Jafar Panahi

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Jafar Panahi

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Jafar Panahi, Cines del Sur 2007

Naissance 11 juillet 1960 (54 ans)
Drapeau de l'Iran Miyaneh, Iran
Nationalité Drapeau de l'Iran Iranien
Profession Réalisateur, Scénariste
Films notables Le Miroir,
Le Cercle

Jafar Panahi (en persan : جعفر پناهي), en translittération française: Djafar Panahi, né le 11 juillet 1960 à Miyaneh, est un réalisateur iranien parmi les plus influents du mouvement de la nouvelle vague iranienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un peintre en bâtiment, il a grandi dans les quartiers déshérités de Téhéran.

Après avoir étudié la réalisation de films à l'Université de Cinéma et de Télévision à Téhéran, Panahi fait plusieurs films pour la télévision iranienne et devient l'assistant réalisateur d'Abbas Kiarostami sur Au travers des oliviers. Son premier long métrage de cinéma, Le Ballon blanc, est récompensé par la Caméra d'or au Festival de Cannes 1995.

Ses deux films à charge sur les inégalités et l'absence de liberté dans la société iranienne : Le Cercle (Dayereh, Lion d'or à Venise en 2000) et Sang et or (Talāye sorkh, Prix du jury Un certain regard en 2003), ont été interdits par le gouvernement de la République islamique d'Iran à cause de leurs sujets. Ainsi, Le Cercle traite de la condition des femmes dans la république islamique d'Iran et en particulier de la prostitution, et Sang et or raconte l'histoire d'un vétéran de la guerre avec l'Irak confronté à l'injustice sociale.

Le régime interdit également la sortie en salles d'Hors jeu (Offside, Ours d'argent à Berlin en 2006) qui dénonce la place réservée aux femmes dans son pays. En effet, ce documentaire fiction, devenu culte, traite de la fronde des Iraniennes, fans de football, assistant clandestinement aux matches, en contournant l'interdiction faite aux femmes, depuis la révolution islamique de 1979, de pénétrer dans les stades lors des matchs opposant des équipes masculines. Cependant, ce film connaît le succès en Iran grâce aux copies DVD diffusées, en partie clandestinement, dans tout le pays.

Alors que les œuvres de Panahi sont systématiquement primées dans les grands festivals internationaux, elles sont aujourd'hui interdites dans son propre pays, même si elles sont distribuées sous forme de DVD, vendus en secret au marché noir. Il inspire toute une nouvelle génération de cinéastes iraniens. Tournant ses films en secret, il invente la technique de la double équipe de tournage. La première est un leurre qui prend en cas de danger la place de la deuxième (la vraie) qui tourne en secret.

En juin 2009, il participe dans la rue à de nombreuses manifestations à la suite de la victoire controversée d'Ahmadinejad. Fin juillet, il est arrêté quelques jours pour avoir assisté à une cérémonie organisée à la mémoire de la jeune manifestante tuée, Neda Agha Soltan. Libéré, il arbore au festival de Montréal une écharpe verte, couleur de l'opposition.

En février 2010, le pouvoir islamique lui interdit de se rendre à la Berlinale 2010 alors qu'il en est l'invité d'honneur.

Arrêté le 1er mars 2010 avec sa femme, sa fille et 15 autres personnes (ces dernières relâchées quarante-huit heures après), il est retenu dans la prison d'Evin par les autorités iraniennes pendant le Festival de Cannes 2010 alors qu'il y est invité à faire partie du jury officiel[1]. Le 18 mai 2010, lors du Festival, une journaliste iranienne révèle que le cinéaste a entamé une grève de la faim pour protester contre les mauvais traitements qu'il subit en prison[2]. Il est libéré sous caution le 25 mai 2010[3].

Lors de la Mostra de Venise 2010, son film L'accordéon est sélectionné. Mais il ne pourra venir le défendre[4].

En décembre 2010, il est condamné à six ans de prison et il lui est interdit de réaliser des films ou de quitter le pays pendant vingt ans. « Jafar Panahi a été condamné à six ans de prison pour participation à des rassemblements et pour propagande contre le régime », explique son avocate Farideh Gheirat dont les propos sont relayés par l'agence de presse Isna[5],[6].

En février 2011 il est tout de même membre du jury à titre honorifique, à la Berlinale 2011[7].

En octobre 2011, la condamnation est confirmée en appel[8].

Malgré cette interdiction de travailler, Jafar Panahi coréalise avec Mojtaba Mirtahmasb Ceci n'est pas un film qui décrit sa situation. Tourné avec une caméra numérique et parfois avec un iPhone, Jafar Panahi décrit la situation d'un cinéaste qui n'a pas le droit de faire du cinéma. Ce film, stocké sur une clé USB cachée dans un gâteau[9], arrive au Festival de Cannes 2011 et y est présenté hors compétition. Depuis, il fait le tour des festivals de cinéma internationaux.

En 2012, avec Nasrin Sotoudeh, il remporte le Prix Sakharov, remis par le Parlement européen[10]. Sous le coup de l'interdiction de quitter le pays, Panahi se fait représenter par sa fille Parmiz Panahi, qui vient recevoir ce prix aux côtés de Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix 2003, qui représente Nasrin Sotoudeh.

Panahi coréalise avec Kambuzia Partovi dans le plus grand secret Pardé. Sélectionné à la Berlinale 2013 le film reçoit l'Ours d'argent du meilleur scénario.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Courts et moyens métrages[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Figaro du 14 mai 2010 : « Jafar Panahi, l'insoumis du cinéma iranien »
  2. Libération.fr, « Le cinéaste iranien Jafar Panahi entame une grève de la faim », consulté le 20 mai 2010.
  3. «Iran: le cinéaste Jafar Panahi est sorti de prison» 20minutes.fr le 25 mai 2010
  4. http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Venise-2010-Jafar-Panahi-prive-de-festival-2399591
  5. Libération.fr, « Le cinéaste iranien Jafar Panahi condamné à six ans de prison  », consulté le 20 décembre 2010.
  6. Lemonde.fr, « Mobilisation des intellectuels français pour l'Iranien Jafar Panahi », consulté le 21 décembre 2010.
  7. http://next.liberation.fr/cinema/01012306458-jafar-panahi-invite-au-jury-de-la-berlinale-2011
  8. Iran: la condamnation du cinéaste Jafar Panahi confirmée en appel
  9. Jacques Mandelbaum, « "Ceci n'est pas un film" : ceci n'est pas un cinéaste iranien menacé », sur lemonde.fr,‎ 27 septembre 2011 (consulté le 26 avril 2013) : « Certains chroniqueurs bien renseignés prétendent que le film a franchi les frontières sous la forme de clé USB cachée dans un gâteau. »
  10. Le Prix Sakharov du Parlement iranien à deux opposants iraniens

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]