Rapport Brundtland

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Rapport Brundtland, officiellement intitulé Notre avenir à tous (Our Common Future), est une publication rédigée en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l'Organisation des Nations unies, présidée par la Norvégienne Gro Harlem Brundtland. Utilisé comme base au Sommet de la Terre de 1992, le rapport utilise pour la première fois l'expression de « sustainable development  », traduit en français par « développement durable », et il lui donne une définition:

« Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir[1]. »

Depuis ce rapport, l'expression s'est répandue dans le monde entier.

Historique[modifier | modifier le code]

Selon le premier rapport du Club de Rome publié en 1972, la poursuite de la croissance économique entraînerait au cours du XXIe siècle et plus précisément vers l’an 2100 une chute brutale de la population à cause de la pollution, de l’appauvrissement des sols cultivables et de la raréfaction des ressources énergétiques.

En 1973, la crise pétrolière fait prendre conscience du problème de l'épuisement des ressources. De plus, la fin des années 1970 et le début des années 1980 sont marqués par plusieurs grandes catastrophes environnementales et industrielles (Seveso, Olympic Bravery, Boehlen, Amoco Cadiz, Three Miles Island…). Fortement médiatisés, ces évènements marquent l'opinion publique. La relation entre environnement et développement s'installe alors progressivement dans les consciences.

En 1983, l'Organisation des Nations unies met en place la Commission mondiale sur l’environnement et le développement, composée de 23 personnes issues de 22 pays et sous la direction de Gro Harlem Brundtland, ancienne Premier ministre de Norvège, afin de définir un programme de coopération internationale et pluridisciplinaire sur les problèmes environnementaux[2].

Pendant trois ans, la Commission auditionne différents acteurs des pays développés et en développement : gouvernements, ONG, grand public… Elle commande plus de 75 études liées aux problématiques d'environnement et de développement économique et publie son rapport final Notre avenir à tous (Our Common Future) en 1987.

Développement durable ou soutenable ?[modifier | modifier le code]

Il existe trois éditions francophones du rapport Brundtland. La première a été éditée par l’Oxford University Press en 1987 et ressemble à un manuscrit dactylographié.

La deuxième édition, préparée par la maison d'édition québécoise Les Éditions du Fleuve en 1988, apporte de nombreuses améliorations au manuscrit et remplace développement durable par développement soutenable. En 1989, Les Éditions du Fleuve impriment une édition révisée qui comprend une introduction écrite par Gro Harlem Brundtland (il s'agit de la traduction de la préface de l'édition anglaise publiée par l'Oxford University Press en 1987).

L'éditeur québécois a pris la peine d'expliquer son choix du mot soutenable dans l'édition de 1989 : « L'éditeur, à la demande de la Commission, a traduit sustainable development par développement soutenable et non par développement durable. Cependant, développement durable semble être mieux accepté que développement soutenable, du moins en Amérique. »

Le bon usage imposait l'expression développement soutenable, tel que demandé par la Commission.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rapport Brundtland sur le site du Ministère des Affaires Etrangères
  2. Dépôt du Rapport Brundtland sur l'environnement, Perspective Monde, Université de Sherbrooke, (page consultée le 21 octobre 2011).

Annexe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alex Davidson, Michael Dence, The Brundtland Challenge and the Cost of Inaction, Inst for Research on, décembre 1988, 159 p. (ISBN 0886450764).
  • Thijs de la Court, Beyond Brundtland: Green Development in the 1990's, Apex Pr, mai 1990, (ISBN 0945257279).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]