Corps européen

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Icône de paronymie Cet article possède un paronyme ; voir : Corps européen des astronautes.
Eurocorps
Image illustrative de l'article Corps européen

Création 1er octobre 1992
Type Corps d'armée
État-major Strasbourg, Drapeau de la France France
Coordonnées 48° 32′ 55″ N 7° 46′ 57″ E / 48.5486, 7.78261 ()48° 32′ 55″ N 7° 46′ 57″ E / 48.5486, 7.78261 ()  
Langue(s) Allemand, espagnol, français, néerlandais (officielles) - anglais[réf. nécessaire]
Effectifs 60 000 hommes
Général commandant Guy Buchsenschmidt (Belgique)
Site web http://www.eurocorps.org/

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Eurocorps

Engagé dans son ensemble, le Corps européen (plus connu sous le nom d'Eurocorps en français, comme en anglais dont c’est la langue de travail, ou Eurokorps en allemand) peut commander jusqu'à 65 000 hommes des forces terrestres.

Créé en 1992, cet état-major de corps d’armée est déclaré opérationnel en 1995. Il est une initiative franco-allemande à laquelle se sont successivement joints la Belgique (1993), l’Espagne (1994) puis le Luxembourg (1996)[1],[2]. À partir du 1 janvier 2016, la Pologne deviendra le sixième pays membre de l'Eurocorps.

Outre les cinq pays membres (« nations-cadre »), qui se partagent toutes les responsabilités, quatre pays sont associés : la Grèce, la Pologne, la Turquie et l'Italie. N'ayant pas de pouvoir décisionnel, ils affectent un nombre limité d'officiers et sous-officiers à l’État-major, à Strasbourg[3].

Organisation[modifier | modifier le code]

L'emploi du Corps européen en opération relève d'une décision des cinq nations-cadres. Un Comité commun, composé des chefs d’état-major de la défense et des directeurs politiques du Ministère des Affaires étrangères de chacune de ces nations, se réunit annuellement pour prendre toutes les décisions majeures concernant l'Eurocorps.

Le Corps européen n’est subordonné à aucune organisation militaire ; c’est le Comité qui évalue les demandes d’aide d’organisations multinationales comme[1]:

Le Corps européen peut également être déployé au profit des nations-cadres.

Son commandement est assuré par un général de corps d'armée appartenant à l'une des nations cadres et pour un mandat de deux ans.

Commandants du Corps européen[modifier | modifier le code]

Le général de corps d'armée Olivier de Bavinchove, commandant de l’Eurocorps de 2011 à juin 2013.
Le lieutenant-général Guy Buchsenschmidt, commandant de l’Eurocorps depuis le 28 juin 2013.
  • général de corps d'armée Helmut Willmann : 1993–1996 (Allemagne)
  • général de corps d'armée Pierre Forterre : 1996–1997 (France)
  • lieutenant-général Léo Van Den Bosch : 1997–1999 (Belgique)
  • général de corps d'armée Juan Ortuño-Such : 1999–2001 (Espagne)
  • général de corps d'armée Holder Kammerhoff : 2001–2003 (Allemagne)
  • général de corps d'armée Jean-Louis Py : 2003–2005 (France)
  • lieutenant-général Charles-Henri Delcour : 2005–2007 (Belgique)
  • général de corps d'armée Pedro Pitarch : 2007–2009 (Espagne)
  • général de corps d'armée Hans-Lothar Domröse : 2009–2011 (Allemagne)
  • général de corps d'armée Olivier de Bavinchove : 2011–juin 2013 (France)
  • lieutenant-général Guy Buchsenschmidt : 2013-

Quartier général[modifier | modifier le code]

Le Quartier général (QG) du Corps européen ou Eurocorps, est installé près de la frontière franco-allemande à Strasbourg, siège de plusieurs institutions européennes.

Le Quartier général est composé des unités suivantes :

  • Un Groupe de commandement, composé du général commandant, du général adjoint, du chef d'état-major, des 3 sous chefs d'état-major, les représentations air et marine, les conseillers juridiques, le bureau de presse et de relations publiques, un conseiller médical et un conseiller politique (celui-ci seulement pendant des engagements).
  • Un État-major d’environ 350 personnes. Cet État-major inclut également des officiers grecs, italiens, polonais et turcs.
  • Une Brigade multinationale d’appui au commandement (MNCS Bde) est colocalisée à Strasbourg. Cette brigade est subordonnée au Quartier général du Corps. Elle fournit l’appui lors des déploiements. La brigade dispose d’unités mises à la disposition par les nations sur une base de cas par cas.
    • La brigade comprend aussi un État-major spécifique (permanent) de 35 militaires, installé à Strasbourg.
  • Un bataillon de quartier général (subordonné à la MNCS Bde) fournit au Quartier général la protection, les moyens de transport, l’alimentation, etc. Ce bataillon permanent de 500 militaires peut être renforcé significativement en cas d’engagement.

