : Lorraine)
Abbaye de Remiremont

L'abbaye de Remiremont est une ancienne abbaye bénédictine puis séculière (chapitre de chanoinesses ou de dames nobles), établie à Remiremont dans les Vosges (620–1790). L'église, crypte comprise, fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [1].

Origine[modifier | modifier le code]

L'abbaye fut fondée vers 620 par saint Romaric, seigneur à la cour de Clotaire II, sur un ancien oppidum romain. Romaric[2] avait été converti par saint Amé[3].

Romaric établit d'emblée deux communautés sur sa terre du comté d'Habend : des moines dans la vallée, et des moniales dans le palais du mont Habend, l'actuel Saint-Mont, qui domine la ville de Remiremont. Il dédia ce monastère double à saint Pierre[4]. Amé puis Romaric en furent les premiers abbés, sous l'austère règle de saint Colomban.

À la suite des invasions des Huns et des Goths, un couvent fortifié fut établi en 818 au confluent de la Moselle et de la Moselotte. En 910 les religieuses, menacées par l'invasion des Hongrois, trouvèrent refuge à Remiremont, qui se développa autour d'une villa des rois francs, et au XIe siècle, elles s'y installèrent définitivement, adoptant la règle de saint Benoît, moins rigoureuse. Un violent incendie détruit le monastère en 1057. Au cours du même siècle, l'abbaye reçut du pape le privilège de l'exemption, relevant directement de la juridiction spirituelle du Saint-Siège, tandis que l'empereur leur accorda celui de l'immédiateté qui les faisait dépendre au temporel directement de l'empereur germanique.

Les religieuses abandonnèrent enfin l'observance de la règle de saint Benoît vers la fin du XIIIe siècle, et obtinrent du pape leur sécularisation sous la règle canoniale, devenant ainsi chanoinesses d'un chapitre de dames nobles.

Le 12 mai 1682, les secousses d'un tremblement de terre font s'écrouler les voûtes du transept. Le roi Louis XIV, dont les armées occupent alors le duché de Lorraine, fait un don de 6 000 livres pour la reconstruction de l'abbatiale[5].

Abbaye de Remiremont (intérieur)
Notre-Dame du Trésor
Crypte

Les abbesses[modifier | modifier le code]

Elles étaient élues par la communauté parmi les dames chanoinesses, et recevaient la consécration des seules mains du pape.

Après les temps hagiographiques où la sainteté de la conduite primait, les abbesses furent toutes issues de la plus haute noblesse de la région, et leur parenté fréquentait la cour si elle n'était pas sur le trône même. Ainsi, grâce à l'intervention de son frère, Félicité Laure de Dombasle reçut de l'empereur Rodolphe en 1290 une charte qui faisait de l'abbesse de Remiremont une princesse du Saint-Empire.

Au XVIIe siècle, Catherine de Lorraine ne réussit pas à réformer la communauté et à revenir à l'observance de la règle ; elle fut la dernière abbesse à prononcer des vœux.

Les dames chanoinesses[modifier | modifier le code]

Comblées de biens par les ducs de Lorraine, les empereurs germaniques et les rois de France, les dames de Remiremont acquirent une grande puissance.

Les cinquante chanoinesses étaient choisies parmi celles qui pouvaient fournir la preuve de leur ascendance noble, avec quatre lignes de noblesse maternelles et quatre paternelles soit seize quartiers de noblesse qui ajoutés les uns aux autres en faisaient soixante-quatre au total. C'est pour la noblesse de la région comtoise, bourguignonne et lorraine un honneur d'avoir une fille chanoinesse (une fille du roi Henri IV de France y fut refusée pour manquement de noblesse, puisque par sa mère Marie de Médicis descendait d'une famille initialement roturière).

Les Vosges comptent trois chapitres nobles, Remiremont est le plus prestigieux. Pour hiérarchiser le prestige et la noblesse de ces chapitres on disait : Les Dames de Remiremont, les Demoiselles d'Épinal, les Chambrières de Poussay et les Lavandières de Bouxières[6].

C'est à la fin du XIe siècle que commence la sécularisation de l'abbaye et la sécularisation est complète et définitive au XIIe siècle. L'abbesse seule prononce des vœux, les chanoinesses ne prononcent que des vœux temporaires, elles portent le vêtement séculier. Elles quittent donc la robe de bure pour un fastueux costume gris perlé, garni de fourrure blanche, avec sur la tête une gentille mantille blanche.[7] Les dames ont toujours le droit d'opter entre leur privilège et la vie libre et elles sont autorisées à quitter le chapitre pour se marier. Elles n'habitent plus le cloître mais des hôtels particuliers avec à leur service une domesticité nombreuses. Chaque dame se choisit une Nièce, qui lui succédera le moment venu.

