Mongi Slim

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Mongi Slim
منجي سليم
Portrait de Mongi Slim
Portrait de Mongi Slim
Fonctions
3e ministre tunisien de la Justice
5 septembre 19666 septembre 1969
Président Habib Bourguiba
Gouvernement Bourguiba II
Prédécesseur Hédi Khefacha
Successeur Mohamed Snoussi
3e ministre tunisien des Affaires étrangères
29 août 196212 novembre 1964
Président Habib Bourguiba
Gouvernement Bourguiba II
Prédécesseur Sadok Mokaddem
Successeur Habib Bourguiba Jr.
Président de l'Assemblée générale des Nations unies
20 septembre 196118 septembre 1962
Prédécesseur Frederick Boland
Successeur Muhammad Zafrulla Khan
Biographie
Date de naissance 1er septembre 1908
Date de décès 23 octobre 1969 (à 61 ans)
Lieu de décès Tunis, Tunisie
Nationalité tunisienne
Diplômé de Université de Paris
Profession Diplomate

Mongi Slim (منجي سليم), né le 1er septembre 1908 et décédé le 23 octobre 1969 à Tunis[1], est un homme politique et diplomate tunisien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Il naît au sein d'une famille de l'aristocratie tunisoise d'origine grecque : son arrière-grand-père Kafkalas, devenu le général Slim, est acheté sur le marché des esclaves, vendu comme mamelouk à un commerçant djerbien qui l'offre au bey de Tunis au début du XIXe siècle ; ce dernier l'éduque, le libère et fait de lui son ministre de la Guerre. Son grand-père paternel est un caïd-gouverneur qui dirige la riche province du cap Bon. Sa mère appartient à la famille Bayram, une famille noble originaire de Turquie, qui avait pris de l'importance à Tunis, célèbre dans le monde arabe pour ses érudits en droit musulman et le grand nombre de ses notables religieux[2],[3],[4].

Mongi Slim étudie à l'école Sadiki à Tunis puis part en France où il est diplômé de la faculté de droit de Paris.

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1936, il revient en Tunisie et adhère au Néo-Destour dont il assume la direction à la fin des années 1940 et au début des années 1950. En 1952, il est écroué puis relâché au début de l'année 1954, ce qui est jugé comme un geste d'apaisement à l'égard des nationalistes tunisiens.

En 1954, il devient le négociateur en chef de la délégation tunisienne aux pourparlers de Paris menés avec le gouvernement français jusqu'en juin 1955 et qui conduisent au protocole accordant l'autonomie interne à la Tunisie. Il devient ensuite ministre de l'Intérieur jusqu'en avril 1956. En sa qualité de ministre, il participe aux négociations avec le gouvernement français qui se soldent par le protocole du 20 mars 1956 accordant à la Tunisie son indépendance.

En septembre 1956, il est nommé ambassadeur de la Tunisie auprès des États-Unis. À ce poste sont liés ceux d'ambassadeur auprès du Canada et de représentant permanent auprès des Nations unies. En janvier 1957, il est élu au Comité spécial de l'Assemblée générale des Nations unies sur la question hongroise. Il est également représentant permanent de la Tunisie au Conseil de sécurité entre janvier 1959 et décembre 1960. Il participe à toutes les sessions de l'Assemblée générale des Nations unies en tant que chef de la délégation tunisienne dès que la Tunisie devient membre des Nations unies en 1956. En 1961, il participe à la troisième session extraordinaire de l'Assemblée générale qui traite de la crise de Bizerte.

Il quitte ses postes d'ambassadeur en février 1961 lorsqu'il est élu président de l'Assemblée générale. Il occupe ce poste quand, en 1962, il est nommé ministre des Affaires étrangères de la Tunisie. Nommé par la suite représentant personnel du président Habib Bourguiba, avec rang de ministre[5], le 12 novembre 1964 puis ministre de la Justice entre le 5 septembre 1966 et le 6 septembre 1969, il s'éteint le 23 octobre et se voit inhumé au carré des martyrs du cimetière du Djellaz.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Revue française d'études politiques africaines, n°43-48, éd. Société africaine d'édition, 1969, p. 14
  2. (en) « World: Rebel Parliamentarian politico », Time, 29 septembre 1961
  3. Mohamed El Aziz Ben Achour, Catégories de la société tunisoise dans la deuxième moitié du XIXe siècle, éd. Institut national d'archéologie et d'art, Tunis, 1989, pp. 205-207
  4. Sophie Ferchiou [sous la dir. de], Hasab wa nasab : parenté, alliance et patrimoine en Tunisie, éd. CNRS, Paris, 1992, pp. 127-128
  5. (fr) « Noureddine Hached, nommé représentant personnel du président de la République », Leaders, 11 janvier 2012