L’allemand, l'espagnol, le français et le néerlandais sont les langues officielles. L’anglais est la langue opérationnelle.

Unités subordonnées[modifier | modifier le code]

Prise d’armes à l’occasion du retour en France de l’Eurocorps le 31 janvier 2013 à Strasbourg.

En cas de déploiement, l'Eurocorps se voit subordonner les forces terrestres nécessaires à la réalisation de sa mission. Les nations-cadres, pour ce qui les concerne, peuvent lui affecter les unités suivantes :

  • La brigade franco-allemande.
  • La contribution française :
    • Un État-major de force (équivalent d’un QG de division).
  • La contribution allemande :
    • Une unité de la taille d'une division comme la 10e division blindée (BD10), avec son QG à Sigmaringen.
  • La contribution belge :
  • La contribution espagnole :
    • Le Cuartel general del mando de fuerzas pesadas (CGMFP) (Quartier général des forces lourdes), à Burgos, comprenant une division mécanisée.
  • La contribution luxembourgeoise :
    • Une compagnie de reconnaissance (180 hommes), basée à Diekirch, comprenant deux sections de reconnaissance, une section antichar et un élément de soutien logistique (en opérations, cette compagnie est probablement intégrée dans la contribution belge).

Contrairement à la Brigade franco-allemande et à l’État-major de la MNCS Bde, qui sont en permanence sous le commandement opérationnel du QG de l’Eurocorps, les contributions nationales restent sous commandement national en temps de paix. Elles deviennent entièrement subordonnées après que le transfert d’autorité a été décidé par les États membres.

Le type et la taille des unités répondant aux besoins de l’Eurocorps doivent être déterminés en fonction de la mission confiée, de l’emploi probable et de l’objectif opérationnel.

Effectifs[modifier | modifier le code]

Par nations, au 1er septembre 2012 :

  • France : 374
  • Allemagne : 256
  • Espagne : 180
  • Belgique : 140
  • Luxembourg : 2
  • Grèce : 2
  • Italie : 2
  • Pologne : 19
  • Turquie : 3

Déploiements, missions[modifier | modifier le code]

Prise d’armes à l’occasion du retour en France de l’Eurocorps le 31 janvier 2013 à Strasbourg.
  • Le Corps européen a participé à des missions de maintien de paix SFOR en Bosnie de 1998 au 2000.
  • Il a commandé la mission KFOR III au Kosovo du 18 avril 2000 à octobre 2000.
  • Il a commandé la mission ISAF VI en Afghanistan du 9 août 2004 au 11 février 2005.
  • Du 1er juillet 2006 jusqu'au 10 janvier 2007, le Quartier général du Corps européen a fourni la composante terrestre de la Force de réaction 7 de l’OTAN (NRF 7).
  • Du 1er juillet 2010 jusqu'au 10 janvier 2011, le Quartier général du Corps européen fournit à nouveau des éléments pour la composante terrestre de la Force de réaction 15 de l’OTAN (NRF 15).
  • De janvier 2012 à janvier 2013, l’Eurocorps a été engagé pour la quatrième fois. Il a participé activement à la conduite des opérations en Afghanistan, au sein des états-majors de la Fias. Environ 50% de l'état-major ont été deployés. Ils ont occupé des fonctions de tous ordres, principalement au sein du commandement interallié de la FIAS (ISAF Joint Command - IJC), chargé de conduire les opérations tactiques.

Membres participants[modifier | modifier le code]

Les étendards des cinq nations-cadre de l’Eurocorps.
Membres permanents (nations-cadre)
Autres pays participant seulement à l’État-major (nations associées)
  • Drapeau de la Grèce Grèce (depuis 2002)
  • Drapeau de la Pologne Pologne (depuis 2009). La Pologne deviendra officiellement la sixième nation-cadre le 1er janvier 2016.
  • Drapeau de la Turquie Turquie (depuis 2002)
  • Drapeau de l'Italie Italie (depuis 2009)

Les États-Unis ainsi que la Roumanie prévoient de faire partie des nations associées.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Vidéo

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Comp. Domröse, Hans-Lothar 2011: „Zwei Jahre Kommandierender General des Eurokorps. Eine persönliche Bilanz.“ In: Europäische Sicherheit Nr. 10/2011. S. 13–16.
  2. Comp.« La participation de la France aux corps militaires européens permanents », www.ccomptes.fr (PDF).
  3. Comp. ww.bmlv.gv.at.