Le nombre des dames ne dépassa pas 72 chanoinesses, à la Révolution le chapitre comptait 32 Dames et 21 Nièces.

La suppression du chapitre de Remiremont fut votée le 7 décembre 1790. Quelques voix courageuses s'élevèrent contre cette suppression.

-Mais cette suppression n'offre que des pertes à l'État et à nous; elle ne contribuerait pas au bonheur général, et serait le malheur d'une contrée considérable : elle est donc contraire à la Constitution, qui, pour être sage, ne doit tendre qu'à rendre les citoyens heureux, et à leur conserver ce qui aide à leur félicité[8].

Organisation[modifier | modifier le code]

L'autorité spirituelle et temporelle de l'abbaye s'étendait sur un territoire considérable de 78 paroisses et 74 seigneuries, et comme l'écrit le chanoine Lévêque, il faisait bon, très bon vivre sous la crosse des Dames de Remiremont.

Organisation du spirituel[modifier | modifier le code]

Le gouvernement de l'abbaye est une monarchie. À sa tête l'abbesse qui est élue par vote à bulletin secret mais son élection doit-être confirmée par une bulle du pape. Les attributs de l'abbesse sont l'anneau au saphir, la crosse d'or et le chaperon fourré d'hermine. L'élection d'une nouvelle abbesse donnait lieu à trois jours de festins et de fêtes offerts par la nouvelle abbesse qui offrait ainsi son droit de joyeux avènement.

Quand une abbesse mourait, Remiremont et les villages des bans qui appartenaient au chapitre prenaient le deuil. Le glas sonnait à Remiremont pendant trois mois, trois fois par jour et les cloches des villages des bans sonnaient au mort pendant quatre semaines.

À sa suite deux hautes dignitaires; la dame doyenne avait entre autres charges celle de choisir les nouvelles chanoinesses et de faire une enquête sur les postulantes et la Dame Secrète a qui incombait l'organisation de la sacristie et la décoration de l'église. Venaient à leur suite les deux dames officières principales, l'aumônière et la Sonrière et encore dix dames officières puis les simples chanoinesses et nièces.

Organisation du temporel[modifier | modifier le code]

Pour gérer les biens du temporel, l'abbesse et les Dames avaient à leur disposition quatre grands officiers qui géraient leurs biens. Le plus important était le Grand Prévôt, il était le représentant légal du chapitre et administrait onze seigneuries[9] et deux doyennés[10]. Venait en second le Grand chancelier qui avait la charge de seize bans. Puis Petit Chancelier qui gérait quatorze petites seigneuries et enfin le Grand Sonrier qui percevait certaines redevances.

À l'origine ces taches étaient confiées à des moines puis elles furent confiées à des gentilshommes dont la noblesse devaient être prouvée.

« L’abbaye de Remiremont a aussi quatre grands officiers qui font preuve de noblesse comme les dames ; savoir le grand-prevôt, le grand-chancelier, le petit chancelier, & grand-sonrier ; mais ces trois derniers officiers ne sont établis qu’ad honores. »

— Encyclopédie de Diderot et D'Alembert, 1re édition, tome 14, 1752.

Ce n'est que vers la fin du XVIIIe siècle que des bourgeois accèdent à ces charges[11]. Ils étaient toutefois pourvus d'une noblesse de dignité, sorte de noblesse personnelle[12],[13]..

La guerre des Panonceaux 1566[modifier | modifier le code]

La guerre des Panonceaux[14] en 1566 entre le duc et l'abbesse se termina en faveur du duc ; Charles III impose alors l'autorité de l'État lorrain à l'abbaye de Remiremont et l'abbesse perd de ce fait ses droits régaliens.

La guerre de Trente Ans[modifier | modifier le code]

Lors du siège de Remiremont, en juillet 1638, par les Français commandé par Turenne, l'abbesse Catherine de Lorraine – tante du duc – et les chanoinesses entraînent la population de Remiremont et en quelques heures les trois brèches ouvertes par les canons français dans les murs de la ville se trouvent réparées.

