Alexandre Milinkevitch

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Alexandre Milinkevitch

Alexandre Milinkevitch (en biélorusse, Аляксандар Мілінкевіч) (né le 25 juillet 1947 à Hrodna) est une personnalité politique de la Biélorussie, l'actuel chef de l'opposition démocratique. Le Parlement européen lui décerna le prix Sakharov en décembre 2006. Il fut candidat contre le président biélorusse sortant Alexandre Loukachenko à l'élection présidentielle du 19 mars 2006.

Alexandre Milinkevitch, 2006

Biographie[modifier | modifier le code]

Alexandre Milinkevitch est né en 1947 à Hrodna dans la famille d'un enseignant émérite de Biélorussie. Ses bisaïeuls ont participé à l'insurrection polonaise-biélorusse de 1863-64 et ont été frappés d'une vague de répression exercée par les autorités russes après la défaite des insurgés. Son grand-père a milité dans le mouvement biélorusse des années 1920 dans la région de Horadnia. Diplômé de l'université de Hrodna, il est titulaire d'un doctorat à l'Institut de physique de l'Académie nationale des sciences de Biélorussie. De 1980 à 1984 il a dirigé le département de Physique à l'Université de Sétif en Algérie. Il a aussi enseigné à l'Université de Hrodna entre 1978 et 1980, puis de 1984 à 1990. À partir de ce moment il commence à s'impliquer dans la vie locale et devient adjoint au maire de la ville.

En 2001 il était directeur de cabinet de Siamion Domaš, un des candidats de l'opposition à l'élection présidentielle de Biélorussie. En octobre 2005, il a été choisi par les Forces démocratiques unies de Biélorussie comme candidat commun de l'opposition à l'élection présidentielle de 2006.

Stages et autre formation :

  • Université de Montpellier (1980)
  • University of California (1998)
  • Centre européen d'études de sécurité George C. Marshall (Garmisch-Partenkirchen, RFA,2000)
  • Stages dans les institutions de l'UE (questions du fonctionnement de l'UE, de l'élargissement de l'UE) en Belgique, en France et aux Pays-Bas

Campagne présidentielle[modifier | modifier le code]

En octobre 2005, environ 900 délégués de différents groupes politiques se sont réunis dans la capitale, Minsk, pour choisir un unique candidat parmi les différents partis et groupes politiques. Milinkevitch l'emporta sur trois autres chefs politiques à cette réunion.

Dans le passé, les délégués ont souvent échoué à être assez unis pour présenter un candidat unique de l'opposition, mais ils ont souligné l'importance de soutenir la campagne de Milinkevitch pour déloger le président Alexandre Loukachenko, qui gouvernait la Biélorussie depuis plus d'une décennie. Les forces de l'opposition biélorusse avaient essayé pour la dernière fois de présenter un candidat unitaire en 2001.

Milinkevich a comparé sa campagne à celle d'un autre candidat de l'opposition pro-occidentale dans l'Ukraine voisine, Viktor Iouchtchenko, dont la victoire à la fin de 2004 fut appelée la "Révolution orange." Bien que la déception envers le gouvernement de Viktor Iouchtchenko ait culminé durant la crise politique en septembre 2005 conjugués avec des allégations de pots-de-vin de masse couplée avec une situation économique se détériorant[1], Milinkevitch souhaite que les événements de l'année dernière en Ukraine soient une inspiration pour ses partisans. "Nous croyons que la Biélorussie sera la suivante … Après l'Ukraine," a-t-il dit.The Associated Press[2].

Cependant, les leaders d'opposition se rendent compte qu'un rude combat se prépare, malgré l'appui d'ONG(organisations non gouvernementales) fonctionnant avec des fonds des États-Unis. La politique économique "socialiste" de Loukachenko reçoit un soutien significatif dans les zones rurales du pays - un des rares endroits de l'ex-union soviétique où le système de protection sociale du pays reste pratiquement inchangé depuis l'ère soviétique.

Au cours de l'élection présidentielle biélorusse de 2006, les résultats officiels du régime ont donné à Milinkevitch 6 % des suffrages contre 83 % pour Loukachenko. Pendant qu'une fuite alléguée par le KGB biélorusse a déclaré qu'il a vraiment recueilli 28 % du vote, contre 49 % pour Loukachenko, qui signifierait qu'il devrait y avoir eu un second tour pour l'élection, incluant Milinkevitch comme le candidat d'opposition face au président sortant.

