Alexeï Navalny

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Alexeï Navalny

Description de l'image  Navalny.JPG.
Nom de naissance Alexeï Anatolievitch Navalny
Naissance 4 juin 1976 (38 ans)
Oblast de Moscou, RSFS de Russie, URSS
Nationalité Russe
Pays de résidence Drapeau de la Russie Russie
Profession Avocat
Activité principale Activiste politique, blogueur
Formation

Alexeï Anatolievitch Navalny (en russe : Алексей Анатольевич Навальный), né le 4 juin 1976 dans l’oblast de Moscou, est un avocat, homme politique et activiste politique russe. En juillet 2013, Navalny est reconnu coupable de détournement de fonds et condamné à cinq ans de camp avec sursis par la justice russe. Ce jugement est dénoncé comme un procès politique par les États-Unis et l'Union européenne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alexeï Navalny a étudié à l’université Yale, où il fut un « Yale World Fellow »[1]. Il est connu pour être l’auteur du blog Navalny et du site Rospil, où il dénonce des faits de corruption en Russie. En octobre 2010, il accuse l’entreprise d’énergie Transneft de détournement de fonds à hauteur de 2,9 milliards d’euros lors de la construction d’un oléoduc en Sibérie[2]. Il est surnommé par le magazine Time « l’Erin Brockovich russe »[3] et est désigné personnalité de l’année 2009 par le quotidien économique russe Vedomosti[4].

Il s’oppose au pouvoir en place en Russie et à Vladimir Poutine en particulier, qualifiant en février 2011 son parti, Russie unie, de « parti des voleurs et des escrocs »[2]. Lors de la contestation des élections législatives russes de 2011, à laquelle il participe activement, il est emprisonné le 5 décembre[5]. À sa sortie de prison le 20 décembre, il appelle les Russes à s’unir contre Poutine, afin que celui-ci ne gagne pas l’élection présidentielle de 2012, à laquelle il se dit prêt à participer[6]. En 2011, la BBC décrit Navalny comme étant « probablement le seul réel opposant politique à avoir émergé en Russie ces cinq dernières années »[7]. Fin décembre 2011, il participe à l’organisation d’une manifestation qui rassemble 120 000 personnes selon l’opposition[8].

Sa participation à l'organisation "Narod" (dont il est cofondateur) a déclenché une controverse, celle-ci alliant des positions d'extrême-gauche et d'extrême-droite. En 2008, l'organisation s'est rapprochée de groupes connus pour leurs positions racistes comme "le mouvement contre l'immigration illégale", interdit en 2011 par la justice pour extrémisme[9]. Navalny a en outre participé en 2011 à un défilé ultranationaliste dont l'un des slogans était «arrêtons de nourrir le Caucase! »[10]. Il avait déjà participé à une marche nationaliste semblable en 2007, ce qui lui avait valu d'être expulsé du Parti d'opposition Iabloko, dont il était alors membre[11].

En mai 2012, il participe à une manifestation qui dégénère en heurts avec la police. Il est arrêté avec le dirigeant du Front de gauche Sergueï Oudaltsov et condamné à quinze jours de prison pour désobéissance aux forces de l'ordre[12].

Son élection au conseil d'administration d'Aeroflot en juin 2012 a provoqué un vif débat en Russie. Navalny a été accusé d'avoir été nommé à un poste confortable soit par le pouvoir afin de le faire taire (l'État détient 51 % des actions de la compagnie aérienne), soit par son proche allié et opposant notoire à Vladimir Poutine, Alexandre Lebedev (qui détient 15 % des actions)[13].

Le 31 juillet 2012, Navalny est inculpé par la Commission fédérale d'enquête de vol à grande échelle à cause des lourdes pertes financières d'une société publique d'exploitation forestière et encourt jusqu'à dix ans de prison[14]. Il est accusé du détournement de seize millions de roubles (377 000 euros) au détriment de cette exploitation forestière, à l'époque où il était conseiller du gouverneur de l'oblast de Kirov, Nikita Bielykh. Le 18 juillet 2013, il est reconnu coupable de détournement de fonds et condamné à cinq ans de camp[15],[16],[17]. Les principaux médias occidentaux, les États-Unis et l'Union européenne soutiennent qu'il est victime d'un procès politique[18],[19].

Libéré provisoirement par la justice dès le lendemain de sa condamnation[20], Navalny a entamé une campagne électorale pour l'élection à la mairie de Moscou, son programme s'articulant surtout autour de la lutte contre la corruption et l'immigration[21]. Il a notamment déclaré : « J'ai regardé les statistiques. Savez-vous que près de 50 % des crimes et délits sont commis par des étrangers ? »[22].