« Comme les soldats et les bourgeois n'étaient pas en état de garder les murailles et d'exécuter les ouvrages indispensables pour empêcher l'ennemi de pénétrer dans les rues, le commandant lorrain mit les femmes en réquisition ; elles refusèrent de sortir de chez elles ; mais la princesse Catherine[15], qui se trouvait heureusement dans la ville, accourut, avec les chanoinesses, et donna l'exemple de l'obéissance et du travail. À ce spectacle, chacun, voulut mettre la main à l'œuvre, et le dégât fut promptement réparé. Le 5 juillet, une compagnie de cavalerie lorraine, venant de la Franche-Comté, réussit à se jeter dans Remiremont ; le marquis de Ville y fit entrer cent cinquante hommes d'infanterie, et les Français, rebutés par l'opiniâtre résistance des assiégés, décampèrent, le 8, après avoir perdu plus de 700 hommes: tués, blessés ou prisonniers. »

— Auguste Digot, Histoire de Lorraine, éd. Vagner, 1856

Coutumes[modifier | modifier le code]

Le lundi de la Pentecôte, les paroisses voisines rendaient hommage à ce chapitre au cours d'une cérémonie appelée Kyrioles[16] et, à l'avènement d'une nouvelle abbesse, les ducs de Lorraine, suzerains immédiats de l'abbaye, devaient venir à Remiremont pour jurer de continuer à lui apporter leur protection.

Liste des abbesses de Remiremont[modifier | modifier le code]

Les premières abbesses au VIIe siècle furent sainte Mactefelde[17] († 622), puis Sigeberge († v. 652) connue comme sainte Cécile, sainte Gerbétrude[18] († v. 673) ou Gertrude, sainte Perpetue.

Leur ont succédé notamment :