En janvier 2006, Milinkevitch fut invité à Paris par le gouvernement français. Il rencontra le ministre français des Affaires étrangères, et donna de nombreuses entrevues aux médias occidentaux, dont un entretien télévisé pour Euronews (Milinkevitch, comme tout autre activiste de l'opposition, n'a aucun accès à la télévision en Biélorussie). Auparavant, il avait déjà rencontré le président du conseil des ministres polonais Kazimierz Marcinkiewicz, et le président lituanien Valdas Adamkus. En février 2006 il rencontra aussi le président de la Commission européenne, José Barroso, la chancelière allemande Angela Merkel, Javier Solana et plusieurs autres hommes politiques européens importants. Sa campagne a reçu le soutien d'abord du gouvernement polonais puis d'autres hauts responsables de l'UE.

Personnel[modifier | modifier le code]

Marié, il a deux fils.

  • Décorations: Chevalier de l'Ordre du Mérite de la Culture Polonaise

Répression gouvernementale[modifier | modifier le code]

La dernière semaine de décembre 2005, Alaksandar Darafiejeu (Aleksandr Dorofeev), un membre du Milinkievič's "initiative group" organisant sa campagne électorale, a été arrêté pour avoir des relations avec l'explosion d'une bombe à Vitebsk.Vitebsk bombing[3].

Le 9 mars 2006, Vincuk Viačorka, un membre de l'équipe de campagne de Milinkevitch, a été condamné à 15 jours de détention pour avoir "organisé un meeting non enregistré” entre le candidat à l'élection présidentielle et des électeurs à Minsk, en dépit de la loi sur les élections qui permet de telles réunions. Neuf autres membres de l'opposition -- Aleksandr Pavlovskii, Petr Babarenko Alexander Zelko, Dmitrii Kudryavstev, Petr Topar, Vladimir Gribin, Aleksej Makovich, Sergei Pyantsevich, and Artem Litvinko - ont été aussi condamnés à la détention pour 15 jours pour le même motif.

Il a été emprisonné quinze jours en avril pour avoir participé à une réunion non autorisée à Minsk.

En novembre 2006, à son retour de Riga (sommet), son passeport et son téléphone portable lui ont été confisqués par les garde-frontière biélorusses.

Prix Sakharov[modifier | modifier le code]

  • Réaction lorsqu'il a appris qu'il est lauréat du prix : Alexandre Milinkevitch, le Prix Sakharov 2006. « C'est le plus haut soutien moral pour les forces qui ont lutté pour la démocratie en Biélorussie au cours de ces dernières années », s'est réjoui le lauréat. « C'est un bonheur et un honneur pour moi. Mais je ne le considère pas comme un prix personnel. C'est un prix décerné aux milliers de gens en Biélorussie qui ont montré, particulièrement ce printemps (pendant la présidentielle biélorusse - ndlr), leur courage et le désir de lutter pour leur dignité, à la Biélorussie », a-t-il déclaré. "Nous sentons que nous ne sommes pas seuls. L'Europe est avec nous", a déclaré M. Milinkevitch à l'Associated Press à Minsk. "Aujourd'hui, près d'un demi-milliard d'Européens ont tendu les mains en signe de soutien, partenariat et solidarité avec les Biélorusses. Et c'est une victoire des principes moraux sur les principes de tyrannie", a-t-il ajouté[4].
  • Réaction lorsqu'il a reçu le prix à Strasbourg : Le chef de l'opposition biélorusse Alexandre Milinkevitch a vu son combat pour la démocratie récompensé mardi 5 décembre 2006 par le prix Sakharov pour les droits de l'homme, remis chaque année par le Parlement européen de Strasbourg. "Ce Prix n'est pas à moi seul", a déclaré Milinkevitch. "Avec moi, tous les Biélorusses se voient attribuer ce Prix, tous ceux qui ont été en mars dernier sur la Place, jetés dans les prisons, expulsés des universités et des lieux de travail. Ce Prix est pour tous ceux qui continuent le combat. ", a-t-il lancé, le Parlement lui faisant une ovation debout. Il a annoncé qu'il ne touchera pas personnellement les 50 000 euros du prix, préférant les affecter aux victimes de la répression par le biais d'une ONG[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Breaking News, Business News, Financial and Investing News & More sur Reuters.co.uk
  2. Home - San Jose Mercury News
  3. Oppositionists Charged with Implication in Vitsebsk Blasts, Charter'97
  4. Le figaro.fr du 28/10/2006
  5. AFP 12/12/2006

Liens externes[modifier | modifier le code]

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