Obélisque de Louxor
| Obélisque de Louxor | ||
| Obélisques | ||
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Obélisque vu en direction de l'Assemblée nationale |
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| Commanditaire | Ramsès II | |
| Construction | XIXe dynastie | |
| Matériau | granit rose (syénite) | |
| Inscriptions | hiéroglyphes | |
| Poids | 230 t | |
| Hauteur actuelle | 23 m | |
| Emplacement d'origine | temple de Louxor en Égypte | |
| Emplacement actuel | place de la Concorde à Paris | |
| Ordonnateur | Louis-Philippe Ier | |
| Date d'installation | 25 octobre 1836 | |
| Coordonnées | ||
| Géolocalisation sur la carte : Paris
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L'obélisque de Louxor est un obélisque provenant à l'origine du temple de Louxor en Égypte, érigé depuis 1836 au centre de la place de la Concorde à Paris.
Ce site est desservi par la station de métro Concorde.
Sommaire |
Histoire [modifier]
C'est Méhémet Ali, vice-roi d'Égypte, qui, à l'instigation du baron Taylor puis de Jean-François Champollion, offre à la France au début de 1830 les deux obélisques érigés devant le temple de Louxor, mais seul celui de droite (en regardant le temple) est abattu et transporté vers la France.
En échange des obélisques, Louis-Philippe Ier offre en 1845 une horloge en cuivre qui orne aujourd'hui la citadelle du Caire, mais qui, pour l'anecdote, ne fonctionna jamais, du moins aux dires des Cairotes, ayant été probablement endommagée lors de la livraison. Le deuxième obélisque a été officiellement rendu à l'Égypte par le Président François Mitterrand, lors de son premier septennat[1].
Le transport de Louxor à Paris [modifier]
Les plans pour l'abattage sont établis par Armand Florimond Mimerel, ingénieur de la Marine. La révolution de 1830 faillit tout remettre en cause, mais Méhémet Ali confirme son don en novembre 1830. C'est Champollion qui est chargé par le roi de choisir le premier des deux obélisques qui devait rejoindre la France. Jean-François Champollion choisit « le plus occidental, celui de droite en entrant dans le palais. Le pyramidon a un peu souffert, il est vrai, mais le corps entier de cet obélisque est intact, et d'une admirable conservation, tandis que l'obélisque de gauche, comme je m'en suis convaincu par des fouilles, a éprouvé une grande fracture vers la base »[2].
Un navire, spécialement affrété à cette fin, le Louxor[3], commandé par Raymond de Verninac Saint-Maur, quitte Toulon en avril 1831 et remonte le Nil en août. Le bateau embarque le monolithe en décembre et redescend le Nil en août 1832. De retour à Toulon en mai 1833, il arrive à Paris en août 1834 après avoir remonté la Seine. Il est alors déposé couché sur le quai au début du Cours-la-Reine.
Louis-Philippe Ier décide de l'ériger au centre de la place de la Concorde à Paris. Le choix d'un monument totalement étranger à l'histoire nationale était destiné à empêcher les querelles de mémoire et les tentatives d'appropriation de ce haut lieu de la Révolution française par telle ou telle faction.
Il est érigé en grande pompe, le 25 octobre 1836, par l'ingénieur Apollinaire Lebas[4] à l'aide de machines élévatrices et de gigantesques cabestans. Louis-Philippe Ier, dont c'était la première grande sortie publique depuis l'attentat d'Alibaud du 25 juin 1836, n'avait pas voulu prendre le risque du ridicule en cas d'échec de l'opération. Il s'était donc installé discrètement, avec la famille royale, aux fenêtres de l'hôtel de la Marine. Au moment précis où l'obélisque se dresse sur son socle, le roi et sa famille paraissent au balcon dans une mise en scène parfaitement réglée et recueillent l'ovation de la foule considérable qui se pressait pour assister à l'opération.
Le haut piédestal[5] décrit les méthodes qui ont permis le transport de cet obélisque, puis son érection.