Berscinda d'Alsace ou de Lorraine 
Berscinda, abbessse vers 1040, fille du comte de Metz, Gérard II d'Alsace et nièce d'Adalbert II; elle est la première abbesse connue de sa famille[19].
Ide d'Alsace 
Ide est abbesse en 1040. Elle est la fille d'Adalbert II comte de Metz et comte d'Alsace et de son épouse Judith, son frère est Gérard II d'Alsace comte de Metz. Cousine germaine de la précédente, elle est la grand-tante de Gisèle d'Alsace.
Gisèle d'Alsace 
l'abbesse Gisèle est la plus jeune fille de Gérard d'Alsace, fondateur de la Maison de Lorraine, fidèle des empereurs Henri III et Henri IV et protecteur de l'abbaye de Remiremont.
C'est de Henri IV du Saint-Empire que l'abbesse Gisèle de Lorraine obtient le l'indépendance politique de l'abbaye. Gisèle n'hésite pas à aller rencontrer l'empereur à Mantoue. La charte signée par l'empereur stipule que Remiremont est sous sa protection et que l'abbesse relève de sa seule autorité. Remiremont devient donc un fief mouvant de l'Empire, indépendant des États lorrains. Si cette charte ne mentionne pas directement le droit de l'abbaye à battre monnaie, on y trouve la phrase suivante :
Monettarii di burgo Romariensi debent VII libras piperis… soit Les monnayeurs de Remiremont devront sept livres de poivre.
L'abbaye émettra des petits deniers jusqu'au XIIIe siècle[20].
Le , quelques semaines après son élection, Eudes de Chatillon devenu pape sous le nom d'Urbain II accorde à l'abbaye son indépendance spirituelle.
Les sœurs bénédictines furent remplacés par un chapitre de quatre-vingt-dix-huit chanoinesses.
Judith de Vaudémont 
Judith est abbesse vers 1110, nièce de l'abbesse Gisèle, elle est la fille de Gérard Ier de Vaudémont et la petite nièce du pape Léon IX. Judith sera aussi abbesse de Saint-Pierre de Metz. Elle eut à lutter contre les prétentions du duc Simon et de celles de son fils le duc Mathieu[21].
Euphronie de Lorraine 
Euphronie parfois nommée Fronica est abbesse vers 1150. Elle est la fille Thierry II Le Vaillant duc de Lunéville.
Clémence : l'abbatiale détruite par deux incendies en 1057 et 1145, c'est l'abbesse Clémence (1189-1211) qui réunit les fonds pour la reconstruire.
Agathe de Lorraine 
abbesse morte en 1242, elle est la fille du duc Ferry Ier de Lorraine et de Ludmilla Piast duchesse de Grande-Pologne.
Agnès de Salm 
Agnès de Salm fut élue abbesse de Remiremont en 1242, à la mort de sa tante Agathe de Lorraine. Elle mourut le . Son testament et sa pierre tombale (retrouvée en 1752 lors de la démolition d'une chapelle de l'église abbatiale de Remiremont) sont conservés. Elle a de nombreux démêlés avec Ferry III de Lorraine qui endommage les terres de l'abbaye et enrôle pour la guerre des habitants dépendant du chapitre. Agnès demande l'aide du pape Clément IV qui lui donne raison et excommunie Ferry en 1267.
Clémence d'Oyselet 
La succession de l'abbesse Agnès est délicate. Deux clans se forment à l'abbaye, le clan des lorraines et le clan des franc-comtoises. Les francs-comtoises plus nombreuses élisent pour abbesse Clémence en juillet 1307. La reconstruction de l'abbatiale continue, l'abbesse se fait représenter sur le portail nord entre le pape et l'empereur pour rappeler les privilèges spirituels et temporels de l'abbaye.
Aliénor de Châlons 
Aliénor fut élue abbesse en 1349 avant Pâques qui était en 1350 suivant notre manière de compter[22].
Jeanne d'Aigremont 
Jeanne est élue abbesse en mai 1404, elle administrera l'abbaye avec habileté. Lors du grand schisme, elle prend position en faveur de la papauté d'Avignon.
Henriette d'Amoncourt 
Catherine de Blâmont[23] revêt la dignité d'abbesse à la mort de Jeanne d'Aigremont mais le le pape Grégoire XII la destitue au profit d'Henriette d'Amoncourt.
Marguerite de Salvaine
Isabelle de Demengeville
Henriette de Vienne
Jeanne de Chauviré
Alix de Parroye
Jeanne d'Anglure 
Catherine de Neuchâtel est élue abbesse le , elle n'a pas 18 ans, c'est une irrégularité canonique, le pape revient sur sa nomination et Jeanne d'Anglure est nommée abbesse[24].
Agnès de Dommartin morte en 1508
Alix de Choiseul 
Alix est la fille de Guillaume de Choiseul et de Jeanne du Chatelet. Elle est abbesse de 1509 à 1521. Sa succession est compliquée. Alix avait désigné pour lui succéder sa nièce Madeleine de Choiseul. Mais les Dames n'acceptèrent pas cette désignation.
Madeleine de Choiseul 
Elle ne fut à la tête de l'abbaye que quelques mois. Elle mourut le 30 décembre 1549.
Nicole de Dommartin 
Nicole est la sœur de l'abbesse Agnès de Dommartin. Elle est mise à la tête de l'abbaye par les Dames. Son élection n'est confirmée par Rome qu'en 1524. Elle désigne pour lui succéder Marguerite d'Haraucourt.
Marguerite d'Haraucourt
Marguerite de Neuchâtel 
Marguerite doit son titre d'abbesse au fait qu'Alix de Choiseul l'avait portée en second sur sa liste de résignation. Le pape confirme cette élection.
Renée de Dinteville 
L'abbesse Renée, morte en 1580 doit faire valoir les droits de l'abbaye à ne relever que de l'autorité temporelle de l'empereur Ferdinand que contestait Charles III de Lorraine.
Barbe de Salm 
Barbe est la fille du comte de Salm Jean VIII. Elle est élue abbesse en 1580 à la mort de l'abbesse Renée. C'est sous son abbatiat que la mention appartenance à l'ordre de saint Benoît disparaît des documents. Par ses sages directives, elle protège la ville de l'épidémie de peste de 1588. Elle meurt à Remiremont le
Catherine de Lorraine 
Fille du duc Charles III le Grand, elle tente en vain de réformer le monastère et fonde les "Dames du saint sacrement". Elle défend avec succès ses terres et leur population pendant la Guerre de Trente Ans allant jusqu'à faire accepter et respecter par le roi de France et le duc de Lorraine la neutralité des villes vosgiennes.
Article détaillé : Catherine de Lorraine.
Élisabeth Marguerite d'Orléans 
Fille de Marguerite de Lorraine qui fut coadjutrice de l'abbaye en 1618, et de Gaston de France, duc Orléans, frère de Louis XIII, elle est abbesse à la mort de sa grand-tante l'abbesse Catherine en 1648 à l'âge de deux ans. Elle épousera en 1667 Louis-Joseph de Lorraine sixième duc de Guise.
Article détaillé : Élisabeth-Marguerite d'Orléans.
Béatrice Hyéronyme de Lorraine-Lillebonne 
Fille de François-Marie de Lorraine-Guise (1624-1694), prince de Lillebonne, duc de Joyeuse, elle subit la disgrâce de son père, ruiné. Elle trouve comme l'écrivait Saint-Simon un état noble et honnête pour une vieille fille, une sorte de maison de campagne avec quarante mille livres de rentes. Elle est élue abbesse en 1711, et fonde un hôpital non loin de l'abbaye.
Anne-Charlotte de Lorraine 
Elle est la quatorzième enfant du duc Léopold Ier de Lorraine, elle est élue abbesse le 10 mai 1738. Sous son abbatiat le chapitre a retrouvé sa sérénité. Elle fit construire un hôpital et une école pour les filles. Lors d'un déplacement en Autriche, elle croise le cortège de sa nièce Marie-Antoinette d'Autriche qui s'en va épouser le futur Louis XVI de France.
Article détaillé : Anne-Charlotte de Lorraine.
Marie-Christine de Saxe 
sœur de la Dauphine Marie-Josèphe, elle est la tante du futur Louis XVI de France. D'abord été coadjutrice de l'abbaye, elle en est élue abbesse, à l'unanimité, en novembre 1773 après la mort d'Anne-Charlotte de Lorraine. Elle vient à Remiremont au moins une fois l'an. La ville de Remiremont lui doit un réseau d'égout, le classement des archives du chapitre[25] et la mise en chantier de la reconstruction de l'église capitulaire. Elle meurt le ; son corps est ramené d'Alsace à Remiremont où elle est inhumée grandiosement dans l'église des Dames, les 15 et 16 décembre.
Article détaillé : Christine de Saxe (1735-1782).
Louise-Adélaïde de Bourbon-Condé 
La dernière abbesse, sous l'Ancien Régime, fut la princesse Louise-Adélaïde de Bourbon-Condé, fille de Louis Joseph de Bourbon, prince de Condé[26].