En août, Vladimir Jirinovski, président du Parti libéral-démocrate, a demandé au ministère de l'intérieur l'ouverture d'une enquête sur le financement de la campagne électorale de Navalny. Celui-ci aurait récolté de l'argent de la part de donateurs anonymes étrangers via un système de paiement sur internet, pratique interdite par la loi russe[23]. Navalny a nié ces accusations, affirmant que les magistrats du parquet étaient des « benêts »[24]

Le 8 septembre, il est battu par le maire de Moscou sortant, Sergueï Sobianine (nommé par Vladimir Poutine par décret en 2010) par 52 % des voix contre 30 % mais conteste les résultats. Le taux de participation est de 30 %. Navalny affirme avoir récolté 35,6 % des voix, contre 46 % à son adversaire et réclame un second tour. Les ONG indépendantes qui ont surveillé le scrutin n'ont pour leur part pas observé de « graves violations ». Selon le journaliste Pierre Avril, ce scrutin a permis à Navalny de s'affirmer comme l'un des principaux opposants à Vladimir Poutine. Dès lors, poursuivre les procédures judiciaires intentées contre lui reviendrait à en faire un martyr pour l'opposition[25]. Une manifestation de 9 000 personnes a lieu en soutien le lendemain. L'opposition à Poutine sort toutefois requinquée de ces élections municipales, notamment par la victoire d'Evgueni Roizman à Iekaterinbourg, quatrième ville du pays et d'une candidate du parti Iabloko à Petrozavodsk[26].

En février 2014, il est placé en résidence surveillée pour une durée de 2 mois par un tribunal de Moscou pour avoir quitté la capitale ce qui est en infraction avec un jugement rendu précédemment[27]. En avril 2014, il est reconnu coupable de diffamation à l'encontre d'un député qu'il aurait qualifié de toxicomane. Il est condamné à une amende de 300 000 roubles[28]. Il risque par ailleurs dix ans de prison pour une affaire l'opposant à l'entreprise française Yves Rocher[29].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Profil de Navalny », sur université Yale (consulté le 2 août 2012)
  2. a et b « Alexeï Navalny : la naissance d’un leader de l’opposition », Radio France internationale,‎ 26 décembre 2011.
  3. Schreck, Carl (9 mars 2010). « Russia’s Erin Brockovich: Taking On Corporate Greed ». Time. Consulté le 9 février 2011.
  4. « Персоны года — 2009: Частное лицо года » (en Russe). Vedomosti. 30 décembre 2009. consulté le 9 février 2011.
  5. (en) « Russia faces to watch: Alexei Navalny », BBC News,‎ 12 juin 2012
  6. (en) Guy Faulconbridge, « Navalny challenges Putin after leaving Russian jail », Reuters,‎ 20 décembre 2011
  7. (en) « Profile: Russian blogger Alexei Navalny », BBC News,‎ 1er août 2012
  8. (en) Fred Weir (en), « Huge protest demanding fair Russian elections hits Moscow », Christian Science Monitor,‎ 24 décembre 2011.
  9. http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=1290
  10. http://www.lefigaro.fr/international/2011/12/26/01003-20111226ARTFIG00120-alexei-navalny-ce-blogueur-sulfureux-qui-defie-poutine.php
  11. http://french.ruvr.ru/2013_07_19/Reflexions-sur-la-condamnation-d-Alexei-Navalny-6459/
  12. « Deux opposants russes condamnés à quinze jours de prison », Le Monde,‎ 9 mai 2012.
  13. « Navalny fait des remous chez Aeroflot », Le Courrier de Russie,‎ 25 juin 2012.
  14. « Russie: Un blogueur anti-Poutine inculpé », Reuters et 20 minutes,‎ 31 juillet 2012
  15. « Cinq ans de prison pour l'opposant russe Alexeï Navalny », Libération,‎ 18 juillet 2013.
  16. Alexandre Pitot, « Alexeï Navalny dans la tourmente judiciaire », Le Courrier de Russie,‎ 20 décembre 2012
  17. Vera Gaufman, « Navalny est condamné à cinq ans de prison », Le Courrier de Russie,‎ 18 juillet 2013
  18. Piotr Smolar, « Cinq ans de prison pour l'opposant russe Alexeï Navalny : "Ne soyez pas résignés !" », Le Monde,‎ 18 juillet 2013
  19. « Putin Critic Gets 5-Year Jail Term, Setting Off Protests », The New York Times,‎ 19 juillet 2013
  20. http://www.lefigaro.fr/international/2013/07/19/01003-20130719ARTFIG00248-l-opposant-russe-alexei-navalny-libere-provisoirement.php
  21. http://www.rfi.fr/europe/20130816-russie-moscou-navalny-campagne-anticorruption-immigration
  22. http://www.lefigaro.fr/international/2013/08/25/01003-20130825ARTFIG00180-l-opposant-navalny-defie-poutine-a-moscou.php
  23. http://www.rtl.be/info/monde/europe/1024478/russie-le-parquet-accuse-navalny-d-etre-finance-par-l-etranger
  24. http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/reuters-00542221-russie-l-opposant-navalny-accuse-d-etre-finance-par-l-etranger-594721.php
  25. Pierre Avril, « Moscou : Navalny conteste la victoire du maire sortant », in Le Figaro, lundi 9 septembre 2013, page 8.
  26. Pierre Avril, « Moscou : le bon score de Navalny requinque l'opposition », in Le Figaro, mardi 10 septembre 2013, page 9.
  27. « L'opposant russe Alexei Navalny placé en résidence surveillée », La Tribune et Reuters,‎ 28 février 2014
  28. « La justice russe condamne l'opposant Alexeï Navalny », Le Figaro, mercredi 23 avril 2014, page 5.
  29. Pierre Avril, « Des procès en cascade pour Navalny, ennemi juré de Poutine », Le Figaro, vendredi 25 avril 2014, page 5.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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