Description [modifier]
L'obélisque mesure 23 mètres de hauteur et pèse 222 tonnes, auxquelles il faut ajouter les 240 tonnes du piédestal[6].
Le monument est constitué de syénite, un granite rose de Syène qu'on trouve en abondance aux environs d'Assouan en Égypte ; c'est de là qu'elle tire son nom[7]. Dans cette pierre, le mica que l'on trouve habituellement dans le granite est remplacé par une autre substance siliceuse appelée amphibole. Dans ces mêmes carrières on a trouvé un obélisque inachevé, qui a retenu l'attention des archéologues[8].
Base [modifier]
Base carrée d'origine [modifier]
À l'origine, comme son alter ego de Louxor, l'obélisque reposait sur une base carrée décorée de seize babouins dressés sur leur pattes arrières et dont le sexe en érection est bien visible. Pour ne pas choquer la société française prude du XIXe siècle, cet élément ne fut pas installé place de la Concorde, on peut le voir à la section des antiquités égyptiennes du musée du Louvre[9],[10].
Base actuelle [modifier]
Le piédestal de l'obélisque est réalisé en blocs de granite rose de l'Aber-Ildut, en Bretagne[11].
Hiéroglyphes [modifier]
Parmi les hiéroglyphes ornant chacune des faces, on ne peut manquer le cartouche de Ramsès II, où le roi fait une offrande au dieu Amon-Rê.
Le sommet de cet obélisque est surmonté d'un pyramidion aussi pointu qu'étincelant, fait de bronze et de feuilles d'or, ajouté en mai 1998. Il est censé remplacer un précédent ornement sommital, emporté lors d'invasions en Égypte au VIe siècle.
Pour approfondir [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Jean Baptiste Apollinaire Lebas, L'Obélisque de Louxor : Histoire de sa translation à Paris, Paris, Carilian-Gœury et veuve Dalmont, 1839, 215 p. (OCLC 457728181) (notice BnF no FRBNF30758611v) [lire en ligne (page consultée le 26 juin 2012)]
- Robert Solé, Le Grand Voyage de l'obélisque, Paris, Seuil, 9 février 2004 (réimpr. Seuil, 2006, collection « Points/histoire » no 360, 304 p. (ISBN 2-02-086865-2 et 978-2-02-086865-5) (notice BnF no FRBNF401691230)), 283 p. (ISBN 2-02-039279-8 et 978-2-02-039279-2) (OCLC 54459105) (notice BnF no FRBNF39120834q)

Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
Notes et références [modifier]
- Michel de Grèce, Mémoires insolites, Pocket, 2006, 218 p. (ISBN 2266159593)
- Jean-François Champollion, Obélisques égyptiens à transporter à Paris, cité par Robert Solé, in Le grand voyage de l'obélisque, p. 33
- Jacques-Joseph Champollion-Figeac et Jean-François Champollion, L'Obélisque de Louqsor, transporté à Paris : notice historique, descriptive et archaéologique sur le monument, Paris, Firmin Didot frères, 1833 [lire en ligne (page consultée le 28 décembre 2011)], p. 3
- Champs-Élysées. Une histoire
- Face aux Champs-Élysées, une caméra de télévision située en haut du piédestal (elle est dissimulée dans un coffrage gris visible sur la photographie ainsi que les câbles), informe la Préfecture de Police des conditions de circulation.
- Robert Solé, Le grand voyage de l'obélisque, éditions du Seuil, p. 256
- Syène est le nom grec d'Assouan
- Louis Prud'homme. Cours pratique de construction, rédigé conformément au paragraphe 5 du programme officiel des connaissances pratiques exigées pour devenir ingénieur…Baudry, 1870. (Livre numérique Google)
- Philippe Krief, Paris en histoires, XIXe et XXe siècles, éditions Massin, 2007 - (ISBN 2707205761).
- L'obélisque de la Concorde
- Amédée Burat. Géologie appliquée, ou, Traité de la recherche et de l'exploitation des minéraux utiles. 1843 (Livre numérique Google)