Sources[modifier | modifier le code]

  • Histoire de la réunion de la Lorraine à la France, Othenin Haussonville, éd. Lévy frères, 1854
  • Etude historique sur l'abbaye de Remiremont, A. Guinot, Douniol, 1859
  • Journal des économistes, Cause du paupérisme pour les femmes, ancienne France, Julie-Victoire Daubié éd. par Presses universitaires de France, 1864
  • J. J. Bammert, prix Erckmann-Chatrian, Les Nobles Dames de Remiremont, 620-1791, L’histoire du Chapitre des Nobles Dames de Remiremont, Remiremont, Imprimerie Lalloz-Perrin, Remiremont,‎ 4e trimestre 1971 (ISBN dépôt légal n°28)
    Publication en 20 brochures, chacune contenant un chapitre : * Chapitre 1 : Les Temps Premiers, * Chapitre 2 : Le Monastère sur la montagne, * Chapitre 3 : Les Translations dans la Vallée, * Chapitre 4 : Une Royauté Féminine, * Chapitre 5 : Madame l’Abbesse Princesse d’Empire, * Chapitre 6 : Les Hauts Dignitaires, * Chapitre 7 : Les Dames Officères, * Chapitre 8 : Les Dames Chanoinesses, * Chapitre 9 : La Vie des Chanoinesses, * Chapitre 10 : Petites Histoires d’une Noble Abbaye, * Chapitre 11 : L’Administration Temporelle, * Chapitre 12 : Le Palais Abbatial, * Chapitre 13 : Le Serment de la Franche Pierre, * Chapitre 14 : L’Église Abbatiale Saint Pierre, * Chapitre 15 : Les kyriolés, * Chapitre 16 : Malheurs, Guerres et Catastrophes, * Chapitre 17 : L’Organisation Judiciaire, * Chapitre 18 : La Contestation et la Discorde, * Chapitre 19 : Les Institutions Municipales, * Chapitre 20 : La Fin
    * Remiremont, l'abbaye et la ville, actes des journées d'études vosgiennes, Nancy, 1980
  • Histoire de Remiremont, Abel Mathieu, éd. Sapin d'or, 1984
  • Les Vosges dans l'Histoire, Gérald Guéry, éd. Ad'gis, 2003

