Ilham Tohti

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Ilham Tohti

alt=Description de l'image Profesor Ilham Tohti.jpg.
Naissance 25 octobre 1969 (45 ans)
Artux, province du Xinjiang
Nationalité Chinoise
Profession
enseignant du droit constitutionnel et commerce international
Conjoint
Guzailai Nu’er
Famille
deux enfants

Ilham Tohti (chinois simplifié : 伊力哈木•土赫提; ; pinyin : Yīlìhāmù•Tǔhètí) (né le 25 octobre 1969 au Xinjiang, Chine) est un militant ouïghour et un économiste chinois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ilham Tohti enseigne le droit constitutionnel et le commerce international à l'Université des Minorités de Pékin. Il est célèbre pour ses conférences libres où il n'hésite pas à aborder des sujets difficiles comme le bilinguisme au Xinjiang, le contrôle de la presse et du net... Cet enseignement lui vaut une surveillance permanente[1].

Mise au secret en 2009[modifier | modifier le code]

Il a été arrêté à Beijing, Chine en juillet 2009 par les autorités chinoises en raison de sa critique de la politique du gouvernement chinois envers les Ouïghours dans la Région autonome Ouighour du Xinjiang[2]. La détention de Tohti s'est produite quelques jours après les émeutes au Xinjiang en juillet 2009.

En juillet 2009, Wang Lixiong et sa femme Woeser ont lancé une pétition[3] afin de demander la libération de l'universitaire Ilham Tohti. La pétition souligne qu’Ilham Tohti revendique des relations amicales entre nationalités. Son blog a été conçu comme un espace d'échange, Ilham Tohti ne saurait être tenu pour responsable des propos tenus par des participants au forum du blog[4]. Le 14 juillet, 250 personnes avaient signé cette pétition.

Hou Hanmin le porte-parole du Bureau d’Information de la région autonome du Xinjiang et relayé par l’agence de presse Xinhua affirme qu’Ilham Tohti est « parti en vacances ». Le journal Mandarin news a essayé sans succès d'entrer en contact avec le blogueur.

Concernant cette affaire l'organisation non gouvernementale internationale Reporters sans frontières indique le 7 août 2009 que « les dirigeants du Xinjiang ont déclaré à la télévision nationale que les sites Uyghur Online et Diyarim.com étaient deux canaux à travers lesquels les manifestations étaient organisées. Plus d’une cinquantaine de forums Internet et de plateformes de discussions ont été fermés, dont Uyghur Online, ainsi que de nombreux réseaux sociaux (Facebook, Twitter, YouTube, MSN messenger). Pour Reporters sans frontières, cette censure partielle d’Internet traduit la volonté des autorités d’empêcher les mobilisations de ouïghours et la publication d’informations alternatives à la propagande du gouvernement »[5].

Le 25 août 2009, Ilham Tohti a été libéré. Il indique avoir été assigné à résidence dans un hôtel proche de Pékin, puis dans son logement. Il dit ne pas avoir subi de mauvais traitements[6].

Arrestation et procès en 2014[modifier | modifier le code]

Lors d'une opération musclée, près de 30 policiers de Pékin et du Xinjiang chinoises l'ont arrêté à nouveau le 15 janvier 2014, et quatre ordinateurs, des téléphones portables et des mémoires de ses étudiants ont été emportés de son domicile[7],[8]. Il est accusé d’un « crime » qui peut être puni de la peine de mort ou de la prison à perpétuité[9].

En septembre 2014, Ilham Tohti est jugé devant un tribunal du Xinjiang pour « séparatisme ». Selon son avocat, il n'a fait qu' « exprimer ses opinions en tant qu'universitaire. ». Les observateurs étrangers n'ont pas pu accéder au tribunal d'Urumqi. L'ONG Human Rights Watch évoque une « mascarade de justice » qui « confortera le sentiment de discrimination à l'encontre des Ouïghours »[10]. Amnesty International dénonce les pressions qui ont contraint l'un de ses avocats à renoncer à le défendre, et le fait que ses avocats n'ont pas eu accès à toutes les pièces du dossier. Il leur a aussi été interdit pendant six mois de voir leur client[11]. Après deux jours de procès, Ilham Tohti est condamné à la réclusion à perpétuité, accusé notamment d'avoir écrit des messages favorables à l'indépendance du Xinjiang sur son site web. La BBC remarque que le verdict est surprenant : membre du Parti communiste chinois, Ilham Tohti avait toujours insisté, dans ses écrits universitaires ainsi que sur son site web, que le Xinjiang devait rester chinois, et avait fermement dénoncé la violence de certains séparatistes ouïghours[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]