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00107253 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Saint Romary, Fondateur de Remiremont
  3. Saint Amé, Premier Abbé du Saint-Mont
  4. On retrouve les clés de Saint Pierre sur les armes de la ville de Remiremont
  5. Le tremblement de terre de 1682 etles dégâts sur l'église Saint Pierre
  6. Bouxières-aux-Dames est en Meurthe-et-Moselle
  7. Petite histoire religieuse de nos Vosges, L. Lévêque, éd. Géhin et Cie Mirecourt, 1949
  8. Cri de l'humanité et de la raison, S.J Bexon, ed. Veuve Vivot, Bruyères, 1790gallica.bnf.fr
  9. dont Remiremont, Gerardmer, Arches, etc.
  10. Bains-les-Bains et Vagney
  11. Histoire de Bains-les-Bains,livre II, Offices du Chapitre C.Olivier, 1909.«…Grande Prévoté, Grande et Petite Chancellerie et Chancellerie d'État qui avant le dix-huitième siècle ne pouvaient être possédés que par des gentilhommes dont la noblesse devait être certifiée et prouvée en bonne et due forme… »
  12. Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, Volume 23,Diderot,d'Alembert, 1778
  13. Etude historique sur l'abbaye de Remiremont,Guinot,1859
  14. Pour montrer leur immédiateté vis-à-vis de l'Empire et leur indépendance vis-à-vis du duc de Lorraine, les dames de Remiremont avaient fait apposer dans la ville des panonceaux représentant des aigles impériales. Charles III profita de l'absence de l'empereur Maximilien II, occupé en Hongrie, pour faire enlever de force ces panonceaux et faire ainsi reconnaître sa souveraineté.
  15. Abbesse Catherine de Lorraine
  16. Kyriolés, cantiques en langage régional
  17. Sainte Macteflède, Sainte du Saint-Mont
  18. Sainte Gébétrude
  19. Michel Parisse Noblesse et chevalerie, Publications Université de Nancy II, Nancy 1982 (ISBN 2864801272), « Les abbesses de Remiremont (v.1040-1279) & de Saint-Pierre aux Nonains (1114-1210) issues de la Maison de Lorraine » p. 268.
  20. Traité de numismatique, Arthur Engel, Raymond Serrure, éd. Adamant Media
  21. Histoire de la ville épiscopale et de l'arrondissement de Saint-Dié, N. F. Gravier, éd. Gerard, 1836
  22. Histoire de la Lorraine, Dom Calmet
  23. Mémoires,Société d'archéologie lorraine, 1861
  24. Bulletin de la société philomatique vosgienne 1891
  25. Cette tâche demandera 25 ans de travail à l'archiviste cordelier Claude Vuillemin
  26. À sa mort en 1824, elle était prieure du monastère du Temple.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. J. Bammert, prix Erckmann-Chatrian, Les Nobles Dames de Remiremont, 620-1791, L’histoire du Chapitre des Nobles Dames de Remiremont, Remiremont, Imprimerie Lalloz-Perrin, Remiremont,‎ 4e trimestre 1971 (ISBN dépôt légal n°28)
    Publication en 20 brochures, chacune contenant un chapitre : Chapitre 15 (10 pages) : Les kyriolés : En 1049, Ode I de Luxembourg étant abesse, furent institués les Kyrioletzs ou Criaulés, dans les domaines de l’Abbaye de Remiremont
  • Nicole Lemaître, Montagnes sacrées d’Europe. Actes du colloque « Religions et montagnes », Tarbes,‎ 2005, 427 p. (ISBN 2-85944-516-1)
    Actes du colloque "Religion et montagnes", Tarbes, 30 mai-2 juin 2002 / textes réunis et publiés par Serge Brunet, Dominique Julia et Nicole Lemaitre. Les rites des fêtes de saint Amé et de saint Romaric. pp. 114 à 119 : Les Kyriolés. Dans chaque cantique, saint Romaric est présent. Ainsi, les huit paroisses demandaient au patron de la ville d’entrer dans Remiremont. Vagney invoquait et demandait au saint de lui ouvrir ses portes en ces termes :
    • Criaulé, ô bienheureux saint Romary.
    • Criaulé, nous vous demandons vos portes ouvrir.
    • C’est saint Lambert qui veut entrer par sa bonté.
    • Et tous ceux qui sont après et prient Dieu (Kyriolés ou Cantiques qui sont chantés à l’église de Mesdames de Remiremont, op. cit). Les représentants de la commune de Saint-nabord se présentaient et entonnaient :
    • Criaulé saint Pierre et saint Romary.
    • Priez pour ceux qui sont ici.
    • À Saint-Nabord donnez l’entrée, ô criaulé, ô criaulé.
    • En Jésus-Christ, oyez nos vœux.
    • Et tous les saints, et toutes les saintes, oyez nos vœux
  • Petite histoire religieuse de nos Vosges, L. Lévêque, éd. Géhin et Cie Mirecourt, 1949

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Liens externes[modifier | modifier le code]